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CoM2023 à Addis-Abeba (Ethiopie) : La CEA annonce les couleurs de la 55ème Session à travers une conférence de presse


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Ph/DR: M. Antonio Pedro, Secrétaire exécutif intérimaire de la CEA

Après Dakar (Sénégal) en mai 2022, c’est Addis-Abeba (Ethiopie) qui abritera la 55ème Session de la Conférence des ministres africains, des Finances, de la Planification et du Développement économique (CoM2023), du 15 au 21 mars 2023. Organisé par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), l’édition 2023 de cette conférence est placée sous le thème : « Favoriser la reprise et la transformation en Afrique pour réduire les inégalités et les vulnérabilités ». La CoM2023 va inclure le segment ministériel de la Conférence les 20 et 21 mars 2023. Cet événement annuel se déroulera sous un format hybride : en mode présentielle et virtuelle ; tous les acteurs sont invités, de même que la presse internationale.

 Aline ASSANKPON

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a organisé ce lundi 13 février une conférence de presse en mode virtuelle sous la direction du Secrétaire Exécutif intérimaire de la Commission, M. Antonio Pedro, assisté par la Représentante du Président du  Bureau de la Conférence, l’Ambassadeur du Zimbabwé, Mme Sophia Nyamudeza, 2ème Vice-présidente du bureau de la 54ème Session. L’information principale, c’est l’organisation imminente de la 55ème Session de la Conférence des ministres africains, des Finances, de la Planification et du Développement économique (CoM2023), qui va se dérouler du 15 au 21 mars 2023 dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, plaque tournante pour la diplomatie internationale et pour la région africaine. L’évènement sera également suivi du segment ministériel de la Conférence les 20 et 21 mars 2023.

«Favoriser la reprise et la transformation en Afrique pour réduire les inégalités et les vulnérabilités », c’est le thème de l’édition 2023. En annonçant les couleurs pour l’organisation de cette rencontre annuelle, le Secrétaire exécutif intérimaire, M. Antonio Pedro, dans sa présentation, a rappelé que malgré les taux de croissances élevés au cours des deux dernières décennies qui ont réduit les niveaux de pauvreté en Afrique, la part de la population vivant dans l’extrême pauvreté passaient de 55 à 35% entre 2000 et 2019. Cependant, force est de constater qu’en 2022, 667 millions de populations vivent encore dans l’extrême pauvreté. C’est la conséquence de la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19 et les chocs mondiaux.

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Déclin de la croissance économique

« L’impact des chocs causés par le COVID -19, la guerre en Ukraine et le changement climatique ont poussé davantage de personnes dans l’extrême pauvreté et ont accru les inégalités dans le monde » a déclaré M. Antonio Pedro.

Les chocs mondiaux ont transformé des millions de personnes vulnérables en nouveaux pauvres du continent annulant des décennies de progrès réalisés et a poussé 55 millions d’Africains supplémentaires sous le seuil de la pauvreté. Selon le Secrétaire exécutif intérimaire, c’est un recul net pour l’Afrique qui représentante désormais la plus forte proportion de toutes les régions du monde. « L’émergence d’un grand nombre de personnes nouvellement pauvres et vulnérables rend plus difficile la réduction de l’écart entre les riches et les pauvres ».

 « La capacité des pays africains à lutter efficacement contre la pauvreté et les inégalités est également fortement limitée compte tenu du déclin de la croissance économique, du rétrécissement de l’espace budgétaire, de l’augmentation de la dette, des chocs sur les matières premières et du durcissement des conditions financières mondiales » remarque-t-il.

Et plus inquiétant, le risque de ne pas pouvoir être au rendez-vous de l’échéance de 2023 de l’Agenda des Objectifs de Développement durable (ODD). « Le risque de manquer les objectifs de pauvreté et d’inégalité fixés dans l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Agenda 2063 : L’Afrique que nous voulons, de l’Union africaine, est plus élevé qu’il ne l’a jamais été auparavant » exprime-t-il. «La pauvreté et les inégalités en Afrique présentent des risques élevés pour la prospérité, la paix et la sécurité, et plus largement pour le contrat social » ajoute M. Antonio.

Dans ce contexte où il faut se réinventer et développer la résilience au sein des nations africaines, la CoM2023 vise donc à renouveler l’attention et l’action sur la réduction de la pauvreté, des inégalités et d’autres facteurs qui ont rendu la population africaine continuellement vulnérable à ces fléaux. «Les efforts de relèvement doivent être favorables aux pauvres et inclusifs, en vue de favoriser un nouveau contrat social qui offre des chances égales pour tous ».

Très optimise, M. Pedro, déclare que «Des opportunités considérables pour atteindre ces objectifs existent sur le continent et au-delà, notamment grâce aux activités menées dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, aux investissements verts, à la transformation numérique et aux réformes de l’architecture financière mondiale ».

 La 2ème Vice-présidente du Bureau de la 54ème Session, Mme Sophia Nyamudeza, représentant du Président du Bureau (Sénégalais), va rappeler pour sa part que le Bureau actuel comprend : le Sénégal, le Madagascar, la Guinée Equatoriale et le Zimbabwé et ses membres se réunissent pour préparer activement la CoM2023. « La CoM2023 est un événement annuel qui permet les échanges entre les ministres africains ainsi que les Gouverneurs des Banques centrales de discuter sur des questions pertinentes de l’Afrique et son développement y compris les questions commerciales ».

Des opportunités pour le changement du paradigme

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« La conférence de cette année va permettre aux ministres africains de discuter de la manière dont ils peuvent insuffler la résilience aux économies africaines ; échanger sur les expériences et les points de vue et sur les interventions politiques possibles. Ils peuvent aussi traiter les questions des inégalités sur la redevabilité » a-t-elle ajouté en adressant ces vives félicitations à la CEA qui assiste les Etats membres pour qu’ils puissent s’adapter aux changements climatiques et mettre en œuvre la ZLECAF sur le continent africain.

«En marge de la COP27 en Egypte en 2022, le Zimbabwé a pu signer des accords sur l’amélioration de l’énergie solaire dans notre pays. Et nous pensons, qu’il s’agit-là de projet important qui permettront la transition vers les énergies renouvelables. Nous attendons impatiemment le Forum Africain qui se fera en marge de la Conférence des Chefs d’Etat. Ce sera également pour la CEA, une opportunité de mettre sur la table, la question sur le marché du carbone, pour qu’on puisse bénéficier de ses ressources qui peuvent contribuer au développement durable du Continent » espère Mme Sophia Nyamudeza.

 Le continent africain regorge de beaucoup d’opportunités et il convient de travailler à un changement de paradigme sur le terrain. A cet effet, tous les acteurs qui font partie de ce paysage et qui appuient l’Afrique pour qu’elle continue de travailler pour l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2065, seront réunis dans le segment ministériel prévu pour se dérouler les 20 et 21 mars. Cette rencontre comprendra trois tables rondes, pour permettre aux ministres et aux participants de s’engager sur : les politiques et interventions visant à favoriser la résilience et à réduire la pauvreté et les inégalités face aux chocs mondiaux ; les implications socio-économiques du changement climatique et les possibilités de tirer parti de la finance verte, et l’exploitation de la ZLECAf pour la résilience et l’inclusion économiques.

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En marge de la CoM2023, la CEA va également organiser un petit-déjeuner de travail du Groupe de travail de haut niveau sur l’architecture financière mondiale et verra le lancement du Rapport économique 2022 sur l’Afrique, sur le thème 2022, «Tirer parti de la technologie numérique et de l’innovation pour promouvoir la chaînes de valeur pour mieux construire en Afrique ».

Les participants au CoM2023 auront également l’occasion de s’entretenir avec l’ancien Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, qui donnera la conférence commémorative Adebayo Adedeji 2023 sur le thème : « Gouvernance, contrat social et développement économique en Afrique : retour en arrière et projection vers l’avenir ».

Sous le format hybride (en présentiel et en visioconférence), outre les ministres africains en charge des Finances, de la Planification et du Développement économique, les Représentants des Etats membres, les Entités du Système des Nations Unies, les Institutions financières panafricaines, les Gouverneurs des banques centrales, les Institutions universitaires et de recherches africaines, les Partenaires au développement et les Organisations intergouvernementales et d’autres acteurs clés (parties prenantes) pour s’engager et échanger des points de vue sur l’état du développement économique et social en Afrique, les progrès de l’intégration régionale et d’autres questions pertinentes pour le continent.


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