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Ateliers d’information, de sensibilisation et de consultations des acteurs publics et privés sur la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) : Comment le Bénin pourrait-il tirer le meilleur parti de la ZLECAf ?

Ph/ DR-: Présidium à l'ouverture de l'atelier d'information sur l'Accord de la Zone de Libre-Echange continentale africaine (ZLECAf)

Ph/ DR-: Présidium à l’ouverture de l’atelier d’information sur l’Accord de la Zone de Libre-Echange continentale africaine (ZLECAf)

Informer, sensibiliser et discuter des implications de la Zone de Libre-Echange continentale Africaine (ZLECAf) sur l’économie béninoise. Ses enjeux et défis, ses avantages et les éléments clés d’une stratégie nationale de sa mise en œuvre pour un repositionnement de cette économie. Un atelier de consultation des acteurs  clés s’est penché sur ces différents aspects de la ZLECA ce mercredi 17 juillet 2019 à l’INFOSEC de Cotonou.

(Aline ASSANKPON)

Rappelons qu’au lendemain du lancement de la phase opérationnelle de la ZLECAf le 7 juillet 2019 à Niamey (Niger), chaque Etat signataire de cet accord, devra mettre en œuvre des stratégies économiques nationales de son opérationnalisation d’ici la date de juillet 2020. Et ceci devra se faire à travers les cinq instruments ci-après : les règles d’origine ; le portail-pays en ligne pour les offres tarifaires ; les notifications, le suivi et l’élimination des barrières non tarifaires ; le système panafricain de paiement et de règlementation numérique et l’Observatoire du Commerce africain. « En éliminant les tarifs douaniers sur le commerce intra-africain, la ZLECAf vise à augmenter le commerce régional de 15 à 25 % à moyen terme et à renforcer la croissance économique des pays africains ».

Ph/ DR-: Une vue partielle des participants

Ph/ DR-: Une vue partielle des participants

Le challenge des Etats signataires

Le rêve des dirigeants africains consiste désormais à voir augmenter leur pouvoir de négociation en matière du commerce mondial. Mais pour  y arriver chaque Etat devra relever un certain nombre de défis opérationnels (Infrastructures, Contrôles des frontières, Corruption, Libéralisation du commerce pour les produits sensibles, Commerce dans les zones de conflits, etc.) afin de tirer profit à court et long terme de cette nouvelle zone de libre‑échange.

Chaque Etat devra fournir d’énormes efforts et des actions concrètes pour tirer le meilleur parti de la ZLECAf. D’où la nécessité d’organiser des ateliers de sensibilisation de tous les acteurs clés. «C’est l’occasion de discuter des implications de cet Accord sur l’économie béninoise et des éléments clés d’une stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAF pour un repositionnement stratégique de cette économie » indique le chef Section Initiatives Sous Régionales et Economiste de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, Ochozias GBAGUIDI, à l’ouverture de l’atelier  de Cotonou.

«La ZLECAf vise l’élimination progressive des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce intra-africain. Si elle est mise en œuvre avec succès, la ZLECAf devrait créer un marché continental unique et intégré de plus de 1,2 milliard de personnes et un produit intérieur brut supérieur à 2 500 milliards de Dollars américain. Elle devrait permettre aussi aux acteurs du secteur informel, par exemple les femmes commerçantes, de découvrir les bienfaits d’une migration vers le secteur formel » a souligné l’Expert de la CEA.

L’accord couvre aussi bien le commerce des biens et services que les investissements, les droits de propriété intellectuelle et les questions liées à la concurrence. Ces éléments font de la ZLECAf un accord au-delà d’une zone de libre-échanges traditionnelle qui, en général, se concentre sur l’élimination des droits de douane et des quotas sur le commerce des marchandises. La ZLECAf est accompagnée d’autres initiatives complémentaires à l’échelle continentale, notamment le Protocole sur la libre circulation des personnes et le Marché Unique du Transport Aérien.

Au nombre d’avantages, on retient entre autres : le développement des chaînes de valeur régionales pour une meilleure insertion de ces économies au sein des marchés mondiaux ; la prévention d’un mécanisme visant à éliminer les barrières non tarifaires, notamment les procédures douanières ou les formalités administratives excessives qui entravent les activités commerciales et la reconnaissance mutuelle des normes, l’octroi de licences et la certification des fournisseurs de services.

Ph/ DR-: M. Rodolphe Adjaïgbé, le Négociateur en chef de la ZLECAf pour le Bénin

Ph/ DR-: M. Rodolphe Adjaïgbé, le Négociateur en chef de la ZLECAf pour le Bénin

Enjeux, défis et impacts pour le Bénin

Les experts à cet atelier  s’accordent à affirmer  que la ZLECAf des avantages et produirait des effets incontestables pour le Bénin. « Si les exportations de l’Afrique de l’Ouest vers l’Afrique augmenteraient entre 8,3% et 11,9%; celles du Bénin vers l’Afrique devrait connaitre une hausse de 11,4% & 17,8% ».

La ZLECAf pourrait entraîner quelques coûts d’ajustement à court terme, tels que la baisse des revenus tarifaires liés au commerce intra-africain. A cet effet, il est indispensable pour les responsables sectoriels d’anticiper  sur les défis potentiels et concevoir des mesures d’atténuation au moyen de stratégies efficaces. Il s’agira de déterminer les secteurs où le Bénin dispose des avantages comparatifs pour la diversification et le développement des chaînes de valeur, autant de biens que de services ce qui pourra permettre au pays d’exploiter les opportunités de la ZLECAf.

En invitant le Bénin à ratifier l’Accord après sa signature, M. Simon Mevel, Expert de la CEA rassure les autorités béninoises  pour  l’appui continu de son institution. Selon lui,  « les économies relativement petites, comme le Bénin, ne devraient pas craindre les reformes de la ZLECAf.  Les PMAs sont censés obtenir les parts d’exportations de produits industriels les plus élevées dans le commerce intra-africain ».

Ph: DR: M. Simon Mervel, l'Expert de la CEA

Ph: DR: M. Simon Mervel, l’Expert de la CEA

Pour une mise en œuvre efficace de la ZLECAf, Mevel lance le défi dans les deux camps  (secteurs public et privé) : l’Etat doit investir dans l’Education des jeunes et le développement des compétences pour une offre d’emploi adéquate dans les secteurs industriels ; le secteur privé quant à lui, doit être au cœur du processus : « Car c’est le secteur privé qui commerce, innove et créé le plus d’emplois ». Au niveau régional, les Etat membres de la CEDEAO doivent soumettre des offres communes d’accès au marché afin de préserver l’intégrité de l’Union douanière conseille-t-il.

Bien outillés, les acteurs clés (Représentants du ministère du commerce, du secteur privé, des centrales syndicales et des médias) ont apprécié l’instauration de ce dialogue continu qui leur offre la possibilité d’exprimer leurs priorités. Au total, six thématiques en lien avec la ZLECAf sont développées par d’éminents experts nationaux et internationaux. Successivement, Rodolphe Adjaïgbé (Conseiller Technique à l’Intégration du MIC/ Négociateur en Chef du Bénin pour la ZLECAf) reviendra sur les aspects de l’Accord et des négociations ; le Capitaine des Douanes, Djafalou Boro El Hadj Amadou et l’Expert de la Commission de la Cedeao, Antoine Agbadomè ont détaillé « Les Règles d’origine de la ZLECAf et les Offres d’accès au marché de la Cedeao ». L’expert de la CEA, Mevel Simon, présentera les « Effets attendus de la mise en œuvre de la ZLECAf sur l’économie béninoise » et les deux dames de la confrérie, Mmes Alice Kèkè Gbaguidi et Abriel Voglozin Hinson, Directrice du Commerce Extérieur ont développé le fonctionnement du « Commerce des services et l’Observatoire africain du Commerce ».

Conjointement organisé par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et le ministère du Commerce avec l’appui financier de l’Union Européenne, l’atelier d’information, de sensibilisation et de consultation offre désormais une plateforme de vulgarisation et d’échanges  sur la ZLECAf entre diverses parties prenantes. La même activité va se poursuivre à l’intérieur du pays dans les villes de Lokossa, d’Abomey, de Parakou et de Porto-Novo.

— Toutestgrace

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