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CoM2023 à Addis-Abeba: « Le taux de croissance de l’Afrique continue d’être assez faible et en deçà des attentes » : Quatre principales raisons sont énumérées par le Secrétaire exécutif par intérim de la CEA


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Ph:DR: M. Antonio Pedro, Secrétaire Exécutif par intérim de la CEA

Pourquoi la croissance du continent peine à rebondir, les causes, les défis et opportunités à saisir pour une relance incluse, sont entre autres les préoccupations du Comité d’experts. La 55ème Session de la Conférence des ministres des finances, de la planification et de du développement économique (CoM2023), qui a commencé ses travaux du 15 au 17 mars se poursuit. La réunion préparatoire du Comité d’Experts à travers différents panels s’y penche activement.

Aline ASSANKPON

Le thème de la cinquante cinquième Session : « Favoriser la reprise et la transformation en Afrique pour réduire les inégalités et les vulnérabilité ».

Selon les analyses du Secrétaire exécutif par intérim de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), M. Antonio Pedro, le taux de croissance élevé des deux dernières décennies a permis de réduire le niveau de pauvreté en Afrique, la part de la population vivant dans l’extrême pauvreté ayant été ramenée de 55% à 35 % entre 2000 et 2019. « Néanmoins, 546 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté en 2022. Il est alarmant de constater que des millions de personnes vulnérables sur le continent rejoignent les rangs de la population pauvre du fait des chocs mondiaux, annulant des décennies de progrès. La pandémie de Covid-19 a poussé 55 millions d’Africains supplémentaires en dessous du seuil de la pauvreté, et l’incidence de la guerre en Ukraine devrait encore aggraver le problème ».

Même lorsque le taux de croissance était élevé en Afrique, toute la population n’en a pas profité de manière égale note-t-il : « Par exemple, entre 2004 et 2019, les 10 % des salariés les mieux rémunérés ont bénéficié d’environ 75% du revenu total. Les fortes inégalités, associées à un taux de pauvreté élevé, créent un cercle vicieux dans lequel les goulots d’étranglement structurels persistent, rendant les populations africaines perpétuellement vulnérables aux chocs économiques et non économiques ».

La conférence note que la capacité des pays africains à lutter efficacement contre la pauvreté et les inégalités est aujourd’hui fortement limitée par le déclin de la croissance économique, la réduction de la marge de manœuvre budgétaire, l’augmentation de la dette, les fortes variations du prix des denrées de base et le durcissement des conditions financières mondiales. Le risque  de ne pas réaliser les objectifs relatifs à la pauvreté et aux inégalités énoncées dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et dans l’Agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons de l’Union africaine est plus élevé que jamais.

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Par rapport à la régression du taux de la croissance, le Secrétaire exécutif par intérim de la CEA, Antonio Pedro lance quatre messages : « On s’attendait à un taux de croissance de 3,9 % pour 2023 en comparaison des quatre points : Plutôt, le taux de croissance devrait remonter à 4,1% alors qu’il était de 3,9% en 2022 ; moins 6% pour 2021. La croissance est en train de remonter mais très lentement, c’est le premier message ».

« 2ème message, le déficit fiscal continue d’être très élevé, on s’attendait qu’il tombe à 4,8% en 2023 ; mais en 2022 pour la moyenne, nous avons huit (08) pays africains qui étaient dans une situation extrêmement difficile et d’autres très à risque. 12 % de taux d’inflation pour 2022 et on s’attend au même genre de chiffre pour 2023 d’inflation. 18 millions de personnes de plus sont tombées dans la pauvreté à cause de la crise en Ukraine et la pandémie de Covid-19 et à cause de l’absence de diversification, de transformation structurelle sur le continent. Mais 144 millions de personnes en Afrique vont se retrouver sur le seuil de la pauvreté ; ça fait 10 % de la population en Afrique qui courent le risque de tomber sous le seuil de la pauvreté plus qu’en 2022 ».

« Le taux de croissance en Afrique est tombé jusqu’à 3.6% en 2022 alors qu’il était à 4.6% en 2021 et on espère qu’il pourra remonter à 3, 9% en 2023. C’est un taux qui est en dessous de ce qui était observé avant la pandémie de Covid-19 ».

« Sur le ralentissement de la croissance en Afrique, il est dû au ralentissement mondial avec la crise de l’Ukraine qui a empiré les conditions de vie dans le monde entier avec un impact très fort sur la croissance de l’Afrique et aussi un plan interne, il n’y a pas suffisamment de l’investissement pour alimenter la croissance locale. La résultante est que la diversification reste très faible par rapport à l’importation des matières premières notamment, le pétrole, les minéraux continuent d’être le pavillon de l’exportation. On ne peut tout de même pas continuer comme ça. On espère mener des actions pour renverser la tendance ».

L’Afrique était dans une position de croissance rapide après l’Asie et l’Afrique du Sud en 2022, mais ce taux de croissance était plus faible que ce qu’avait connu l’Afrique avant la pandémie. Lorsqu’on observe la croissance au niveau des différentes régions (en Afrique de l’Est, l’Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest, elle semble plus élevée qu’en Afrique australe ; pendant ce temps, la croissance reste très faible en Afrique centrale.

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La remarque est que la croissance est poussée par la consommation, les investissements fixes, bruts et les exportations restent très faibles.


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