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Promotion des Droits sexuels et reproductifs des femmes et jeunes filles pour une parenté responsables en milieu rural: « Gnonantché » pour impacter 15 communes du Zou et des Collines


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Ph: DR-: Lancement officiel du Projet « Gnonantché »

Le réseau WiLDAF/FeDDAF-Bénin (Women in Law and Development in Africa / Femmes, Droits et Développement en Afrique), en partenariat avec l’Association Béninoise pour la Planification Familiale (ABPF), a lancé ce jeudi 3 décembre 2020 à l’Hôtel des Princes de Bohicon, le Projet pour la Promotion des Droits sexuels et reproductifs des femmes et jeunes filles pour une parenté responsables en milieu rural dit Projet « Gnonnantché – qui signifie mon épanouissement ». Avec le soutien financier de la Commission de l’Union Européenne, ce projet vise à contribuer à l’épanouissement de la femme et de la fille à travers, la promotion des droits sexuels et reproductifs.

Les questions de Santé sexuelle et de la reproduction font l’objet d’un intérêt particulier dans les politiques de développement national et international depuis deux décennies. Et pour cause ! En milieu rural, la majorité des adolescents, jeunes et des femmes, n’a l’information nécessaire et n’est outillée pour prendre en toute connaissance de cause, des décisions claires relatives à leurs droits à la Santé sexuelle et de la Reproduction (SSR), en cas du viol, de grossesses précoces et non désirées, de l’avortement à risque, du mariage forcé et précoce et face aux infestions sexuellement transmissibles dont le VIH/SIDA. Des facteurs qui ont des effets négatifs sur la santé et violent les droits des jeunes en particulier des filles, les plus touchées.

Ph/ DR-: Le présidium au lancement du Projet « Gnonantché » à Bohicon

Des chiffres qui interpellent…

Classé parmi les pays d’Afrique subsaharienne à forte fécondité, selon le Plan national de Développement (PND) 2018-2025 ; les causes du niveau élevé de la fécondité (Indice Synthétique de Fécondité de 4,8 enfants par femme en 2013) sont entre autres, la méconnaissance des textes de lois liés à la santé sexuelle et de reproduction, la précocité du mariage, la faible prévalence contraceptive (7,6 % en 2012), un niveau de besoins non satisfaits en Planification Familiale (PF) en hausse (32,6 % en 2012), et une fécondité des adolescentes (15-19 ans) non négligeable (16,5 %). Et environ, 24% des femmes âgées de 15-19 ans, résidant en milieu rural ont déjà commencé leur vie procréative alors qu’en milieu urbain, ce pourcentage n’est que de 15% (Enquête Démographique et de santé -EDS- 2017). Des chiffres qui interpellent et nécessitent une poursuite inlassable du combat.

Selon la Coordinatrice nationale de Wildaf-Bénin, Mme Françoise Sossou Agbaholou, la prévalence contraceptive a atteint seulement 14,4% des adolescentes de 15 à 19 ans. «Pour la seule année 2016-2017, 2763 cas de grossesses précoces ont été enregistrées en milieu scolaire au Bénin. Bien que la prévalence du VIH reste faible, (0,2 à 0,4%), on constate qu’en 2017, le taux de prévalence chez les jeunes garçons s’avère trois fois plus élevé qu’en 2015».

Ph: DR-: Une vue partielle des participants

Le Projet pour la Promotion des droits sexuels et reproductifs des femmes et jeunes filles pour une parenté responsable en milieu rural « Gnonantché » vise à  contribuer à l’épanouissement de la femme et de la fille dans les départements du Zou et des Collines  et à accroître l’autonomisation juridiques et fonctionnelle des femmes et des filles pour une sexualité responsable.  Il cible particulièrement les volets droits sexuels reproductifs, l’éducation à la santé sexuelle et reproductive chez les jeunes filles, le dialogue parent-enfant et le positionnement des cibles comme acteur de changement.

Le projet « Gnonantché » s’inscrit en effet, dans la continuité des actions de Wildaf-Bénin, en complémentarité avec celles que le gouvernement développe à travers les centres de santé, notamment les actions de conseils et de prise en charge médicale aux femmes.

 Reconnaissant  pour sa part, l’importance de la mise en œuvre dudit projet, la représentante des bénéficiaires, énumérera les problèmes qui persistent encore : « Il s’agit notamment du faible accès aux informations sur les droits liés à la Santé sexuelle et de la Reproduction (SSR) ; faible taux de prévalence à la planification familiale ; manque criard d’éducation à une sexualité responsable dans nos écoles et centres d’apprentissage ; faible connaissance des textes de lois qui protègent la santé sexuelle et de la reproduction et ceci fait qu’ils ne jouissent pas véritablement des textes de lois qui les protègent en matière de santé sexuelle et de la reproduction».

Ph/DR: Elèves, Artisans, Femmes rurales,représentants d’Ong et chefs traditionnels, impliqués dans la lutte pour l’épanouissement de la femme et de la fille à travers, la promotion des droits sexuels et reproductifs.

La jeunesse en milieu rural face à la prévalence contraceptive

La révélation des études témoigne que les deux départements ciblés (Zou et Collines) pour la mise en œuvre du projet « Gnonantché », viennent en tête avec respectivement 472 et 427 cas de grossesses parmi les 2763 cas enregistrées dans les collèges au cours de l’année scolaire 2016-2017.

«Les communautés du Zou qui jadis s’opposaient à la planification familiale, l’accueillent aujourd’hui à cœur joie et travaillent ardemment à améliorer l’environnement d’acceptation de la Planification familiale et à faire comprendre son importance à nos concitoyens » déclare le Secrétaire général de la Préfecture du Zou, Ouankpo Julien, représentant du Préfet du Zou et des Collines, M. Firmin Kouton.

 Pour témoigner de l’engagement des communes, M. Ouankpo précise que l’Union des communes du Zou (UCOZ) est à pieds d’œuvre pour achever son plan de communication, qui permettra à toutes les communes d’augmenter leurs lignes budgétaires dans les budgets de 2020 au profit de la Planification Familiale. « A Bohicon, c’est un montant de 5.500 000 Fcfa qui a été alloué dans le budget de 2019 pour les activités de Planification Familiale pendant que les autres communes du Zou ont prévu chacune un montant de  3 500 000 Fcfa » a souligné l’autorité préfectorale qui pense que malgré ces efforts déjà fournis, « le  pari n’est pourtant pas gagné d’avance pour ce département, classé en 2017, 2ème  du Bénin après les Collines ayant le taux de grossesses en milieu scolaire le plus élevé, soit 427 cas, et dont les indicateurs en matière de planification familiale étaient seulement de 8 % en 2012 et 11 % en 2017 ».

« Pour défaut d’information sur la SSR, le département du Zou a enregistré plusieurs cas d’avortements clandestins avec une légère diminution observée au cours l’année académique 2018-2019 » précise l’autorité préfectorale.

Prévu pour  une durée de trois (3) ans (2020-2022), le projet prévoit en outre, la mise en place et l’opérationnalisation d’un dispositif de services SSR intégré en matière de santé reproductive dans les 15 communes de la zone d’intervention au niveau des deux départements retenus durant les 36 prochains mois. Les médias de proximité seront également impliqués pour assurer le relais de l’information et de la sensibilisation.

 Au titre des résultats attendus, 60 % au moins des femmes et filles vont s’approprier les textes de lois en matière de SSR et en jouir et au moins 20 % des taux de prévalences des MST, grossesses précoces et cas de mariages précoces et des Violences basées sur le Genre (VBG) dans la zone d’intervention seront enregistrés.

La cérémonie de lancement a regroupé à Bohicon, une centaine de participants : des autorités préfectorales aux dignitaires religieux, chefs traditionnels et dépositaires de culte en passant par les responsables déconcentrées de l’Etat en matière de l’éducation, de la santé, de l’artisanat et de la justice ; les organisations de femmes, les associations et organisations des élèves et les élus locaux des communes d’intervention.

Aline ASSANKPON

 


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