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Une reprise masquée des classes au Bénin : Le patronat des Etablissements privés espère la main tendue du Gouvernement


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Ph: DR-: Le patronat des Etablissements privés espère la main tendue du Gouvernement.

Après six semaines d’hibernation, les activités scolaires ont repris de façon partielle dans les établissements publics et privés du pays ce lundi 11 mai 2020.  Conformément aux décisions du Gouvernement, seuls les écoliers du Cours moyen 2ème année (CM2) des écoles primaires et les élèves la 6ème, en Terminale des écoles secondaires reprennent d’abord les cours. Ainsi, apprenants et enseignants, munis de cache-nez, bavettes ou masques s’activent déjà pour finir les dernières cours en vue de valider l’année scolaire 2019-2020 sans compromettre la lutte contre le Covid-19 avec le respect des gestes barrières.

Les longs congés occasionnés par la pandémie du coronavirus sont terminés. Les cours ont effectivement repris dans les écoles et collèges publics et privés. Enseignants et apprenants, tous, ont répondu présents à l’appel du 11 mai. Les écoliers du CI au CMI vont reprendre quant à eux les cours, les cours à partir du 10 août 2020 dans les mêmes conditions sanitaires.

Du dispositif de lavage des mains à l’eau et au savon au port de masques, écoliers, collégiens et enseignants respectent bien les gestes barrières, de même que la distance à observer entre apprenants et enseignants afin d’éviter la propagation du Covid-19.

Dans les écoles primaires, les écoliers du CM2 ont assez de places pour respecter la distanciation : certains écoliers se retrouvent seuls sur une table. Ailleurs, ils sont deux par tables et occupent les extrémités des bancs et tables en mettant l’un des pieds dans l’allée et les sacs au milieu. Quant aux enseignants, ils observent eux aussi une distance de 3 à 4 mètres des apprenants.

Très remarquable sur la cour des écoles et collèges le dispositif de lavage des mains à l’eau et au savon est en nombre insuffisant dans plusieurs établissements publics où l’Etat se fait le devoir les mettre à disposition de même que les masques distribués gratuitement. Des flyers indiquant les gestes barrières à observer sont également mis à disposition et collés dans les salles de classe.

Au détour de plusieurs établissements privés dans la commune d’Abomey-Calavi, le dispositif de lavage des mains est presque inexistant. Ecoliers et élèves doivent se contenter du dispositif existant : A certains endroits, c’est un bidon muni d’un robinet disposé sur une table avec du savon à l’entrée d’un complexe scolaire. Toutefois, la plupart porte une bavette ou un cache-nez  et respecte la distance d’1 mètre dans les classes. Très habitués à jouer en tout temps et en tous lieux, certains élèves ont du mal à respecter la distanciation sociale pendant la récréation et sur le chemin.

En somme, la situation n’est pas très reluisante au niveau de certains établissements privés dont les parents d’élèves sont appelés à acheter ou à faire confectionner plusieurs cache-nez ou bavettes pour leurs enfants. Car l’absence de dispositif de lavage et de masque peut être bien préjudiciable aux apprenants.

Heureusement que le ministère de l’Enseignement secondaire a mis sur pied un comité de gestion de la reprise des cours qui va sillonner tous les Etablissements privés et publics à partir du 11 mai pour contrôler l’effectivité de la reprise des cours et le respect des différentes mesures.

Face à cette situation, le président du Patronat des Etablissements privés, M. Darius Houédji a dénoncé la ségrégation qui est faite en matière de distribution gratuite des masques et des dispositifs dans son rapport sur la séance de travail entre le ministre de l’Enseignement secondaire et le Patronat des Etablissements privés, les Directeurs nationaux des Enseignements catholiques et Protestants du Bénin, le jeudi 7 mai dernier.

Selon lui, les promoteurs ont unanimement exprimé leurs déceptions sur les mesures prises par le Gouvernement pour la reprise des cours. « Il s’agit des mesures discriminatoires entre les Etablissements privés et les Etablissements publics. Deux exemples de discrimination : la mise à disposition des masques gratuits aux apprenants du public et l’exclusion des enseignants du privé qui sont allés pour les tests de dépistages à Agblangandan alors que leurs collègues du public sont acceptés. Et c’est le mutisme total du côté des apprenants du privé. Nous avons essayé de désapprouver ce qui se passe lors de la séance de travail que nous avons eue avec le ministre ».

Par ailleurs, le patronat dénonce également le mutisme du Gouvernement face aux différentes difficultés dues à la crise sanitaire auxquelles les Etablissements privés sont confrontés. Il s’agit notamment du paiement des salaires des enseignants et les charges qui découlent des mesures prises par le Gouvernement. « Aucune mesure d’accompagnement pour aider les collèges privés à payer les salaires alors que le taux des impayés est énorme ; les mesures prises pour se conformer aux règles de sécurité sanitaire, méritent des charges et le Gouvernement est resté complètement muet » a noté M. Houédji.

A ces doléances, le ministre a rassuré le patronat que le Gouvernement est en train de faire les points des branches d’activités qui seraient impactées par la crise sanitaire ; « mais s’agissant des écoles privées, rien de précis n’a été prévu ».

Aussi, convient-il de rappeler l’interdiction formelle aux établissements privés d’adopter des mesures particulières. Ils sont astreints de respecter formellement toutes les mesures prises par le Gouvernement concernant la reprise progressive des cours et n’ont pas le droit de faire venir les écoliers du CI au CM1 ; ni de faire les cours alternées dans les classes secondaires. De même, le collège privé qui souhaiterait obtenir une dérogation spéciale, doit adresser sa requête au ministre de tutelle, déposée au Secrétariat général du Ministère.

Aline ASSANKPON


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