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Déficit énergétique dans l’espace Uemoa : La promotion des énergies renouvelables comme alternative


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Ph : DR - Le coût de l’électricité de la zone Uemoa reste l’un des plus chers au monde

Ph : DR – Le coût de l’électricité de la zone Uemoa reste l’un des plus chers au monde

Face aux récurrentes crises énergétiques subies par plusieurs pays membres de l’Uemoa, les autorités de l’Union prônent désormais une diversification des sources d’approvisionnement comme la promotion des énergies renouvelables (Er). Cependant, la maîtrise des technologies liées aux Er, la question du financement et l’engagement politique des Etats constituent autant d’obstacles qu’il faudra surmonter, selon notre compatriote Guy-Amédée Ajanohou, Commissaire en charge de l’Energie de l’Uemoa.

Parmi les dix programmes majeurs de la politique énergétique communautaire (PEC), adoptée en 2001 par l’Uemoa, figure la promotion des Energies renouvelables (Er). Les autorités de cette organisation comptent s’appuyer sur cette source inépuisable d’énergie pour résoudre les questions énergétiques qui secouent plusieurs pays dans la zone Uemoa.

Selon Guy-Amédée Ajanohou, Commissaire chargé du Département du Développement de l’Entreprise, de l’Energie, des Télécommunications et du Tourisme de l’Uemoa, l’Energie renouvelable (Er) est une source d’énergie dont la conversion des ressources primaires en énergie finale n’épuise pas le stock, car elle se renouvelle directement ou est susceptible de se renouveler avec le cycle de la nature.

Diversification des sources d’approvisionnement

A cet  effet, la stratégie communautaire de promotion des énergies renouvelables de l’Union est construite autour de ses axes. Il s’agit d’abord du renforcement des capacités institutionnelles et du développement des ressources humaines. A cet effet, souligne-t-il, une étude est en cours sur le cadre institutionnel et règlement des énergies renouvelables.

Ensuite, vient la mise en œuvre des programmes d’équipements nationaux et régionaux. Sur cet aspect, soutient M. Ajanohou, il y a eu la mise en place du Programme régional de développement des  énergies renouvelables et de l’efficacité énergétiques (Prodere). Ce dernier comprend deux phases dont la première consisterait, entre autres, à installer des lampadaires solaire Pv autonomes, à diffuser  des kits solaires photovoltaïques dans les zones rurales et périurbaines des Etats membres de l’Uemoa, à mobiliser des ressources humaines et financières. Pour la deuxième phase, il s’agira d’effectuer des installations d’une centrale solaire photovoltaïques de 10 mégawatts dans chacun des huit pays de l’Uemoa avec une contribution du secteur privé.

De l’avis de M. Ajanohou, l’adoption des énergies renouvelables va offrir plusieurs intérêts et opportunités aux Etats membres de l’Uemoa : indépendance énergétique, protection contre la hausse des prix des combustibles fossiles ; diversification des sources d’approvisionnement ; préservation de l’environnement, augmentation de l’accès des populations aux énergies modernes, Développement économiques, création d’emplois et potentiel d’exportation de l’électricité.

Difficultés à surmonter

Pour le commissaire Guy-Amédée Ajanohoun, l’exploitation des énergies renouvelables n’est pas sans difficultés, de nombreux obstacles se posent à son  déploiement. Il s’agit de la méconnaissance des technologies (Er) et du marché local par les porteurs et investisseurs, la non sensibilisation aux (Er) des réseaux mal gérés (coupures et baisses de tension, manque de moyens). A cela, s’ajoutent le manque d’initiative politique et institutionnelle, la méconnaissance des stratégies de la part des décideurs publics.

Autres difficultés relevé par M. Ajanohou, le manque d’expérience, en planification et gestion des intermittences liées aux Er. Il ajoute que l’un des  principaux obstacles à la pénétration importante des technologies en Er et en solaire photovoltaïques en particulier dans le bouquet énergétique, résulte du caractère intermittent de l’énergie solaire.

D’autres projets sont concernés par la politique énergétique communautaire (Pec). Il s’agit de l’accélération de l’interconnexion des réseaux électriques, du développement de l’électrification rurale, de l’amélioration de l’approvisionnement en hydrocarbures, de l’utilisation rationnelle de l’énergie et de la diversification des ressources énergétiques.

La vision 2030 de l’Uemoa

Enfin, la vision et stratégie de l’IRED se développe à travers la vision 2030 qui se veut ambitieuse de développement pour le secteur de l’énergie électrique dans l’espace de l’Union. En effet, les 2030 les dirigeants de la zone Uemoa espère que l’ensemble des citoyens de cette zone géographique accèdera à une énergie à bas prix au sein d’un vaste marché d’échanges d’énergie électrique intégré et harmonisé à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, produisant une énergie propre et s’appuyant sur un partenariat public-privé dynamique.

Encadré 1

Etat des lieux de la situation énergétique de l’Uemoa

L’Union dispose d’un potentiel énergétique relativement important avec des réserves estimées en 2005, à 44 millions de tonnes de pétrole brut, 23.300 millions de m3 de gaz naturel, 85 millions de tonne de charbon minéral et un rayonnement solaire moyen variant entre 4kwh/m2/j et 7kwh/m2/j.

Toutefois, le coût de l’électricité reste l’un des plus chers au monde ; le parc électrique est vétuste et enregistre d’importantes pertes ; la taille des systèmes électriques nationaux se trouve trop réduite pour attirer l’investissement privé.

A cela s’ajoutent la situation financière précaires des opérateurs publics d’électricité ce qui constitue un lourd fardeau pour les finances publiques ; la non compétitivité de l’offre énergétiques et un marché de l’énergie de plus en plus ouvert. Environ 80 % des besoins sont couverts par la biomasse avec un impact négatif sur l’environnement. Moins de 0,1 % par les énergies renouvelables avec l’exclusion de l’hydroélectricité et la biomasse.

Encadré –2

Les facteurs qui militent en faveur des Energies renouvelables

Selon le commissaire Ajanohoun, plusieurs facteurs militent pour l’utilisation massive de l’énergie solaire sur le réseau interconnecté de certains pays de l’Uemoa dans les meilleurs délais : Il s’agit de la situation momentanément déficitaire avec une pointe de jour marquée ; le renchérissement des hydrocarbures ; le manque de fiabilité de la fourniture importée ; la complémentarité possible avec des centrales hydroélectriques à réservoir.

« Dans l’avenir et dans l’hypothèse où l’énergie solaire deviendrait une composante majeure du bouquet énergétique du secteur électrique de la zone Uemoa, se reposera la question du stockage pour obtenir de la vraie puissance garantie solaire » estime M. Ajanohoun.

Aline ASSANKPON


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