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Interview/Mme Lucie Sessinou épouse Tidjani, Conseillère communale à Kétou et présidente du Réseau des femmes élues conseillères du Bénin (REFEC-Bénin) :« Nous avons eu la motivation maintenant pour agir… »


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Ancienne maire de Kétou,  Mme Lucie Sessinou épouse Tidjani est actuellement Conseillère communale, présidente de la commission des affaires domaniales et environnementale, présidente du Comité de Gestion foncière (CoGEF) à Kétou. Pour la présidente du Réseau des femmes élues conseillères du Bénin (REFEC-Bénin) les femmes leaders, élues conseillères sont vraiment aguerries pour jouer pleinement leur rôle dans leurs localités.

(Propos recueillis : Aline ASSANKPON)

L-integration.com : Vos impressions et comment comptez-vous relayer l’information à la base ?

Exif_JPEG_420Mme Lucie Sessinou épouse Tidjani : Je suis vraiment satisfaite de passer ces deux jours à suivre les communications et je crois que nous les femmes, nous avons un défi. Le défi d’apprendre les textes parce que si nous devons être des ambassadrices, celles qui vont relayer l’information à la base sur le terrain, du moment où nous sommes collées à nos mandants les problèmes quotidiens viennent à nous, nous devons donner les réponses efficaces et justes à nos populations pour leur permettre d’agir sans tomber sous le coup de la loi.

Nous avons également l’obligation d’apprendre, de lire beaucoup et de connaitre les textes ; parce que sans connaissance, on ne peut enseigner quoi que ce soit à l’autre.  Et si nous donnons de mauvais conseils, nous induisons ainsi nos populations en erreur. Elles vont commettre des erreurs et se retrouver devant la justice. Or les juges disent souvent que : « Nul n’est censé ignorer la loi ». Quand les lois sont votées à l’Assemblée, elles deviennent applicables pour tout le monde : c’est-à-dire, dès que les textes  sont  votés, leur décret d’application pris en conseil des ministres, c’est exécutoire pour tout Béninois et cela s’impose à tout le monde. Donc, nous avons intérêt à connaitre les textes.

Et que dites-vous de l’Etat qui, après le vote des textes, traîne dans les actions de sa vulgarisation ?

C’est vrai qu’au niveau de l’Etat, les actions de vulgarisation des textes traînent, les choses ne bougent pas comme on l’aurait voulu jusqu’à la base. C’est pour cela que lorsque  des structures comme les Partenaires, la Fondation et autres Ongs appuient l’initiative, nous prenons cela vraiment à bras le corps. Et nous nous inspirons de tout ce qui se dit pour pouvoir arranger la situation sur le terrain : Informer, sensibiliser, conscientiser et accompagner nos populations afin qu’elles puissent se mettre au pas en ce qui concerne les principes de gestion foncière actuellement en vigueur au Bénin.

En tant que Femme leader, élue conseillère comment gérez-vous les affaires foncières et domaniales  avec les femmes dans votre communes ?

En tant qu’élue conseillère, on est plus sollicitée par à gérer les problèmes de pauvreté des populations : «Mon enfant est malade ; j’ai tel problème avec mon mari ; les problèmes de décès pour lesquels vous recevez des fait-parts, etc ». Ce ne sont que ces choses qui préoccupent et qui vous volent tout le temps. Au point où nous n’arrivons pas à exercer pleinement notre mission dans la localité.

Ceux qui viennent à nous pour des conseils sur la question foncière, c’est généralement des hommes ; les femmes ne viennent pratiquement pas. Parce qu’elles pensent peut-être que ce sujet ne les concerne pas. C’est pourquoi, les sensibilisations sont très importantes.

Notre rôle aujourd’hui, y compris les partenaires, c’est de nous aider à chercher des ressources externes parce qu’on ne peut plus compter sur les budgets des communes. Toutes les communes ont des difficultés budgétaires. D’ailleurs la plupart des femmes présentes à cet atelier, ne viennent pas de la même commune mais elles n’ont plus les primes, ni les indemnités à cause des difficultés.

J’ai compris qu’il y a un problème de sous-information et de conscientisation de nos femmes ; parce qu’elles vivent dans des problèmes et trainent ces problèmes  comme si elles sont condamnées à y vivre. Elles ne savent pas que c’est des problèmes auxquels on peut remédier pour les sortir de leur pauvreté.

Nous devons nous organiser pour que les sensibilisations aillent vraiment vers nos femmes rurales. Elles ne comprennent pas que la source de leur pauvreté vienne du fait qu’elles ne jouissent pas de leurs droits ; ce qui pourrait les aider à éradiquer la pauvreté. Il s’agit de leur faire comprendre que si elles ont accès à la terre, si la justice est pratiqué dans ce sens, elles peuvent profiter des subventions auprès d’autres institutions et bénéficier des crédits pour initier des activités liées à l’exploitation de la terre afin de sortir elles-mêmes et leurs progénitures des questions de pauvreté.

A voir de près les interventions des unes et des autres, le Refec est très portée vers la question de sécurisation des terres, ses cadres législatif et institutionnel.

Bien sûr, il y avait eu beaucoup de dérives au Bénin et c’est par rapport à l’état des lieux que les lois sont prises aujourd’hui pour corriger. Le constat est qu’une seule parcelle peut être vendue à plusieurs acquéreurs.  Les textes sont pris par rapport à la sécurisation des terres pour que chaque Béninois puisse s’en inspirer pour se mettre en règle. Il y a des procédures et nous nous renseignons pour savoir les conduites à tenir pour ne pas aller en déphasage de ce que la loi a prescrit dans ce domaine lorsque nous allons dans les services des Affaires domaniales.

Comment comptez-vous alors faire la restitution à la base dans vos localités où la femme n’a aucun droit d’accès à la terre surtout en ce qui concerne le nouveau paradigme de gestion foncière ?

Je pense que nous avons eu la motivation maintenant pour agir puisque nous avons l’information et nous avons compris la nécessité, l’obligation d’aller informer les nôtres qui nous ont mandatées. Nous sommes dans la mission de représentation de ces populations-là donc, c’est notre rôle et devoir de les informer pour qu’elles puissent à leur tour,  disposer de la vraie et juste information pour agir. Agir aussi lorsque les communautés analphabètes ne savent pas où aller pour prendre les actes, la procédure à suivre ; nous sommes-là également pour les accompagner dans tout le processus (du début jusqu’à la fin).

Finalement, il faut qu’on puisse aller dans le sens du réseautage pour les mettre ensemble afin que les problèmes d’acquisition des terres soient réglés pour faciliter la gestion des micro-crédits et autres. Ce qui va certainement amener la population surtout les femmes à sortir de l’ornière et du sous-développement. Nous sommes-là pour les accompagner dans l’atteinte de cet objectif-là.

Votre mot de fin

Je remercie beaucoup les organisateurs de cet atelier, surtout la Konrad Adenauer, les communicateurs, tout ceux qui ont accompagné les travaux de ces deux jours-là pour que les femmes soient vraiment aguerries pour jouer pleinement leur rôle une fois de retour dans leurs localités.


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