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Colloque international sur les Mémoires de l’esclavage dans la littérature, les arts et les musées : Pour revisiter un pan de l’histoire


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Ph: DR-: Au présidium (de gauche à droite) Prof Eliane Elmaleh, (Vice-présidente de l’Université le Mans en France), Delphine Letort et Prof Benaouda Lebdai (du Mans Université, France) et Prof Rogatien Tossou (DC/MESRS), Prof Djimon Marcel Zannou (Vice-Recteur de l’UAC) et Prof Okry Pascal Tossou (Doyen de la FLLAC).

« Les mémoires de l’esclavage dans la littérature, les arts et les musées», c’est le thème du Colloque international dont les travaux sont officiellement ouverts ce mercredi 5 février 2020 à l’Amphithéâtre Idriss Itno Deby de l’Université d’Abomey-Calavi. Co-organisé par la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC) de l’UAC du Bénin et l’Université le Mans de la France, ce colloque se veut un rendez-vous scientifique d’échanges, de partages d’idées – durant trois jours – entre une soixantaine de chercheurs en provenance de 19 pays d’Europe, d’Amérique et d’Afrique.

«Lorsqu’on  parle de l’esclavage, c’est environ 450 années de train vie qui a déjoué  tous les espoirs du continent africain : Des millions de morts, des actes de barbaries, de la servitude et de la déshumanisation » introduit le maître de cérémonie à l’ouverture officielle du colloque.  

La tragédie de l’esclavage a frappé durant des siècles le continent africain et y a laissé des stigmates difficiles à effacer malgré son abolition depuis plus d’un siècle ; ce qui offre donc l’occasion de revenir sur ce sujet ancien qui reste toujours d’actualité. «Les mémoires de l’esclavage dans la littérature, les arts et les musées » cette thématique sera débattue de fond en comble sous des prismes différents littéraires, de chercheurs, d’universitaires et de romanciers.

S’interroger sur les processus mémoriels de l’esclavage au Bénin et d’ailleurs  comme le Ghana ou le Sénégal ; Analyser les représentations de ce trafic douloureux et tragique dans les arts contemporains  en l’occurrence la littérature, la photographie, les arts plastiques, les films ainsi que les outils historiographiques qu’ils véhiculent ; disséquer les représentations du passage du milieu des esclaves et des esclavagistes sous divers angles, justifient bien ce grand rendez-vous scientifique  dira le Prof Rogatien Tossou, Directeur du cabinet du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS).

Plus de 130 propositions sur la question de l’esclavage sont reçues. «Les organisateurs ont eu le choix difficile de retenir une soixantaine de chercheurs » a confié le Prof Benaouda Lebdai de l’Université du Mans en France, l’initiateur de ce colloque, qui durant environ deux ans, a travaillé en étroite collaboration avec Dr Célestin Gbaguidi, Dr Charles Ligan et autres sur l’organisation technique. Selon lui, l’appel à communication a pris en compte l’ensemble des pays concernés par ce phénomène.

Ph: DR-: Une vue partielle des participants venus de 19 pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique

Au total, 50 communications sur l’esclavage seront animées par une soixantaine de chercheurs qui vont non seulement contribuer à irriguer cet événement qui est le champ de la maturation mais aussi et surtout à aplanir les clichés et stéréotypes et à renforcer les élans à l’altérité  à travers de petites causeries.

«Nous connaissons  tous ce que représente les mémoires de l’esclavage ; nous connaissons tous ce que cela peut symboliser dans l’esprit de l’histoire cette partie de l’histoire du monde ; mais nous savons tous que revisiter une partie de l’histoire de l’homme, n’est en fait une occasion de remettre la vérité sur les pistes de l’histoire. Et cela est confié à des chercheurs, on peut s’assurer que ni la mauvaise foi, ni l’appréciation injuste, ni le désir de tordre la vérité à l’histoire ne peut avoir droit de cité » s’est rassuré le Prof  Okry Pascal Tossou, Doyen de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC), chef d’orchestre de cette célébration scientifique.

En effet, l’objectif  principal  de colloque  consiste non seulement à revisiter un compartiment de l’histoire  du Bénin (l’esclavage) ; mais surtout à : renforcer les connaissances sur les siècles de l’esclavage (les espaces, les personnages et les faits qui ont ébranlé le monde au cours de ce trafic) ; vulgariser des informations anciennes et nouvelles sur le phénomène de l’esclavage et à faire une synthèse objective des mémoires de l’esclavage vue par les chercheurs de tous les domaines possibles dans deux publications en français et en anglais.

Co-organisé par la FLLAC et l’Université du Mans en France, ce colloque est le fruit de la coopération entre les deux Universités. La Prof Eliane Elmaleh (Vice-présidente des relations internationales et Directrice du Laboratoire de Recherche 3L.AM de l’Université  du Mans en France), saisi l’occasion pour afficher la volonté d’un renforcement de cette coopération entre les deux universités.

Pourquoi le choix de Ouidah ? Retenue pour le déroulement des travaux les 5, 6 et 7 février 2020, Ouidah est une ville historique qui garde encore intacts les sites historiques qui s’y organisent et les vestiges de ce hideux commerce triangulaire. Visiter ces sites, c’est revivre le processus mémoriel et le parcours des esclaves sur la fameuse « Route des esclaves » jusqu’ à l’océan où ils sont embarqués pour un voyage sans retour.

Ph: DR-: Mme la Maire de Ouidah, Célestine Adjanohoun, à ses côtés, le Maire de la commune d’Abomey-Calavi, Georges Bada.

Pour la circonstance, Mme la Maire de Ouidah, Célestine Adjanohoun, très honorée du choix de sa commune, à ses côtés, le Maire de la commune d’Abomey-Calavi, Georges Bada, – ont tous deux pris part à l’ouverture officielle du Colloque. Notons que les participants à ce colloque proviennent de 19 pays : d’Afrique (Bénin, Ghana, Sénégal, Mali, Niger, Cameroun, Côte-d’Ivoire, Congo, Gabon, Togo, Afrique du Sud, Algérie) ; d’Europe (la France métropolitaine et d’Outre-Mer, (Martinique, Guyane), Grande Bretagne, Allemagne, Pologne, Belgique, Suisse), des Etats-Unis d’Amérique, du Canada du Mexique et du Qatar. (A.A.)

«L’esclavage, le processus mémoriel, les représentations sont des thématiques qui nous sont chères parce qu’elles nous rappellent des valeurs fondamentales, humanistes, universalistes, de solidarité et de partage qui sont au cœur de notre métier d’universitaire. Ainsi, à l’Université du Mans, nous sommes particulièrement sensibles à notre partenariat avec l’Afrique. Nous avons 96,7% d’étudiants internationaux qui parmi eux, un à deux tiers proviennent d’Afrique subsaharienne ».

Ph: DR-: Le mémorial de la porte du non-retour à Ouidah

Construire  sur les imaginaires de l’esclavage passionnés par les textes, les images de l’époque coloniale à l’époque postcoloniale ; Identifier les oublis de l’histoire de l’esclavage en interrogeant  les processus mémorial officiel et culturel à partir des liens historiques comme celui de la route des esclaves de Ouidah , le Prof Djimon Marcel Zannou, Premier vice-recteur de l’UAC, (représentant du Recteur de l’UAC) va saluer la démarche scientifique.

Une rencontre scientifique qui vise à promouvoir une approche comparative des mémoires relatives à l’esclavage à partir du lieu historique de Ouidah sur la côte d’Ouest du Bénin, lieu de la route des esclaves. Le directeur du cabinet de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique empêchée, Prof Rogatien Tossou va saisir l’occasion pour  rappeler quelques points de départ qui sont les véritables routes que les esclaves ont parcourues au Bénin avant de mettre le cap sur Ouidah, dernier point de rassemblement avant leur embarquement.

La conférence inaugurale de ce colloque  a été animée par l’Ecrivain, romancier togolais Kangni Alem sur son ouvrage « Esclaves ».

Aline ASSANKPON

 


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