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Sanctions économiques contre le Niger : Asphyxiés, commerçants et transporteurs appellent à baisser le glaive


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Ph:DR: Depuis les sanctions de la Cedeao imposées au Niger, le commerce transfrontalier entre ce pays et ceux de la région reste au point mort.

Six mois après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président nigérien Mohamed Bazoum et les sanctions régionales qui ont été imposées contre la junte au pouvoir, le commerce transfrontalier entre ce pays et ceux de la région reste au point mort. Bon nombre des commerçants et des transporteurs qui dépendent du trafic avec le Niger en ont marre et déplore la mauvaise foi des dirigeants de la Cedeao selon une publication du journal, l’Economiste du Bénin.

 « Nous sommes fatigués et nous exhortons les dirigeants de la Cedeao à avoir pitié des populations et lever immédiatement ces sanctions. Trop c’est trop. Bien que j’ai une famille à nourrir, mon patron ne m’a même pas payé depuis que ce régime de sanctions a été mise en place. Le patron a dû renvoyer mes deux convoyeurs parce qu’il n’y a plus rien à faire. C’est vraiment triste », s’est confié Noël, un transporteur de la région au journal l’Economiste du Bénin.

En temps normal et selon la saison, Noël quitte Cotonou pour le Niger avec des tonnes de marchandises chargées au Port de Cotonou et revient avec des oignons et autres produits agricoles qui va distribuer dans d’autres pays de la région.

Selon le Centre Européen de gestion des politiques de développement (ECDPM), le Niger est l’un des plus grands exportateurs d’oignons avec de vastes réseaux commerciaux répartis dans toute la région de la Cedeao et au-delà. Les autres exportations agricoles comprennent le bétail et les produits connexes, le niébé (petits haricots) et la gomme arabique. D’ailleurs, le Ghana importe chaque semaine jusqu’à deux millions de dollars d’oignons du Niger.

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A en croire quatre experts de l’ECDPM, Bruce Byies, Poorva Karkare, Amanda Bison et Martin Ronceray, qui ont rédigé un document de recherche sur l’impact des sanctions régionales au Niger, le commerce transfrontalier ouest-africain informel – à grande échelle et en grande partie alimentaire – représente près de 30 % du commerce régional. « Bien que souvent négligé, il s’agit d’un système important qui soutient les sociétés rurales et urbaines, mais qui est gravement perturbé par les sanctions économiques » ont-ils regretté.

Les voisins du Niger aux abois

« Les sanctions ont un impact négatif on seulement sur le Niger mais aussi sur ses voisins. Le commerce du Niger avec les pays extérieurs de la région passe par le Port de Cotonou, au Bénin. En tant qu’Etat entrepôt, le Bénin dépend du commerce de transit dans la région, à la fois formel et informel. C’est la principale porte d’entrée du Niger ; en effet, 70 à 80 % des volumes commerciaux transitant par le port de Cotonou sont destinés au Niger » expliquent les experts de l’ECDPM cités ci-dessus.

Youssouf, un commerçant de la région, regrette l’attitude dictatoriale des dirigeants de la Cedeao et l’arrogance de la junte militaire nigérienne qui, au lieu de négocier pour trouver une solution pacifique à ce problème, chacun préfère camper sur sa position. « La souffrance des populations ne leur dit absolument rien pace que ces sanctions ne les affectent pas. Ce sont les gens ordinaires comme toi et moi qui en pâtissent, c’est vraiment déplorable » !


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