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60ème ans d’indépendance : Du Dahomey d’hier au Bénin d’aujourd’hui


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Ph: DR-: Le Drapeau national, symbole patriotique de tous les Dahoméens d’hier et Béninois d’aujourd’hui.

1er août 1960-1er août 2020, 60 ans déjà que le Dahomey d’hier, le Bénin d’aujourd’hui a accédé à la souveraineté nationale et internationale. « Indépendance Tcha-tcha… », chantaient et reprenaient en chœur Dahoméens et Africains de la côte qui eux aussi, étaient dans la même euphorie de souveraineté. 60 ans dans la vie d’un homme, c’est l’âge de la sagesse. 60 ans pour une nation, c’est des changements,  des progrès, des échecs, des reprises, et des espoirs nourris pour la future génération. Même si des avancées notables qui, certainement ne sont pas encore à la hauteur des ambitions nourries, sont notées, la culture démocratique reste toujours une quête permanente.

Enquête réalisée par : Aline ASSANKPON

En effet l’histoire  nous renseigne que le Dahomey est né et entre dans le droit international le 22 juin 1894 par la publication d’un décret signé par le Président français Sadi Carnot.  Dans une étude du Pr Karl Augustt, l’espace territorial concerné par le décret est le quadrilatère issu des modalités de conquête élaboré à Berlin en 1884-1885. « C’est ce territoire qui entre dans le droit international sous le toponyme de Dahomey dépendance » écrivait l’historien Pierre Goudjinou  Métinhoué (Réf : Spécial La Nation-1995).

La dépendance du Dahomey

De l’avis de M. Métinhoué,  le vocable dépendance fait allusion aux conquêtes futures qu’auraient encore à réaliser la colonie sur les franges septentrionales, au-delà du 9ème parallèle que la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, se sont données comme limites d’attente à leurs appétits de conquête territoriale. « Dès le départ, le Dahomey fut un pays artificiel, mis en place par une autorité politique étrangère en fonction d’objectifs et d’intérêts précis».

Les premiers contacts entre les Européens et la côte de l’Afrique de l’Ouest datent du 15ème siècle : D’abord, les Portugais avec la traite des Noirs, puis à la fin de l’esclavage, la Conférence de Berlin de 1885 a décidé du partage de l’Afrique entre les puissances Européennes. «Le Dahomey est tombé dans les griffes de la République française ».

La France qui avait des comptoirs à Ouidah était intéressée par le commerce à Cotonou qui dépendait du royaume d’Abomey. Elle décida de conquérir le royaume d’Abomey à la fin du 19ème siècle. «Le vieux roi Glèlè déjà fatigué, cédait le trône à son fils Béhanzin qui a donc fait face aux troupes françaises. La guerre est terminée par la victoire des Français avec une mainmise sur le royaume du Danhomè et des autres royaumes qui occupaient l’actuel territoire de la République du Bénin » souligne l’historien.

La colonisation française a commencé avec sa cohorte de bonheur et de malheur, notamment la religion catholique, l’école, la modernité, etc, sous l’égide de l’autorité d’un Gouverneur français, avec des sous-chefs répartis sur toute l’étendue du territoire national.

Le débat, après la seconde guerre mondiale de 1945, était de savoir s’il faut rester sous l’autorité du personnel français installé ou faut-il accéder à la souveraineté nationale et internationale ? «La question a été très clairement posée en 1958, lorsque le Gl de Gaulle, après avoir résisté à l’Allemagne, est  parvenu à prendre le pouvoir en France ».

Une constitution était alors proposée aux africains : la communauté franco-africaine. Seul Sékou Touré de la Guinée, Conakry a pu dire à de Gaulle : « Je ne veux pas de communauté franco-africaine, je veux l’indépendance de la Guinée »; ce qui a été fait ! La Guinée est devenue indépendante en 1958. La Guinée en a payé le prix fort de s’être exclu de la communauté franco-africaine. «Sékou Touré a été sévèrement maltraité par de Gaulle qui avait pris toutes les mesures pour coincer la Guinée dans son développement et ses relations extérieures» se rappelle Mintéhoué.

Au Dahomey, il n’y avait pas l’unanimité des hommes politiques. Certains disaient clairement : « Nous ne savons même pas faire des aiguilles et nous allons devenir indépendants ; nous ne prenons pas ce risque !» «La majorité des Dahoméens se sentait plus en sécurité sous la couverture de la France que dans une aventure où il faudrait tout inventer et tout réinventer ».

Le Dahomey a dit oui, à la communauté franco-africaine et en a fait l’expérience pendant deux ans. Des déceptions et promesses non tenues ont nourri un mouvement d’étudiants d’alors, composé de Albert Tévoédjrè, Pintos Moreira, Aplogan Djibodé, Adjou Moumouni et autres, qui mettaient la pression pour que le pays accède à l’indépendance. Cette tendance appuyait le mouvement africain de cette époque-là. Félix Hounphouet Boigny de la Côte-d’Ivoire, l’homme qui représentait les hommes politiques de l’Afrique de l’Ouest (très écouté par Gaulle), créa rapidement le Conseil de l’Entente pour aboutir aux négociations des Etats membres à l’indépendance.

Ph: DR-: Hubert K. Maga, Premier Président du Dahomey indépendant

L’indépendance du Dahomey

Après la proclamation de la République, le 4 décembre 1958, le Dahomey, comme bien des pays ouest-africains, sous domination coloniale accédât à son indépendance, le 1er août 1960. Hubert K. Maga, Premier ministre, chef du Gouvernement d’alors, sous le Gouverneur français, devient le Premier Président du Dahomey indépendant. Renversé en octobre 1963 par un coup d’Etat militaire, il reviendra au pouvoir en 1970 au sein d’un triumvirat appelé « le monstre à trois tête » puisqu’ils étaient trois à diriger les affaires du pays, Hubert Maga, Sourou Migan Apithy et Justin Tomètin Ahomadégbé.

L’histoire du Dahomey révèle hélas que depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale, les acteurs de la vie politique n’ont pas fait de l’inscription de la démocratie dans la durée, leur objectif essentiel. Malheureusement, l’euphorie suscitée par l’indépendance le 1er août 1960, s’est très tôt estompée parce que les rivalités politiques entretenues par l’élite, pionnière de la lutte pour l’indépendance avant et après l’indépendance a plongé le pays dans une grave léthargie.

« L’Enfant malade de l’Afrique »

Trois ans seulement après l’indépendance du pays, le 28 octobre 1963, profitant d’une crise sociale, aiguë et répondant à l’appel de quelques animateurs de la société civile, le Colonel Christophe Soglo, Chef d’Etat-major général des Forces armées dahoméennes prendra le pouvoir aux autorités régulièrement légalement établies. Dans une brève déclaration diffusée par la radio nationale, le Col Soglo affirma ce qui suit : «Vu la gravité de la situation, moi, Col Soglo, chef d’Etat-major des Forces armées dahoméennes, j’ai décidé de prendre le pouvoir. Le Gouvernement est dissous, l’Assemblée nationale est dissoute. La Constitution du 26 novembre 1960 est suspendue et sera révisée dans le plus bref délai, etc… »

«Même si, comme on l’admet de plus en plus, ce coup d’Etat militaire a été largement encouragé par la société civile, le fond et la forme de la déclaration du Colonel sont choquants et difficilement compréhensibles aujourd’hui. Malheureusement, pour les hommes et femmes de ma génération, ce coup de force contre la démocratie va se répéter impunément, le 22 décembre 1965 ; le 17 décembre 1967 et le 26 octobre 1972 » se rappelle M. Métinhoué.

Ce qui a valu le surnom de « l’Enfant malade de l’Afrique » au pays par les Français. Trop de coups d’Etat en si peu de temps, dans un pays aux ressources limitées et peuplé à plus de 80% d’analphabètes. Les coups de frein répétés à l’essor de la démocratie ont amplifié les effets d’un sous-développement qualifié autrefois, « pays non alignés », aggravé durablement par la misère du grand nombre. Les intrigues politiques et les rivalités personnelles par-çi et les constats douloureux et les espérances brisées par-là. Seule, la révolution du 26 octobre 1972  arrêtera la saignée pour tenir le pays en haleine avec une rigueur qui ne laissait aucune issue de remise en cause du pouvoir pendant 18 ans.

Ph: DR-: Commandant Mathieu Kérékou, Chef d’Etat, Chef du Gouvernement militaire révolutionnaire (GMR)

La révolution sonna alors le glas des coups de force

«Le coup d’Etat du 26 octobre 1972 mettra fin à cette pagaille.  Et les nouveaux dirigeants du pays, de 1972 à 1990, c’est-à-dire le Gouvernement militaire révolutionnaire (GMR) dirigé par le Commandant Mathieu Kérékou, ont déclaré qu’il faut liquider l’ancienne politique avec les hommes qui la  portent » rappelle Dr Ebénézer Sèdégan, Enseignant, chercheur au département d’histoire et d’archéologie à l’UAC.

Des officiers de l’armée nationale reprenaient disaient-ils en justiciers, «jusqu’à nouvel ordre, la plénitude des pouvoirs dévolus à l’Etat dahoméen, en abrogeant l’ordonnance n° 70-34/CP du mai 1970 portant charte du Conseil présidentiel » (Voir discours du 26-10-1972). Et, le jeune capitaine Kérékou qui, en 1968, introduisit le Dr Emile Derlin Zinsou au Palais de la Marina, se trouvait lui-même poussé au-devant de l’histoire par les trois autres prétoriens putschistes : Michel  Alladayé, Michel Ayikpé et Janvier Assogba.

Les leaders politiques de l’indépendance, qui paradoxalement ont milité pour affranchir le pays du joug colonial, sont mis au garage. Tous les plans de développement élaborés, les belles intentions annoncées ont échoué dans un environnement politique catastrophique, où il est impossible d’opérer des changements notables en vue des progrès économiques et sociaux.  « Parce que tout simplement, le pays était incapable d’autofinancer ; il faut attendre toujours l’aide extérieure. Quand on sait ce que l’aide extérieure fait dans la vie d’une nation, on ne peut s’empêcher de croire que l’extraversion devrait être continuelle » fait remarquer Dr Sèdégan.

Une nouvelle option fait place à la politique du libéralisme économique, mais avec une présence plus ou moins perceptible de l’Etat dans la gestion du pays : Le GMR proclame le 30 novembre 1974,  le Marxisme-léninisme, guide philosophique de la révolution et le Socialisme, la base de développement de la nation où le mot d’ordre était : « Comptons d’abord sur nos propres forces ».

«Moi, je gagne 15 F, c’est ma solde et elle me suffit ; je veux que tu saches, qu’il y a trois hommes, trois politiciens qui gagnaient inutilement, chacun 25F par mois. Désormais, les 75F resterons dans la caisse de l’Etat (…) » disait Mathieu Kérékou pour inviter la population à travailler selon mes souvenirs d’enfance.

Cette idéologique appelle donc à une économie planifiée où l’agriculture est retenue comme la base de développement du pays et l’industrie son moteur. Joignant l’acte à la parole, le tissu industriel était florissant à une période qui n’a été de courte durée. A travers «comptons d’abord sur nos propres forces », la révolution exigeait que des heures de cours du programme de « l’école nouvelle », soient consacrées aux activités de coopératives (jardinage, agriculture, transformation des produits agricoles, enseignements ménagers, puériculture, divertissements, tout y passe !

Les nouveaux dirigeants militaires et civiles du régime de Marxisme-Léninisme étaient fortement convaincus  que : «l’heure était d’asseoir un projet de développement afin de donner au pays, sa dignité et sa personnalité de nation libre et souveraine ». Le Marxisme-Léninisme avec tout ce qu’il avait comme espoirs, contradictions, soubresauts internes et externes a résisté à la surprenante invasion des mercenaires de Bob Denard, qui le 16 janvier 1977 ont tenté vainement de renverser le régime. Au lendemain de ce cinglant échec, on note une mobilisation populaire autour des idéaux qui promettaient de « crever définitivement l’ancienne politique fortement empreinte de calcul politicien, de régionalisme et de haine tribale ». Le GMR « s’engage solennellement à donner au peuple dahoméen, l’espoir d’une aube véritablement nouvelle».

A l’analyse globale du régime révolutionnaire, son orientation et son application étaient trop difficile entraînant une grande atrophie et paralysie de l’économie nationale, déjà en difficulté. L’option du système a couté cher aux apprenants, aux citoyens et même aux dirigeants. Car, à une période de la révolution, la fonction publique ne pouvait plus recruter. Alors qu’il suffisait d’avoir un Brevet, un Probatoire ou un Bac pour être recruté dans la fonction publique à l’époque coloniale et postcoloniale. Difficile de payer les salaires et les pensions des retraités.

Paradoxalement, les belles intentions et les beaux discours sont étouffés par la mauvaise gestion, le détournement des deniers publics, des attitudes dictatoriales, etc. «Des scandales politico-économiques et financiers au sommet de l’Etat n’ont pas garantie un environnement propice au progrès social énoncé. L’échec a entraîné des crises perlées, des tensions sociales qui ont tôt fait de couler ce régime» indique Dr Sèdégan.

Les révolutionnaires n’ont plus le choix de faire une nouvelle ouverture pour réaliser un processus national à travers l’organisation de la Conférence des forces vives de la nation en février 1990.

« L’ère » du Renouveau démocratique souffla enfin

Tenue à Cotonou du 19 au 28 février 1990, la conférence nationale a débouché sur une nouvelle option : le Renouveau démocratique qui remplaça le monolithisme politique où toutes les actions sont caporalisées par le PRPB (Parti de la République populaire du Bénin) avec ses filiales l’OJRB (Organisation des Jeunes révolutionnaires du Bénin) et l’OFRB (Organisation des Femmes révolutionnaires du Bénin). «A l’Assemblée nationale révolutionnaire (ANR), il était question de libéraliser l’espace politique et économique ».

De nouvelles exigences sociales sont apparues et portaient sur le redressement de l’administration, la violation des droits de l’homme, l’emploi pour les jeunes, le bien-être social pour tous, bref, le peuple béninois dans sa grande majorité souhaitait fortement une transition démocratique devant déboucher sur des institutions républicaines et l’organisation des élections présidentielles et législatives libres et démocratiques. Cette demande sociale, justifiée du peuple a été entendue avec sérénité par le Gl Mathieu Kérékou, sous l’intelligence d’un homme d’église, patriote et sincère, feu Mgr Isidore de Souza, Archevêque de Cotonou.

Ph: DR-: Nicéphore Dieudonné Soglo, Premier ministre du Gouvernement de transition et président de la République

En redonnant  confiance au peuple, la conférence a permis la réconciliation nationale et l’avènement d’une ère démocratique qui ont vu succédé à la tête du pays, Nicéphore Dieudonné Soglo, d’abord désigné Premier ministre du Gouvernement de transition (1990-1992), ensuite élu président de la République (1992-1997) ; Gl Mathieu Kérékou (1997-2006) avec le Slogan, «Si vous êtes prêts, je suis prêt » ; Dr Thomas Boni Yayi (2006-2016) avec l’espoir que « ça peut changer, ça va changer et ça doit changer » et Patrice Guillaume Athanase Talon, l’actuel chef d’Etat sous le mot d’ordre, «le Gouvernement de la Rupture et du Nouveau départ » avec à la clé, un ambitieux Programme d’action du Gouvernement dit : « Le Bénin révélé« .

Rappelons qu’au début du Renouveau démocratique un Programme d’ajustement structurel (PAS) réparti en deux projets n’a pas fait des heureux : le premier, dit « Départ volontaire à la retraite » invitait les fonctionnaires d’une certaine catégorie à prendre précocement leur retraite moyennant une prime ; Et le second, appelé « Départ ciblé » des Sociétés d’Etat ayant fait la faillite. Des personnes sans un réel programme d’activité bien ficelé, ont dilapidé leur prime en quelques mois et ont commencé par grossir le rang des diplômés à la recherche d’un nouvel emploi. Pendant ce temps, le marché du travail est très saturé, bon nombre d’entre eux surtout les femmes se sont converties dans le commerce.

Ph: DR-: Dr Thomas Boni Yayi, ancien président

De 1990 à ce jour, la liberté retrouvée à la Conférence nationale a besoin d’être entretenue et promue par des hommes et des femmes qui connaissent leurs droits et devoirs et qui sont capables de jeter un regard critique sur tous les actes des gouvernements du pays. Les changements successifs de régime politiques n’ont pas émoussé la détermination du peuple Béninois à rechercher dans son génie propre, les valeurs de civilisations culturelle, philosophique et spirituelle qui animent les formes de son patriotisme.

Le pays n’est pas resté statique aussi bien sur le plan économique, politique, social et culturel. Des avancées notables qui certainement ne sont pas encore à la hauteur des ambitions nourries sont notées. «Ce qui demeure des maux essentiels qui minent le développement de notre pays, c’est la corruption qui repose sur l’impunité. Quelles que soient les belles intentions et les ambitions que nous avons pour développer notre pays, lorsque nous ne fermons pas les yeux pour taper sur certaines dérives, le pays sera toujours à genou » avertit l’historien Sèdégan.

La culture démocratique reste toujours une quête permanente et il faut une bonne  dose de patience pour  sa mise en œuvre et l’entretenir progressivement afin que la génération à venir puisse tresser la nouvelle corde au bout de l’ancienne et lui donner une valeur ajoutée.

Ph: DR-: Patrice Guillaume Athanase Talon, l’actuel président de la République

Une main de fer dans un gant de velours

Depuis 2016, le président réformateur, Patrice Talon, dirige le pays d’une main de fer dans un gant de velours pour atteindre les objectifs qu’il s’est assigné pour son mandat qui, lentement mais sûrement commence par se révéler au monde entier.

Selon Dr Sèdégan, l’actuel président a déjà énoncé ses intentions pendant la campagne électorale. Il a fait le diagnostic de l’état déliquescence de l’autorité de l’Etat, il a proposé des solutions aux populations qui l’ont crédité de leurs suffrages. « Celui qui entreprend des réformes, il faut voir en lui une qualité d’homme audacieux et ferme. Tout réformateur au monde n’a jamais été populaire même dans les démocraties les plus évoluées. Mais lorsque les réformes sont pertinentes et on est mue par la fibre patriotique, autant faire le bonheur des gens sans leurs avis. Ce qui est sûr, demain, ils s’en apercevront » poursuit-il en ajoutant : « Lorsque la corruption électorale se pointe, la vision du développement, le militantisme et le patriotisme s’éclipsent ; du coup le pays retombe dans les travers du sous-développement. Le multipartisme ne procure pas une culture démocratique en permanence. Il importe d’accepter la réforme du système partisan qui aujourd’hui a permis de ramener la kyrielle de partis politiques entre 1990 et 2017,  environ 200 à une dizaine de partis politiques ».

Ph: DR-: Dr Ebénézer Sèdégan, Enseignant chercheur au département d’histoire et d’archéologie à l’UAC ; Spécialiste d’histoire politique et des relations internationales.

Le cri de cœur du peuple

Raisonnablement, les nouvelles dispositions légales empêchent le clientélisme politique, la transhumance toute chose qui avait désarticulé le système politique béninois qu’il faille remettre en ordre. Mais, comme toute œuvre humaine n’est jamais parfaite, «même si l’on veut faire le développement du peuple malgré lui, et qu’on est convaincu que tôt ou tard, ce peuple nous reconnaîtra les efforts fournis, il faut l’écouter et savoir faire des concessions à des moments donnés c’est-à-dire savoir tirer sur la ficelle et savoir relâcher pour la cohésion sociale afin que la paix ne soit pas menacée » suggère Dr Sèdégan.

Ecouter le cri de cœur du peuple afin que les acquis à tout point de vue ne soient remis en cause sur le plan social. «Redonner l’espoir à la jeunesse en matière d’emploi car une jeunesse sans emploi est une bombe à retardement. Quand ça s’éclater, ça embrasse tout le monde et on n’arrive plus à le contenir, c’est l’anarchie qui s’installe et on peut revenir à zéro » conseille-t-il.

Ph: DR-: M. Pierre Goudjinou Métinhoué, Enseignant, Maître de conférences en histoire à l’UAC, à la retraite.

Pour sa part, l’historien  à la retraite, Métinhoué,  analyse le système éducatif colonial qui a formé une élite peu nombreuse et insuffisamment intégrée au reste de la population. « La tâche prioritaire de cette élite aurait dû être de servir de levain dans la pâte et d’indiquer le chemin vers un développement intelligent et autocentré ». « La petite lueur d’espoir pour la jeune génération instruite résiderait, dans une formation résolument orientée vers l’auto-emploi. Pour y parvenir il faudrait, de toute urgence, revoir de fond en comble, le système éducatif et redéfinir les nouveaux objectifs » conseille-t-il.

Bien sûr que l’initiative d’une telle réforme est laissée au soin de l’Etat qui devra la conduire patiemment, méthodiquement et rigoureusement vers son aboutissement pour que la jeunesse, colonne vertébrale de toute nation, puisse en bénéficier et s’épanouir.


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