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Fespaco 2015/ Interview : «Maintenant, l’esprit change»


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Avec Jean-Claude Dioma, 55 ans, ministre de la Culture du Burkina Faso depuis décembre dernier, le 24e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou s’ouvre ce 28 février sous le signe de la continuité. Il était depuis 2011 conseiller et secrétaire général du même ministère ainsi que président du comité d’organisation du Fespaco depuis 2013. Après la révolution, il promet la fin d’une certaine «tendance à censurer» au Fespaco. Et jure de «donner à la culture une place beaucoup plus importante» dans son pays. Entretien.

Ph/DR- Jean-Claude Dioma, Ministre burkinabé de la Culture

Ph/DR- Jean-Claude Dioma, Ministre burkinabé de la Culture

C’est la première édition après la révolution d’octobre 2014. Qu’est-ce qui changera au Fespaco 2015 ?

Le Fespaco se prépare sur deux ans. Et avant que les événements n’arrivent, on avait déjà lancé cette 24e édition. Alors, je ne crois pas qu’au niveau de la production ou de la sélection, beaucoup de choses ont changé. Maintenant, l’esprit change. A l’intérieur, et surtout à l’extérieur, il y avait peut-être une tendance à censurer un certain type de films. Et là, toutes les choses changent. Dans cette lancée, les nouvelles autorités entendent laisser véritablement la libre expression à tous les cinéastes et artistes qui la veulent. Après les événements d’octobre, le nouvel esprit dans notre pays est que les gens sont libérés. Ils ont une certaine liberté d’expression et d’action. Des grands dossiers qui, jusque-là, étaient tabous vont être mis sur la table. Et ce Fespaco va être le lieu pour cela.

Le défi du numérique sera au centre de cette 24e édition du Fespaco. Le Fespaco va-t-il faire face ? 


Effectivement, c’est nouveau pour nous, et il y a aussi le défi des moyens. La difficulté à laquelle nous allons être confrontés cette année est que nous n’avons pas pu numériser toutes les salles comme on aurait voulu. En tout cas, le problème a été posé à nos autorités au niveau du gouvernement. Et il y a un premier jalon qui sera posé pour que nous puissions peut-être continuer cette numérisation jusqu’à terme.

Vous êtes devenu ministre de la Culture après une révolution menée aussi par une mobilisation citoyenne et artistique, comme le Balai citoyen avec le rappeur Smockey… Vous sentez-vous obligé de donner une plus grande place à la culture au Burkina Faso aujourd’hui ?
Oui ! Dans ce processus de révolution, il est tout à fait normal que nous puissions donner à la culture une place beaucoup plus importante. En tant que gouvernement de la transition, il nous appartient de poser des jalons pour permettre un réel décollage et un réel développement de la culture dans notre pays. Nous travaillons sur un certain nombre de grands dossiers et nous allons faire en sorte qu’ils aboutissent. Les artistes aussi ont posé leurs doléances en matière de développement culturel et artistique. C’est sur quoi nous travaillons en ce moment.

En 2013, le dernier Fespaco avait voté, en présence de six ministres de la Culture africains, la Déclaration solennelle de Ouagadougou, un appel à tous les chefs d’Etat d’Afrique pour promouvoir le cinéma sur le continent. Quel est le bilan deux ans après ?
Difficile de faire un bilan pour le moment : nous n’avons pas eu un processus tout à fait linéaire. Il y a eu cette rupture et, actuellement, nous avons le devoir de faire ce bilan au Fespaco avec les acteurs eux-mêmes, puisque ce sont les cinéastes qui ont posé leurs doléances. Le président de l’époque, Blaise Compaoré, était chargé de défendre ces revendications devant ses pairs. Nous pensons que le Fespaco peut être l’occasion de revenir sur ces doléances et voir quel bilan on peut en tirer, voire envisager la suite. (RFI)


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