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Théâtre Fora / Dialogue communautaire sur l’accès des femmes à la terre au Bénin: « Mobilisons-nous pour soutenir l’accès sécurisé des femmes aux terres ».

Ph: DR-: Théâtre fora, mise en scène du dialogue communautaire dans l'arrondissement de Lanta-Cogbé

Ph: DR-: Théâtre fora, mise en scène du dialogue communautaire dans l’arrondissement de Lanta-Cogbé

Le Centre Afrika Obota (CAO) en collaboration avec la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) a initié un dialogue communautaire à travers un théâtre forum  sur la problématique de l’accès des femmes à la terre au Bénin. Sillonnant cinq communes cibles du département du Zou (Zagnanado, Ouinhi, Covè, Za-kpota et Djidja), du 11 au 15 Février 2019, l’équipe de sensibilisation a visité l’Arrondissement de Lanta-Cogbé à Covè ce mercredi. L’objectif  de cette activité consiste à amener les femmes leaders des groupements féminins, les hommes (élus et autorités locales) à s’approprier du contenu des nouvelles dispositions qui favorisent l’accès des femmes à la terre pour une autonomisation financière.

(Par Aline ASSANKPON)

Après Gbanamè à Zangnanado, Gnaly à Ouinhi, l’équipe de sensibilisation a mis le cap sur ce mercredi 12 Février sur  l’arrondissement de Lanta-Cogbé dans la commune de Covè. Un théâtre fora mis en scène à travers un dialogue communautaire entre femmes leaders et quelques hommes de la localité  a planté le décor annonçant ainsi le thème central de la séance : la problématique des droits d’accès des femmes à la terre en milieu rural, les enjeux du développement et les nouvelles dispositions juridiques mises en application au Bénin.

Ph/ DR-: Les femmes de Lanta-Cogbé

Ph/ DR-: Les femmes de Lanta-Cogbé

Développant sa présentation, Mme Sènami Santa Merveille  Ayihounton de la CAO a apporté de réponse à la préoccupation selon laquelle  « Pourquoi la femme doit-elle avoir accès aux terres rurales ? ». L’administrateur de la CAO-Bénin, M. Pascal Didier Zinsou a quant à lui, entretenu  l’assistance sur : « Les  dispositions juridiques et institutionnelles relatives aux droits fonciers et la sécurisation foncière au Bénin ».

Du message véhiculé par ce dialogue communautaire, il ressort que les études réalisées en 2016 par la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) dans les départements de l’Atlantique et du Littoral, seulement 2% de femmes accèdent à la terre par héritage ; 15% de femmes arrivent à acheter la terre; 34% de femmes louent la terre ; 47% l’empruntent et 5% font recours au métayage en matière d’accès des femmes à la terre. Alors qu’elles-mêmes sont conscientes du fait qu’elles sont plus nombreuses que les hommes et représentent le socle des ménages.

Ph: DR-: Mise en scène et participants

Ph: DR-: Mise en scène et participants

Heureusement que des dispositions juridiques salvatrices existent pour encadrer les dérives orchestrées par la pratique traditionnelle en matière des droits d’accès à la terre.  Il s’agit notamment de la Constitution béninoise qui prévoit les mêmes droits aux femmes et aux hommes en ces articles 22 et 26 ; le Code des Personnes et de la Famille en ses (articles 630, 632, 633 et 634) dispose que la femme hérite de ses parents défunts exactement comme l’homme et enfin le Code foncier et domanial qui stipule en ses articles  que les femmes doivent aussi être propriétaires de terres comme les hommes.

Ce code va plus loin en stipulant que toutes les opérations qui concernent les terres à savoir l’achat, la location, le don, l’emprunt et même l’héritage doivent se faire de façon sécurisée pour que les femmes n’aient plus de problèmes dans ce domaine. L’accent est surtout mis sur le lien entre la réduction de l’écart hommes et femmes en matière de productivité agricole et la sécurité alimentaire qui à son tour permet d’accélérer la croissance et le développement d’une localité.

La présente séance de sensibilisation et de vulgarisation consiste à encourager le dialogue communautaire sur la problématique de l’accès des femmes à la terre en milieu rural afin de trouver avec la communauté rurale (elle-même) des solutions durables pour endiguer le phénomène déshéritant.

Ph: DR-: Le Chef d’Arrondissement de Lanta-Cogbé, Jacques Tossa Tossou, entouré du chef de village Lanta-Adja, Danon Athanase (à gauche) et du chef du Village de Lanta-Aga, Loukouya Rémi (à droite).

Ph: DR-: Le Chef d’Arrondissement de Lanta-Cogbé, Jacques Tossa Tossou, entouré du chef de village Lanta-Adja, Danon Athanase (à gauche) et du chef du Village de Lanta-Aga, Loukouya Rémi (à droite).

A cet effet, leaders traditionnels, chefs des collectivités, élus locaux (chefs d’arrondissements,  et de villages),  femmes leaders, responsables de groupement féminin, agricultrices et autres ont appréhendé la problématique de l’accès des femmes à la terre et aux ressources naturelles. De ce fait, bon nombre d’entre eux se sont engagés à faire respecter les droits des femmes en matière foncière à travers des initiatives concrètes ; certains, par des témoignages qui illustrent une implication effective dans la mise en œuvre des nouvelles dispositions légales.

Les femmes sont également invitées à soutenir massivement les candidatures féminines lors des prochaines élections législatives et communales. Car selon les jeunes comédiens, seules les femmes élues dans les instances de prise de décision pourront défendre les droits des femmes. Le cri de ralliement de ce dialogue communautaire est : « Mobilisons-nous pour soutenir l’accès sécurisé des femmes aux terres ».

— Toutestgrace

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