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Utilisation massive des Pesticides et Fertilisants chimiques de synthèse dans l’Agriculture, l’Alimentation et les Ecosystèmes au Bénin : Le Collectif Stop Pesticide alerte l’opinion publique

Exif_JPEG_420Faire connaitre la position des Organisations de la Société civile et Organisations paysannes sur l’utilisation massive des Pesticides et Fertilisants chimique de synthèse dans l’Agriculture, l’Alimentation et les Ecosystèmes au Bénin. C’est l’objectif poursuivi par le Collectif Stop Pesticides au Bénin qui, à travers une conférence publique, jeudi 30 Août dernier au Codiam de Cotonou, balaie du revers de main, les allégations du ministre de l’Agriculture sur l’utilisation du Glyphosate au Bénin. 

(Aline ASSANKPON)

De l’avis du Collectif Stop Pesticides au Bénin, si le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), M. Gaston Dossouhui, a le mérite d’éclairer l’opinion publique sur l’utilisation du Glyphosate dans l’agriculture au Bénin, il n’en demeure pas moins qu’il a fait économie de vérité sur les dégâts que ces pesticides créent sur les cultures vivrières et surtout sur les cultures maraîchères dont la plupart est consommée en crudité et sur les écosystèmes dont l’environnement, l’eau et autres).

Fort de l’article 14 de la Charte nationale sur la Gouvernance environnementale au Bénin, les Organisations de la Société civile, les Organisations paysannes, Chercheurs, consommateurs engagés pour la sauvegarde de l’environnement, la biodiversité, la défense des droits à la terre, à l’eau, aux semences, à la sécurité alimentaire, alertent le Gouvernement, l’opinion publique nationale  et internationale  et exigent une politique agricole moins dépendante des engrais et des pesticides chimiques de synthèse.

Tout en apportant  la preuve écrite de ce que le pesticide glyphosate utilisé au Bénin dans l’agriculture est bel et bien nuisible à la santé humaine et mortelle, le président du Réseau Jinukun, René Ségbénou – appuyé de part et d’autre par  le Prof Boko Michel, le président de Synergie paysanne -  indique à l’instar des rapports fait sur l’utilisation massive des pesticides dans le monde, il ressort que ces produits  empoisonnent 5.500 enfants chaque année à travers l’eau et les aliments selon l’OMS en 2002.

La situation est moins reluisante au Bénin

Face à l’alerte mondiale, la situation au Bénin est tout aussi alarmante constate-t-il : « Il n’existe pas aujourd’hui au Bénin un village ou une ville qui échappe à la présence et à l’utilisation  massive de pesticides et ou de fertilisants chimiques de synthèse ».

« Si les performances du secteur agricole, ces dernières décennies semblent assez intéressantes, l’importation et l’utilisation massive  d’engrais et de pesticides chimiques de synthèse qui le caractérisent, inquiètent et interpellent à juste titre tous les acteurs » analyse M. Sègbénou.

Pour preuve, les études présentées révèlent que de 2001 à 2008, plus de 12 millions de litres d’insecticides ont été utilisés pour la seule culture du coton qui consomme près de 90 % du marché des insecticides (TON, 2001), et 96 % des engrais chimiques (IFDC, 2005). «D’après l’ONS et la Sonapra (2015), de 554.900 litres d’insecticides utilisés en 2008/2009, on est passé en 2014/2015 à 2.436.500 litres pour le coton sans compter les approvisionnements par les circuits informels fort développés au Bénin » souligne-t-il.

«En Avril 2018, 36.000 tonnes d’engrais chimiques de synthèse ont été importées pour le coton, 33.000 tonnes pour le maïs et autres céréales avec un milliard Fcfa de subvention d’engrais chimiques pour les fruits et légumes ; 500.000 litres de glyphosate sur un total de 900.000 litres attendus, (Killer 480 SL, pourtant classé produit cancérigène 2A et fortement contesté dans la sous-région et dans l’Union européenne » déduit le président du Réseau Jinukun.

Pour corroborer ces études, le Prof Jeanne Zoundjihékpon du Laboratoire de Génétique Ecologique du Département de Génétique et des Biotechnologiques de la Facultés des Sciences et Techniques d’ UAC a reconnu pour sa part que, découvert en 1950 et breveté 1974 (…), l’utilisation du glyphosate n’a été popularisé qu’à l’avènement du transgénique à cause de sa sélectivité vis-à-vis des cultures OGM (Organismes génétiquement modifiés) comme le soja, le maïs, le coton, etc.

« En fait, au-delà du glyphosate, il s’agit du Roundup qui contient entre autres, ce principe actif, et une étude du Prof de Biologie moléculaire de l’Université de Caen (France), Gilles Erice Seralini a prouvé qu’associé à un ingrédient qui fait coller le produit aux feuilles, le glyphosate devient encore plus toxique » confirme-t-elle.

Plusieurs études, rapports et analyses de différents auteurs révèlent également la présence de ces pesticides dans nos assiettes. Eu égard à cela, le Collectif appelle les Béninois à une analyse personnelle en vue de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ces produits tant décriés par l’opinion internationale.

La consommation des légumes bio, parfois ratatinés et perforés par des larves semble être la seule alternative face aux ravages des pesticides conseille l’un des acteurs du Collectif.

— Toutestgrace

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