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Problématique de l’accès des femmes au foncier dans le Zou: La Fondation Konrad Adenauer plaide pour la cible


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Photo de famille des participants à la formation de Zangnanado

Depuis la mise en œuvre en 2016 du projet : « un monde sans faim » au Bénin, la Konrad Adenauer Steifung poursuit son plaidoyer dans les communes pour l’accès des femmes au foncier et aux autres ressources économiques en milieu rural. Du 24 au 26 novembre 2021 les séances de plaidoyer se sont poursuivis dans la région d’agonlin aux côtés de son partenaire le Centre Africa Obota. L’hôtel Finagnon de Zagnanado a servi de cadre à la rencontre des acteurs concernés.

Eléonore EZIN

Ph/DR: M. Justin Sèmassoussi, Secrétaire national du Centra Afrika Obota (CAO)

« La terre est la première ressource qui est à la portée de la femme engagée dans les activités économiques. C’est cette terre qui lui apporte des revenus pour le maintien de la famille. Donc il est nécessaire d’organiser les séances de plaidoyer en invitant tous les acteurs, toutes les autorités au niveau administratif, communal et coutumières pour ensemble discuter sur la problématique en vue de trouver des solutions et stratégies pouvant la rendre plus visible sur le plan économique » témoigne le coordonnateur de la Konrad Adenauer Stiftung, M. Mounirou Tchacondoh à l’atelier dont l’objectif principal est de renforcer le rôle économique de la femme par son accès sûr et équitable aux terres.

En effet cette problématique est réelle et reconnue de tous les acteurs notamment les cibles. Dame Jacqueline Dajo, membre d’une association œuvrant pour l’accès à la terre des femmes et leur autonomisation soutient : « contrairement aux hommes il nous est difficile d’hériter de la terre dans notre commune Ouinhi. Les hommes s’en accaparent et s’entretuent même. Cela nous effraie au point où nous conseillons à nos frères de sauver leur tête dès que l’affaire devient litigieuse ».

Aujourd’hui, l’espoir renaît avec le combat de la Fondation Konrad Adenauer et son partenaire le Centre Africa Obota ; une organisation de la société civile qui intervient entre autres, dans la bonne gouvernance, l’économie sociale, l’éducation civique qui est son champ de prédilection.

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Selon son Secrétaire national, Justin Sèmassoussi, les problèmes ne sont pas totalement identiques dans toutes les communes du Bénin mais les divergences sont très minces parce que d’une façon générale la pratique coutumière est qu’on ne doit pas donner la terre à la femme pour des raisons diverses et ces raisons varient d’une localité à une autre. « En milieu Agonlin par exemple la femme ne devrait pas avoir une autonomie,  elle ne devrait pas quitter la famille lorsque le mari décède. Le principe de lévirat y est encore ancré même si officiellement c’est banni de nos pratiques a tel enseigne que quand la femme quitte son époux pour aller vivre en concubinage elle perd pratiquement tout » témoigne-t-il.

Par ailleurs, explique le Secrétaire national du Centre Africa Obota, les enfants en milieu Agonlin ne peuvent pas réclamer leur part d’héritage parce qu’on entoure autour de la terre une psychose, un combat auquel la femme ne prends pas part.

Dans les communes de Za-kpota, Zogbodomey, la femme n’a aucun intérêt à avoir une terre puisqu’elle n’a pas à avoir son économie séparée de l’économie du père de foyer. L’autre raison du refus d’octroi de terre à la femme est l’idée selon laquelle, elle va se marier et en se mariant elle va apporter la terre de sa propre famille à sa famille d’alliance si bien que ce sont les enfants issus de cette union qui bénéficieront de la terre du côté maternel.

Pour sa part, sa majesté Dah Hevinon Somasse, président des vodounon de sa localité, le problème d’accès des femmes au foncier est capital. A l’origine soutient-il, les femmes n’avaient pas accès à la terre raison pour laquelle la polygamie est très développée en milieu Agonlin dans le soucis d’avoir une multitude d’enfants de sexe masculin pour hériter les terres. Aujourd’hui, affirme sa majesté, nous comprenons avec la nouvelle loi que l’homme et la femme ont les mêmes droits. On peut même dire que la femme a plus de droit que l’homme parce que nous comprenons qu’elle s’occupe mieux de la famille que le sexe masculin.  » On peut dire que la décision du gouvernement est la bienvenue par rapport aux textes juridiques et nous nous y penchons » assure-t-il.

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Le maire de Ouinhi, Jonas Babatounde Houessou estime quant à lui que l’accès des femmes à la terre permet d’accroître la productivité et l’essor économique des ménages surtout la réduction de la pauvreté. « Nous avons compris et jouons notre partition en mettant la femme au coeur du partage des terres. » affirme l’autorité communale.


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