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Session nationale de la Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD III) : « le Bénin poursuivra sa stratégie de diversifications de ses sources de financement »


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Ph:DR; Le presidium à l’ouverture de l’atelier

Le Bénin promet de maintenir le respect à bonne date de ses échéances de remboursement de dette vis-à-vis de tous ses créanciers.

Le Réseau Social Watch Bénin en collaboration avec le Forum africain sur la Dette et le Développement (AFRODAD) a organisé vendredi 04 Août 2023, un atelier préparatoire et d’échanges, en prélude à la Conférence africaine sur la Dette et le Développement prévue pour se tenir du 30 Août au 1er Septembre 2023 à Dakar au Sénégal. L’objectif de cet atelier étant d’offrir un cadre de réflexions national sur l’avenir de la dette publique, dégager les pistes d’actions à explorer pour éviter les pièges de l’endettement et les alternatives nationales et africaines de financement en vue d’un développement économique social et durable.

Aline ASSANKPON

« Les 4 R pour une Afrique qui décide : Ré-imaginer, Repenser, Réorganiser et Remobiliser pour un Ordre mondiale africain » c’est le thème de la troisième édition -2023, de la Conférence africaine sur la dette et le développement AfCoDD-III, prévue pour se tenir du 30 août au 1er Septembre 2023 à Dakar au Sénégal.

Depuis 2021, la Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD) rassemble les dirigeants politiques, techniques et civiques du continent pour délibérer et convenir sur des engagements qui préservent la durabilité macroéconomique du continent en vue de réaliser la transformation structurelle énoncée dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine : « L’Afrique que nous voulons ».

Le Bénin, à l’instar des pays africains a recours à la dette publique pour son développement et pour réaliser des infrastructures sociales exigées par les Objectifs de Développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 des Nations Unies. Bien que son niveau d’endettement soit soutenable au regard des différentes notations obtenues ; cependant le pays n’est pas en marge des pièges de la dette publique.

Aujourd’hui, il est avéré que l’Afrique est prise dans un piège de la dette qui va au-delà de la contraction de la marge de manœuvre budgétaire et qui passe par une faible  capacité de production. « Le fardeau de la dette  de l’Afrique devient directement un fardeau pour les Africains qui doivent payer le prix d’emprunts irresponsables et de prêts tout aussi irresponsables. Pourtant, malgré le fardeau de la dette, des institutions comme le FMI continuent d’accorder des prêts à nos gouvernements africains sous le couvert de prêts « hautement concessionnels » a déclaré le Représentant de l’AFRODAD, Monsieur Yungong Théophilus, Responsable de la Politique, de Recherches et du Plaidoyer.

Face à ce contexte de spirale de pièges ou de mode crise perpétuel de l’Afrique et au regard de l’approche politique de la dépendance, il urge de : Ré-imaginer, Repenser, Réorganiser et de Remobiliser pour un ordre mondial africain.

Fidèle à son engagement pour la bonne gouvernance, Social Watch Bénin (SWB) à travers son Vice-président du Conseil d’administration, Monsieur Victor Gbédo, qui a fondé son espoir sur le riche débat du présent atelier « qui permettra d’élaborer des propositions et recommandations pour faire face aux défis de la dette et du financement du développement en Afrique ».

Saluant les organisateurs de cet atelier et de la Conférence africaine sur la dette et le développement du continent et pour lequel les dirigeants africains appellent à la réforme de l’architecture financière mondiale, le Directeur Général Adjoint de la Caisse Autonome de Gestion de la Dette (DGA/CAGD), Monsieur Vincent Simoukoua, Représentant du ministre d’Etat, de l’Economie, des Finances et de la Coopération, a rassuré les participants sur le fait que le Bénin a développé plusieurs initiatives visant l’efficacité dans la mobilisation des ressources nationales afin de permettre à l’Etat d’avoir plus de moyens pour financer les services publics et répondre aux chocs.

« Le Bénin a su préserver le dynamisme de son économie en obtenant un taux de croissance de 3,9% en 2020, l’un des meilleurs d’Afrique subsaharienne, dans un contexte socioéconomique mondiale dégradé pour cause de la pandémie de la Covid-19. (…) Le Bénin a réalisé des progrès significatifs dans l’amélioration de la gestion budgétaire et ses capacités à mobiliser d’importantes ressources sur les marchés financiers et auprès des partenaires au développement » a rassuré le DGA/CAGD, Vincent Simoukoua à l’ouverture officielle des travaux de l’atelier.

La soutenabilité de la dette publique : le cas d’espèce du Bénin.

En 2021 la croissance économique du Bénin a marqué une reprise en s’établissant à un taux de 7,2% contre une prévision de 7,0% et une réalisation avant la Covid-19 de 6,9% en 2019. Les différentes notes sur le Bénin par les diverses agences de notations témoignent de la qualité des fondamentaux économiques du pays, de sa soutenabilité face à la dette publique, de sa résilience face à l’inflation post-Covid-19, ainsi que de solides perspectives de croissances portées par les réformes ambitieuses du Gouvernement en dépit du contexte économiques mondial dégradé empreinte d’incertitudes.

Cette performance résulte en fait – selon Vincent Simoukoua, DGA/CAGD – entres autre de la qualité des fondamentaux engagées depuis 2016 par le Gouvernement. En 2022, les réalisations à mi-parcours confirment la résilience de l’économie béninoise face à l’inflation post-Covid-19 et la guerre en Ukraine. «Sur la période 2024-2025, et en dépit de la guerre russo-ukrainienne, les perspectives du Bénin établies en collaboration avec les services du FMI et saluées par les diverses agences de notation, projettent un déficit budgétaire global, dons compris rapporté au PIB égale à 2,8% ». Dans cette dynamique de progrès significatifs dans l’amélioration de la gestion budgétaire, la mobilisation des ressources en prêts et en dons pour financer son déficit budgétaire en 2023 sera guidée par les orientations de la Stratégie d’endettement à moyen terme (SDMT) 2020-2024. « La mise en œuvre du Plan de financement qui en découle sera orientée vers la poursuite de cette dynamique à travers deux axes principaux à savoir : la consolidation des acquis du PAG 2016-2021 et le relèvement des chaîne de valeurs ajoutées pour le développement du secteur de la transformation » a souligné le M. Vincent Simoukoua. « La mobilisation des ressources au Bénin s’inscrit également dans la vision 2030 des Nations Unies pour le développement durable, à travers le financement d’une série de projets accompagnés de réformes conséquentes visant à atteindre les cibles prioritaires des ODD » poursuit le DGA/CAGD. Rappelons que cette mise en œuvre de la stratégie d’endettement sera rendue possible en respect des différentes exigences (plafonds d’endettement, seuils des différents ratios de viabilité) nationales, régionales et internationales édictées en matière d’endettement. « Le Gouvernement du Bénin maintient une approche de gestion proactive et de choix sélectif des mécanismes et outils de financements les plus compétitifs et attractifs (en termes de maturité, taux d’intérêt et devise) en phase avec la stratégie d’endettement à moyen terme (SDMT) 2020-2024. Le Bénin entend également préserver la qualité de sa signature en vue de rassurer les investisseurs et Partenaires Techniques et Financiers (PTF) à travers un monitoring permanent de leur perception de prime de risque crédit du Bénin sur les marchés financiers régionaux et internationaux » a précisé Monsieur Simoukoua. En termes de perspectives sur le financement de développement et de gestion de sa dette, le Bénin compte poursuivre des efforts supplémentaires pour accroître la mobilisation des ressources nationales et l’efficacité des dépenses publiques. Par ailleurs, « le Bénin poursuivra sa stratégie de diversifications de ses sources. Le Bénin maintiendra le respect à bonne date de ses échéances de remboursement de dette vis-à-vis de tous ses créanciers. La dynamique de la transparence implémentée ces dernières années sera maintenue et renforcée à travers la publication périodique de statistiques de la dette sur les canaux appropriés ». (A.A.)

Pour une matinée bien meublée, les participants à cet atelier préparatoire et d’échanges ont suivi deux communications et un panel de discussion sur des thèmes aussi variés les uns que les autres : « Dette publique pour un développement économique et social durable : Quelles alternatives pour les pays africains ? » animé par M. Marie-Ange Codo du ministère de l’Economie et des Finance ; « Recours aux DTS et fonds concessionnels du FMI : Solution de financement en temps de crise pour un développement durable ? » animé par le Représentant résident du Fonds monétaire international au Bénin, M. Youness Zouhar et enfin, « Convergence régionale dans l’UEMOA/CEDEAO pour assurer une approche coordonnée face aux défis de la dette et du financement du développement » soumis à la réflexion de trois panélistes, M. Abel Gbètoénomon, Expert Economie et en Gouvernance ; un Expert représentant Nicaise Médé du Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Administration des Finances  et Vincent Simoukoua, DGA de la Caisse Autonome de Gestion de la Dette.

A cette session nationale de réflexion, ils sont une quarantaine de participants provenant de différentes structures  et directions du ministère de l’Economie et des Finances chargé de la Coopération ; du ministère des Affaires étrangères, des Représentations résidentes de la Commission de l’Uemoa, de la Cedeao, du FMI, de l’Assemblée nationale, de l’Unaceb, des Représentants des médias, des Organisations de la Société civile nationales et des Centres de recherches universitaires.

De diverses communications, l’on retient que la dette publique n’est pas une mauvaise chose en soi. Le recours à l’endettement joue un rôle essentiel pour la développement, mais à des niveaux insoutenables, elle fragilise la croissance et pénalise les pauvres.

A condition que la dette publique soit bien gérée, transparente et utilisée dans le cadre d’une politique de croissance crédible, dans ce cas, la dette peut devenir un levier de développement.  (Ndlr : Nous reviendrons plus en détail sur les différentes communications)

Le présent atelier vise entres autres à : appeler à des réformes de l’architecture financière mondiale qui régit la dette publique ; rechercher des solutions significatives au problème de la dette et à colmater les fuites financières.

Ré-imaginer ; Repenser ; Réorganiser et Remobiliser pour un ordre mondial africain de la Dette publique.

La réimagination exige une acceptation de l’avenir de l’Afrique  qui passe par les femmes et les jeunes. Selon les études de AFRODAH, en 2021, la population féminine s’élève à 50,17% et d’ici 2030, la jeunesse africaine va représenter 42% de la jeunesse mondiale ;

Repenser une Afrique sans dépendance à l’égard de l’ordre économique et politique néolibéral, opter une approche étatique qui se concentre plus sur le développement interne de nos pays et de nos populations ;

Réorganiser qui appelle à une réorganisation des dirigeants africains qui doivent exercer leurs droits à l’autodétermination et ne plus se laisser dicter leurs comportements et enfin, la Remobilisation qui apparait comme une entreprise qui accepte le système financier mondial : les citoyens, une fois maîtriser le concept de la dette publique et de développement peuvent exiger des redditions de compte sur la gestion des dettes.


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