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Théâtres Fora dans les communes de Zagnanado, Covè, Ouinhi et Zogbodomey sur l’Accès des femmes aux ressources naturelles en milieu rural : Les impressions des participants de Bamè.

Ph: DR-: Marc Kinnayi -Conseiller pédagogique à la retraite

Ph: DR-: Marc Kinnayi -Conseiller pédagogique à la retraite

Marc Kinnayi, Conseiller pédagogique à la retraite : Notre constitution prône l’égalité entre l’homme et la femme et c’était pareil durant la période révolutionnaire avec la loi fondamentale et les femmes étaient invitées à faire les mêmes travaux que les hommes. Mais dans la pratique, on n’aperçoit véritablement pas  l’égalité entre l’homme et la femme. Ce théâtre illustre bien que l’homme et la femme ont les mêmes droits surtout en matière de la propriété foncière. Je crois qu’elle vient à point nommé et permettra à tout le monde (personnes âgées ou jeunes) d’être informé sur ces textes et lois et surtout, il va falloir les mettre en application. Mais, il faut reconnaitre que tout dépend en grande partie des femmes, elles-mêmes qui, souvent ont peur dès lors qu’elles subissent un peu de menace ; elles ignorent qu’elles ont la possibilité d’aller se plaindre aux autorités locales. Il y a également des juristes qui peuvent les aider. Ici à Bamè, les conflits domaniaux sont légions et les femmes sont pour la plupart dépossédées des biens qui devraient leur revenir de droit. On observe cela partout ailleurs. Donc, nous avons compris la leçon à travers ce sketch que le testament laissé par le défunt est un acte juridique qu’il faut respecter.

Ph: DR-: Le Roi Tosso d’Aïzè, Adéwalé Omonluyo apprécie l'initiative de la sensibilisation

Ph: DR-: Le Roi Tosso d’Aïzè, Adéwalé Omonluyo apprécie l’initiative de la sensibilisation

Roi Tosso d’Aïzè, Adéwalé Omonluyo : Intronisé depuis le 15 Avril 2017, ce roi n’a plus franchir le portail de sa concession selon la tradition ancestrale. Selon  lui, tous les rois n’ont pas la possibilité de le voir, quand ils viennent le voir, il reste dans l’antichambre pour échanger avec eux. Ils ne doivent se voir, dès qu’ils se voient, l’un d’entre les deux doit mourir. « je ne sors pas parce que je suis assis sur quelque chose. Au départ quand on a voulu que je prenne ce trône, j’ai pris la fuite. Je fuyais j’étais allé m’installer à Canan. Mais la nuit quand tout le monde dort, moi je ne retrouve pas le sommeil. Et je ne saurais m’expliquer pourquoi on m’a choisi comme roi, je porte ce nom, pourquoi c’est moi qui devrait prendre le trône de mon feu père ». Ce palais est celui du Roi d’Adjahossou Aïzè et je remplace le Roi Awuidji d’Aïzè. En tant que Roi, j’estime que c’est normal qu’on aide les femmes à réussir, car lors des funérailles, ce sont les femmes que nous voyons et elles souffrent plus que les hommes. Depuis un moment, nous suivons le même message sur les radios : il faut permettre à nos enfants filles d’hériter les terres de leur parent défunt. Ce n’est que la justice qui est faite. Moi, je sais que la fille qui me considère comme père, je dois forcément lui offrir quelque chose à part et mes enfants garçons doivent savoir que telle chose revient à mes enfants filles pour que demain, ils ne discutent plus ses biens avec elles. Mais je tiens à ce que mes filles soient de grandes prêtresses qui prient et qui veillent sur la famille ; ainsi elles aussi ne diront plus qu’elles n’ont rien reçu de leur feu père.

 

Ph: DR-: Fatchina Tayé, cultivatrice, transformatrice des produits agricoles (gari, huile) à Aïzè

Ph: DR-: Fatchina Tayé, cultivatrice, transformatrice des produits agricoles (gari, huile) à Aïzè

Fatchina Tayé, cultivatrice, transformatrice des produits agricoles (gari, huile) à Aïzè : L’information que vous nous apportez ce jour est très intéressante, la femme va désormais hériter les terres de son feu père, c’est une très bonne chose et que cela tombe bien dans les oreilles de toutes les femmes. Mais pour réussir cet exploit, c’est vous qui allez nous soutenir dans cette démarche ; on n’entend souvent cela sur les ondes de la radio. Mais jusque-là nous n’avons  encore vu concrètement les femmes de chez nous qui ont pu bénéficier de l’héritage de leur  parent. Nous voulons  d’abord un exemple de ce genre : une femme qui a pu réussir à obtenir l’héritage de son père et qui vit en paix. Dès que nous verrons cela, nous pouvons nous dire que la chose est possible réellement. Vous avez bien fait d’inviter les hommes d’Aïzè aussi, ils sont là et ils sont informés de ce changement qui arrive. Car nous les femmes d’ici, représentons rien à leurs yeux, nous n’avons aucun droit.  Et pourtant au moment des funérailles, nous cotisons, c’est nous qui préparons les repas, mais quand arrive le temps des partages des biens, nous sommes mises à l’écart. Nous avons  vraiment besoin de vote soutien pour tout au moins, bénéficier d’une parcelle des biens de nos parents, ainsi on pourra l’exploiter pour nos activités agricoles, construire ou la vendre. Cela va participer à notre épanouissement, à la sécurité alimentaire ; puisque nous aurons plus de moyens financiers pour investir dans nos activités de transformation de produits agricoles.

Exif_JPEG_420Hodonou Colette, cultivatrice à Bamè : La compréhension que j’ai de cette séance d’information est que la richesse frappe à la porte des femmes puisque désormais nous avons le droit d’hériter les terres de nos parents. Avant, on n’avait pas cette compréhension et nous laissons tout à nos frères qui en bénéficient seuls. Et nous avions peur de réclamer quoi que ce soit, désormais, il n’y a plus de peur, ni de doute. Mais ce n’est pas pour cette raison que les femmes ne vont plus respecter leurs époux parce qu’elles sont détentrices des terres. Nous avons également le droit de vendre les terres qui nous reviennent en héritage pour réinvestir l’argent dans l’acquisition d’autres terres ou dans des activités génératrices de revenus.

Exif_JPEG_420Adoko Diane, opératrice de saisie en chômage : Ma première préoccupation est celle-ci : j’étais encore très jeune quand j’ai perdu mes deux parents, donc je n’ai pas eu l’opportunité de les enterrer et de participer à leurs funérailles qui sont restées à la charge de mes oncles. Est-ce à dire que je n’ai plus droit d’hériter les terres de mes parents ? Ce qui veut dire que les biens de mes parents reviennent à la famille et moi, je n’ai plus droit à rien ? Aujourd’hui, je suis assez grande pour bénéficier les biens laissés par mes parents, mais personne n’a voulu me dire voici ou voilà les biens et ressources que tes parents défunts t’ont laissé. Même quand je demande, on ne me répond pas alors que j’entends bien que mes parents avaient des étendues de terres. J’apprécie fondamentalement cette séance d’information qui est souvent rare ; ces lois sont votées il y a quelques années mais elles ne sont pas mises en application dans nos localités, surtout nous  qui sommes illettrées, subissons différentes sortes  de discriminations ; nous n’avons aucun droit sur les biens laissés par nos parents défunts. Et nous n’avons personnes pour nous soutenir ou pour nous appuyer  pour obtenir ce qui nous revient de droit. Même vous réussissez à obtenir  éventuellement  d’un lopin de terre, ils le revendent à votre insu. Chez nous ici, à Agonli, ils disent que la femme ne peut prétendre à un héritage chez son époux, ni chez son père. Dans le cas contraire, vous allez subir des sortilèges de toutes parts et vous mourez, c’est la pratique ici à Agonli.

Exif_JPEG_420Tella Souliatou, couturière à Aïzè : Je remercie les organisateurs de cette séance d’information qui sont venus soutenir  nous les orphelins et orphelines. Il y a plus de 17 ans déjà que mon père est décédé et a laissé beaucoup de biens, des terres, des palmeraies, des bas-fonds de poissons et autres. Mes grands-frères ont sacrifié à la tradition en faisant tous les cérémonies relatives aux funérailles chez nous. Mais jusqu’à ce jour, nos oncles n’ont voulu nous donner quoi que ce soit des biens de notre feu père. Je plaide ici pour mes frères puisqu’ils ont droit à l’héritage de leur père. Nos oncles ne veulent rien céder, c’est pourquoi je vous supplie d’aller dans mon village à Dassoun (Ouinhi) pour leur apporter la même information peut-être que cela pourrait changer quelque chose.

 

Exif_JPEG_420Assomon D. Calixte, cultivateur et délégué du quartier Zoungoudo dans l’arrondissement de Houèko à Covè : Ce sketch est une très bonne chose et nous devons remercier les organisateurs, la Konrad Adenauer Stiftung et le Centre Afrika Obota. Nous les accompagnons avec nos prières, toutes leurs démarches seront couronnées de succès. Ensuite, ce que j’ai entendu aujourd’hui m’amène à attirer l’attention de tout le monde (hommes et femmes), il faut finir avec les actes discriminatoires qui empêchent les femmes d’avoir accès à la terre et surtout  d’hériter les terres de leurs parents. Il faut leur remettre ce qui leur revient pour éviter des problèmes à l’avenir.  Nous devons réfléchir et comprendre que désormais les choses changent et la femme a le droit d’hériter les biens et ressources naturelles de ses parents. De notre vivant, nous pouvons aussi donner des terres à nos enfants filles.

Exif_JPEG_420Jeanne Dumavo, revendeuse de céréales : Cette association nous a déjà rendu visite une première fois l’année dernière au siège de l’arrondissement de Houèko et nous avons toutes pris part à travers diverses contributions et témoignages. Je confirme que les femmes ont effectivement des droits d’accès à la terre. Lors des funérailles de nos parents, en tant que femme, tu dois contribuer au même titre que l’homme. Si l’homme apporte une contribution de 100.000 F, la femme doit apporter le même montant ou tout au moins 60.000 F ; ainsi tu pourras prétendre aux mêmes droits que tes frères. Et dès lors que vous suivez la procédure nécessaire, vous allez bénéficier et jouir de vos droits. Actuellement, je connais des femmes qui ont reçu leur part d’héritage en terre et en jouissent pleinement. Donc, j’invite mes sœurs à ne pas avoir peur.

 Daada Marie (Bamè) : J’apprécie beaucoup cette séance car dès lors que nous perdons notre papa, nos oncles s’accaparent de tous ses biens, surtout les terres. Ils disent que nous les femmes n’avons aucun droit d’hériter la terre de nos défunts pères parce qu’en matière de cotisation pour les funérailles, nous ne cotisons pas à hauteur des hommes, or c’est un prétexte, il arrive des moments où nous cotisons même plus que les hommes. Maintenant que les choses changent et que les femmes peuvent hériter les terres de leur parent, nous sollicitons votre aide pour nous soutenir dans ces démarches.

 

Exif_JPEG_420Kèmavo Dangbénon : Cette séance est la bienvenue. Si tout le monde avait la compréhension sur ce que nous devons faire, je crois que les pratiques dénoncées tout à l’heure ne rentreront pas dans nos habitudes. En principe, la femme que tu as épousée doit hériter de tes biens, de même que tes enfants, même ceux qui sont nés d’un autre lit, ils n’ont pas demandé à naître.  Nous devons prendre soins de tous tes enfants. J’ai retenu que pour éviter tous ces problèmes d’héritage, il convient de faire son testament  avant sa mort ou procéder au partage de ses biens à ses enfants. Là, il n’y aura plus de problème.

 

Exif_JPEG_420Béatrice Kèmavo, Cultivatrice à Bamè : Je voudrais inviter mes sœurs qui ont des coépouses, qui souffrent et qui sont confrontées aux différents problèmes que l’heure est venue de vous réveiller.  Vous devriez prendre la parole pour vous confier afin de bénéficier des conseils. Mais si vous ne dites rien et que vous vous taisez, c’est vous qui perdez, profitez de cette séance pour étaler vos difficultés en matière d’accès à la terre.

 

Exif_JPEG_420Gandaho Danonmissou, cultivateur et pêcheur à Bamè : Je remercie les animateurs pour les éclaircissements qu’ils nous apportent sur  ces lois. C’est le ventre qui donne naissance à un enfant garçon qui donne également naissance à un enfant fille. Il y a des gens qui donnent naissance à des filles sans avoir la chance d’avoir un garçon et pourtant  ces filles dirigent les biens laissés par leurs parents. Désormais nous devons comprendre que l’homme et la femme ont les mêmes droits et doivent hériter de la même manière.

 

 

 

Dah Houéssènon Hounhouèdé : Je remercie tous ceux qui ont pris l’initiative de cette séance de

Dah Houéssènon Hounhouèdé, Chef féticheur

Dah Houéssènon Hounhouèdé, Chef féticheurzvulgarisation et d’information.  Jadis quand nos parents n’avaient pas d’enfant garçon, ils attribuaient ne serait-ce qu’un bout de terre à leur fille pour quelle puisse rester dans la concession familiale pour l’entretenir. Au fil des temps, toutes ses pratiques ont disparu et on écarte d’office la femme du partage des biens de ses parents. Alors que nous devons leur donner ne serait-ce que des lopins de terres pour qu’elle puisse les entretenir et perpétuer le nom de la famille. Les animateurs ont mis l’accent sur le comportement des femmes qui ne doivent pas manquer de respect à leurs parents et à leurs époux ; si elles doivent réclamer leur droit, quelles le fassent sous forme de négociation.

Kènali Dossi, revendeuse à Houèko  : Ce théâtre m’a beaucoup inspiré et relate l’épanouissement que les femmes peuvent désormais tirer des Exif_JPEG_420droits d’accès des femmes à la terre. A l’instar des hommes, les femmes investissent aussi dans des dépenses familiales et l’Etat a voulu protéger les femmes et leur faciliter la tâche en votant des lois qui favorisent l’accès de la propriété foncière aux femmes. Désormais, nous avons compris que la femme peut hériter les biens de ses parents ; ce n’était pas le cas chez nous.

 

Exif_JPEG_420Agossa Colette, cultivatrice et vendeuse de bois de chauffage à Bamè : J’ai beaucoup aimé cette séance de vulgarisation car nous avons ici des sages et notables qui savent désormais que les femmes doivent hériter les terres de leur parent ou de leur époux défunt afin de nourrir leurs enfants et de s’occuper de leur éducation. Il faut que les hommes cessent alors de chasser les veuves et de s’accaparer des biens de leur défunt mari. C’est ce qui fait que les femmes ont peur et fuient le foyer conjugal dès qu’elles perdent leurs époux.

Pour ce qui me concerne, mon père a laissé des terres occupées par nos oncles et mon frère qui, actuellement est Enseignant  mène  des démarches pour les récupérer. L’information reçue, me permet de me joindre à lui, de l’encourager à récupérer ces terres, puisque je vais en bénéficier  aussi. Je lui dirai que les choses ont changé, la femme a aussi le droit d’hériter les terres de son père même si le partage n’est pas à part égale, je me contenterai de deux parcelles au moins.

 

 

Hountchonou Elisabeth, coiffeuse à Aïzè : Avant, la femme n’a droit à aucun héritage, mais nous sommes en train de constater que la femme peut aussi hériter  la terre de son père défunt, c’est le message que je retiens de ce sketch. J’apprécie beaucoup cela parce que chez nous ici, aucune femme ne peut aller voir son père, ni ses oncles pour réclamer quoi que ce soit ; mais aujourd’hui on est en train de nous montrer  que cela est possible et je pense que si la femme se lève maintenant pour réclamer ses droits, elle va bénéficier le soutien des autorités, de ce fait, il y a de l’évolution.

 

Dah Hinvinon, chef féticheur de Bamè

Dah Hinvinon, chef féticheur de Bamè

Dah Hinvinon, chef féticheur de Bamè : Le sketch que nous venons de suivre est très illustratif, c’est vrai que, autrefois la femme n’a aucun droit d’accès à la terre. Mais aujourd’hui, nous avons compris que les nouvelles lois donnent le droit d’accès aux femmes. Et elles peuvent hériter comme les hommes. Je remercie Africa Obota pour cette activité. Car il faut l’avouer, c’est la paresse qui fait que certains hommes s’accaparent des terres de leurs sœurs après avoir vendu les leurs. Ces pratiques sont à décourager. Nous allons prendre nos dispositions pour faire des testaments pour que nos enfants filles puissent hériter de nos terres ou les  leur donner déjà de notre vivant puisque cela est bien possible. J’invite les animateurs à redoubler davantage d’efforts que cette séance de sensibilisation soit dupliquées dans les villages environnants pour que la pratique de dépossession de terres cesse. Mais je vous rassure d’une chose, les gens mettront du temps pour comprendre ce changement chez nous.

 

Houénon Léa, vendeuse du riz : De cette séance, j’ai surtout retenue que la femme doit hériter les biens et ressources naturelles de ses parents désormais et je sais que je vais hériter  à part égale les terres mon père. Avant, cela n’était pas possible. Maintenant, je vais informer mon grand frère et même mon père puisqu’il est en vie ; c’est un intellectuel et je suppose qu’il a bien l’information. Je vais lui dire de prendre les dispositions nécessaires pour que demain je puisse avoir ma part.

 

Exif_JPEG_420Daga Lazare cultivateur à Avlamè : Je voudrais savoir si l’Etat qui a pris l’initiative de ces lois l’accompagne réellement ? Parce que nous sommes ici dans un village et on ne peut vouloir mettre en pratique tout ce qu’on voit en Europe. Si la femme a droit à l’héritage de son feu père, elle est en train de priver ainsi ses frères alors que dans la famille de son époux, elle ira encore hériter là-bas. Mais si la loi dit qu’on lui donne un peu de terre, c’est compréhensible plutôt que d’aller au partage à part égale. N’oubliez pas que cela va entraîner d’autres luttes.  Et si elle obtenait la terre et n’y reste pas ; c’est fini.

Vous devez aller dire aux autorités que cette loi va entraîner beaucoup de choses, lorsque les femmes vont se soulever pour réclamer quoi que ce soit. Car chez nous la femme n’a aucun droit sur la terre, on peut à la rigueur lui offrir juste quelque chose mais elle  ne peut prétendre hériter au même titre les hommes.  Allez dire aux autorités que nous ne pouvons appliquer ces lois ici, sinon cela va coûter cher aux femmes qui oseront  réclamer quoi que ce soit. Et vous ne serez plus là pour les soutenir. Nous n’avons jamais assisté au partage des biens de ses autorités, on dirait que ces lois sont votées pour nous et ça ne passera pas.

 

Exif_JPEG_420Aguédjèhounmè Germain : Vous les femmes, vous n’avez aucun droit et vous n’en aurez jamais. Si tu es une femme, une sœur et que j’apprécie, je peux te donner ce que je veux. Ce qui appartient à mon père me revient de droit et à mes frères et j’en fais ce que je veux. Toi la femme, tu ne peux rien espérer car tu n’as aucun droit. Je le dis et j’insiste.

 

Kanlissinon Félicienne d’Avlamè : J’ai déjà été victime de ce que vous nous enseignez car mes frères se sont accaparés des terres de notre feu père et moi je n’ai rien reçu. Mais à partir de ce sketch, j’ai retenu des choses et dès mon retour à la maison, j’irai voir mes frères pour leur demander de me donner ne serait-ce qu’une parcelle et demi sur les deux hectares laissés par mon feu père.

 

Zèhouè Marguerite d’Avlamè, ménagère : Je peux dire que cette scène vient nous réveiller d’un profond sommeil. Ici à Avlamè dès que tu perds tes parents, on te donne un quote-part comme contribution pour les funérailles et tu ne peux rien faire pour te soustraire à ça. Alors que tu n’auras aucun droit à l’héritage de ton père ; on te dira qu’il faut aller hériter chez ton mari. Chez le mari, nous n’avons droit à rien, sauf nos enfants garçons.

 

Gislaine Cakpo, revendeuse d’essence à Bamè : Ma préoccupation actuelle est comment améliorer ma situation car je suis mariée à un polygame. Grâce aux informations reçues, je mettrai tout en œuvre pour que mon époux puisse me donner quelque chose, un carré tout moins que je vais sécuriser en mon nom. Car je ne suis pas l’épouse légitime et si je ne fais rien, je n’aurai rien quand il ne sera plus de ce monde.

Du côté paternel, nous avons des héritages, j’entendais parler des droits d’accès des femmes à la terre, et je n’y croyais pas. Mais la séance d’aujourd’hui me rassure et j’irai réclamer mes droits à la terre pour prendre ce qui me revient de droit.

 

Mélanie, cultivatrice : L’information reçue ici me permettra de soulever encore la question d’héritage des femmes dans ma famille maternelle. A cause des terres héritées par ma mère de son feu père, elle est devenue aveugle ; une manière de l’empêcher de visiter ces terres. Je ne vais plus baisser les bras, je vais rassembler tous mes frères et sœurs et nous allons en discuter et voir les procédures à suivre.

 

Faustine Dossounon, cultivatrice à Bamè : Nous, en notre temps, nous avons vécu toutes sortes de discrimination ; la femme n’a aucun droit sur quoi que ce soit.  Pour trouver un lopin de terre à cultiver, il faut faire l’âne pour avoir le foin, négocier avec son époux ou s’engager à faire face aux besoins de la famille, à nourrir toute la famille, etc, sinon, tu n’auras rien. Dès que ton papa meurt, tu dois cotiser au même titre que tes frères mais quant au partage des terres, on te dira que tu n’as rien à recevoir et que cela ne te concerne pas.  Et voici qu’aujourd’hui, vous venez de dire que la femme a des droits sur la terre. Malheureusement on ne peut plus remonter dans le passé. Mais j’invite les femmes  à se battre pour leur droit. C’est une chance pour elles et pour  la jeunesse. Je remercie l’Etat qui a pensé à voter des lois favorables aux femmes ; cela va beaucoup améliorer les conditions de la femme.

 

Kokou Agbomatèkpo : J’ai 11 enfants (5 garçons et 6 filles), depuis que je n’ai plus la force de cultiver la terre et de faire quoi que ce soit, mes enfants s’occupent bien de moi ; surtout les filles qui se relaient et m’apportent de nourritures tous les jours. Je ne manque de rien grâce à elle. Dans cette condition, je crois qu’elles ont les mêmes droits que les garçons. J’ai déjà fait le partage de mes terres : celles qui sont éloignées de ma concession reviennent aux garçons et celles qui sont proches de la maison reviennent à mes filles. Elles vont en disposer et en faire ce qu’elles veulent car elles le méritent bien.

 

Edgard H Ahomondji, Chef d’Arrondissement de Houèko : Je voudrais apporter quelques éclairages : L’homme qui, étant marié a fait des enfants en dehors du mariage, doit informer son épouse ou ses épouses et faire tous les papiers de reconnaissance de cet enfant ; sinon à sa mort, la femme légitime peut refuser de reconnaitre cet enfant.

 

Fadonougbo Véronique, coiffeuse à Aïzè : J’avais eu l’information à Sagon que les femmes peuvent désormais hériter les biens de leurs parents défunts, je vous invite à aller dans mon village à Zoungo pour que ceux qui sont là-bas soient aussi informés de ce changement qui arrive. Je souhaiterais  que lorsque la femme réussit à avoir son héritage qu’elle ne le vende pas.

 

 

 

Quelques préoccupations qui ont trouvé de réponses chez les animateurs…

 

Todannon Houédji : Nous étions dans l’obscurité et on vient de nous informer de ce que nous allons faire désormais par rapport à la sécurisation de nos terres et du partage des terres aux femmes. J’ai compris que l’enfant fille a les mêmes droits que l’enfant garçon. C’est un fait ; mais vous devez poursuivre ces séances partout. D’habitude, nous disons que la femme n’a aucun droit, alors que dès qu’il y a un décès dans la famille, on lui demande de participer aux funérailles. Je trouve que c’est injuste et je vous félicite pour cette activité.

 

Dossounon Ambroise, prêtre de fâ à Bamè : Ma préoccupation se rapporte aux questions de mariage, le polygame qui a trois femmes et se marie légalement avec l’une d’entre elles, après son décès comment se fera le partage de ses biens surtout que vous avez dit que ses biens sont divisés en quatre part et le quart reviendra à la femme légitime, les trois quarts aux enfants et les deux autres femmes ?

 

Dohou Akidé Rosiano, peintre dessinateur à Bamè : Mon père est un polygame, il avait neuf  épouses et s’est légalement marié avec la dernière. Mais il a doté toutes les autres femmes. Il a beaucoup d’enfants et il n’est plus en vie actuellement. Selon vous, comment va-t-on procéder au partage de ces biens ?

 

Djossa Vincent, menuisier à Bamè : J’ai un proche qui a trois femmes, la première a donné naissance à trois filles, la seconde a fait des garçons ; la troisième n’a aucun enfant. Contre toute attente les deux premières femmes sont décédées et quelques temps après leur époux aussi est mort. Il reste la femme stérile avec les autres enfants. Comment va se faire le partage dans cette famille ?

Réponses valables aux deux préoccupations : Les femmes, qu’elles soient au nombre de deux ou neuf, tant qu’elles ne sont pas mariées légalement à la mairie, elles ne sont pas reconnues devant la loi. Elles vont seulement se contenter des parts d’héritage qui vont revenir à leurs enfants ; car la loi ne fait pas de distinction entre les enfants ; qu’ils soient légitimes ou non, ils iront au partage de l’héritage à part égal. Le code des personnes et de la famille n’autorise pas la polygame, seul le régime monogamique est autorisé et reconnu.

Cependant, l’époux de son vivant, peut donner des terres à ces épouses illégitimes. Il s’agit là de donation qui est également un mode d’accès de la femme à la terre. Mais cette donation ne doit pas dépasser les quotas fixés par loi. Dès lors que la donation dépasse l’entendement, elle peut être contestée au décès de l’époux par ses enfants ou par la conjointe légitime. Les femmes  bénéficiaires de la donation doivent aussi sécuriser les terres qui leur reviennent à la mairie et mettre leurs noms sur les papiers qui attestent que ces terres leur appartiennent  officiellement.

 

Amoussou Clarisse revendeuse à Bamè : Mon défunt mari m’a doté et on s’est marié légalement. Mais quand il est mort, sa famille m’a demandé de rentrer chez mes parents avec mes enfants. Est-ce que j’ai toujours le droit d’hériter les biens de mon mari défunt ?

Réponse : La femme légalement mariée, renvoyée de son foyer après le décès de son époux, doit ester en justice pour recouvrer ses droits. Car la famille n’a pas le droit de la renvoyer chez ses parents. Elle a droit au quart des biens de son époux et tous les enfants légitimes ou non, auront droit au trois quart restants. Donc Madame, vous n’avez encore rien perdu, il suffit d’aller voir les autorités compétentes pour que votre cas soit étudié.

 

Germain Agbokponi, cordonnier : Moi, je voudrais savoir comment se fait-il que la femme mariée qui doit hériter de son époux peut-elle encore prétendre hériter chez son père ? Quelle est cette pratique que je n’apprécie pas du tout. Car elle va bénéficier des biens de son époux que je ne peux pas partager avec elle et pourquoi veut-elle encore partager les biens de notre père avec moi ? Je trouve que c’est injuste et cela ne peut être toléré.

 

Jacques Lokossou, instituteur : Cette sensibilisation concerne plus les femmes que les hommes mais moi, je voudrais savoir qu’en cas de problème foncier avec un enfant qui est fils unique ou fille unique pour ses parents,  quelles sont les procédures à suivre pour régler les problèmes ?

 

Agossa Aboubakari, Cultivateur (pépinières) à Aïzè : Dans le stkecth que nous venons de voir, je voudrais remercier l’oncle qui vient de remettre aux héritiers ce qui leur revient. Cependant, je voudrais savoir ce qui se passera si l’oncle avait déjà vendu tout l’héritage qui devrait revenir à ses neveux et nièces ; qu’est-ce qu’on va lui dire ? Yéssoufou Ismaël d’Aïzè : Si une femme veut hériter les biens ou la terre de son père et si son oncle s’opposait, que va-t-il se passer ? Assogba Richard, cultivateur : Ma préoccupation est celle-ci, dans ce sketch, la fille héritière a réussi à récupérer tous les biens de son feu père chez son oncle. Mais, de quoi vivra l’oncle demain ?

 

 

 

 

 

 

 

 

— Toutestgrace

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