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« L’homme ne peut être homme sans la femme ; les deux doivent se compléter mais ne sont pas égaux au foyer » dixit sa Majesté Dada Zéhè, Roi d’Agonlin.


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Ph: DR-: Sa Majesté Dada Zéhè, Secrétaire général de la Haute Autorité royale du Bénin, Roi d’Agonli

Ph: DR-: Sa Majesté Dada Zéhè, Secrétaire général de la Haute Autorité royale du Bénin, Roi d’Agonli

Sa Majesté Dada Zéhè, Secrétaire général de la Haute Autorité royale du Bénin, Roi d’Agonli et Enseignant de profession porte ici un regard plus ou moins rassurant sur les droits d’accès de la femme à la terre en milieu rural et son autonomisation pour le développement de l’économie locale.  C’était lors d’un panel sur la thématique « des Droits d’accès et contrôle de la femme aux facteurs de production ». Entouré de deux femmes juristes, le Garant de la tradition, s’est fait clair sur la question de l’égalité entre l’homme et la femme.

(Aline ASSANKPON)

En milieu rural, il est avéré que l’économie locale repose sur les activités agricoles, principales sources de revenus des femmes. Egalement avéré que nul ne peut exercer cette activité sans la terre qui est directement liée à « la problématique de l’économie locale : Accès et contrôle des femmes aux facteurs de production ».

Venons-en au fait que si la problématique de l’économie locale s’appuie sur l’accès et le contrôle des femmes aux facteurs de production, c’est de bonne guerre que cette thématique amène les Gardiens du temple à sortir de leur gon. Car ici, on parle des droits d’accès et de contrôle que la femme, (originellement considérée l’être inférieur) pourrait éventuellement exercer sur le facteur de production  qu’est la terre.

Ph:DR: "L'homme et la femme ne sont pas égaux au foyer" martèle le Roi d'Agonlin

Ph:DR: « L’homme et la femme ne sont pas égaux au foyer » martèle le Roi d’Agonlin

A ce propos,  sa Majesté Dada Zéhè, va essayer de contextualiser  le sujet dans la vision  traditionnelle qui considère la terre comme un bien appartenant aux ancêtres à l’instar des pratiques patrilinéaires qui excluent d’office la femme des droits de succession. « Tout ce qui appartient aux ancêtres est sacrée d’où le caractère sacré de la terre. Comme on a coutume d’entendre : « Ceci ne peut pas se passer sur la terre de nos ancêtres ». C’est pour cela que nous sommes réticents à l’accès de la femme à la terre. Selon la conception traditionnelle, on ne peut pas laisser facilement la femme hériter la terre ».

L’héritage des terres dites ancestrales par la femme est perçu comme le passage du patrimoine familial vers d’autre famille. Un acte qui appauvrit la famille d’origine de la femme au bénéfice de sa famille d’alliance.  « Il est donc très difficile pour nous d’admettre ça » laisse entendre le Roi d’Agonlin.  Mais de plus en plus, cette conception protectionniste  semble évoluer  pour  donne uniquement des droits d’accès sur les terres acquises par le père de la femme.

Le ver se trouve toujours dans le fruit

L’autre paire de la manche nous révèle que malgré l’existence d’un éventail d’instruments juridiques favorisant le droit d’accès de la femme aux facteurs de production, le problème demeure toujours. Selon sa majesté, très souvent les textes ne cadrent ni aux vécus quotidiens, ni aux réalités rurales. Pendant que la compréhension de l’esprit des textes semble difficile, les lois sont senties régler déjà le problème ; alors que la réalité sur le terrain est tout autre. « Il est loisible à la femme d’amener sa famille au tribunal devant les juridictions, mais en retour, ceux qui tranchent là-bas (les juges) ne viendront pas l’aider à porter le fardeau de son acte » se convainc-t-il pour  dire que le problème n’est réellement réglé qu’au sein de la cellule familiale.

L’égalité de l’homme et de la femme, le moindre mal

L’égalité de l’homme et de la femme stipulée par l’article 26 de la Constitution béninoise et soutenue par le Code des personnes et de la famille, rebute le Roi qui s’insurge contre cette acception. « L’homme et la femme sont égaux sur quel plan », se demande-t-il ? Avant de répondre : « Ils ne sont pas égaux au foyer ». Si l’homme et la femme exercent la même activité, ont le même diplôme, la même fonction dans une unité de production, il est normal qu’ils soient traités de la même manière admet-il.

« Mais dire qu’ils sont égaux au foyer, c’est amener des problèmes au sein du foyer » dit-il comme un avertissement.  « Se soumettre à l’homme ne veut pas dire que la femme doit être traitée comme une serpillière. Je ne suis pas en train d’encourager les traitements humiliants qui sont souvent réservés aux femmes dans nos sociétés. Mais il faut que la femme sache qu’elle n’est pas égale à l’homme mais que les deux doivent travailler ensemble pour l’harmonie et la concorde du foyer ».

En illustrant les rapports de supériorité qui ne doivent pas fouler ceux de complémentarité entre l’homme et la femme, sa Majesté Zéhè rappellera par ailleurs, le rôle capital joué par la femme au foyer en assistant son époux. « L’homme ne peut être homme sans la femme ; les deux doivent se compléter. Pour une prise de décision,  ce n’est pas seulement la femme qui est obligé d’informer son mari de sa volonté d’acquérir une parcelle ; les hommes responsables ne peuvent rien faire sans consulter leurs femmes ».  Ce qui justifie la célèbre phrase : « « Derrière un grand homme, se cache une femme ».

Une phrase qui renseigne sur le rôle prépondérant  joué par la femme dans les instances de décision royale.  « Moi, je suis un chef traditionnel, quotidiennement, je consulte ma femme. Je n’ai qu’une seule femme et c’est celle-là qui me conseille. Seul, l’homme n’est pas aussi intelligent et illuminé pour apprécier tous les contours des problèmes. Ce n’est pas possible !

L’autonomisation de la femme en question…

Pour le Souverain,  les femmes peuvent bien obtenir l’adhésion de leurs époux sur des initiatives  personnelles  à travers des méthodes bien persuasives : « Si la femme convainc son mari de la pertinence de ce qu’elle veut faire, le mari va accepter. Par contre l’autonomie ne signifie pas indépendance » martèle-t-il.

La question  de l’autonomisation de la femme apparait comme un cheveu sur la soupe et nécessite des réponses pertinentes pour aider les femmes à sortir de la précarité. «Puisqu’elle est la principale main-d’œuvre pour nos activités agricoles. Si nous n’aidons pas les femmes, c’est comme si nous amputons l’économie nationale de sa partie essentielle. Nous devons les accompagner forcément » promet le Garant de la tradition.


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