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15ème Edition de la Journée internationale de lutte contre l’Hypertension artérielle-2019 : Pour un dépistage précoce et une prise en charge adéquate de la population


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Ph: DR: Présidium lors de la conmunication

Ph: DR: Présidium lors de la conmunication

En prélude à la célébration de la Journée internationale de lutte contre l’Hypertension artérielle, célébrée les 14 mai sur le plan international, le Groupe de la Société béninoise de cardiologie a tenu une séance d’information sur les enjeux et défis de cette maladie silencieuse et mortelle. « Connaitre sa pression artérielle», c’est le thème retenu au plan mondial pour l’édition 2019. Particulièrement, le Groupe HTA/SBC se propose de communiquer sur le thème : « Liens entre l’HTA, le Stress et la Performance en entreprise » à travers une conférence grand public le vendredi 17 mai prochain à 16h au Blue zone de Cotonou. Objectif : faire baisser la prévalence de l’HTA d’ici l’an 2025.

Aline ASSANKPON

Décrétée le 14 mai 2005, la journée internationale de lutte contre l’Hypertension artérielle (HTA) se commémore tous les 17 mai de chaque année. L’objectif visé est de communiquer et de sensibiliser la population sur l’importance du dépistage de l’HTA et sur la gravité de ses complications sur les organes vitaux tels que le cerveau, le cœur et les reins.

« Connaitre sa pression artérielle », c’est le thème retenu au plan mondial pour cette 15ème édition. En prélude à cette célébration au Bénin, une séance inaugurale  a été organisée lundi 13 mai dernier à l’attention des médias pour les mobiliser comme des partenaires à s’impliquer  davantage dans cette campagne de sensibilisation sur l’ultime geste à faire : Se faire dépister à temps pour savoir si on est hypertendu ou pas afin de se préserver contre cette maladie silencieuse.

Les enjeux de la prévalence

Au titre des enjeux, l’HTA est demeure le premier facteur de risque cardiovasculaire, des accidents vasculaires cérébraux et l’essence du mal cardiaque. Selon Dr Fatnelle Dossou-Togbé Towou, Cardiologue, en 2017, on comptait 1,3 milliard d’hypertendus dont 40 % se retrouvaient dans les pays occidentaux et 60 % dans les pays en voie de développement tel que le Bénin. « Selon les projections de l’OMS, d’ici 2025, le monde comptera 1,6 milliards d’hypertendus. Par contre en Afrique Subsaharienne, la prévalence de l’HTA varie entre 20 et 40 % chez des sujets âgés de 18 ans et plus » a déclaré la Présidente du Groupe de l’Hypertension Artérielle de la Société Béninoise de Cardiologie (HTA/SBC).

Selon des études américaines, l’OMS avait tiré la sonnette d’alarme à travers une prévision qui part d’un  milliard d’Hypertendus en 2000, on passerait à 6 milliards au bout de 25 ans dans le monde. En Afrique subsaharienne, on dénombrait 80 millions d’Hypertendus en 2000 et en 2025 ce chiffre risque d’atteindre 150 millions. « Lorsqu’on compare la progression de cette prévalence, on se rend compte qu’en Afrique Subsaharienne, nous allons doubler le nombre d’Hypertendus dans le monde et donc, nous évoluons même plus que ce qui se passe dans le monde en général. Alors que le Bénin se situe dans cette zone géographique » analyse Dr Dossou-Togbé Towé.

Au Bénin 78% des adultes ignorent qu’ils sont hypertendus

Selon des études réalisées sur le modèle de l’OMS en 2008 et 2015, 26 à 27,5% d’adultes âgés de 25 ans et plus qui sont hypertendus au Bénin. Et lorsqu’on prend la tranche d’âge des sujets âgés de plus de 50 ans, 2 adultes sur 3 sont hypertendus plus que même les 27%. Parmi ces patients hypertendus, 78% ignorent qu’ils sont hypertendus et se disent bien portants alors que l’épée de Damoclès est bien pendue  sur leur tête surtout lorsque les complications l’HTA surviennent.  « En Afrique sur 100 patients hypertendus à peine 50 % sont dépistés. Et seuls 20 % de cette moitié suivent des traitements dont 5% sont contrôlés. Ce qui prouve que le défi à relever est plus grand, surtout au regard des complications de cette maladie silencieuse. Il urge donc de sensibiliser la population sur la nécessité de se faire dépister pour connaître sa pression artérielle » a souligné le cardiologue.

Ph: DR-: Quelques membres du Groupe HTA de la Société béninoise des Cardiologues.

Ph: DR-: Quelques membres du Groupe HTA de la Société béninoise des Cardiologues.

Défis : Baisser la prévalence de l’HTA d’ici l’an 2025

Face à ces enjeux et défis à relever que faire pour baisser la prévalence de l’hypertension artérielle d’ici l’an 2025. C’est dans cette démarche de solutions que le Groupe HTA/SBC s’est inscrit pour communiquer sur l’un des facteurs de risque de cette maladie : le stress professionnel  qui se définit comme toutes les agressions extérieures subies par l’être humain et les réponses de l’organisme à ces agressions.

« Liens entre l’HTA, le Stress et la Performance en entreprise : Efficacité, Efficience dans un climat concurrentiel». Ce thème fera l’objet d’un grand débat qui réunira non seulement trois orateurs (un psychiatre, un médecin de travail et un cardiologue) ; mais également des médecins généralistes, cardiologues, diabétologues, ophtalmologues, néphrologues, radiologues et le grand public le vendredi 17 mai prochain à 16h au Blue zone de Cotonou.

« Les stress sont responsables des conséquences physiopathologiques surtout au plan cardiovasculaire. La fréquence du stress au plan cardiovasculaire, entraîne une élévation de la pression artérielle. Pour répondre à cette agression l’organisme va mettre en branle deux systèmes : le système sympathique qui secrète des catécholamines de la norme adrénaline et l’activation du système hypophyse surrénalien qui secrétant des glucocorticoïdes, participent au contrôle de la pression artérielle sur le long terme » a expliqué Dr Dossou-Togbé Towé.

Tour à tour, les cardiologues présents à cette séance d’information, ont expliqué qu’au plan physique et moral, le stress engendre des troubles de comportements (la boulimie, l’alcoolisme et l’absentéisme) qui impactent  négativement sur la performance de l’entreprise.

Pris isolément, le stress est responsable transitoire de la pression artérielle surtout lorsqu’il survient sur un terrain favorable (prédisposition) liée aux facteurs génétiques ou aux facteurs de l’environnement (au mode de vie : la consommation exagérée du sel, du sucre, de l’huile, l’obésité, la sédentarité et la non pratique régulière d’activités sportives).

L’hypertension artérielle étant un tueur silencieux, son dépistage doit être précoce pour une prise en charge adéquate afin de prévenir les complications. Il convient également de régler les questions de stress au travail à travers une réorganisation des temps de travail et de loisirs.

Une séance de dépistage gratuit a été offerte aux hommes de médias présents à cette rencontre pour leur permettre de connaitre leur pression artérielle.

 

 

Ph:DR: Dr Fatnelle Dossou-Togbé Towé. Cardiologue et Présidente du Groupe de l’Hypertension Artérielle de la Société Béninoise de Cardiologie (HTA/SBC).

Ph:DR: Dr Fatnelle Dossou-Togbé Towé. Cardiologue et Présidente du Groupe de l’Hypertension Artérielle de la Société Béninoise de Cardiologie (HTA/SBC).

Encadré : L’hypertension artérielle responsable de 9,7 millions de décès par an dans le monde

L’hypertension artérielle (HTA) est une élévation de la pression caractérisée par une pression artérielle systolique supérieure ou égale à 140 millimètres de mercure (mm) et ou une pression artérielle diastolique  inférieure ou également à 90 mm. L’HTA est classée comme une maladie non transmissible, chronique qui évolue à bas bruit et dont les complications à la phase aigüe mettent en jeu le pronostic vital du patient.

Au regard de sa prévalence et ses complications, l’HTA demeure un vrai problème de santé publique particulièrement en Afrique où il manque cruellement un bon système de santé face au nombre élevé de patients hypertendus. Ses complications sont responsables de 9,7 millions de décès par an dans le monde ; soit environ 2/3 de la mortalité globale en Afrique subsaharienne. « C’est le facteur de risque d’essence cardiaque chronique du cœur, des maladies chroniques des artères du cœur et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) » a indiqué Dr Fatnelle Dossou-Togbé Towé. (A.A)


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