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FMI / Contours des Programmes économiques financiers : « Malgré les chocs d’envergure, le Bénin s’en sort mieux que plusieurs autres » dixit Younes ZOUHAR.


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Ph:DR: M. Younes ZOUHAR, Représentant résident du FMI au Bénin

Les membres du Réseau des Journalistes Economiques du Bénin (Réseau-JEB), ont tenu leur rencontre périodique le vendredi 26 janvier 2024 à la Maison des Médias de Cotonou. « Contours des Programmes économiques financiers appuyés par le Fonds monétaire international (FMI) », c’est le thème présenté par le Représentant résident du FMI au Bénin, M. Younes Zouhar qui était l’Expert invité à la séance de discussion et d’échanges des hommes de médias.  Rôle et mission du FMI, Analyse de l’évolution économique du Bénin malgré les chocs d’envergure enregistrés : « le pays s’en sort mieux que plusieurs autres » apprécie M. Zouhar.

Aline ASSANKPON

Le Réseau des Journalistes Economiques du Bénin (Réseau-JEB) a tenu sa rencontre périodique prévue pour le vendredi 26 janvier 2024 à la Maison des médias de Cotonou. L’invité du jour, était le Représentant résident du Fonds Monétaire International (FMI) au Bénin, M. Younes ZOUHAR, qui a entretenu les journalistes présents sur le thème : « Contours des Programmes économiques financiers appuyés par le Fonds monétaire international (FMI) ».

Après l’ouverture de la séance par la Coordinatrice générale du Réseau-JEB, Mme Aline ASSANKPON qui, en sacrifiant à la tradition, a présenté les bons vœux du Nouvel An aux membres du Bureau et à tous les membres du réseau présents. Elle a par ailleurs, rappelé les tenants et aboutissants des rencontres périodiques organisées bimestriellement par le Réseau.  Mme Marie-Louise BIDIAS, la Chargée à l’organisation du Réseau a assuré brillamment la modération de la séance.

Le rôle du FMI, le Programme 2023 et le Programme additionnel du FMI axé sur le climat, sont des sous-thèmes qui ont meublé la présentation faite par le Représentant résident du FMI au Bénin, M. Younes ZOUHAR.

L’adhésion au FMI est volontaire. L’institution réunit actuellement 200 membres. Initialement, son mandat consiste à préserver et à faire en sorte que la stabilité financière mondiale soit renforcée : renforcer les conditions d’une croissance durable pour les pays membres à travers l’appui apporté au programme national économique et social.

Trois fonctions caractérisent l’intervention du FMI au niveau des pays : la première, c’est le financement qui intervient lorsque les pays sont en difficultés pour leurs balances des paiements, « l’intervention du Fmi est modulée en fonction des besoins des pays à travers ses différents types d’instruments ».

Ph:DR; Une vue partielle des participants à la discussion sur « Contours des Programmes économiques financiers appuyés par le Fonds monétaire international (FMI) »

La deuxième, est le Conseil que bénéficie tous les pays membres inscrits dans les consultations annuelles au titre de l’article 4 du FMI pour discuter des politiques économiques et financières de leurs pays. « Quand un pays est en situation de l’endettement excessif, de difficultés de devises, il y a un risque d’aggravation de la situation à causes des chocs exogènes ou carrément, les politiques macroéconomiques qui ne sont pas cohérentes ; cela peut entraîner l’érosion des devises et le pays peut se retrouver en cessation de paiements. Ces problèmes ne se limitent pas au pays seul, le FMI est là, pour apporter son soutien à travers des financements, des renforcements de capacités sur les meilleures pratiques des autres pays pour faire des réformes basées sur l’accumulation des expériences » souligne M. ZOUHAR.

Lire aussi  3ème Revue au titre du MEC/FEC : Le FMI et le Bénin sont parvenus à un accord au niveau des services sur un nouveau programme au titre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité

La troisième fonction se retrouve au niveau du renforcement des capacités, l’assistance technique. Le Bénin comme beaucoup d’autres pays, bénéficie de l’assistance technique intense en matière de la mobilisation des recettes fiscales qui est très faible. Il s’agit de la mise en place d’un cadre de modernisation l’administration fiscale afin de s’assurer de l’équité dans les réformes fiscales. « Car in fine, ces réformes visent à assurer la croissance durable et inclusive ; la réforme énergétique. En fait, le principal en mains du gouvernement, c’est la politique budgétaire et la fiscalité : Deux choix importants pour le gouvernement et la société. Dans ce contexte, la mobilisation des ressources fiscales doit être raisonnable soutenue par le souci de diversifier l’économie » précise-t-ilLe Programme

Ph:DR: Photo de famille des participants à la rencontre de janvier 2024

Faire face à l’actuelle pénurie de financement

La problématique actuelle du FMI, c’est comment faire face à la pénurie de financement dû aux chocs exogènes (la guerre de l’Ukraine et la pandémie du Covid-19) et les chocs à caractère régional (par exemple au Bénin, la fermeture des frontières et la réforme de l’essence au Nigeria). Ces différents chocs ont entraîné une forte inflation, qui nécessite d’être contrôlée à cause de l’érosion du pouvoir d’achat ; l’incertitude des investisseurs, la hausse des taux d’intérêts, etc, (il s’agit-là des facteurs qui incitent moins à l’investissement).

Se basant sur le rapport du FMI publié en décembre 2023, lorsqu’on prend le cas du Bénin avec les deux chocs enregistrés, notamment : la réforme de la subvention de l’essence au Nigeria a entrainé la hausse des prix de l’essence de la contrebande appelée Kpayo avec ses implications et la fermeture des frontières avec le Niger qui a réduit considérablement, le trafic au niveau du transport avec toutes ses implications au niveau économique. Les effets de ces chocs d’envergure se ressentent au niveau de la croissance qui est en baisse, actuellement à 5,6%.

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« Le kpayo, c’est 90 % de la consommation de l’essence au Bénin avec 54.000 points de vente. Les prix des transports ont drastiquement augmenté entraînant une érosion du pouvoir d’achat. Tandis que 37 communes sur les 77 du Bénin, ne disposent d’aucune station d’essence et sont restreint à acheter de l’essence à un prix fortement élevé. Dans le moyen et à court termes, la crise du kpayo est une bonne chose, car elle va permettre de formaliser le secteur et réduire les effets indésirables du kpayo en terme d’impacts sur la santé » apprécie le Représentant résident du FMI.

Cependant, l’aide internationale a historiquement baissé. Des pays sont déjà sur la corde raide soumis à une contrainte supplémentaire. La pénurie de financement amplifie les facteurs de vulnérabilité existants. Les pays vont devoir moins compter sur les modalités traditionnelles du financement.

Que faire ? Renforcer la résilience…

Il y a un besoin de renforcer la résilience économique, de maintenir la stabilité macroéconomique. « Il y a des facteurs qui aident à cela, il s’agit des réformes engagées dans les stabilités macroéconomiques, la maîtrise de l’équilibre budgétaire, les réformes faites au niveau des Finances publiques avec l’aide à l’efficacité, ont permis de limiter l’impact de ces chocs et d’augmenter la résilience ».

Face à ces difficultés, on a également noté une hausse des taux d’intérêts de mobilisation de ressources sur le marché régional, les maturités légèrement réduites ; soit de 5.2 % en 2022 à 7 % en septembre 2023.

Dans le même temps, on note que le Bénin a réussi à obtenir de financement pour l’investissement dans la mise en œuvre des ODD avec la garantie de la Banque africaine de développement soit une marge de 29 %. « C’est une marque de confiance dans les perspectives économiques du Bénin ».

Facilité de Résilience et de Durabilité (FRD)

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Le Programme Facilité de Résilience et de Durabilité (FRD) est un nouveau programme additionnel axé sur le climat et qui débouche sur le Fonds climatique disponible et qui s’étale sur deux ans. « Le Bénin y a accédé également à hauteur de 120 % sur les 200 millions de dollars compte tenu des avancées obtenues sur le plan institutionnel, juridique et environnemental. Ce n’est pas évident d’avancer à ce niveau-là » s’en félicite M. Younes Zouhar. Ce programme est divisé en quinze (15) axes déclinés entre autres comme suit : Axe1 : Incorporer l’action climatique dans les processus budgétaires et dans le cadre de gestion des Finances publiques et de l’investissement public ; Axe 2 : Renforcer l’adaptation climatique en matière de la gestion de l’eau, l’évaluation des ressources des nappes phréatiques, la protection sociale, la vulnérabilité du champ climatique, identifier les populations qui sont dans le besoin d’aide, l’assurance agricole pour permettre aux paysans d’être résilients en période de sécheresse, etc. Axe 3 : Soutenir les efforts d’atténuation des changements climatiques Axe 4 : Mobilisation du Financement privé de l’action climatique ; il s’agit de capitaliser sur les actions climatiques en matière des ODD qui intéressent les investisseurs privés. L’idée est d’avoir une sorte de taxonomie du projet à caractère climatique. Pour ne citer que ces quatre axes… (Ndlr : Nous reviendrons plus en détail sur les quinze axes du nouveau programme FRD du Fonds Climatique). (A.A.)

Les perspectives

En termes de perspectives, à la fin de l’année 2021, le Bénin a fait une requête pour bénéficier du Programme de Facilité Elargie afin de pouvoir soutenir les réformes engagées. Des recherches ont confirmé que ses dépenses publiques se chiffrent à 15 %, le taux le plus faible au monde.  Et la réponse à ce taux très faible est que la fiscalité au Bénin est très faible.

Désormais avec l’appui du FMI, le paradigme est changé avec le Programme d’assistance, le taux des dépenses publiques se chiffre désormais entre 19 et 20% en lien avec le Programme d’action du Gouvernement (PAG). Certes, on note une augmentation des recettes fiscales et une augmentation des dépenses publiques, l’amélioration de la gouvernance : de 120 millions de dollars US, on est passé à 650 millions, soit environ 4 fois la quote-part du Bénin. Déjà, trois quart ( ¾ ) des dépenses sont décaissées sur une caractéristique de trois ans au lieu de trois ans et demi, avec toujours la confiance accordée au Gouvernement du Bénin.


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