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Banque mondiale / « Perspectives économiques 2024 : Des efforts d’adaptation climatique sont nécessaires pour une croissance durable et résiliente   


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Ph:DR: M. Nestor Coffi, Représentant résident de la Banque mondiale.

Messages clés :

  • Une gestion économique prudente en 2023 a permis à l’économie béninoise de résister aux chocs.
  • La mise en œuvre réussie de l’objectif de l’assainissement budgétaire en 2023 a réduit l’accumulation de la dette, amélioré la résilience économique et soutenu la viabilité de la dette.
  • Pour soutenir la résilience économique, il faudra promouvoir la croissance économique tirée par le secteur privé (e.g. amélioration de l’accès au crédit) et poursuivre les efforts pour améliorer l’utilisation efficiente des ressources.

Selon la deuxième édition du Rapport sur les perspectives économiques du Bénin réalisé par la Banque mondiale, la réalisation d’une croissance économique durable et résiliente dans les décennies à venir dépendra des efforts d’adaptation et de financement des investissements climatiques. Intitulé, « Perspectives économiques : S’adapter au changement climatique pour une croissance économique durable et résiliente », ce rapport a été lancé ce lundi 13 mai 2024 au siège de l’institution. Un panel de discussion animé sous la direction du Représentant résident, M. Nestor COFFI, a permis à l’assistance de cerner les recommandations formulées dans le rapport présenté par trois experts de la Banque mondiale.

Aline ASSANKPON

Ph: DR : Les trois co-auteurs du rapport sur les perspectives économiques du Bénin.

« S’adapter au changement climatique pour une croissance économique durable et résiliente », c’est le titre du rapport qui consacre sa première partie à l’analyse des récents développements économiques et présente les perspectives à moyen terme pour le pays. La seconde partie porte sur le coût macroéconomique sur le changement économique sur le développement notamment lorsque des mesures d’adaptation ne sont pas prises par le gouvernement.

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Développements économiques récents et perspectives

Selon le rapport PE 2024, la croissance annuelle devrait se stabiliser à 6,2 %, en moyenne, entre 2024 et 2026 (3,5 % en moyenne par habitant), grâce à l’investissement et à l’expansion de la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).

Le rapport souligne que la croissance économique est restée forte et résiliente à 6,4 % en 2023, contre 6,3 % en 2022, malgré les différents chocs auxquels le pays a été confronté, y compris des conditions climatiques défavorables, la fin de la subvention de l’essence au Nigéria en mai 2023, les goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement par suite de la fermeture de la frontière avec le Niger et les pressions croissantes de la demande ont entrainé une augmentation de l’inflation à 2,8% en 2023, en dessous de la moyenne régionale de 3,7 %.  « Le taux d’inflation a doublé mais demeure contenu ».

Les efforts d’assainissement budgétaire réussis en 2023, grâce à l’adoption de mesures fiscales innovantes et à la maîtrise des dépenses, ont permis de ramener le déficit budgétaire à 4,1 % du PIB, soit le niveau le plus bas depuis 2019, et en baisse par rapport aux 5,5 % de 2022. Cette amélioration est due à un accroissement des recettes totales de 0,7 % pour atteindre 15,0 % du PIB, tandis que les dépenses publiques ont diminué de 0,6 % pour atteindre 19,2 % du PIB. L’assainissement budgétaire devrait se poursuivre à moyen terme, le déficit budgétaire diminuant encore pour atteindre 2,7 % du PIB d’ici à 2026. « Malgré la résilience, des risques demeurent… ».

« Grâce aux mesures d’assainissement budgétaires, le Bénin a pu résister aux chocs externes en maintenant une trajectoire de croissance économique appréciable. La stratégie de mobilisation de recettes à moyen terme permettra de renforcer le programme gouvernemental de mobilisation des recettes intérieures et rendre l’économie du Bénin plus résiliente », souligne Félix Oppong, économiste principal à la Banque mondiale, co-auteur du rapport.

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Modéliser l’impact du changement climatique sur l’économie et la population

La seconde partie du rapport, intitulée ; «S’adapter au changement climatique pour une croissance économique durable et résiliente » se penche sur les vulnérabilités de l’économie béninoise face aux changements climatiques.

Conformément aux projections du Rapport national sur le climat et le développement (Country Climate and Development Report – CCDR en anglais), l’étude documente qu’en l’absence d’efforts d’adaptation supplémentaires, le changement climatique pourrait entraîner des pertes économiques croissantes, les pertes annuelles moyennes de PIB pouvant atteindre 19 % d’ici à 2050. Prioriser l’adaptation et la résilience pourrait réduire considérablement la pauvreté et permettre à près d’un demi-million de personnes de dépasser le seuil de pauvreté par rapport à un scénario où aucune mesure politique ne serait prise.

 

Le rapport préconise de renforcer les actions dans le secteur agricole, notamment d’adapter les pratiques agricoles, de restaurer et de protéger les forêts, ainsi que d’investir dans les ressources en eau.

 

«Une action décisive dans le secteur agricole est primordiale au regard de son importance dans l’économie béninoise. Il faudra poursuivre la diversification de l’agriculture dans le sens de l’adaptation au climat, promouvoir des systèmes agroforestiers, et restaurer environ 300 000 ha de forêts dégradées », précise Manuela Ravina Da Silva, spécialiste en environnement à la Banque mondiale, co-auteur du rapport.

 

Il est aussi essentiel de remédier aux vulnérabilités du système de santé, en particulier celles exacerbées par le changement climatique, afin de renforcer la résilience des services de santé et d’éducation et de protéger le capital humain. Le renforcement de la résilience aux inondations urbaines et l’investissement dans des infrastructures de transport et numériques résilientes permettront aux personnes et aux marchés de rester connectés. Enfin, le Bénin devrait donner la priorité aux partenariats avec le secteur privé et au financement des d’investissements climatiques, les avantages à long terme l’emportant sur les coûts.

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« Le financement des investissements climatiques ne peut pas reposer uniquement sur l’Etat et ses partenaires publics, l’apport des capitaux privés est essentiel. Le secteur privé doit saisir les opportunités qu’offrent les mesures d’adaptation climatique pour se positionner comme l’un des moteurs de la croissance verte », soutient Nestor Coffi, Responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin.

Un panel de discussion sous la direction du représentant résident, Nestor Coffi, à ses côtés, le DGAE pour le ministère de l’Economie et des Finances, Aristide Médénou, Marie José Kogbéto (Spécialiste des questions du changement climatique ; Corentin Adjovi, Expert en Economie numérique et le Professeur Kelani, Universitaire-Enseignant, a permis à l’assistance de cerner les recommandations formulées par le rapport.

 


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