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Cérémonie de clôture sur les Cours avancés sur le Droit de la famille et Droit foncier à l’intention des femmes leaders « C’est à vous, d’aller semer ces graines-là dans les coins les plus reculés de notre pays » dixit le Préfet Firmin Kouton


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« Cette formation est arrivée à point nommé. Aujourd’hui, suite aux avantages liés aux textes et lois votés sur le foncier, nous avons pris la résolution de changer les choses à travers la vulgarisation …» C’est sur cette note de satisfaction générale et d’engagement que les cours avancés – sur le droit de la famille et des successions, le droit foncier, sa législation et l’arbitrage des litiges – organisés à l’intention des femmes leaders du Zou et de l’Atlantique ont pris fin jeudi dernier. Si à la cérémonie de clôture, le Coordonnateur national du Projet « Un seul monde sans faim », Mounirou Tchacondoh a rappelé les défis et attentes de son projet, l’autorité territoriale, le Préfet  du Zou et des Collines, Firmin Kouton a quant à lui donner la garantie de sa collaboration et de son soutien aux femmes leaders qui doivent assurer la transmission de l’information à leur communauté de base.

Aline ASSANKPON

Ph:DR: (De gauche à droite) ; Messieurs Fred Wanou (DDAS/Zou), Firmin Kouton (Préfet du Zou et des Collins) et Mounirou Tchacondoh, Coordonnateur national du Projet EWOH2

Ph:DR: (De gauche à droite) ; Messieurs Fred Wanou (DDAS/Zou), Firmin Kouton (Préfet du Zou et des Collins) et Mounirou Tchacondoh, Coordonnateur national du Projet EWOH2

Elles sont des femmes leaders de leur localité (Elues locales, Chefs d’arrondissement, Responsables d’Organisations paysannes, d’Organisation de la Société civile, Activistes et même représentantes du culte vaudou), conviées à un atelier de formation et de renforcement de capacité sur les instruments juridiques qui favorisent l’émergence de la femme et donnent un droit d’accès à la terre aux femmes béninoises.

Durant quatre jours, les participants à cet atelier ont eu droit à une dizaine de communications sur des thématiques très riches et qui convergent vers un objectif fondamental : Dans quel contexte travailler avec les femmes leaders, élues locales dans les communautés rurales pour  aider les femmes victimes de la privation de leur droit en matière foncière.  « La terre est une richesse dont l’accès apparait de tout temps, difficile à la femme selon les aspects culturels, socio-politiques et économiques. Elles sont nombreuses, ces femmes qui s’occupent de l’agriculture familiale et puisque le foncier est lié à la famille, c’est souvent difficile avec les autorités locales et traditionnelles » a souligné M. Mounirou Tchacondoh, Coordonnateur national du projet EWOH2.

Ph:DR-: M. Firmin Kouton, Préfet des départements du Zou et des Collines

Ph:DR-: M. Firmin Kouton, Préfet des départements du Zou et des Collines

A la cérémonie de clôture, le Préfet des départements du Zou et des Collines, M. Firmin Kouton, a dit toute sa joie sur ces assises basées sur le thème : « L’accès des femmes au foncier ».  Levant un coin de voile sur la complexité de la tradition qui exclut la femme de la vocation successorale, il explique : « Notre réalité culturelle empêche énormément les femmes d’accéder à la terre. Etant donné que le droit coutumier en matière domaniale ne permet pas l’accès de la femme au foncier ; parce que c’est la succession  progressive des chefs de la collectivité qui gère la terre.  La terre, n’appartenant pas à un individu mais à la collectivité donc c’est celui qui est au trône qui gère pour la collectivité. Dans notre contexte, la succession au trône se fait au niveau de l’homme quel que soit son âge et l’aspect genre ne compte pas. Etant donné que la femme n’accède pas à ce pouvoir-là, elle ne peut donc accéder à la terre : c’est toute la complexité de ce dossier ».

Une complexité balayée du revers de la main par  les textes et lois ratifiés ou votés par le Bénin. La première de ces dispositions est la Constitution du 11 décembre 1990 – socle des lois – qui prône entre autres, l’égalité entre l’homme et la femme, l’inviolabilité, et le caractère sacré de la personne humaine.

Ph: DR-: Une vue partielle des participants

Ph: DR-: Une vue partielle des participants

La deuxième, le Code des personnes et de la famille qui précise les conditions et les règles de succession et de l’héritage selon que nous soyons conjoints survivant, ascendant, descendant ou collatéral) et la troisième disposition, le Code foncier et domanial, la dernière en date du 14 Août 2013. Ces deux dernières lois sont venues régler toutes les questions discriminatoires à l’égard de la femme en matière de la propriété foncière.

Il se trouve désormais que la terre n’appartient plus à la collectivité mais s’étend plutôt à s’individualiser non seulement dans les grandes agglomérations mais aussi dans les coins les plus reculés. Par rapport à cela, quel rôle joue la femme dans ce contexte d’individualisme très poussé ? Quelle est la portion de la terre appartenant à ces ancêtres que la femme doit détenir aujourd’hui ? C’est la préoccupation actuelle pour aider les femmes à assurer la sécurité alimentaire de leur famille.

« Je crois que c’est à cela que nous devons travailler car aujourd’hui, la femme étant égale à l’homme, quelle est la portion qui doit lui revenir ? La loi est générale et s’applique pour tout le monde (homme et femme) ; de même que le droit successoral qui ne distingue pas d’enfant fille ou garçon, le partage se fait à part égale » a souligné le Préfet.

Ph: DR-: Vue d’ensemble avec le Préfet, Firmin Kouton

Ph: DR-: Vue d’ensemble avec le Préfet, Firmin Kouton

En encourageant ces femmes leaders à porter loin le message, à vulgariser ces  nouvelles  dispositions qui régissent le foncier au Bénin, le Préfet les rassure et leur promet toute la garantie de sa collaboration, de son soutien et appui pour que ces graines de justice et d’équité soient véritablement semées sur de bonne terre sans difficulté et entrave.

« C’est à vous d’aller faire cette vulgarisation-là pour dire que les choses ont changé. Tout ce qu’on fait en écartant la femme est illégal et qu’on devrait s’adapter  à la loi. Ceux qui vont continuer ces pratiques vont en récolter les peines qui en découlent. Car on doit pouvoir dire : ça s’arrête à ceux-là qui voudront se mettre au travers de la loi pour écarter la femme de la succession ».

Les femmes réparties en travaux de groupe - Groupe C

Les femmes réparties en travaux de groupe – Groupe C

« Je voudrais vous encourager à semer ces graines-là dans les coins les plus reculés de notre pays. Expliquer aux femmes que la loi vous reconnaît égale à vos frères pour bénéficier des mêmes droits à l’héritage. Je suis sûr que les instruments qu’on vient de vous donner, c’est de vous armer à aller faire ce travail de façon correcte, de sorte que vos sœurs qui ne connaissent pas ces nouvelles dispositions puissent revendiquer leur droit » a encouragé l’autorité territoriale.

Des travaux de groupe, la restitution des rapports ont permis aux participants de s’approprier les différents instruments juridiques relatifs aux droits de la Succession, de la sécurisation de la propriété foncière et de l’arbitrage des litiges et même les caractéristiques et comportements d’une femme leader.


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