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Politique / Congo- Brazzaville : Le tempo de Sassou


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Sans surprise, Sassou N’Guesso a annoncé la tenue d’un référendum sur la modification ou non de la constitution. L’opposition ne l’entend pas ainsi. « C‘est un coup d’état constitutionnel. Nous ne l’accepterons pas. Denis Sassou Nguesso a fini ses deux mandats, il doit partir !» Réaction à chaud de Mathias Dzon, ancien ministre des Finances de Denis Sassou Nguesso passé à l’opposition, suite au message à la nation du président congolais, le 22 septembre dernier, annonçant un référendum. « Allons donc aux urnes pour décider nous-mêmes de notre avenir » a en substance déclaré Denis Sassou Nguesso dans un message solennel.

Ph:DR-: Visiblement les Congolais, qu'ils le veulent ou non, seront convoqués à s'exprimer par le oui ou par le non, d'ici le début de l'année prochaine

Ph:DR-: Visiblement les Congolais, qu’ils le veulent ou non, seront convoqués à s’exprimer par le oui ou par le non, d’ici le début de l’année prochaine

Le président congolais n’a pas fixé de calendrier, mais a tout de même donné le ton. « Je ne suis pas surpris par cette déclaration puisque le président parle d’un référendum depuis quelques mois, » commente Bernard Safou, membre d’un parti du centre. Pourtant le président vient de prendre à contre-pied l’opposition qui doit tenir un meeting géant le dimanche prochain, à Brazzaville pour défendre l’actuelle constitution. « C’est vrai que nous savions tous que Denis Sassou Nguesso devait annoncer la tenue d’un référendum, mais personne ne savait qu’il le fera juste après les jeux africains et avant le meeting des opposants, » lance un journaliste de la chaîne de télévision publique qui a requis l’anonymat.

La constitution en vigueur limite à deux le nombre de mandat et fixe la limite d’âge pour être candidat à la présidence à 70 ans. Denis Sassou Nguesso qui achève son deuxième et dernier mandat et aura 73 ans l’an prochain, n’est donc pas autorisé à se représenter.

Preuves

Pour les défenseurs de la constitution, le référendum est un moyen qui lui permettra de se repositionner. Une erreur grave selon le camp présidentiel qui estime que les opposants se trompent de combat. Selon une source du PCT, « réduire le débat sur la constitution sur la personne de Denis Sassou Nguesso relève de la mauvaise foi. Le changement devrait permettre d’arrimer le pays aux exigences de la modernité et de l’émergence que le Congo entend atteindre à l’horizon 2025 ».

Un argumentaire qui ne convainc pas. «L’actuelle constitution a fait ses preuves. Elle nous a permis de développer tant soit peu le pays. Rien ne nous oblige à la changer à une année de l’élection présidentielle,» affirme Guy Mafimbi, porte-parole du RDD, le Rassemblement pour la démocratie et le développement, parti politique qui a récemment claqué la porte de la majorité présidentielle.

Au sein du Frocad, le Front pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique, plate-forme qui réunit 75 partis, associations et individualités le mot d’ordre est clair : « Touche pas à ma constitution ». Avec l’IDC, l’initiative qui réunit entre autres Parfait Kolélas leader du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral et André Okombi Salisa, le Frocad entend réaffirmer sa position dimanche prochain. « Nous sommes décidé à barrer la route au président. Le peuple est avec nous, » soutient un sympathisant du Frocad. La plate-forme projette d’autres méga meetings sur l’ensemble du territoire national pour manifester sa désapprobation du projet de M. Sassou N’Guesso.

Fichier

Au sein de la population, la psychose gagne les esprits. Pour beaucoup de Congolais la paix est menacée. « Les intérêts égoïstes de nos politiciens nous conduisent souvent à la bêtise humaine. A l’allure où vont les choses, si l’on n’y prend garde j’ai l’impression que l’histoire va se répéter » affirme Luc-Aimé, professeur de Droit.

L’inquiétude est d’autant plus perceptible que partisans du « oui » et du « non » se livrent une vraie bataille. Réseaux sociaux, médias, affiches, campagne…, tous les moyens sont bons pour défendre ses convictions. Plusieurs associations et plateformes ont vu le jour pour la circonstance. Pona Ekola, (Pour la nation en lingala) rassemblement proche de la majorité multiplie les campagnes de sensibilisation pour édifier sur les bienfaits du changement de la constitution.

C’est dans ce contexte plus ou moins mouvementé que devrait commencer le recensement des populations qui va permettre de refaire le fichier électoral. Une recommandation des conclusions du dialogue de Sibiti (du 13 au 17 juillet derniers) que l’opposition a boycotté.

Selon la constitution, la prochaine présidentielle est prévue pour juillet 2016. Visiblement les Congolais, qu’ils le veulent ou non, seront convoqués à s’exprimer par le oui ou par le non, d’ici le début de l’année prochaine. (http://afriqueactualite.com/)

 


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