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Rapport économique sur l’Afrique 2016 : La CEA appelle à une industrialisation verte en Afrique


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À l’heure où l’Afrique déploie d’importants efforts pour promouvoir l’industrialisation et la transformation structurelle de son économie, emprunter une voie verte vers le développement durable constitue une véritable opportunité pour le continent. C’est là le message délivré avec force par le Rapport économique sur l’Afrique 2016 de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), intitulé « L’écologisation de l’industrialisation de l’Afrique ».

Cette dernière édition du rapport phare de la CEA a été lancée à l’occasion de la Semaine du développement africain, en Avril dernier à Addis Abeba, en parallèle à la Conférence des ministres de l’Union africaine et de la CEA.

Les rapports des trois années précédentes avaient insisté sur le rôle essentiel que peuvent jouer l’exploitation des matières premières, le renforcement du commerce et le développement de politiques dynamiques pour favoriser l’industrialisation des économies africaines. La mouture 2016 s’appuie sur les enseignements de ces trois dernières années pour tenter d’identifier les politiques et les actions pouvant stimuler au mieux un processus d’industrialisation verte en Afrique.

Ph: DR-: M. Abdalla Hamdok, Secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique pour l'Afrique

Ph: DR-: M. Abdalla Hamdok, Secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique pour l’Afrique

S’exprimant au cours de la cérémonie de lancement, le secrétaire exécutif adjoint de la CEA, M. Abdalla Hamdok, a estimé que le rapport « encourage la région à promouvoir une voie vers l’industrialisation verte qui favorise une croissance économique durable et inclusive et génère des emplois verts et d’autres retombées ». Et selon lui, les efforts sont d’ores et déjà en marche. « On observe un engagement croissant des pays africains à promouvoir le développement vert et inclusif », a-t-il ajouté devant les presque 200 délégués rassemblés pour assister au lancement.

 Le continent africain, précurseur d’un autre modèle ?

Dès son entame, le rapport affirme clairement que pour le continent africain, la priorité numéro 1 (un), réside dans la transformation structurelle de son économie. Une telle transformation est généralement définie comme une réallocation de l’activité économique des secteurs à faible productivité, comme l’extraction de matière première, vers ceux où elle est plus forte, comme l’industrie manufacturière ou les services. Dans la pratique, une stratégie d’industrialisation s’avère le meilleur moyen pour atteindre un tel objectif, souligne la CEA.

Néanmoins, c’est sensiblement plus tard que nombre d’autres pays que les nations d’Afrique s’attaquent aux défis de l’industrialisation, un état de fait dont les implications sont significatives. Cela signifie que le continent peut s’inspirer des expériences du passé, notamment dans l’optique d’éviter les erreurs environnementales commises par certaines économies développées et émergentes, afin d’emprunter une voie alternative vers l’industrialisation.

M. Carlos Lopes est le  secrétaire exécutif de la Commission economique pour l'Afrique (CEA), basée à Addis-Abeba, Ethiopie.

M. Carlos Lopes est le secrétaire exécutif de la Commission economique pour l’Afrique (CEA), basée à Addis-Abeba, Ethiopie.

Un message que Carlos Lopes, le secrétaire exécutif de la CEA, assène avec vigueur dans l’avant-propos du rapport. «De nombreuses voies existent, mais en tant que retardataire en matière d’industrialisation, l’Afrique peut apprendre des expériences des autres tout en définissant son propre chemin, afin de sauter l’étape traditionnelle des méthodes de croissance intensives en carbone et favoriser une trajectoire de développement bas-carbone », écrit-il.

L’une des idées fortes véhiculées par le rapport réside dans l’affirmation que l’industrialisation verte représente une formidable opportunité pour le continent africain, et non une contrainte. Ainsi, la CEA appelle à balayer les mythes qui entourent actuellement la croissance verte afin de promouvoir une réorientation de la croissance africaine vers le développement durable. Par exemple, les standards environnementaux ne devraient pas être perçus comme des obstacles, mais plutôt comme des incitations à produire de manière plus compétitive, en utilisant les ressources énergétiques de manière plus efficiente et en découplant la consommation de ressources de la production.

Ph/DR-: Pour l’atteinte de cet objectif, les Etats doivent jouer un rôle moteur, en montrant un leadership ferme au plus haut niveau, et en offrant un cadre politique clair et cohérent.

Ph/DR-: Pour l’atteinte de cet objectif, les Etats doivent jouer un rôle moteur, en montrant un leadership ferme au plus haut niveau, et en offrant un cadre politique clair et cohérent.

Rôle clé des pouvoirs publics

Le rapport insiste également sur l’importance de l’engagement des pouvoirs publics dans la promotion d’une industrialisation verte sur le continent africain. La CEA estime que si les gouvernements africains souhaitent parvenir à transformer structurellement leurs économies en vue d’un développement durable, l’État doit jouer un rôle moteur, en définissant l’agenda, en montrant un leadership ferme au plus haut niveau, et en offrant un cadre politique clair et cohérent.

Dans l’optique d’un tel changement, ce sont plus que des ajustements marginaux qui devront être apportés aux politiques publiques, à l’allocation des ressources et à la structure des incitations. De plus, au-delà des autorités publiques, le rapport indique qu’un nouveau partenariat doit également être développé avec le secteur privé. Pour la CEA, ceci nécessite le développement d’une approche systémique qui intègre tous les secteurs, afin que l’intégralité des parties prenantes puisse s’aligner derrière la nouvelle stratégie d’industrialisation verte. (ECAmedia)


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