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Interview de M. Florent Maroya, Attaché de recherche en service à la Direction de la promotion de la femme et du Genre au ministère des Affaires sociales et de la famille : « Nous avons fort espoir que ça va finir par prendre… »

Célébrée le 08 Mars de chaque année, la Journée internationale de la femme continue d’être commémorée à travers tout le pays. M. Florent Maroya, Attaché de recherche en service à la Direction de la promotion de la femme et du Genre au ministère des Affaires sociales et de la famille, nous parle de cette journée et revient en résumé, sur les dispositifs juridiques favorisent l’accès des femmes à la terre, à sa sécurisation et à la propriété foncière au Bénin.

(Propos recueillis : Aline ASSANKPON)

Ph: DR-: M. Florent Maroya, Attaché de recherche en service à la Direction de la promotion de la femme et du Genre au ministère des Affaires sociales et de la famille

Ph: DR-: M. Florent Maroya, Attaché de recherche en service à la Direction de la promotion de la femme et du Genre au ministère des Affaires sociales et de la famille

L-Integration.com : M. Maroya, nous sommes en Mars, mois de la journée internationale de la femme, célébrée tout le long du mois. En tant qu’acteur de la promotion de la femme et du Genre, quelles sont vos impressions ?

M. Florent Maroya : La Journée internationale de la femme (JIF) a pour  thème : « L’heure  est venue, les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes. Célébrez-les ». Je pense qu’il s’agit non seulement des activistes urbaines et rurales qui sont renforcées de manière à ce qu’elles soient outillées pour transformer la vie des femmes à la base. C’est pourquoi je pense que cet atelier cadre parfaitement avec l’édition 2018.

Au plan national, le thème est assez parlant et édifiant ; c’est plus de synergie d’actions pour un mieux-être de la femme béninoise. Donc tous autant que nous sommes (Ministère, OSC, Ong, leaders d’opinion et Partenaires Techniques et Financiers) tout le monde doit travailler en synergie pour que la promotion des droits des femmes soit vraiment une réalité.

Vous avez entretenu les femmes leaders sur les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux de promotion des droits fonciers au Bénin. Que doit-on retenir concrètement de cette communication ?

Nous  avons eu l’occasion d’échanger avec ces femmes identifiées sur tout ce qui est instrument  juridique que le Bénin a ratifié au plan international, les différents documents auxquels notre pays a adhéré au niveau régional et au niveau national, des textes qui existent.

Au niveau international, nous avons : la CEDEF (Convention relative au droit des femmes – un document plus âgé que tous les autres) ; la Convention de Maputo et autres. Lorsque notre pays prend l’un de ses engagements au plan international, c’est qu’au niveau pays déjà, que ces engagements doivent figurer ou transparaître dans tout ce qui est disposition élaborées au niveau national.

Mais ce qui peut intéresser les participants, c’est ce que notre pays a élaboré en matière de législation liées au foncier. La première des dispositions qui est le socle des lois, est notre Constitution du 11 décembre 1990, qui prône entre autres, l’égalité entre l’homme et la femme, l’inviolabilité, et le caractère sacré de la personne humaine.

Lorsque nous venons au cas spécifique de foncier, il faut avouer que nous avons deux lois qui existent et qui cohabitent et doivent nous permettre de prendre en compte les droits fonciers de la femme. Il s’agit du Code des personnes et de la famille (qui précise beaucoup plus les conditions et les règles de succession et de l’héritage selon que nous soyons conjoints survivant, ascendant, descendant ou collatéral) et le Code foncier et domanial qui est la dernière loi en date du 14 Août 2013.

Les femmes réparties en travaux de groupe - Groupe B

Les femmes réparties en travaux de groupe – Groupe B

A entendre ces femmes leaders politiques ou activistes, on note une certaine frilosité à aborder les questions foncières dans leurs communautés de base. Ce qui veut dire que la question de la peur reste demeure encore.

C’est vrai, il faut avouer que « la peur » est là parce que la terre est sacrée chez nous et lorsque vous y aventurer sans un minimum de garantie au plan juridique, très tôt, on vous dira : « telle s’est aventurée dedans, elle a fini par mourir abandonnant ses enfants ». Donc du coup, personne n’a le courage d’aller vers la terre ; alors qu’il  y a des dispositions qui protègent de façon générale, les femmes.

La terre, c’est une source de revenu potentiel, la femme est souvent reléguée au second rang et tout est fait pour  réduire au maximum son pouvoir d’achat ; et donc pour une femme qui doit accéder à la terre – pour beaucoup – c’est déjà lui donner ce pouvoir économique pour  «  tendre » vers l’homme ; ce que beaucoup d’homme ne supporte pas. L’autre considération est que la femme mariée qui doit hériter de son père aura tendance à aller enrichir l’autre famille d’accueil et donc du coup, se voit privée du droit à la succession.

La menace est l’autre approche qui fait que les femmes disent : « Je préfère abandonner l’héritage afin de vivre pour mes enfants, tant que je suis en vie, j’aurai les moyens d’en acheter moi-même » ; dans le temps, l’homme est capable de dire : « Je vais le prendre au risque de perdre ma vie ». Tout simplement parce qu’il y a un problème de leader, les femmes n’ont pas encore un modèle de femme qui a bravé toutes ces étapes en réussissant à obtenir ce qui lui revient de droit.

Malheureusement, il y a des considérations sur lesquelles nous allons travailler de façon progressive. C’est vrai que ça va être difficile, mais nous avons fort espoir que ça va finir par prendre.

Dites-vous que ces femmes qui doivent jouer le rôle de relais dans leur communauté de base, ont besoin de se sentir accompagnées et soutenues.

C’est le lieu de remercier honnêtement la Fondation Konrad Adenauer qui s’investit beaucoup dans la promotion des droits de la femme à travers tous ces ateliers de formation sur le renforcement de capacité. Cela permet ainsi à toutes ces femmes d’être outillées. Nous allons juste souhaiter que la Fondation ne s’arrête en si bon chemin, le suivi des plans d’action et des feuilles de route que nous allons élaborer va être assez indispensable dans la suite de ce processus ; sinon elles vont suivre la formation et une fois à la maison, ça va être très vite oublié. Ce qui ne serait pas bien aussi bien pour la Fondation que pour le Ministère que nous représentons. Nous saluons  avec beaucoup de sentiment de reconnaissance cette initiative et vivement que nous puissions passer à échelle des autres communes qui sont confrontées également aux mêmes difficultés.

 

— Toutestgrace

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