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Education / Augmentation de la masse horaire des Aspirants :Un mécanisme gagnant-gagnant qui  améliore le statut des vacataires


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Depuis la rentrée scolaire 2020-2021, une décision du Gouvernement sur l’augmentation de la masse horaire des Aspirants (Enseignants vacataires) au niveau du secondaire suscite des remous et nécessite des éclaircissements. En effet, il s’agit d’un mécanisme gagnant-gagnant aussi bien pour l’Etat, les aspirants, que les apprenants.  L’Etat et les aspirants sont appelés à faire un peu plus d’efforts.

Dans la mise en œuvre des réformes contenues dans le PAG, pour  combler le déficit en personnel  Enseignants dans le secteur de l’Education et résorber le récurrent problème du chômage, le Gouvernement du président Patrice Talon a réussi en quelques années, à résorber considérablement le déficit en enseignant que le Bénin traine depuis des décennies. Plus de 26.000 aspirants (vacataires) sont recrutés l’année dernière pour régler le problème de déficit en personnel enseignant.

Ces aspirants sont en effet retenus à partir d’une base donnée mise en place à la suite d’une évaluation des compétences. Malgré plusieurs rounds d’évaluation qui sont descendus jusqu’à 7 de moyenne, le nombre d’aspirants qualifiés est insuffisant. La base de données renseigne que même à 7 de moyenne, on n’a pas le nombre voulu. Alors que tous les enfants du Bénin ont les mêmes droits et doivent bénéficier de l’effort collectif en vue d’une éducation de qualité.

Face à ce défi, il y a lieu de faire un choix : recruter d’autres enseignants à travers la base de données ou directement. Ayant fait l’option de ne pas recruter en dehors de la base de données, le Gouvernement a donc fait un choix raisonné : Augmenter la masse horaire des aspirants au niveau du secondaire. Pour le Gouvernement, «cela ne constitue nullement une remise en cause des normes de qualité de l’enseignement mais plutôt une adaptation aux urgences du moment ».

«Ainsi, celui qui était à 24h/semaine l’année dernière, s’il est dans une localité où il manque d’enseignants dans une matière qu’il peut dispenser, il sera sollicité pour au plus 6h complémentaires. Exemple d’un professeur de philosophie qui peut enseigner le français, ou d’un professeur de PCT qui peut enseigner les maths ou les SVT » justifie le Gouvernement.

En réalité, c’est une mesure phare qui permet une résorption progressive de la situation du déficit en personnel enseignant. Une sorte de politique de recrutement de vacataires pour répondre aux impératifs d’occupation des salles de classe. Selon le ministre de la Communication, Alain S. Oroula, il y a des besoins de formations et des lacunes auprès de certains candidats, raison pour laquelle la base de données ne peut être augmentée.

Le Gouvernement a donc décidé d’augmenter la masse horaire qui passe de 22h, 24h à 30h ; donc 6 à 8 h en supplément.  « Six heures en supplément, ce qui n’est pas impossible, lorsqu’on sait que la plupart des enseignants consacre un peu plus de temps à assumer des vacations dans d’autres établissements privés ; donc ce n’est pas insurmontable » a-t-il fait comprendre.

Des avantages supplémentaires accordés

Rappelons que les aspirants étaient vacataires sans possibilité de prétendre à une retraite ou à la sécurité sociale. Grâce à ce mécanisme d’augmentation de la masse horaire, pour compter de cette année, l’Etat prendra en charge les charges sociales qui représentent plus de 4 milliards de Fcfa. Désormais, ils peuvent prétendre à une retraite intégrale ou proportionnelle en fonction du temps de travail qu’ils auront effectué.

Cette augmentation de masse horaire s’accompagne  donc non seulement d’une augmentation du salaire mais également de l’impératif d’une déclaration des nouveaux aspirants à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS).

Le Gouvernement à travers cette décision améliore de fait, le sort et le statut des vacataires dont la situation est plus précaire pour leur donner un statut plus avantageux. Du coup, tous les besoins en Enseignants pour le bien des apprenants sont ainsi satisfaits.

Contrairement à la pratique avec les vacataires, le Gouvernement a payé, au cours de l’année écoulée, 9 mois de salaire y compris donc pendant les congés, ce qui représente plus de 3 milliards supplémentaires versés.

A l’écoute des plaintes enregistrées l’année écoulée, le Gouvernement a également a institué des primes d’éloignement au profit de ceux d’entre eux qui seront déployés dans les régions lointaines, dans le but de réduire la précarité des vacataires et d’améliorer leur situation.

C’est donc un mécanisme gagnant-gagnant aussi bien pour l’Etat, les aspirants, que les apprenants, l’Etat et les aspirants étant appelés à faire un peu plus d’efforts. Ceux qui signeraient le contrat pour les 30 h bénéficieront des cotisations sociales, des salaires pendant les congés ainsi que de tous autres avantages qui viendraient à être institués. « C’est une mesure d’amélioration de la situation des aspirants, des apprenants et des mesures pour lesquelles le Gouvernement a fait des efforts considérables en compensation  financière y compris des primes de motivations pour les aspirants qui vont être déployés dans les localités très éloignées des villes urbaines » a souligné le ministre Orounla.

Cependant, les aspirants qui ne voudront pas signer les 30 h de cours par semaines, ont la possibilité de prendre le nombre d’heures qu’ils souhaitent et de continuer à rester vacataires.

« Cette décision du gouvernement appelle à un effort de la part des aspirants qui ont toujours le choix de rester vacataires et d’être payés 1000 F/l’heure au lieu de 800F/l’heure comme ça se faisait par le passé. Donc, c’est des mesures qui ne peuvent susciter aucun remous si elles sont bien comprises ».

Il ne s’agit nullement donc de surcharger les aspirants qui naturellement font déjà 30h voire beaucoup plus, en allant prendre des heures supplémentaires dans des établissements privés.

Espérons qu’à la suite de ces explications et les avantages qui accompagnent cette mesure d’augmentation de la masse d’horaire, elle sera mise en œuvre avec beaucoup d’enthousiasme. Il s’agit des mesures justes, équilibrées dans l’intérêt des apprenants pour leur assurer une éducation de qualité, quelle que soit la région où ils vivent et des aspirants qui sortiront de la précarité et verront leur situation de vacataires améliorée.

Aline ASSANKPON


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