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Entretien : Yacine Idriss Diallo, président de la FIF : «Ce que Dieu décidera, viendra (…) que les Ivoiriens nous fassent confiance »


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Ph/DR: M. Yacine Idriss DIALLO, président de la Fédération Ivoirienne du Football (FIF)

Président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Yacine Idriss Diallo s’est récemment ouvert au journaliste Cheik Yvhane dans le cadre de sa rubrique dénommée « Rencontre d’esprit » parue dans le magazine Eponyme n° 41 de Janvier-Février 2024. Ci-joint quelques extraits de cette interview exclusive. 

 Quel est votre niveau d’implication en tant que président de la FIF, dans la gestion que fait le sélectionneur au sein de l’équipe nationale ?

Yacine Idriss Diallo : Le rôle du président est de choisir un sélectionneur qui répond à toutes les conditions. Une fois qu’il a choisi, il lui donne les moyens de sa politique. Une fois qu’il lui a donné les moyens de sa politique. Une fois qu’il lui a donné les moyens de sa politique, il le laisse travailler. Moi, je n’interfère pas dans les choix du sélectionneur. S’il a besoin de me poser des questions, il me les pose. Je lui donne mon point de vue. Mais, c’est lui qui décide quel joueur il sélectionne, pourquoi et comment il le choisit. Il serait paradoxal de payer très cher une personne experte dans son domaine, et faire son travail à sa place ! Que chacun fasse son travail.

Mais vous êtes tout de même comptable des performances de l’équipe nationale ?

Je le suis. Seulement en partie. On peut donc dire, à partir de là, que je suis également comptable ; puisque c’est moi qui ai choisi l’entraîneur et c’est encore moi qui donne les moyens. Je ne peux pas me débiner. S’il y a des choses qui fonctionnent, c’est parfait. S’il y a des choses qui se passent moins bien, c’est mon rôle de les corriger. Donc, j’ai forcément une implication dans l’organisation des résultats et dans la performance.

« J’aimerais bien être un buteur, mais je n’ai pas ce talent ! »

Evidemment, ce n’est pas moi qui irais marquer des buts. Ce n’est pas moi non plus qui vais arrêter les ballons en tant gardien de but ; mais si je choisis le meilleur gardien de but  à côté du coach, si ce dernier a choisi les meilleurs joueurs ivoiriens, qui soient en plus en bonne santé, les plus performants dans leurs clubs, qu’on les a mis sur le terrain, qu’on les a entraînés… Une fois qu’ils montrent sur le terrain, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Moi, j’aimerais bien être un buteur, mais je n’ai pas ce talent !

Vous avez l’expérience des compétitions continentales. Comment affronte-t-on une telle CAN ; de surcroît sur ses propres terres ?

(Rires) Oui, c’est vrai, j’ai une quarantaine d’années d’expérience dans ce milieu. Car je suis un passionné de foot depuis les années où j’étais étudiant. Une compétition comme celle-là, on l’aborde d’abord avec beaucoup d’humilité ; car, c’est la première fois que la Côte-d’Ivoire organise une CAN de cette envergure. En réalité, en 1984, la Côte-d’Ivoire a suppléé un pays qui n’a pas pu l’organiser.

« Il m’appartient, avec abnégation, de faire au mieux… »

Mais cette fois-ci, c’est à notre demande. On l’a organisée comme on souhaitait l’organiser. C’est un moment unique dans l’histoire d’une nation, et notamment pour un président de fédération. Il m’appartient, avec abnégation, de faire au mieux pour que, non seulement l’organisation soit bonne à travers le travail qui relève du COCAN, mais aussi, que le résultat sportif soit de qualité, pour plaire à la nation.

L’équipe ivoirienne est relativement jeune. Est-ce un handicap ?

La jeunesse n’est pas un handicap, mais un avantage. C’est l’avantage de l’insouciance et également celle de l’opportunité de gagner sa place. Aujourd’hui, des garçons comme Mbappé ou Haland, on moins de 25a ns. Pourtant ce sont les leaders de leurs équipes respectives. Mbappé a joué sa première Coupe du monde à 19 ans. La jeunesse n’est pas un handicap. Par contre, il faut pouvoir aller jouer expérimentés et jeunes joueurs, afin que l’alchimie prenne dans le groupe, et le rende solide.

Quel message voulez-vous adresser aux joueurs de la sélection nationale ?

Je leur dis simplement : écoutez les gars, on a une chance extraordinaire. Sur 30 millions d’habitants, vous êtes 25 ou 27 au maximum. Vous êtes pour moi des élus. Considérez-vous comme tels.

« Pour moi, Dieu est au début, au centre et à la fin de tout »

Quand Dieu vous donne la chance d’être élu, saisissez-là. N’ayez aucun regret. Jouez à fond. Soyez humbles, appliqués et travailleurs. Ensuite, ce que Dieu décidera, viendra.

A l’endroit des Ivoiriens, quel est le message ?

Que les Ivoiriens nous fassent confiance. Néanmoins, il faut qu’ils soient tolérants, parce qu’être sur un terrain de foot, ce n’est pas facile. C’est avoir la pression. Donc on a besoin de les sentir autour de nous, avec une réelle solidarité et un accompagnement de la première à la dernière minute.

Dieu occupe une place de choix dans votre vie. Vous dites d’ailleurs qu’il ne vous a jamais abandonné…

Je dis toujours « Amin », parce que quand je vois le chemin que j’ai parcouru, je pense que je n’ai aucun mérite particulier. Si ce n’est sinon le fait que Dieu m’a choisi et m’a donné un certain nombre de valeurs, qui, en toute humilité, m’ont appris à travailler pour arriver  où je suis. Donc, pour moi, Dieu est au début, au centre et à la fin de tout !

(Source : Magazine Eponyme n° 41 de Janvier-Février 2024)


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