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Entretien / MTP de la zone UEMOA   : « En 2019, à travers seulement 09 interventions, ce marché a permis au Bénin de collecter plus de 519 milliards de FCFA » dixit Flavien Aïdjinou


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Ph: DR-: Flavien Aïdjinou : « Les titres publics ayant la spécificité de jouir de la garantie souveraine constituent le placement sûr de prédilection »

Le Marché des Titres Publics (MTP) de l’Union Economique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) continue d’impacter positivement les Etats membres. Une bonne performance reconnue et appréciée par  Flavien Aidjinou consultant international, économiste gestionnaire et expert communicant exerçant à Cotonou au Bénin.

Comment le MTP peut constituer un levier de développement pour les pays membres de l’UEMOA ?

Flavien Aïdjinou : Le Marché des Titres Publics est un levier indéniable de développement pour les États membres de l’espace UEMOA. D’abord c’est une source de financement rapide et à moindre coût pour les Etat ; ensuite il s’agit d’un marché régional, donc ouvert à huit pays sur lequel interviennent directement les banques.

C’est donc un corridor de financement bancaire sans autre garantie que la garantie souveraine de l’État. Enfin, il s’agit d’un mode de financement par la dette extrêmement simplifié et permanent du fait que ça fasse directement partie de la politique monétaire de l’Union. Ça permet aux banques de disposer d’emplois sûrs pour ne pas dire sans risque.

En réalité, les banques sont à la recherche d’instruments financiers dans lesquels elles vont mettre les fonds collectés qui sont à leur niveaux sans prendre trop de risque et en respectant leurs engagements tout en s’assurant une certaine rentabilité.

Le MTP est-il viable ?

La question de viabilité s’apprécie par rapport à la pérennité de ce marché. Je vais faire une démonstration simple mais assez significative de l’état de notre marché régional. Considérons le fait que les Etats ont toujours une partie de leur budget à financer par la dette ; cela veut donc dire que les États feront recours pendant encore très longtemps à la dette. Pour ce faire, ils disposent de plusieurs marchés dont le Marché des Titres Publics de l’UEMOA. Partant de là, on peut s’attendre à une présence continue des émetteurs (les États). Les investisseurs quant à eux (essentiellement les banques) sont également en quête constante de placements sûrs et rentables.

Les titres publics ayant la spécificité de jouir de la garantie souveraine, ils constituent le placement sûr de prédilection. Alors on peut dire que les investisseurs également seront présents continuellement sur le marché. Au demeurant, le MTP est un marché où les émetteurs et les investisseurs ont tous deux des raisons permanentes et impératives d’être présents. Ça veut dire que la seule hypothèse qui pourrait handicaper la pérennité de ce marché est la défaillance des États en termes de remboursement. Donc aussi longtemps que les Etats rembourseront les titres, le marché continuera de grandir et d’exister.

Quelle est la capacité de mobilisation des ressources du marché régional de la dette souveraine ?

En termes de capacité de mobilisation, plusieurs critères entrent en jeu. Cependant, on peut dire sans ambages que la capacité de notre marché est au moins égale à la somme des fonds propres effectifs du système bancaire. Sauf que diversement selon leurs objectifs de rendement en lien avec le coût de leurs ressources et l’objectif de rentabilité, l’exposition sur les différents émetteurs, et l’appréciation du risque des émetteurs par chaque investisseur (banque), ces derniers définissent les plafonds à investir. D’après les statistiques, c’est vrai que je n’ai pas les chiffres exacts devant moi, mais je peux vous dire que la mobilisation annuelle est en pleine croissance depuis près d’une décennie.

Comment le MTP peut-il être une opportunité pour les investisseurs et les Etats ?

Définitivement, le MTP est une opportunité de financement pour les Etats. Le marché assure un financement permanent et moins coûteux. Grâce à ce marché, le Trésor public assure une gestion des tensions de trésorerie et le financement du budget de l’État. En termes de statistiques, les chiffres sont disponibles. Je peux vous dire par exemple qu’en 2019, ce marché à travers seulement neuf (9) interventions a permis au Bénin de collecter plus de 519 milliards de F CFA.

Votre mot de fin ?

En conclusion, je dirai qu’il n’y a pas de développement sans les ressources. Et la théorie économique est suffisamment claire sur l’objet même des sciences économiques : nous sommes dans une situation où les besoins sont illimités mais les ressources sont rares. Il faut donc trouver une allocation efficace et efficiente pour les besoins qu’on décide de traiter. Une institution bien pensée comme l’Agence UMOA-Titres n’est que salutaire pour les Etats membres. Merci. (Source : La tendance n°001- mars 2020)


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