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Des œuvres musicales promeuvent le projet « GNONNANTCHE » dans les départements du Zou et des Collines : L’artiste Adjahossou Joseph dit Kingnon de Glazoué décroche le 1er prix


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Ph/DR: Le présidium à la cérémonie d’ouverture de la compétition

Ils étaient huit demi-finalistes, cinq ont tiré leur épingle du jeu en sortant finalistes, meilleurs artistes ayant produit des œuvres musicales en langues locales sur les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles et les violences basées sur le genre. Le premier de cette compétition, l’artiste Adjahossou Joseph dit Kingnon de Glazoué reçoit une enveloppe financière de 100.000F et un tableau peint, à la cérémonie de remise de prix, organisée par Wildaf-Bénin en partenariat avec l’ABPF. C’était ce jeudi 17 juin 2021 à la Maison du peuple de Dassa-Zoumé.

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet sur « la Promotion des droits sexuels et reproductifs des femmes et jeunes filles pour une parenté responsable en milieu rural» dit Projet « GNONNANTCHE », Wildaf/FeDDAF-Bénin  en partenariat avec l’ABPF a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la production de chansons en langues locales (Fon, Nago, Mahi, Idacha, Tchabè).  Objectif : mieux sensibiliser les populations des départements du Zou et des Collines.

Ph/DR: L’activité a connue une forte mobilisation de la population, témoin de l’événement.

Le projet « GNONNANTCHE », (en français, mon épanouissement), a pour objectif général d’accroître l’autonomisation juridique et fonctionnelle des femmes et des filles pour une sexualité responsable. De façon spécifique, le projet entend assurer l’épanouissement de la femme et de la fille à travers le renforcement de leurs droits sexuels et reproductifs.

Financé par l’Union Européenne et démarré en février 2020, ce projet intervient précisément dans les départements du Zou et des collines où sont enregistrés des taux élevés de grossesses précoces.

«Sur les 2763 cas de grossesse enregistrés dans les collèges au cours de l’année scolaire 2016-2017 par le Ministère des Enseignements Secondaire, les départements des Collines et du Zou viennent en tête avec respectivement 472 et 427 cas » a souligné la Coordinatrice nationale de Wildaf/FeDDAF-Bénin, Mme Françoise Sossou Agbaholou. «Par ailleurs, l’étude menée par WiLDAF/FeDDAF-Bénin en 2017, sur financement de l’USAID montre que le mariage forcé est préoccupant et s’accentue en milieu rural. Plusieurs causes ont été identifiées dont la méconnaissance des textes de loi (26%), les pesanteurs sociologiques et les facteurs religieux (37%) et la pauvreté (26%) ».

Ph/DR: Les trois premiers lauréats entourés de la Coordinatrice nationale de Wildaf-Bénin et des membres du jury.

Alors, pour faire prendre conscience du fléau aux groupes cibles, il est envisagé des actions de Communication pour un Changement de Comportement (CCC), de plaidoyer et d’offres de services sur la santé sexuelle et reproductive a expliqué Mme Agbaholou.

C’est dans cette optique que Wildaf/FeDDAH-Bénin a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la production de chansons en langues locales sur la thématique des droits sexuels et reproductifs et de la parenté responsable. A la suite de cet appel, plusieurs œuvres musicales ont été réceptionnées. Le projet a mis en compétition des artistes et groupes folkloriques de la zone d’intervention. La présélection a permis de retenir huit candidats, demi-finalistes qui – devant un jury (expérimenté), présidé par l’artiste Assikiwa – ont presté tour à tour en présence de la population à la maison du peuple de Dassa-Zoumé.

Ph/DR: Quelques membres du jury lors de la proclamation des résultats.

«Cette finale vise donc à départager avec votre soutien les artistes qui ont le mieux abordé les thématiques visées par le projet. Les hommes passent, mais les œuvres de la culture ne passent pas.  Elles restent et demeurent éternelles. Le réseau WilDAF-Bénin s’inscrit dans cette logique en promouvant le mode traditionnel d’éducation préventive et de de transmission des connaissances qu’est la chanson à travers les générations» a déclaré la Coordination nationale.

Pour le Directeur départemental de la culture, des arts et du tourisme du Zou et des collines, Tayo Jacob Affora, ce projet vient à point nommé en complément aux actions du Gouvernement du président Patrice Talon. Il permettra  la mise en œuvre de stratégies de communication basées sur la participation et l’engagement des bénéficiaires que sont les femmes, les jeunes, les chefs de ménage, les leaders religieux et communautaires et du développement en général. «Et c’est à juste titre que vous avez associé les artistes à cette initiative ; parce qu’aujourd’hui, les droits de la femme et des filles doivent être promus de telle sorte que désormais nos filles et nos sœurs aillent à l’école et reçoivent des instructions qui leur permettent de prendre des mesures nécessaires pour ne plus tomber enceinte précocement, pour ne plus avoir des maris forcés et pour connaitre leur droit » a rappelé M. Affora.

La liste des cinq finalistes (leur langue et Commune)

Ph/DR: L’artiste Adjahossou Joseph dit Kingnon de Glazoué recevant son prix des mains de la Coordinatrice nationale de Wildaf-Bénin.

1er, ADJAHOSSOU Joseph (Mahi) Glazoué 2ème EGBEDAMOU Bertin (Idaasha) Dassa-Zoumé 3ème LINHA Salomon (Fon) Zogbodomey 4ème EZIN F. Judith (Mahi) Savalou 5ème ADEBOHOUN D. Paterne (Idaasha) Dassa-Zoumé.

Au final, ce concours musical a primé cinq (05) artistes à travers les meilleures chansons en langue  locale. Les prix varient d’une enveloppe de 20.000 à 100.000 FCFA avec des tableaux et d’autres lots d’encouragement. Le premier prix est décroché par l’artiste Adjahossou Joseph dit Kingnon de Glazoué.

La diffusion sur les ondes des radios locales des chansons primées permettront non seulement l’appropriation et la jouissance des droits en matière de santé sexuelle par les femmes et les jeunes filles mais également et surtout la réduction des taux de prévalence des infections sexuellement transmissibles (IST), des grossesses précoces et mariages forcés dans la zone d’intervention.

Rappelons que cette campagne de sensibilisation menée par Women in Law Development in Africa / Femmes, Droit et Développement en Afrique (Wildaf-FeDDAF-Bénin) en partenariat avec l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF), sur l’appui financier de l’Union Européenne s’inscrit aussi dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’Enfant Africain (JEA), édition 2021.

Aline ASSANKPON


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