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CEA / Le rythme des progrès vers les Objectifs de développement durable est insuffisant pour atteindre les objectifs fixés d’ici 2030, selon un rapport conjoint


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Ph:DR: Il a été demandé à la CEA de produire un indice des ODD pour voir comment les pays progressent par rapport aux autres.

 L’Afrique réalise des progrès dans 12 des 17 Objectifs de développement durable (ODD), mais le rythme actuel des progrès est insuffisant pour atteindre les objectifs d’ici 2030, selon un rapport d’experts sur les progrès réalisés en matière de développement durable en Afrique.

Le rapport a été produit par une équipe d’experts réunie par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, le Bureau régional du Programme des Nations Unies pour le développement-Afrique (PNUD-RBA) et la Banque africaine de développement (BAD) en prévision de la dixième session du Forum régional africain pour le développement durable (ARFSD-10) à Addis-Abeba (Éthiopie).

Le rapport indique que les progrès accomplis dans la réalisation des programmes relatifs aux ODD varient selon les sous-régions. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord sont les sous-régions ayant accompli le plus de progrès contrairement à l’Afrique de l’Est dont les performances sont relativement faibles.

« Aucune des sous-régions n’est sur la bonne voie pour atteindre les ODD. Il existe également un problème général lié au manque de données qui permet de suivre les progrès en Afrique », indique le rapport des experts.

Le Secrétaire exécutif adjoint chargé de l’appui aux programmes à la CEA, António Pedro, a souligné que le manque de données solides constitue un obstacle majeur au suivi précis des progrès. Il est essentiel d’améliorer les systèmes de données pour suivre et atteindre efficacement les ODD, a-t-il souligné.

«Il est important de relever les défis de grande envergure, notamment les défis sociaux, politiques, environnementaux et économiques ; les domaines d’intervention spécifiques tels que l’autonomisation des femmes, la consolidation de la paix et la sécurité nécessitent une  attention particulière », a ajouté M. Pedro, soulignant la nécessité de tirer parti des avancées technologiques, notamment de l’Intelligence artificielle, pour cibler les interventions et réaliser les ODD avec une plus grande efficacité.

Il a déclaré qu’il est nécessaire de favoriser la mobilisation des ressources intérieures en élaborant un système fiscal meilleur et innovant. Les pays doivent améliorer leur gouvernance institutionnelle, renforcer leur collecte, leur analyse et leur communication de données et concevoir de meilleures stratégies de restructuration de la dette.

Les objectifs des ODD inscrits à l’ordre du jour du FRADD-10 sont : l’Objectif 1 (pas de pauvreté), l’Objectif 2 (faim « zéro »), l’Objectif 13 (action pour le climat), l’Objectif 16 (paix, justice et institutions fortes ; et l’Objectif 17 (partenariats pour les objectifs) ainsi que les objectifs correspondants de l’Agenda 2063.

En ce qui concerne l’Objectif 1 (pas de pauvreté), le rapport montre que la pauvreté en Afrique est dynamique, profondément enracinée et multiforme. Il convient donc également d’accorder une attention particulière aux personnes vulnérables qui risquent de sombrer dans la pauvreté.

L’Afrique compte toujours plus de la moitié (54,8 %) de la pauvreté mondiale. Une attention particulière doit donc être accordée à la lutte contre la pauvreté des enfants – le nombre d’enfants vivant dans des ménages extrêmement pauvres, puisqu’environ 7 enfants pauvres sur 10 vivent en Afrique. En outre, le manque d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’énergie, aux services de santé et d’éducation, associé aux inégalités, aux déficits d’infrastructures, au changement climatique, aux conflits ethniques et aux opportunités d’emploi limitées, comptent parmi les principaux facteurs de pauvreté en Afrique.

Concernant l’Objectif 2 (faim « zéro »), les conclusions du rapport mettent en évidence la survenue de chocs micro et macro, notamment la COVID-19, le changement climatique, la guerre en Ukraine, les coups d’État militaires et leurs effets d’entraînement sur la sécurité alimentaire et la faim en Afrique. Au cours des dernières années, l’alimentation a été l’un des principaux moteurs des tendances inflationnistes à la hausse. Il existe désormais une famine localisée dans différentes régions en raison des effets  du changement climatique et des conflits. Depuis 2015, la lutte contre la faim stagne.

« Pour atteindre la faim « zéro » et sur la base des données examinées entre 2019 et 2023, il faudra extirper 600 millions de personnes d’ici 2030 », indique le rapport.

Le Coordinateur résident et Coordinateur de l’action humanitaire des Nations Unies, Ramiz Alakbarov, a déclaré qu’il est crucial pour l’Afrique de se focaliser sur comment développer une résilience et réduire sa dépendance à l’égard de l’aide humanitaire, qui est une dépendance contre-productive qui doit être éliminée.

« L’Afrique doit disposer d’une feuille de route qui favorise l’autosuffisance et l’indépendance, une étape cruciale pour la croissance et l’autonomie du continent », a-t-elle déclaré.

En ce qui concerne l’ODD 13, le rapport montre que 60 % des catastrophes climatiques mondiales ont été enregistrées en Afrique. 12,5 millions d’Africains ont été touchés par les catastrophes climatiques. Les économies africaines ont perdu 13,7 milliards de dollars américains à cause des évènements climatiques défavorables. Peu de progrès est observé dans l’adoption et l’appropriation d’une politique de réduction des risques de catastrophe en Afrique. Seuls 29 pays disposent de stratégies nationales de réduction des risques en Afrique. Peu de pays africains ont intégré le changement climatique dans leurs plans nationaux qui sont très déséquilibrés en matière de renforcement de la résilience du seul secteur agricole.

Concernant le financement climatique, le rapport d’étape montre l’important déficit de financement climatique en Afrique. Une grande partie de ces ressources émane du secteur public par rapport au financement climatique du secteur privé.

« Les questions relatives aux politiques sur le marché du carbone, de dette pour les échanges climatiques et de taxe carbone sur les ressources naturelles, ainsi que la mise en place d’un cadre financier national durable pour le changement climatique doivent être résolues, a indiqué le rapport.

Concernant l’Objectif 16 (Paix, justice et institutions solides), le rapport note qu’il y a une légère diminution des taux d’homicides au fil des années en Afrique. Cette tendance, bien que modeste, suggère un mouvement progressif vers un continent plus sûr.

Le rapport montre un contraste frappant entre les pays dans leur gestion budgétaire. Le Soudan et le Zimbabwe, par exemple, sont confrontés à des dépenses élevées qui dépassent leurs budgets, ce qui pourrait résulter de diverses pressions économiques et décisions politiques.

Faisant référence aux récentes études de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le rapport indique que même si la rareté des données reste un défi, les preuves disponibles soulignent la grande vulnérabilité des pays africains aux Flux financiers illicites – les FFI, qui constituent un obstacle substantiel à la réalisation de nos objectifs de développement.

Le Directeur de la planification stratégique et de la mise en œuvre, à la Commission de l’Union africaine, Botho Kebabonye Bayendi, a déclaré que « l’Union africaine (UA) s’engage dans une décennie de progrès accélérés, estimés difficiles à réaliser. Ces « Moonshots » sont des objectifs ambitieux fixés pour l’année 2033, dans le cadre du deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 », a-t-elle déclaré.

Pour l’Objectif 17 (partenariats pour la réalisation des objectifs) et les objectifs correspondants de l’Agenda 2063, le rapport montre que la mobilisation des recettes intérieures en Afrique pour la mise en œuvre des ODD reste faible et qu’il est nécessaire d’accélérer la mise en œuvre de l’ODD 17.

L’augmentation de la dette dans les pays africains entrave le développement du continent, dans la mesure où les coûts du service de la dette évince les ressources destinées aux dépenses sociales.

Le soutien des donateurs au renforcement des capacités a également été limité ; en moyenne, les pays africains consacrent la modique somme de 0,5 % de leur PIB à la science, à la technologie et à l’innovation.

Pour combler le fossé et garantir que le continent réalise les ODD d’ici 2030, le rapport recommande d’investir dans les données et les capacités, d’intégrer différentes sources de données, de développer des indicateurs nouveaux et alternatifs, d’identifier de nouveaux partenaires dotés d’outils et de solutions tels que le secteur privé, les ONG/OSC et monde universitaire.

Il a également été demandé à la CEA de produire un indice des ODD pour voir comment les pays progressent par rapport aux autres.


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