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CEDEAO / Politique économique: L’ECO, la prochaine monnaie unique pour une parité flottante

Réunis le samedi 29 juin à Abuja (Nigeria) pour la 55ème session ordinaire de la

Ph: DR-La création de la monnaie unique de la CEDEAO sonnera le glas du FCFA.

Ph: DR-La création de la monnaie unique de la CEDEAO sonnera le glas du FCFA.

Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Chefs d’Etat ont posé un acte fort d’intégration économique et régionale. L’idée de la création d’une monnaie unique qui germait depuis les années 1980 commence par prendre forme et l’objectif 2020 prévu pour cette monnaie unique a été maintenu, de même que le nom de la nouvelle monnaie : Eco.  Reste pour les quinze Etats de la région de se conformer aux critères de convergence.

(Aline ASSANKPON)

L’Eco, c’est le nom donné à la future monnaie unique de la Cedeao en remplacement du francs CFA et 2020  marquera la création de la monnaie. Les Chefs d’Etats réunis samedi dernier à Abuja (Nigeria) ont entériné ce calendrier et se sont entendus sur son nom. Selon le communiqué de la Cedeao, presque tous les chefs d’Etat étaient présents : Seuls les présidents sénégalais, Macky Sall et capverdien, Jorge Carlos de Almeida Fonseca, n’avaient pu faire le déplacement à Abuja.

Cette session ordinaire entre autres dossiers importants a vu le passage de relais entre le nigérian Muhammadu Buhari et le nigérien Mahamadou Issoufou pour la présidence de la Cedeao pour l’année à venir et le projet d’union monétaire ouest-africaine. Sur ce point, les chefs d’Etats ont entériné l’essentiel des conclusions de la réunion des ministres et gouvernements des banques centrales des 17 et 17 juin 2019 à Abidjan.

 

Reste à lever une série d’obstacles.

 

L’Eco devrait donc rentrer en vigueur en 2020 et dans les quinze (15) Etats de l’espace Cedeao. Les obstacles à lever sont nombreux : l’entrée en vigueur de cette monnaie unique sonnera le glas du franc CFA et les huit pays de l’espace UEMOA (la zone francophone)  dans lesquels cette monnaie coloniale a cours légal devront en effet l’abandonner définitivement ; Dans le même temps, les sept autres pays qui disposent leur monnaie nationale devront l’abandonner au profit de l’ECO.

 «Le sommet réaffirme l’approche graduée (pour l’adoption) de la monnaie unique en commençant par les pays qui atteignent les critères de convergence » a souligné le communiqué de presse. Parmi ceux-ci, les principaux sont la création de réserves de change couvrant au moins trois d’importations ; un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB ou encore une inflation inférieure à 10 %.

La création de la monnaie unique de la région ouest-africaine vient ainsi concrétiser le rêve des panafricaniste qui prônent l’abandon du Fcfa qualifié monnaie coloniale très rigide. Cependant, il faut se convaincre que l’adoption de la future monnaie devra faire face à de nombreux obstacles : Selon le document issu de la réunion de mi-juin à Abidjan, le modèle de la future banque fédéral et le régime de change retenu sera flexible, avec un ciblage de l’inflation globale comme cadre de politique monétaire. Par ailleurs, les pays ont jusqu’au 29 octobre pour transmettre à la Commission de la Cedeao leurs programmes pluriannuels de convergence pour la période 2020-2024.

 

La monnaie unique, sera-t-elle enfin une réalité ?

 

Selon une publication de Jeune Afrique, certains experts doutent pourtant de la capacité des Etats à respecter ces critères de convergence. Selon certains analystes, la création d’une monnaie unique apparaît comme prématurée et aurait des conséquences incertaines. « Ce serait se lancer dans le vide », considère Ndongo Samba Sylla, économiste à Dakar au sein de la fondation Rosa Luxembourg».

De son côté, Abdourahmane Sarr, ancien expert monétaire au Fmi, estime pour sa part qu’il « s’agit d’un choix politique » avec «  les conséquences à subir par les générations futures ».

« La feuille de route sera suivie. La convergence dépend des efforts que fera chaque pays pour respecter les critères. C’est un aspect essentiel et fondamental », avait pour sa part assuré Jean-Claude Brou, le président de la commission de la Cedeao.

En effet, sur les tables rondes depuis le début des années 1980, la création d’une monnaie unique dans la région ouest-africaine apparait pour certains analystes comme un véritable serpent de mer. Rappelons que cette idée de la création d’une monnaie unique remonte à la création de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en 1975. Dès le début, les pères fondateurs se sont donnés l’objectif de créer une monnaie unique. Revenue au cœur des échanges et débats à plusieurs reprises depuis 1983, cette idée a toujours été repoussée et classée aux calendes grecques. Lentement mais sûrement, elle est en train de prendre forme et deviendra une réalité dans quelques mois.

La question qui revient sur toutes les lèvres est celle-ci : Est-ce que l’échéance 2020 sera la bonne ?  Si la majorité des Chefs d’Etats et de Gouvernements a entériné cette décision samedi dernier à Abuja, on peut sans risque de se tromper affirmer que les dirigeants ouest-africains sont décidés à prendre le taureau par les cornes afin de prendre leur destin en main.

Le Nigeria, le géant de l’Est est en effet le dernier pays à rejoindre cette idée de création de la monnaie unique. Il faut dire que parmi les 350 millions d’habitants de la région, le Nigeria compte à lui seul, 190 habitants et 375 milliards de PIB sur les 685 milliards du PIB de la région en 2016 ; soit donc plus de la moitié du PIB de la région.

 

Une monnaie pour une parité flottante

 

A la question de savoir comment va fonctionner concrètement cette monnaie unique ? L’analyste économique de France 24 suggère qu’il va falloir d’abord en déterminer la valeur. Selon lui, les ministres des Finances de la Cedeao se sont mis d’accord sur le principe d’une parité flottante en fonction de l’inflation et de se fixer comme base d’autres monnaies comme l’Euro, le dollar ou le Yuan.

La Banque centrale de la monnaie sera fédérale et ses Etats devront respecter un certain nombre de critères de convergence parmi eux, un taux d’inflation annuel en dessous de 10 % dans un premier temps et 5% dans un deuxième temps ; un déficit en dessous de 3 % et une dette en dessous de 70 % du PIB. Enfin les Etats membres doivent avoir des réserves conséquences d’au moins de trois mois consécutifs d’importations.

D’aucuns pensent que ces critères de convergences vont compliquer les choses parce que les disparités entre les Etats sont très importantes. « Un exemple, quand on prend l’inflation dans la zone Uemoa où les prix évoluent à 0,8 % en 2018, dans les pays anglophones comme le Ghana et le Nigeria, l’inflation dépasse 10 % et 12 %. Donc, ces pays connaissent une pression inflationniste très forte ». « On va donc mettre en place des programmes ambitieux de convergence d’ici les cinq prochains mois. Et puis, il y a évidemment encore des détails très techniques et très politiques » préconise l’analyste de France 24.

Quelle figure, quel symbole sur les pièces et les billets, quelle imprimerie ? Autant de préoccupations qui font partie de cet analyste qui rappelle que jusque-là, le Fcfa est toujours édité en France.

Le Fcfa de la région ouest-africaine disparaîtra certes à la création de la monnaie unique mais demeurera le Fcfa de la zone CEMAC (Communauté Economique de l’Afrique  centrale) et celui des Comores qui utilise une troisième variante du CFA.

— Toutestgrace

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