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Presse écrite / Cameroun : bras de fer entre deux éditeurs de presse et le Conseil national de la Communication


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Aucune décision n’a encore été prise après le passage de Benjamin Zebaze, le directeur de publication de l’hebdomadaire Ouest Littoral, devant le Conseil national de la communication (CNC) du Cameroun, le 15 novembre dernier. « Pendant les débats, le président de séance m’a juste demandé de ne plus recommencer. Je ne sais pas ce que cela signifie, toujours est-il que nous ne sommes pas entendus », confie le journaliste et patron de presse.

Ph : Dr - Guibaï Gatama, le directeur de publication de L’Œil du Sahel

Ph : Dr – Guibaï Gatama, le directeur de publication de L’Œil du Sahel

Convoqué lui aussi, Guibaï Gatama (photo), le directeur de publication de L’Œil du Sahel, un autre hebdomadaire, ne s’est pas présenté après avoir, au préalable, signalé au Conseil qu’il se trouverait hors du Cameroun.

Le 27 octobre dernier, chacun des deux patrons de presse avait envoyé un représentant pour répondre à la première convocation du CNC. Le journal Ouest Littoral est accusé de publication d’informations non fondées et des déclarations mensongères sur la personne du président du CNC, Mgr Joseph Befe Ateba qui est par ailleurs un évêque de l’Eglise catholique romaine.

Quant à L’Œil du Sahel, une plainte a été déposée contre ce journal par la délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguelé, pour publication d’informations classées secret défense. Le patron de la police camerounaise estime également que « la ligne éditoriale de Guibaï Gatama incite à la haine tribale, en faisant passer les populations du Grand Nord pour des victimes d’une supposée oppression ». Il est ainsi reproché à L’Œil du Sahel une information du 16 octobre sur la mort de 15 Nigérians, adeptes supposés de la secte Boko Haram, au cours d’affrontements avec les forces camerounaises du maintien de l’ordre. Autre problème, les précédentes éditions de l’hebdomadaire sur les revendications des populations des régions septentrionales du Cameroun.

Vendredi dernier, Benjamin Zebaze est venu se défendre devant le CNC muni d’une Bible, d’un Nouveau testament et d’un dictionnaire pour expliquer, dit-il, « le sens des mots utilisés par mon journal ». Dans une édition récente, Ouest Littoral avait écrit que Mgr Befe Ateba avait décidé de soutenir un régime servant « Satan », faisant allusion au régime du président Paul Biya. Plus tard, Benjamin Zebaze expliquait : « Befe Ateba est bien Evêque ? Même si à mes yeux, il n’est plus qu’un vulgaire politicien appliquant les mêmes méthodes que le régime actuel, il sait ce que signifie en français facile le mot Satan. Ce qui est satanique s’oppose à ce qui est divin. Ce qui est divin est humain, parfait ; ce qui est satanique est diabolique, malin, infernal, inhumain. Selon vous, ce que le Renouveau fait dans ce pays est satanique ou divin ? Befe Ateba à la tête d’un organisme qui permet cette inhumanité sert-il oui ou non ce régime ? Il n’est pas interdit en français d’utiliser une métaphore pour mieux faire comprendre sa pensée. » (Agence Ecofin)


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