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CEA/Atelier de consultation pour la formulation d’une stratégie nationale ZLECAf au Bénin: Les avantages des pays les plus vulnérables comme le Bénin pourraient résulter de leur arrimage


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Ph:DR: Une vue partielle des participants à l’atelier de Cotonou

La salle bleue du Palais des Congrès à Cotonou (Capitale économique du pays) abrite les 27 et 28 avril 2023, un atelier de consultation pour la formulation d’une stratégie nationale pour la mise en œuvre de la Zone de Libre-Echange continentale africaine (ZLECAf) au Bénin. Entré en vigueur le 1er janvier 2021,  la ratification et  l’opérationnalisation de l’Accord de la ZLECAf comptent à ce jour, 46 pays sur les 55 du continent ; tandis que 54 l’ont seulement signé comme le Bénin qui fait partie des neuf (09) sur la liste d’attente. Au regard de l’intérêt des acteurs béninois du secteur privé à cet atelier d’information et de sensibilisation, le retard de ratification pourrait être vite comblé après l’assistance technique que la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) apporte au Bénin afin de lui permettre d’accélérer les pas dans sa marche vers le vaste marché continental.

 Aline ASSANKPON

Décidé par les Chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres de l’Union africaine, le processus de négociation, lancé en Juin 2015 est signé le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda ; portant ainsi la création de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECAf). Entré en vigueur le 1er Janvier 2021 pour son opérationnalisation, cet accord vise á créer un marché unique pour les marchandises, les services et la circulation des personnes en Afrique. Ceci pour assurer un approfondissement de l’intégration économique du continent africain et conformément à la vision panafricaine d’une «Afrique intégrée, prospère et pacifique » telle qu’énoncée dans l’Agenda 2063.

Selon une étude de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la mise en œuvre de l’Accord sur la ZLECAf devrait aboutir à la libéralisation du marché des biens et services en Afrique, à l’élimination des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce, à la mise en place d’un mécanisme de règlement des différends commerciaux entre Etats et au maintien d’un cadre institutionnel de gestion de la ZLECAf. De même, l’élimination des droits de douane devrait déboucher sur l’élargissement des marchés et offrir de nouvelles perspectives au commerce intra-africain.

Ph:DR: les parties prenants à la formulation de la stratégie nationale ZLECAf

«L’intégration des marchés devrait contribuer à créer un environnement propice aux gains d’efficacité, grâce aux économies d’échelle et de gamme et à une concurrence accrue, et permettre aux pays de mieux accéder aux ressources (main-d’œuvre, capital et technologies) et de les utiliser plus efficacement. Il devrait en résulter, à terme, une plus grande diversification des économies africaines et la promotion de chaînes de valeur régionales. Le développement de ces chaînes devrait à son tour contribuer à renforcer les efforts du continent pour s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales tout en maintenant une plus grande part de valeur ajoutée aux niveaux national et régional» souligne l’étude de la CEA.

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Mais force est de reconnaitre que les pays africains bénéficieront des manières différentié les opportunités et les gains, selon notamment les performances et des capacités infrastructurelles et institutionnelles de production et de facilitation des échanges. D’après la CEA, les économies les plus compétitives et les plus industrialisées seront mieux placées pour tirer parti des possibilités offertes par des marchés plus grands.

Le Bénin a signé l’accord mais ne l’a pas encore ratifié

Pour les pays les plus vulnérables comme le Bénin, qui ont une capacité productive faible et peu diversifiée, les principaux avantages pourraient résulter de leur arrimage pour mettre en évidence les principales possibilités commerciales et de création de valeur ajoutée, ainsi que les contraintes, les mesures et les moyens nécessaires pour tirer pleinement parti des marchés nationaux, régionaux et mondiaux dans le contexte de la ZLECAf.

 

Lorsqu’on sait que la ZLECAf stimule la croissance économique, accroisse les échanges commerciaux intra-africains, accélère l’industrialisation et participe ainsi à la transformation structurelle et au développement durable en Afrique. En effet, selon les simulations de la CEA en 2022, sa mise en œuvre devrait á l’horizon 2045 accroitre les échanges : agroalimentaires de 14,1%, services et industries de 39,2% respectivement et Energie/mines de 16,1%.

Les pays vulnérables qui traînent encore le pas, comme c’est le cas du Bénin qui a signé l’accord mais ne l’as encore ratifié, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) a décidé d’apporter une assistance technique au Ministère de l’Industrie et du Commerce qui assure le leadership sectoriel national dans la conduite et la mise en œuvre de la ZLECAf, en collaboration avec l’Union Africaine á travers le Secrétariat ZLECAf.

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L’ouverture officielle de l’atelier est ponctuée par deux allocutions : celles du Coordonnateur du Bureau des Nations Unies au Bénin, M. Salvator NIYONZIMA et du Secrétaire général du Ministère de l’Industrie et du Commerce, M. Amzat SALAMI ; suivie de trois présentations sur : « Pourquoi une zone de Libre-Echange ? » ; « Les règles d’origine, socle de la ZLECAf » et enfin la marche du Bénin au niveau de la ZLECAf » ; suivie des travaux en groupes.

Au regard de l’intérêt des différents acteurs et de la qualité des échanges, l’on peut sans risque de se tromper affirmer que le Benin s’est véritablement engagé dans la formulation d’une stratégie nationale et l’élaboration d’un programme d’actions prioritaires à travers une consultation large publique avec l’ensemble des acteurs publics et privés.

A travers les différentes communications, les consultants de la CEA ont présenté l’Accord, dans son contenu et ses implications socioéconomiques aux parties prenantes. A travers des travaux de groupes, le Point focal ZLECAf au Ministère de l’Industrie et du Commerce, appuyé par les Consultants  essayent de recueillir leurs points de vue, aspirations et préoccupuations au regard des opportunités et risques liés à la mise en œuvre de l’Accord en République du Bénin. Dans l’atteinte des objectifs de l’atelier, les acteurs se sont attelés à collecter les points faibles, les insuffisances et les approches de solutions. C’est l’occasion pour les Consultants de sensibilsier et d’orienter les acteurs en vue de les amener à l’appropriation de la ZLECAf  pour qu’ils puissent en tirer profit dès sa mise en oeuvre.

La formulation d’une stratégie nationale au Bénin se veut inclusive et participative; puisqu’elle se déroule dans un cadre pluri-acteurs et diversifié ; notamment en ce qui concerne le contenu, les enjeux et défis de la ZLECAf pour le pays. Au nombre des actions à engager, on peut retenir le renforcement des capacités institutionnelles ; le développement des outils d’information et de sensibilisation ; l’appui du processus de négociation ainsi que la formulation des études et des documents de politique incluant des stratégies citoyennes.

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Sur une note d’espoir, le Coordonateur du Bureau des Nations Unies au Bénin, a invité les parties prenantes à apporter une contribution de qualité aux travaux afin que le Bénin puisse tirer meilleur partie dans la mise en oeuvre de la ZLECAf: « Le Bénin a signé l’accord de la Zlecaf, mais n’a pas encore ratifié ; j’ose croire que le Bénin tirera le meilleur de l’Afrique de l’Ouest comme les pays de la Cedeao qui ont déjà bénéficié de l’appui de la CEA pour élaborer des stratégies nationales et sous-régionales dans le cadre de la Zlecaf afin d’engager la mise en œuvre effective du Plan d’action » a déclaré M. Salvator NIYONZIMA.


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