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La problématique de l’accès à la terre des femmes dans le Zou : Les lignes bougent avec la KAS et le CAO 


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Ph:DR: Le Roi de Djidja recevant les documents de vulgarisation des mains de la délégation de la KAS et du CAO

La Konrad Adenauer Stiftung (KAS), en collaboration avec le Centre Afrika Obota (CAO), engagés dans la lutte pour l’accès des femmes à la terre, ont entrepris une tournée dans les palais royaux du Zou. Au nombre des palais visités, celui de Honmey à Djidja à et de Zado-Gagbé à Zogbodomey ont accueilli du 8 au 9 décembre 2022, la délégation des deux structures. Objectif : Rappeler aux cours royales la nécessité de faciliter l’accès à la terre de la femme pour lui permettre de jouer pleinement son rôle en tant que pilier de la sécurité alimentaire au niveau familial et local.

Eléonore EZIN

«Dès aujourd’hui, je demande à toutes les femmes ici présentes de se rapprocher de moi à Honmey pour leur plaintes relatives à l’héritage, la succession, le foncier en général. Je me chargerai de rencontrer l’autorité pour la résolution de votre problème. C’est votre droit. Car la femme contribue beaucoup dans le foyer. (…) » a ordonné sa majesté Ayisadé D. Aho Glèlè de Djidja à la séance de sensibilisation sur comment renforcer les compétences de production des femmes dans un contexte de chocs, de perturbations, de géopolitique, thématique afin que la sécurité alimentaire soit une certitude le jeudi dernier.

Ph: DR: Les sujets, têtes courronnées, sages, notables du palais royal de Djidja

Cette instruction donnée par le Roi de Djidja partagé par d’autres Majesté et têtes couronnées du Zou témoigne de leur adhésion à changer la donne. On pourrait dire que la  stratégie adoptée par le Centre Africa Obota  pour faire passer son message à chaque étape de sa tournée a eu son effet vu que le téléfilm suivi de débats a permis aux hommes et aux femmes de la cour royal de comprendre l’importance de la terre pour la femme.

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L’essentiel du message véhiculé est d’ailleurs de montrer aux uns et autres le poids que les femmes constituent dans le domaine agricole dans un contexte où les hommes se préoccupent de plus en plus de laisser la zone rurale pour la ville en quête d’une meilleure condition de vie.

De même, souligne, Justin Sèmassoussi, tête couronnée de la lignée royale Glèlè, 1er adjoint du porte-parole du culte Zomadonou au niveau du palais et de toutes les lignées confondues, «leur montrer que contrairement à l’homme qui se préoccupe fondamentalement des produits de rente, la femme se préoccupe de l’alimentation. Elle investit, lorsqu’elle a les moyens,  pour le développement du foyer, des enfants et leur épanouissement. »
« Nous avons beaucoup appris à travers le téléfilm et les échanges avec les représentants du Centre Afrika Obota. Nous avons appris des choses qu’on ne savait pas. Nous savons maintenant que nous avons des droits par rapport à l’accès à la terre et que nous pouvons même revendiquer nos droits en cas de problème. Personnellement je suis contente et satisfaite de la séance de sensibilisation »
affirme fièrement dame Denise Dagba, agricultrice et revendeurs à Djidja.

Ph: DR: Le Palais royal de sa majesté Ayisadé D. Aho Glèlè de Djidja

«Actuellement, c’est une nécessité d’amener les populations rurales à comprendre le droit de la femme par rapport au foncier parce que le problème de partage d’héritage existe toujours et continue de diviser des familles, des clans. Le vote de la loi a été d’abord de la pilule amère pour certains mais nous ferons ce qui est de notre devoir… » renchérit Dah M. Aho Glèlë.

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Sachant que la femme n’hérite pas de terre au Bénin et reconnue comme telle, la sensibilisation des populations était indispensable et les gardiens de la tradition ont un grand rôle à jouer pour l’accès des femmes au foncier. C’est en cela que la satisfaction du président du Centre Africa Obota, M. Célestin Ballé et le Coordonnateur de la Konrad Adenauer Stiftung est grande au regard des lignes qui bougent car la chaîne de développement au niveau local, l’économie locale ne peut prospérer et assurer la sécurité alimentaire si on ne donne pas les moyens à la femme notamment la terre. «Au début il y a eu des résistances surtout en milieu Agonli. Aujourd’hui, les gens acceptent et font le débat. C’est une satisfaction pour moi même si tout n’est pas encore rose. Le travail va se poursuivre «  confie Célestin Ballé.

Quant au coordonnateur de la KAS, Mounirou Tchacondoh, c’est avec beaucoup de satisfaction que la tournée se termine parce que les femmes et les dépositaires de la tradition ont compris qu’il faut bouger les lignes en ce sens que, quand la femme trouve satisfaction c’est toute la famille qui en profite sans oublier la communauté elle-même. C’est la preuve qu’il y a une évolution dans les mentalités.


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