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Formation et Emploi au Bénin : Enjeux et Défis : L’employabilité des jeunes pour influencer positivement la lutte contre le chômage

Ph: DR-: Promouvoir un enseignement de qualité, accessible à la jeunesse en quête d’emploi,  afin de répondre aux besoins des entreprises de toute taille.

Ph: DR-: Promouvoir un enseignement de qualité, accessible à la jeunesse en quête d’emploi, afin de répondre aux besoins des entreprises de toute taille.

Pendant que des entreprises sont à la recherche du personnel qualifié, les diplômés grossissent chaque année les rangs des chômeurs. Un paradoxe qui dérange et mérite d’être analysée profondément. Renforcer l’employabilité des jeunes pour influencer positivement la lutte contre le chômage, c’est le défi que l’actuel gouvernement entend relever à travers l’adéquation Formation et Emploi au Bénin. Objectif, densifier le tissu productif à travers la rénovation du système éducatif pour une formation intégrale de l’offre utile et apte pour les besoins du marché de travail. 

Aline ASSANKPON

 L’adéquation Formation et Emploi, vue sous le prisme des enjeux et défis, est un thème d’actualité qui constitue une grande préoccupation pour  le système éducatif béninois ; au regard des impacts négatifs, de la crise de l’emploi sur la population juvénile et le  développement du pays.

Selon les données de l’analyse économique de l’INSAE (Institut national des Statistiques et d’Analyses économique), 20.000 jeunes provenant des universités nationales (publiques et privées) alimentent chaque année l’effectif des demandeurs d’emplois.  Pour  la plupart, il s’agit des produits qui peinent à être exploités sur le marché du travail. Parce que ne répondant pas aux besoins réels du marché.

En quête de personnel qualifié pour la dynamique du Secteur privé, le constat est ahurissant : Les initiatives privées dans l’enseignement restent limitées. L’enseignement supérieur y est dominé par des formations généralistes, peu adaptées au marché du travail ; alors que des entreprises cherchent du personnel qualifié, les diplômés grossissent chaque année les rangs des chômeurs. Des besoins en formation non satisfaits qualitativement et quantitativement dans la majorité des cas. Une situation qui dérange et mérite d’être analysée profondément. A cet effet, il urge d’attaquer le mal à la racine et de revoir la politique du système éducatif au Bénin.

Selon l’étude EMICOV-2015 (l’Enquête modulaire intégrée sur les conditions de vie des ménages), 61 % de la population béninoise n’ont jamais mis pied à l’école et reste une population très peu qualifiée avec un marché d’emploi largement dominé par le secteur informel et caractérisé par un chômage très élevé des jeunes.

A cela, s’ajoute l’employabilité des jeunes diplômés de l’Enseignement supérieur qui sont les plus touchés par le chômage. Lorsqu’on sait qu’environ 40 % de ces jeunes en activité sont en situation de sous-emplois, selon les chiffres de l’INSAE en 2015, l’on est bien en droit de s’interroger sur l’adéquation entre l’offre de formation et la demande sur le marché de l’emploi.

Le système éducatif béninois pointé du doigt.

De l’avis de certains experts, les qualifications des demandeurs d’emploi, reflètent en grande partie les caractéristiques du système éducatif national. Jusqu’à un passé récent, les choix de formation étaient faits au hasard et la formation n’était pas du tout axée sur les besoins de l’Etat.

« En effet, 79,3 % des étudiants sont inscrits dans les facultés d’enseignement général au détriment des facultés écoles de sciences et techniques. Dans le secteur privé 75 % des offres de formation se situent dans les domaines tertiaires c’est-à-dire (Secrétariat, gestion, comptabilité, commerce, etc). Cette situation amène les produits sortis de l’Université à opter majoritairement pour les activités de distribution de richesse. (…) Et plus de 80 % des demandeurs d’emplois, optent pour un emploi salarié ; ce qui montre la nécessité de promouvoir l’esprit entrepreneurial chez les demandeurs d’emplois » analyse M. Aristide Médénou, Directeur général des affaires économiques au Ministère de l’Economie et des Finances.

Ce tableau peu reluisant montre bien l’objectif du Gouvernement du Nouveau départ, qui veut densifier le tissu productif à travers une rénovation du système éducatif. Une préoccupation qui est désormais prise en charge par les ministères de tutelle et les divers ordres d’enseignement a confirmé M. Bienvenu Koudjo, Directeur du Cabinet du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. « L’adéquation entre la formation et l’emploi est un défi permanent. Et depuis l’avènement du Gouvernement du Nouveau départ, ce défi est devenu un souci parce qu’il est doit être relevé. Des initiatives sont en train d’être prises pour une formation adéquate pour le marché de l’emploi ».

Désormais, le système éducatif doit contribuer à la formation intégrale de l’offre afin de le rendre utile et apte à œuvrer à la consommation de son niveau. A cette fin, les universités et écoles de formation ont vocation à donner les compétences techniques et professionnelles nécessaires pour renforcer l’employabilité des jeunes béninois en quête du travail sur le marché.

« Le taux de chômage cumul à 16 % dans la tranche des jeunes de 15 à 34 ans, diplômés de l’enseignement supérieur pendant que la moyenne nationale du taux de chômage n’est que de 2,3% selon les résultats de l’EMICOV-2015. Des résultats qui exigent une nouvelle approche pour le système éducatif au regard surtout de la volonté du gouvernement d’engager la transformation structurelle de l’économie béninoise » a souligné M. Servais Adjovi, ancien Directeur du Cabinet du Ministre de l’Economie et des Finances.

« A cet effet, les curricula de formation doivent non seulement être adaptés au besoin de l’économie mais aussi, avoir accès au besoin futur en tenant compte des secteurs retenus dans le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) que sont l’énergie, les infrastructures, le tourisme, l’économie numérique, l’agriculture et l’économie du savoir ».

Le défi de l’employabilité et de l’accès à un emploi décent et stable.

Le besoin acéré  de personnels qualifiés dans plusieurs domaines d’activité surtout dans le tertiaire au Bénin, justifie bien l’analyse du Chef de l’Etat, Patrice Talon qui – juste au lendemain de sa prise de fonction – qualifiait le pays  comme un désert de compétences. Une vérité certaine qui tranche nettement avec la situation  des jeunes diplômés où actuellement des compétences sont importées  au pays pour  des travaux  techniques pour lesquels les Béninois devraient prioritairement être recrutés.

Selon la Banque africaine de développement (BAD), la croissance économique en Afrique reste insuffisante pour réduire le chômage et la pauvreté. Il urge alors de promouvoir un enseignement de qualité, accessible à la jeunesse en quête d’emploi,  afin de répondre aux besoins des entreprises de toute taille.

De l’avis d’un expert très avertit, c’est un immense challenge à relever en commençant d’abord pour une étude  de l’environnement de travail  afin d’identifier les secteurs dans lesquels l’investissement aura le plus d’impact. Il s’agit désormais de focaliser plus l’attention sur la formation professionnelle au détriment des cycles d’études primaires, secondaires et universitaires sans destination précise désignés l’Enseignement général.

Quatre filières au programme de l’employabilité des jeunes

Au regard de cette problématique, diverses réformes sont entreprises et mises en œuvre dans le système éducatif par le Gouvernement qui  mettent désormais l’accent sur l’employabilité des jeunes à travers l’insertion de quatre filières types, techniques et professionnelles que sont: les  métiers de bois, de l’agriculture, du tourisme et de la mécanique auto pour des formations de courte durée de deux ans.

Une initiative  qui vise non seulement à combler les besoins existants et à peine satisfaits ; mais surtout elle influencera positivement la lutte contre le chômage.  L’initiative est en avec le modèle unique inventé au Bénin : le Projet « Sèmè-City », une plateforme où se croisent et se rencontrent des expertises de formation et de l’Entreprenariat dans le secteur de l’éducation. L’autre spécificité de la réforme du système éducatif, c’est faire la promotion de tout emploi et surtout de l’entreprenariat.

— Toutestgrace

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