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Atelier sur les Réformes agro-foncières et Accès des femmes aux terres et aux ressources : Responsabilités des acteurs étatiques : Le foncier au cœur de la production économique et agricole

Ph: Dr6/ Présidium à l’ouverture de l’atelier, (de gauc à dr) : Le Représentant résidant de la KAS à Abidjan (Côte-d’Ivoire) Florian KARNER,  DC/MAEP, Bonaventure KOUAKANOU et Son Excellence M. l’Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne près le Bénin, Achim Tröster

Ph: Dr6/ Présidium à l’ouverture de l’atelier, (de gauc à dr) : Le Représentant résidant de la KAS à Abidjan (Côte-d’Ivoire) Florian KARNER, DC/MAEP, Bonaventure KOUAKANOU et Son Excellence M. l’Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne près le Bénin, Achim Tröster

Projection de film, plaidoyer, communications  en lien avec la thématique  « Réformes agro-foncières et Accès des femmes aux terres et aux ressources : Responsabilités des acteurs étatiques » ; ce sont les activités qui ont meublé les deux jours d’activités de l’atelier organisé par la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) les 2 et 3 Août 2018 au Bénin Royal Hôtel de Cotonou. Ont pris part à cet atelier, les acteurs étatiques et administratifs, les responsables d’Organisation de la société civile, d’Organisation paysanne et les responsables de la KAS à divers niveaux, notamment : le Représentant résidant de la KAS à Abidjan (Côte-d’Ivoire) Florian KARNER, son assistant Peter Kock et le Coordonnateur national du Projet EWOH2, Mounirou Tchacondoh.

(Aline ASSANKPON)

La question des droits de la femme concerne une large frange de la population béninoise. En effet, pour une population en majorité féminine, avec une proportion de femmes dans les ménages agricoles au Bénin de l’ordre de 50,2 % aussi bien en milieu urbain qu’en zone rurale, il se trouve cependant que la proportion des femmes, chefs de ménage agricole, n’est que de 14,1% dont pour la zone urbaine 12,6% et la zone rurale 14,16%. Dans ce contexte, l’héritage demeure le mode d’accès le plus couramment observé sauf en milieu urbain note la présidente de Wildaf-Bénin, Me Huguette Bokpè Gnacadja dans son plaidoyer qui analyse la situation de la femme, juste après la projection du documentaire sur la problématique de l’accès des femmes à la terre en général au Bénin et en particulier dans les départements du Zou, de l’Atlantique et du Littoral.

Ph: Dr: Me Huguette Bokpè Gnacadja, Présidente de Wildaf-Bénin dans son plaidoyer à l'endroit du Gouvernement

Ph: Dr: Me Huguette Bokpè Gnacadja, Présidente de Wildaf-Bénin dans son plaidoyer à l’endroit du Gouvernement

Plaidoyer du Réseau Wildaf-Bénin

«Les femmes continuent de ne pas être considérées comme héritières légitimes de terres de leurs époux ou de leurs ascendants du sexe masculin. Selon l’enquête modulaire intégrée sur les conditions des ménages, 85,1% de propriétaires de parcelles sont des hommes contre 14,9% de femmes. Elles acquièrent moins de terres par l’héritage que les hommes 12% seulement contre 88% en ce qui concerne les hommes.  Et cette réalité est vraiment palpable sur le terrain. Nous y sommes très fréquemment et nous avons pu toucher du doigt la réalité de ces chiffres (…) » a rassuré la Coordonnatrice du Wildaf-Bénin.

Par ailleurs, elle félicitera le Gouvernement pour l’adoption aussi bien du Plan stratégique de développement du secteur agricole (PSDSA 2025) et du Plan national d’Investissement agricole de Sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNIA/SAN 2017-2021). Puisque ces reconnaissent que la pauvreté est un phénomène rural en prend désormais en compte les réalités socio-économique du pays. « Dans un contexte économique caractérisé par la prépondérance du secteur agricole qui occupe à lui seul, environ 70 % de la population active et contribue auprès de 33 % au PIB » analyse-t-elle avant d’énumérer les attentes des femmes à travers un cri de cœur.

Ph/ DR-: Une vue partielle des participants

Ph/ DR-: Une vue partielle des participants

Au titre des attentes, Wildaf-Bénin donne quelques esquisses : une stratégie inclusive en termes de participation des femmes à la base, l’alphabétisation, l’amélioration de l’accès des femmes à la terre de façon sécurisante, l’accès aux crédits  aux intrants agricoles, à des emplois rémunérateurs, valorisation de la production agricole des femmes, renforcement des capacités d’action des femmes rurales et enfin une volonté politique  nécessaire pour la mise en œuvre de ces plans et actions.

Le nombre de femmes, chef des ménages s’accroît en milieu rural…

Le décor ainsi planté amène son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne près le Bénin, Achim Tröster a félicité la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) pour son engagement dans la mise en œuvre du Programme EWOH2 entendez « Un seul monde sans faim » du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Selon lui, les fondations politiques allemandes à l’étranger ont entre autres missions de compléter l’engagement international de l’Allemagne dans le domaine de la coopération politique et du développement.

En rendant un hommage mérité aux braves femmes qui jouent un rôle prépondérant dans la sécurité alimentaire des ménages en milieu rural, M. Achim Tröster déclare : « De nombreux rapports dans le monde notent qu’en Afrique le nombre de ménages ayant pour chef, une femme s’accroît rapidement dans les zones rurales, du fait de l’exode rural masculin faute d’emplois et d’activités rémunératrices. Environ 31% des ménages ruraux en Afrique subsaharienne, sont dirigés par des femmes ».

« Ce chiffre interpelle les acteurs politiques notamment les services chargés d’éclairer les politiques dans le choix des options et orientations des politiques publiques de développement. Le développement durable ne peut se réaliser si 50% de la population concernée (les femmes) sont exclues des opportunités que le développement est à même d’offrir » souligne-t-il.

En effet, l’étude de terrain indique clairement que les femmes sont moins susceptibles que les hommes de posséder un terrain, elles sont confrontées à une forte insécurité foncière pour les terrains qu’elles exploitent et ont très peu accès aux intrants essentiels que sont la terre, le crédit, les engrais, les nouvelles technologies et les services de vulgarisation. Pour cette raison, leurs rendements ont tendance à être nettement plus faibles que ceux des hommes.

 

Des participants très accrochés à la thématique

Des participants très accrochés à la thématique

Même son du cloche au niveau du film documentaire projeté, et qui révèle que les femmes en milieu rural n’ont pas assez d’informations sur les textes de lois favorables à leur accès libre à la terre ; ni sur les procédures à suivre pour la sécurisation des terres qu’elles exploitent à titre d’emprunt ou de location ou celles qu’elles pourraient bénéficier à titre de donation ou par voie successorale ou par achat ; ni comment devenir propriétaire d’un champ.

 

Selon M. Florian Karner, le Représentant résidant de la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) à Abidjan (Côte-d’Ivoire), la question de l’accès de la femme à la terre constitue un enjeu majeur d’égalité et de citoyenneté. «Le droit n’est pas un univers familier aux personnes vulnérables d’autant plus que le non-accès aux droits constitue un facteur d’aggravation de la vulnérabilité. Il engendre de la marginalité et représente un coût important, un coût social mais également un coût moral pour les gouvernants et les acteurs politiques » fait-il remarquer.

Réaffirmant pour sa part, l’engagement du Gouvernement béninois à accompagner la KAS et ses partenaires dans la réalisation des objectifs qui contribuent au développement économique et social, le Directeur du cabinet, Bonaventure Kouakanou – représentant du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche – déclare : « Le gouvernement est aussi conscient qu’investir dans les femmes et les filles en zone rurale et plus particulièrement les femmes agricultrices, est porteur de grands espoirs pour l’atteinte des objectifs tant attendus de l’égalité entre les hommes et les femmes. Cet engagement s’est matérialisé à travers plusieurs actes concrets qui permettent d’accroître l’autonomisation de la femme comme en témoigne le Programme d’action du Gouvernement ».

«C’est pourquoi, lors de la réforme foncière engagée depuis 2013 et renforcée en 2017 au Bénin, tout a été fait avec le concours des partenaires au développement et de l’implication des Osc pour intégrer les dispositions du Code des personnes et de la famille dans le Code foncier et domanial » a indiqué M. Kouakanou.

L’atteinte des objectifs de l’atelier

En effet, l’objectif poursuivi par les organisateurs du présent atelier consiste à initier une plateforme d’échanges et de dialogues entre divers acteurs pour susciter des débats autour des enjeux de la réforme agro-foncière favorables à l’accès des femmes aux terres et aux ressources de production. Etant donné que la gouvernance foncière est un facteur fondamental dans la lutte contre la pauvreté et le développement économique durable.

 

Exif_JPEG_420Les différents acteurs conviés à cette rencontre, ont eu l’opportunité d’échanger sur la problématique de l’accès des femmes au foncier agricole et de voir dans quelle mesure cette problématique peut-elle constituer réellement un sujet de débats politiques et de programmes de société et quelles sont les stratégies à mettre en œuvre pour faire entendre raison aux hommes, notamment les garants de la tradition en milieu rural.

 Durant deux jours,  six communications en lien avec la thématique de l’atelier: «Réformes agro-foncières et Accès des femmes aux terres et aux ressources : Responsabilités des acteurs étatiques » sont diversement abordées par les communicateurs et appréhendées par les participants qui sont pour la plupart des acteurs étatiques et administratifs, des experts de la question foncière, des responsables de réseau de femmes, d’Organisation de la société civile, d’Organisation paysanne, d’association de femmes juristes, des avocats et autres.

— Toutestgrace

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