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Financement de l’Agriculture / PADA : La manne des pisciculteurs, agriculteurs et industriels béninois


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Conformément aux recommandations de l’accord de Maputo de 2003, le Bénin s’est engagé pour investir par tous les moyens possibles dans les filières agricoles. A cet effet plusieurs projets agricoles ont vu le jour pour porter l’agriculture afin d’atteindre les OMD et les ODD à travers différentes cibles. Dans cet ordre d’idées, est né le Projet d’Appui à la Diversification de l’Agriculture (PADA) financé par la Banque mondiale. Une récente descente effectuée dans les centres et fermes où le PADA vient en appui aux agriculteurs et aux Petites et moyennes entreprises (PME), révèle des résultats très éloquents qui renforcent les raisons de financement de l’agriculture et de sa transformation.

Ph:DR-: Jacob Ishola, chef-Pada, Javier Capo-Chichi, coordonateur Procad et Virginie Assogba-Miguel, chef-Ppaao-Bénin (dr.à g.) lors de la visite sur le terrain

Ph:DR-: Jacob Ishola, chef-Pada, Javier Capo-Chichi, coordonateur Procad et Virginie Assogba-Miguel, chef-Ppaao-Bénin (dr.à g.) lors de la visite sur le terrain

Le Projet d’Appui à la Diversification de l’Agriculture (PADA) est en effet un instrument de promotion des filières agricoles au Bénin. L’objectif de sa mise en œuvre est contribuer à la restauration et à l’amélioration de la productivité dans les champs et de la valeur ajoutée post-récole des chaînes de valeur, riz, maïs, aquaculture, ananas et anacarde.

Spécifiquement, il s’agit de créer les conditions favorables à l’adoption des technologies améliorées pour accroître la production des filières ciblées ; d’accroître l’offre d’infrastructures et l’équipement d’irrigation et de marché répondant aux normes pour l’intensification ; de créer les conditions favorables à l’amélioration de l’offre de services financiers et de la demande de crédits ; d’assurer une exécution efficace au programme sectoriel et du Pada.

Si le Pada a vu le jour durer cinq (05) ans avec un coût global de 61,4 millions de dollars US ; soit environ 28 milliards de francs Cfa ; il est articulé autour de quatre composantes ; notamment :

  • Composante 1 : Adoption des technologies améliorées et restauration de la productivité.
  • Composante 2 : Développement /réhabilitation  des infrastructures d’irrigation et de mise en marché.
  • Composante 3 : Coordination des chaines de valeurs et financement  agricole.
  • Composante 4 : Coordination du programme sectoriel et gestion du projet.

Ainsi, Pada apparaît aujourd’hui comme le projet de développement qui réalise des prouesses. Financé par la Banque mondiale, les missions de supervisions et de visites de terrain révèlent les actions pertinentes sur le terrain. Pour se conformer à cette pratique, une mission conjointe Banque mondiale-gouvernement du Bénin est allée au contact des bénéficiaires du Projet d’appui à la diversification agricole (Pada) du 25 et 27 juin dernier. Accompagnée de la coordination du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (ProCAD), du Ppaao-Bénin et du Pada, la délégation est allée constatée le niveau d’avancement des projets financés par le Pada. Plus d’une dizaine d’acteurs sont visités au cours de cette mission semestrielle.  De la production agricole à la manufacture, en passant par le terrain de la recherche halieutique, les résultats sont probants sur le terrain.

Ph:DR-: Roseline Capo-Chichi, productrice de compost pour ananas bio.

Ph:DR-: Roseline Capo-Chichi, productrice de compost pour ananas bio.

Production de compost pour les fermiers d’ananas bio à Allada

« La matière première est constituée de l’épluchure de l’ananas et du manioc, des résidus de récoltes et de la sciure. Nous en faisons un mélange hétérogène dans les casiers et les couvrons de sachets pour en accélérer la décomposition». L’assurance dans le ton et le sourire aux lèvres, Roseline Capo-Chichi, la trentaine environ, explique le mécanisme de fabrication de son produit. « Un mois après, nous transférons le mélange dans d’autres casiers vides pour obtenir le compost au bout d’un mois supplémentaire » ajoute-t-elle. Rosaline est productrice de compost mais aussi d’ananas biologique à Allada Togoudo. Son engrais est destiné aux producteurs d’ananas bio de sa localité. Mais une partie est prélevée pour couvrir son propre domaine de 2 ha. Le sac de 50kg est livré à 3000 F.cfa. Pour son ananas, le marché d’écoulement est aussi assuré. Le kilogramme est vendu à 110 F.cfa, se rassure-t-elle en souriant.

La jeune femme au teint noir est membre d’une coopérative de 400 à 500 producteurs d’ananas certifié bio. Ayant appris auprès des partenaires à la certification qu’il n’existe pas du compost pour leurs cultures, elle a pris l’initiative d’en fabriquer pour soulager la coopérative. Nantie d’un Brevet d’étude du premier cycle (Bepc), elle avait suivi une formation de 18 mois au Projet Songhaï de Porto-Novo. Mais sa production est encore loin de couvrir la demande. « J’ai vendu six tonnes de compost l’année dernière » a-t-elle indiqué. Or, il faut 2 tonnes pour un demi-hectare  et deux à trois fois par cycle de production. Donc, les 6 tonnes  vendues par Roseline Capo-Chichi ne permettent de couvrir qu’environ un demi-hectare d’ananas jusqu’à maturité. Donc une production insuffisante.

Ph/DR-: Cagneaux de production de compost pour ananas bio-

Ph/DR-: Cagneaux de production de compost pour ananas bio-

D’où une production de 1000 tonnes de compost par an

Evaluant sa production à 10 tonnes par trimestre, ce qui équivaut à une production maximale de 40 tonnes par an ; Rosaline Capo-Chichi visiblement insatisfaite, a soumis au Programme appui à la diversification agricole (Pada) un micro projet de plus de 14,600 millions de F.cfa. La suite lui a été favorable avec une subvention de plus de 10,133 millions contre un apport personnel chiffré à  4,583 millions. Avec la première tranche de l’appui financier, Roseline a construit deux grands hangars équipés, au sol, de petits casiers dénommés « cagneaux » en brique. C’est cet ensemble qui sert de moule pour la fabrication du compost. Son matériel de travail était en bois et sa durée de vie ne pouvait excéder trois ans. Mais avec les « cagneaux », version Pada  la résistance varierait entre cinq et dix ans  prédit la productrice de compost. Et c’est sans détour que Roseline prévoit de porter sa production à mille tonnes de compost par an. Comme la jeune dame d’Allada, d’autres producteurs ont eu le réflexe de s’adresser au Pada.

Ph:DR-: Les délégués de la Banque mondiale, le chef projet Pada et le coordonateur Procad de l'usine de canettes d'Allada.

Ph:DR-: Les délégués de la Banque mondiale, le chef projet Pada et le coordonateur Procad de l’usine de canettes d’Allada.

Dans la manufacture

Le Pada a également répondu à la main tendue de Jean Fonton, directeur général de Jec Sarl. C’est sa société qui fabrique les canettes de la « plateforme Ananas » productrice des « Jus Ira » à Allada. Au départ, les canettes étaient directement importées. Mais depuis avril 2015, une usine est installée à une cinquantaine de mètres de l’unité de production du jus. L’unité a coûté près de 100 millions avec une contribution de 49,500 millions assurée par le Pada. Après les premiers mois d’activité, Jean Fonton estime que la production des canettes à base de plaques importées (pré-imprimées) permet de réaliser un bénéfice de 30% par rapport à l’importation directe. Son usine emploie 24 personnes et produit environ 200 canettes à la minute. A la longue, il compte régler le problème crucial des agroindustriels béninois : l’emballage. En attendant de disposer de toute la logistique pour réaliser tous les formats d’emballage et s’ouvrir à une plus large clientèle, il reçoit déjà quelques commandes extérieures à la plateforme Ananas dont il est membre.

Ailleurs, dans une autre de la chaîne de manufacture, Charles Bénissan, directeur général de Trading and manufacture company (Tmc), situé à Abomey-Calavi intervient dans la fabrication de cartons. La demande d’emballages au niveau national est forte et varie entre cinq et sept millions par an a-t-il constaté. Malheureusement, la société Tmc n’en produit que mille par jour pour une capacité mensuel d’environ 20 000 cartons. Sa clientèle est majoritairement composée de producteurs de jus d’ananas. Dans son atelier, le travail est manuel et les impressions se font à la sérigraphie. Mais pour lui, l’heure de gloire semble avoir sonné. Dans moins de deux moins, son usine devrait être installée pour booster la production. Il doit son salut imminent au Pada qui lui a accordé, en mars dernier, une subvention de plus de 48,500 millions pour un micro-projet de 87 millions. Bientôt, Charles Bénissan produira 5 000 à 10 000 cartons par jour, de quoi ravir la vedette aux industriels nigérians et ghanéens qui sont actuellement maîtres du marché. « Le projet vient à point nommé pour nous positionner sur le marché et développer nos affaires » s’est-il ému. Avec le matériel industriel, d’autres agents seront recrutés en plus de la dizaine de personnes qu’il emploie. En outre, le prix de vente du carton devrait descendre sous la barre de 400 F actuellement proposé. A la longue, il compte produire les plaques sur place mais il lui faudra un financement complémentaire de 500 millions pour réaliser ce rêve.

Ph:DR-: Vue extérieure du nouveau laboratoire piscicole de l'Université d'Abomey-Calavi (UAC)

Ph:DR-: Vue extérieure du nouveau laboratoire piscicole de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC)

Assurer la disponibilité du poisson par la pisciculture

Le Programme cadre d’appui à la diversification agricole soutient également le développement de la pisciculture. A cet effet, le laboratoire du professeur Plilippe Lalèyè  de la Faculté des sciences agronomiques (Fsa) de l’Uac est en cours de rénovation pour un montant de plus de 95 millions. Le laboratoire s’occupe de la recherche sur les espèces halieutiques en vue d’en faciliter l’élevage et le rendement en pisciculture. Alexandre Tchoukourou, responsable Infrastructures et de l’équipement rural/Pada a indiqué que 48 millions ont déjà été débloqués pour la construction d’un laboratoire, d’un château d’eau avec forage équipé d’une pompe immergé, etc. Un équipement complémentaire d’environ 48 millions est attendu dans un mois.

 

Ph/DR-: Inspection des cages flottantes installés sur le lac vert de M. Guidibi

Ph/DR-: Inspection des cages flottantes installés sur le lac vert de M. Guidibi

L’installation des cages flottantes

A des dizaines de kilomètre de l’Uac, le village Djigbo (commune d’Abomey-Calavi) abrite une merveille : l’exploitation agro-piscicole « Le lac vert ». Le promoteur, Emmanuel Guidibi (ancien DG de la Loterie Nationale du Bénin – LNB) a eu l’ingénieuse idée de curer 3,5 ha de bas-fonds pour obtenir un lac artificiel au bout de cinq années d’efforts. Il compte l’élargir pour couvrir ses 15 ha. Malgré son engagement, il n’arrivait pas à contrôler sa production de sorte que les poissons du lac se retrouvaient hors de son domaine personnel. « Toutes les expériences d’élevage ont échoué ! ». La fin de son calvaire est intervenue avec la rencontre du Pada qui lui a installé des cages flottantes ensemencées de 24 000 poissons. « Je suis très fier du coup de main que le Pada nous a donné. Il nous permet de maîtriser notre production et de pouvoir assurer à notre clientèle une livraison plus régulière et plus importante » a-t-il mentionné en signe de reconnaissance.

Ph:Dr-: Darius Dessouassi de l'Eternel est mon berger (g.)  présente ses barques hors sol acquis sur financement Pada.

Ph:Dr-: Darius Dessouassi de l’Eternel est mon berger (g.) présente ses barques hors sol acquis sur financement Pada.

A Agbanou Wétingbato, Commune de Ouidah, l’association Initiatives et actions pour le Bénin (IaBénin) a bénéficié d’un financement de 11 768 490 F.cfa pour un micro projet de 23 768 490 F soumis. La première tranche reçu en mars dernier a permis d’installer une écloserie, de construire une salle de formation et d’acquérir une granuleuse pour mieux maîtriser la production de clarias. Trois étangs sont construits en plus des 17 dont disposait l’association. Ici, la taille des poissons est impressionnante. Les deux autres tranches seront destinées à l’installation d’une station d’énergie solaire et un groupe électrogène. Un forage sera également fait, une moto tricycle sera acquise, deux autres étangs piscicoles vont être construits, deux filets sennes sont aussi attendus. Conséquence, la capacité de production qui est actuellement de 55 mille alevins passera à 500 mille alevins. L’impact va aussi se répercuter sur la qualité des alevins et leur prix de vente pourrait chuter à 25 ou 30 F contre 50 à 60F a annoncé Olivier Alognon, coordonateur d’Ia Bénin. Cette ferme école forme des pisciculteurs et accueille des étudiants et lycéens comme celle de Dokomey à Aplahoué dans le Couffo.

La ferme Wadey d’Aplahoué repose sur les installations d’un projet qui est arrivé à échéance. Le promoteur, Paul Sagbo a bénéficié de 8 678 132 F.Cfa pour un mini-projet de plus de 12,600 millions. Les infrastructures en cours d’installation prennent en compte neuf bassins, 19 étangs, deux hangars, etc.

Ph:DR-: Du tilapias frais pêché dans les étangs de la ferme l'Eternel est mon berger.

Ph:DR-: Du tilapias frais pêché dans les étangs de la ferme l’Eternel est mon berger.

A Comè, dans le Mono, la ferme « L’Eternel est mon berger » de Darius Dessouassi reçoit environ 8,7 millions pour se doter d’épuisements piscicoles plus adéquats. La journée du samedi 27 juin 2015 a été passée dans les départements de l’Ouémé et du Plateau.

Encadré 1 : Quelques difficultés

Quoique reconnaissant au Pada pour son assistance, les producteurs gardent une main tendue pour faire face à certaines difficultés secondaires. La plupart des points soulevés concerne la disponibilité de l’énergie électrique notamment pour les industriels. L’on note également l’impraticabilité des voies d’accès à certains sites, des vols sur d’autres. En outre, l’on retient le problème d’emballage spécifique noté pour le compost, le tort subi par l’ananas bio qui est vendu au même prix que le conventionnel et les difficultés d’accès au marché extérieur du faible de l’incapacité à couvrir les demandes.

Ph:DR-: L'objectif du PADA: motiver les institutions bancaires et de micro-finances à l’idée d’être moins réticent à financer les activités agricoles.

Ph:DR-: L’objectif du PADA: motiver les institutions bancaires et de micro-finances à l’idée d’être moins réticent à financer les activités agricoles.

Encadré 2 : Faire des émules au sein des institutions bancaires et de micro-finances

Janvier Yénakpondji Capo-Chichi, coordonnateur du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (ProCAD), qui coiffe les projets Pada et Ppaao-Bénin, a estimé que les bénéficiaires des fonds Pada gèrent bien leurs ressources. Il a, par ailleurs, promis que le niveau de suivi sera maintenu pour assurer le bon achèvement des microprojets. Pour lui, l’objectif du projet n’est pas de satisfaire tout le monde. Le succès que connaissent les initiatives financées devrait motiver les institutions bancaires et de micro-finances à l’idée d’être moins réticent à financer les activités agricoles.

Elisé Ouédraogo, agroéconomiste, basé au bureau de la Banque mondial à Ouagadougou, est tout aussi satisfait du niveau de déploiement des microprojets et leurs impacts sur les bénéficiaires directs et indirects. En ce qui concerne spécifiquement le développement de la pisciculture, il a estimé que le Bénin est plus avancé que son pays. Se prononçant sur les difficultés soulevées par les bénéficiaires, il a indiqué que l’objectif du projet et de la banque mondiale qui en assure le financement est  de contribuer à la résolution des problèmes clés qui handicapent couramment la promotion des filières. Ensuite, il est du ressort des bénéficiaires et des autres partenaires ainsi que l’Etat d’accompagner la suite, a-t-il suggéré.

Aline A. ASSANKPON

 


4 commentaires

  1. METOME S Gilchrist

    bonsoir chez vous! je suis étudiant en année de licence(SVT3) à la fast de dassa.J’aimerais poursuivre après ce diplome une formation dans le domaine de la pisiciculture. Alors quelles sont les conditions à remplire.?veillez me repondre.Merci

  2. ABOUDOULAYE Mohamed Cherifou Dine

    bonjour je voudrais savoir les pistes à suivre pour bénéficier du coup de mains du projet PADA

  3. I support my colleagues African who work hard to feed the population. Thank you for your effort to produce good crops for better living environment. once again thank you all.

  4. Nous sommes un groupement de jeunes en milieu rural à la recherche d’aide de subvention pour augmenter la productivité de tubercules de manioc pour la commercialisation ,nous avons un marché avec les chinois (usine de production du sucre au Togo).Il cherche plus de 20 000 tonnes par mois .Nous avons élaboré cette initiative pour nous donner du travail(emploi) et la population à tant que sans diplômés et dans la vision de sensibiliser pour palier le déplacement massif des jeunes de leur pays vers les autres , à la recherche du travail pour l’amélioration de leur condition de vie mais qui malheureusement meurent , enterrés lamentablement ou d’autres noyés.Aucune organisation des jeunes sans diplôme en milieu rural pour la promotion des cultures vivrières et de l’élevage.
    AMEWUAME EVEGNO
    président du groupement
    cel:00228 99775852
    koebake@gmail.com
    Lomé-Togo

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