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CEA / Prof Latif Dramani du CREG: “Notre role, c’est renforcer les capacités des pays sur la programmation, la budgétisation du dividende démographique”


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Professeur Latif Dramani, Coordonnateur du Consortium regional pour la recherche en Economie générationnelle (GRECG) et Coordonnateur du Centre de Recherches en Economie appliquée de Thiès.

Coordonnateur du Consortium regional pour la recherche en Economie générationnelle (GRECG) et Coordonnateur du Centre de Recherches en Economie appliquée de Thiès, le Professeur Latif Dramani parle de sa collaboration avec la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) en occurence avec le Bureau sous regional de la CEA en Afrique de l’Ouest (BSR/CEA/AO). Spécialisés sur les questions d’économie de la population c’est-à-dire les questions qui prennent en compte la jeunesse, les personnes âgées et l’économe des travaux domestiques et de l’enseignement specialisé. Ici, Prof Latif Dramani revient sur les themes développés à l’atelier regional de Cotonou.

Propos reccueillis: Aline ASSANKPON

L-Integration.com: Au lancement de cet atelier regional sur la Budgetisation Sensible au Dividende Démographique (BSDD), vous avez fait une presentation introductive avant de répartir les participants par pays pour les travaux de groupe. Pouvez-vous nous résumer votre présentation en termes plus simples et digestives pour nos lecteurs?

Prof Latif Dramani: Qu’il vous souvienne qu’en 2016, les chefs d’Etats Africains ont pris une resolution appelée feuille de route de Dividende démographique d’Addis-Abeba. Il s’agit de voir comment utiliser le potentiel des jeunes, des femmes pour le développement de l’Afrique. Et dans ce sens, nous, en tant que Centre de recherches, au niveau continental, nous appuyons la CEA, l’UNFPA et d’autres partenaires au développement à renforcer les capacités des pays sur la programmation, la budgétisation de ce dividende démographique.

Dans ce qu’on vient de présenter, c’est les premiers résultats que nous avons dans les différents pays. Il s’agit en fait de montrer comment le Budget est formulé. Le Budget étant l’instrument par excellence de politique au niveau de chaque pays. Tout se fait par l’argent et par des ressources. Si vous n’avez pas cette resource, vous ne pouvez pas réaliser des insfractrures, créer des emplois, ni mettre en oeuvre votre vision en tant que politique, si vous êtes Chef d’Etat ou de Gouvernement.

La Budgetisation Sensible au Dividende Démographique (BSDD) est un outil qui permet de donner la situation de l’allocation du budget de nos pays sur les 10, 15 dernières années. Donc, elle permet de donner aux autorités publiques et sociétés civiles, les Partenaires au développement – ça permet à tout ce monde de savoir comment les 10 ou15 dernières années, les ressources publiques sont affectées.

Retenons que la première des choses, c’est le Budget de l’Etat qui finance la plupart des infrastructures dans notre pays, les routes, les marchés, toutes les grandes infrastructures, les ports, les hôpitaux, les Universités. Tout cela est réalisé avec l’argent public, par definition, c’est l’argent qui appartient à tout le monde, c’est l’argent du contribuable. C’est pourquoi ça passe par l’Assemblée nationale.

La gestion des fonds publics dépend de l’exécutif, ce qu’on observe, avec l’augmentation de la population dans nos pays africains principalement, il y a ce qu’on appelle, la pression démographique importante sur les ressources. Et cette pression est ressentie par les décideurs: c’est-à-dire qu’aujourd’hui, vous construisez des écoles, des marternités mais il y a encore la demande.

La question qui se pose déjà est celle-ci : “Est-ce que l’allocation des ressources qui est faite sur les 15 dernières années, dans quel contexte c’est fait? Et actuellement, quelle projection est faite pour les prochaines générations? Parce qu’un individu qui est né, vous ne pouvez plus rien, soit vous le supportez, soit il vous apporte un bonus parce qu’il va travailler et vous créez des conditions pour qu’il travaille et dans ce cas, vous gagnez.

Autrement dit, vous essayez de voir si l’allocation des ressources qui est prevue tient compte de la démographie galopante, c’est-à-dire du nombre de la population?

Justement ! Si vous construisez une route aujourd’hui dans un pays où la population est d’un million, cette route ne mettra pas le même temps pour être réparée dans une population de cinq millions. Parce que la pression démographique qui est sur cette infrastructure routière est forte, c’est une forte demande. C’est ce qu’on cherche à voir à cette formation, on capacite les pays pour prendre en compte cette pression démographique sur les dépenses.

Est-ce pour les dépenses à venir?

Actuelles et à venir! Parce que, ce qui est intéressant dans l’analyse démographique, chaque individu qui est né, les parents sont obliges de le supporter. Mais au-delà des parents, la société aussi est obligée de le supporter en termes de ce qu’il vous apporte. Un enfant qui est né, vous apporte soit un bonus du système éducatif, sanitaire ou d’opportunités; soit il dérive et c’est également pour tout le monde. Et c’est tout ça qui est pris en compte.

La pression démographique est là aujourd’hui, et quand on parle de la pression aujourd’hui et pour les générations à venir. La programmation qui est faite dans ce sens est appellée: La Budgétisation Sensible au dividende démographique. C’est pour aujourd’hui, demain et après demain. Tout cela est pris en compte dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Une Afrique qu’on utilise des potentiels des femmes, des jeunes.

pH: dr: Nous apportions une expertise ponctuelle et la CEA va continuer le processus du suivi au jour le jour.

Et qu’appelez-vous la rétropolation?

La rétropolation, c’est le fait de regarder en arrière pour mieux sauter; c’est considéré l’expérience qu’on a pour mieux préparer l’avenir.

Concernant la question de la rétropolation, que peut-on retenir des pays de l’Afrique de l’Ouest après vos études?

On présenté les résultats sur les dix dernières années concernant la rétropolotion sur l’allocation des budgets sur les différentes fonctions de nos pays. Sur les questions du capital humain, nos pays font beaucoup d’efforts cependant, il reste beaucoup d’efforts à faire. Dans la plupart des pays, sur les questions des fonctions budgétaires, ils mettent beaucoup de ressources mais ils peuvent encore faire mieux. Sur les questions des BTP, de l’Energie, il faut encore un peu plus. Les structures montrent que c’est difficile de faire de la valeur ajoutée dans nos pays à cause des coûts d’énergie. L’homme est complexe, il faut avoir une tête bien faite, un ventre bien plein et aussi de la force pour avancer avec des infrastructures et c’est le role de l’Etat de mettre en place les infrastructures routières, sanitaires (les hôpitaux; les écoles, universités, etc).

Dans le context actuel où on prône la mise en oeuvre de la ZLECAf, quel impact la budgétisation sensible au dividende démographique (BSDD) aura sur l’économie de nos pays?

En fait la BSDD va plutôt accélérer le processus de la mise en oeuvre de la ZLECAf. La question fondamentale ici, c’est les ressources que nous disposons et ensuite, aller à la recherche des ressources supplémentaires, il faut d’abord bien gérer ce qu’on dispose. Si nous gérons bien les ressources que nous avons, nous saurons les défis à relever. Un homme qui est malade et qui connait sa maladie est déjà à moitié guéri: parce qu’il sait le traitement adapté à sa maladie.

Donc ça permet dans le cadre de la ZLECAf, où est-ce que je vais aller chercher ce qui me manque; parce que la ZLECAf, c’est les échanges avec les autres. Mais ici, les ressources internes que nous devons avoir bien gérées apparaissent comme une maison: Je sais qu’il me manque telle ou telle chose qui représente mon besoin, mais l’autre, je n’en ai pas besoin.

Parlez-nous aussi du processus du raccordement du DDMI. Et diffinissez-nous ce sigle.

Le DDMI (Demographie Dividende, Monitoring Index) en français, Indice de Suivi du Dividende démographique. C’est un mécanisme qui est sur la feuille de route de l’Union africaine et en collaboration avec la CEA, nous essayons de capaciter les pays pour sa mise en oeuvre dans la formulation des dépenses budgétaires afin de réussir la capture de la dividende démographique. Donc il convient de mettre en place ce mécanisme de suivi, ensuite former les cadres de nos pays et enfin raccorder tout ce qui a été formulé au niveau politique à ce mécanisme, c’est-à-dire l’arrimer au Budget.

Le politique est sensible au Budget qui est l’instrument par excellence décisif.

Donc quand on parle de rétropolation et du raccordement, c’est en fait, les mêmes termes pratiquement. C’est une méthodologie qui consiste à avancer en regardant un peu dans le rétroviseur pour voir comment on faisait, voir quelles sont les bonnes pratiques, ce qui est bien fait qu’on peut continuer et ce qui est mal fait et on corrige.

Pour finir, nous voulons savoir si vous avez prévu un mécanisme de suivi et d’évaluation pour contrôler la mise en application de ces outils au niveau de chaque pays?

Nous sommes un Centre de recherches qui appuie la CEA, donc le mécanisme de suivi et d’évaluation se fera avec la CEA. C’est son mandat d’accompagner les pays. Nous apportions une expertise ponctuelle et la CEA va continuer le processus du suivi au jour le jour. Ces documents vont passer à l’Assemblée nationale, au Gouvernement, pour dire à ces différentes personnes voici le document que nous avons élaboré pour aligner le budget.

Enfin, avez-vous le sentiment que vous prêchez à l’Eglise et non dans le desert.

Tout ce qui rentre dans le cadre du public, nous concerne. Les cadres réunis à Cotonou, sont tous concernés parce qu’il s’agit de leur pays et ils veulent que leurs pays avancent; ils comprennent et sont tous intéressés.


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