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« LE GOUVERNEMENT EN ACTION » : Secteur de la santé – Point d’étape de l’exécution du PAG 2021-2026


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Ph:DR-: Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé

Faire de la reddition de compte un pilier de sa gouvernance, c’est le crédo du régime TALON. 1 an après la réélection et la prestation de serment de l’homme de la Rupture, les ministres se livrent, pour le public, à l’exercice d’évaluation de l’action gouvernementale et de mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2021-2026). Quels sont les marqueurs importants des actions menées par le Gouvernement dans le secteur de la santé, douze (12) mois après l’investiture du Chef de l’État Patrice TALON pour son second mandat ? Retrouvez l’essentiel dans la transcription du numéro 2 de l’émission  » LE GOUVERNEMENT EN ACTION » avec comme invité le Professeur Benjamin HOUNKPATIN, Ministre de la Santé.

 Monsieur le Ministre de la santé, ces dernières années, le Ministère dont vous avez la charge a mené une série de réformes ayant abouti à la création de plusieurs agences et conseils. Toutes ces structures sont désormais opérationnelles, mais il semble qu’on ne les sent pas encore véritablement sur le terrain. Quel est leur réelle contribution pour l’atteinte des objectifs de votre Ministère ?  

Ministre Benjamin HOUNKPATIN : Je profite de cette occasion pour faire le point au peuple béninois des nombreuses réformes que nous avons engagées depuis 5 ans au niveau du secteur de la santé. Vous savez, lorsque nous avons commencé ce quinquennat, il y avait des défis énormes qui se posaient au secteur de la santé. Les réformes qui ont été identifiées à la suite du  diagnostic qui a été posé par la commission technique en charge des réformes au niveau du secteur, a pris en compte 4 volets. D’abord, il y avait eu une réforme au niveau de la gouvernance du système de santé ; Ensuite, il y a eu la mise en place d’un environnement favorable au développement du secteur pharmaceutique et la troisième réforme portait essentiellement sur le partenariat public-privé et la création d’un environnement favorable et propice à l’investissement et, enfin, il fallait créer une offre de soins de qualité.

Alors, pour pouvoir assurer ces réformes, nous avons mis en place un environnement aussi bien de structures que de changements au niveau législatif.

En matière de structure, il y a eu la création de l’autorité de régulation du secteur de la santé. Cette autorité qui doit, en fait, veiller à la réalisation du droit à la santé, à l’offre de soins de qualité à la population. La deuxième réforme majeure en termes de structures créées, c’est la création de deux conseils. Le conseil national pour les soins de santé primaires et le conseil national pour la médecine hospitalière. En effet, le socle sur lequel nous avons décidé de bâtir notre système de santé est constitué par ces deux entités à savoir les soins de santé primaires et la médecine hospitalière. Et enfin, nous avons eu à réformer l’ensemble de la structuration du ministère de la santé avec la création de 4 nouvelles agences. Il s’agit de l’agence nationale des soins de santé primaires qui est l’un des socles, l’agence béninoise de régulation pharmaceutique, l’agence des infrastructures sanitaires de l’équipement et de la maintenance, dimension fondamentale pour l’offre de soins, de services de qualité et enfin la création de l’agence de contrôle de la qualité des produits de santé et de l’eau. Sans produits de santé de qualité, il n’y a pas de soins de qualité.  Donc, l’ensemble de ces structures qui ont été créées ont servi de socle pour les réformes que nous sommes en train d’implémenter présentement.

Monsieur le Ministre, au regard de ces réformes, les Béninois peuvent-ils se réjouir d’espérer des changements les prochaines années ? 

Evidemment ! Ils vont espérer des changements. Comme je l’avais dit tantôt, la création de l’autorité de régulation du secteur de la santé va contribuer à mettre en place un système de surveillance de l’offre de qualité des soins de santé. Désormais, les agents de santé seront accrédités pour l’offre de service de santé et les structures de santé vont être certifiées. On va savoir que dans telle structure qui offre les soins de santé, il y a effectivement toutes les normes requises qui sont respectées et c’est le rôle de l’autorité de régulation du secteur de la santé de veiller à cela.

De quels moyens dispose cette autorité ?  

Alors, cette autorité est une structure qui a d’abord un organe de base qui est constitué de 9 membres, mais a aussi des bras opérationnels. Nous avons sur le terrain actuellement, la structure chargée du contrôle de la qualité des prestations de soins au niveau des structures de santé, la commission du Professeur AYIVI qui, par la suite, va devenir l’un des bras opérationnels de l’autorité de régulation pour pouvoir veiller à ce que ce mandat qui lui a été confié par la loi puisse être vraiment opérationnalisé.

La deuxième chose fondamentale, c’est l’environnement normatif que nous avons. Nous avons aujourd’hui fait le constat que les documents normatifs, les politiques, les stratégies, les normes qui régissent l’offre de soins ne sont pas vraiment ce que cela doit être.  C’est cela qui justifie la création des deux conseils. Aujourd’hui, les conseils sont déjà à l’œuvre et travaillent à mettre en place effectivement un environnement aussi bien normatif qu’au niveau des stratégies et politiques qu’il faut pour que nous puissions nous assurer que l’offre de soins repose sur les mêmes bases et est de même qualité quelle que soit la population touchée. Les documents sont élaborés aujourd’hui par les conseils qui également s’assurent de leur mise en œuvre effective car vous savez très bien que dans ce pays on a élaboré plein de documents normatifs qui n’ont jamais été mis  en œuvre. Aujourd’hui, les conseils ont à charge non seulement de les élaborer mais également d’assurer sur le terrain, le suivi de leur mise en œuvre.  Ce sont là des changements concrets qui sont en train de se mettre en place.

Au niveau du secteur pharmaceutique, il y a des changements concrets qui sont là. Le contrôle de ce qui est fait. La mise en place prochainement du e-pharmacie qui va nous permettre de nous assurer que les produits de santé qui circulent dans notre espace sont des produits de santé de qualité qui permettent aux Béninois de pouvoir se soigner sans craindre pour leur vie et sans craindre de détériorer leur rein ultérieurement par rapport aux produits qui sont utilisés. Voilà un peu ce que nous sommes en train de créer actuellement.

Au plan législatif, l’Assemblée a voté plusieurs lois qui touchent au secteur de la santé. Pourquoi avez-vous senti le besoin de cette réforme au plan législatif par exemple ? 

Lorsqu’on met en place des réformes et qu’on ne veut pas qu’elles durent le temps de votre passage, il faut forcément mettre en place le cadre juridique et institutionnel qu’il faut pour les asseoir. Et, c’est ce qui justifie ce corpus législatif qui a été mis en place pour asseoir profondément les réformes. 5 textes législatifs servent actuellement de socle pour l’ensemble des réformes. Dans un premier temps, en 2020 déjà, l’Assemblée a voté et le Chef de l’Etat a promulgué la loi portant protection de la santé des personnes au Bénin qui est le fondement même de ce que nous sommes en train de faire. Cette loi définit tout et prévoit  même le volet assurance maladie. Le deuxième texte de loi que nous estimons majeur est la loi qui permet de réglementer les activités pharmaceutiques. Comme vous le savez, le secteur était totalement miné. En 2022, nous avons eu 2 textes majeurs qui ont été votés. Le premier concerne l’hygiène publique. Vous le savez sans doute, les maladies ont un socle lié à l’hygiène. Même la crise sanitaire  que nous traversons actuellement a pour socle fondamental l’hygiène publique. Et c’est cela qui a motivé le vote de cette loi par l’Assemblée pour réglementer un peu plus les questions d’hygiène au niveau des établissements publics ou privés que ce soit en milieu scolaire ou sanitaire en régulant la pollution sonore, la gestion des cadavres, des inhumations. Aujourd’hui nous avons un corpus législatif qui permet de réglementer cela.

Et actuellement, sur la table des députés, nous avons un texte fondamental qui régit l’exercice en clientèle privée. Il y a en effet, encore en vigueur, un texte qui date de 1997 qui n’est plus d’actualité parce que comme vous le savez il y a beaucoup de déviances dans le secteur privé et il y a beaucoup de demandes qui ne sont pas satisfaites. Et, avec ce texte de loi que nous sommes en train de mettre en place, nous allons permettre au secteur privé de s’épanouir, de mieux assurer sa fonction d’accompagnement de l’Etat pour l’offre de service des soins de qualité à la population.

Sur cette loi qui concerne la clientèle privée est-ce qu’il y a eu beaucoup de départs ?  

Nous avons procédé à une réforme majeure en 2018 pour faire en sorte que désormais, les citoyens béninois, lorsqu’ils vont dans les structures publiques, puissent trouver les médecins, les paramédicaux qui sont payés par l’Etat et qui doivent accomplir leur service public parce qu’il y avait des déviances dans le secteur. Et à la suite de la prise de ce décret, nous avions demandé à tous ceux qui souhaitaient partir vers le privé,  qu’ils soient médecins ou paramédicaux, de pouvoir le faire librement. Il y a eu très peu de départ. A peine une dizaine de médecins qui sont partis et très peu de paramédicaux. C’est dire que même avec cette réforme que nous avons mise en place, en 2018, il y a eu très peu de départ de médecins, de paramédicaux du secteur public vers le secteur privé

Nous avons bien envie d’en savoir un peu plus sur le projet de loi sur l’exercice en clientèle privée 

Actuellement, pour ouvrir une clinique privée, vous devez forcément être un médecin. Il n’y a pas d’investisseurs privés qui peuvent investir de l’argent pour permettre la création d’une structure privée. Cela va changer avec cette nouvelle loi. Nous allons favoriser l’investissement privé. Il y a des corps qui n’étaient pas encore complètement organisés au niveau de l’ancienne loi. Ce sont des corps qui n’existaient pas en ce moment où la loi avait été votée (1997). Maintenant, nous les avons intégrés. Nous avons fait en sorte qu’au niveau de cette nouvelle loi, nous puissions mieux réglementer, mieux asseoir,  mettre en place les conditions qu’il faut pour qu’on sache qui peut ouvrir une clinique privée, qui peut ouvrir une clinique d’accouchement, comment cela se passe. Nous allons mettre en pace un dispositif beaucoup plus allégé pour favoriser l’investissement parce que, qu’on le veuille ou non, la moitié de notre population va vers le secteur privé et il faut mieux l’organiser.

Nous avons fait un assainissement dans le secteur, nous avons fermé les structures privées illégales qui étaient de véritables mouroirs et avec ce corpus législatif que nous allons mettre en place, nous allons favoriser la vraie installation de vraies structures qui vont offrir des soins de qualité aux populations.

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Il y a également cette loi qui a intéressé les Béninois. C’est celle relative à l’interruption volontaire des grossesses. Juste après le vote de ce texte, c’est silence radio. On n’a plus rien entendu. Que se passe-t-il, Monsieur le Ministre ? 

Près de 60 % des jeunes filles de moins de  18 ans tombaient enceinte sans le vouloir et la majorité avait recours aux interruptions volontaires de grossesse dans des conditions désastreuses. Le Gouvernement a jugé utile de procéder à la modification de l’article 17 de l’ancienne loi qui existait pour que nous puissions créer un environnement qui permette aujourd’hui de mieux réglementer, de mieux nous assurer que les femmes  ne vont plus mourir dans des conditions désastreuses du fait des avortements réalisés dans de mauvaises conditions. Lorsque cette loi a été votée, il y a eu beaucoup de communication autour, nous avons discuté de cela. Je le reconnais, il y a eu un pan de la population qui n’était pas en phase avec cette loi.

D’aucuns ont estimé que c’est pour encourager l’avortement 

D’aucuns l’ont estimé et nous respectons leur opinion, mais ce n’est pas cela le souci du Gouvernement. Chaque Béninoise a droit à la vie et nous estimons aujourd’hui que ce que le Gouvernement a eu à faire va contribuer à sauver ces vies. 20 % des décès maternels sont liés aux avortements clandestins. C’est effarant et il fallait faire quelque chose.

De l’autre côté, je voudrais vous rassurer que le Gouvernement instaure d’autres dispositifs. Quand je prends la planification familiale qui permet de prévenir les grossesses non désirées, le Gouvernement est en train de mettre en place un dispositif pour rendre totalement gratuite l’offre de service de planification familiale. Donc, en toute chose, il faut vraiment trouver le juste milieu pour avancer.

Nous sommes en train de travailler pour la prise de décrets d’application qui vont organiser comment cela va se passer. Ce décret  prévoit qui peut le faire, où le faire et quand le faire. Cela est pratiquement terminé et lorsque ces décrets seront pris, nous allons communiquer autour, discuter avec les prestataires de soins, discuter avec les populations, mettre en place l’environnement qu’il faut, puisqu’il faut des psychologues cliniciens par exemple pour accompagner dans le conseil, tout cela. Nous allons mettre en place l’arsenal qu’il faut en lien avec les autres départements ministériels qui vont accompagner notamment le Ministère des affaires sociales, le Ministère de la justice et autres pour que nous puissions faire en sorte que nos jeunes filles ne meurent plus dans ces conditions désastreuses.

Monsieur le Ministre, nous allons aborder la question des infrastructures et des équipements.  Il y a plus d’un an, vous étiez sur le site de l’hôpital de zone Savè-Ouèssè, mais depuis lors plus rien. Les populations s’impatientent, les demandeurs de soins que nous sommes, on s’interroge. A quand véritablement l’inauguration de cet hôpital ? Avez-vous une date en tête?  

Je voudrais rassurer les populations de la zone sanitaire de Savè-Ouèsse qu’elles pourront bientôt bénéficier des fruits du joyau que le Gouvernement est en train de leur offrir. Vous le savez très bien, le Chef de l’Etat l’a affirmé, la population de Savè tient une place particulière dans son cœur. Et donc, c’est tout naturel qu’il veille personnellement à l’avancée de ce projet. Les choses évoluent bien. J’ai eu l’occasion encore dans le cadre du suivi de faire une réunion avec l’ensemble de l’équipe qui travaille sur ce chantier à la suite d’une descente inopinée au détours d’une descente de Parakou et j’ai pu constater l’évolution des travaux. Nous avons refait le point, apprécié l’évolution avec un taux d’exécution physique pour le volet génie-civil qui dépasse 91%. Nous espérons que d’ici la fin du mois de juin-juillet, tout le volet génie-civil sera terminé. Il y a  quelques travaux qui sont encore en cours de finition et qui vont être totalement terminés pour le 30 juillet. C’est ce que nous avons convenu avec toutes les entreprises qui sont sur le chantier. Le volet Equipement est également lancé avec la partie saoudienne et nous espérons que d’ici la fin de l’année 2022 ou au plus tard le premier trimestre de l’année 2023, tous les équipements seront livrés et installés. Donc, nous allons pouvoir avoir l’occasion d’inaugurer cet hôpital pour la zone sanitaire de Savè-Ouèssè d’ici le premier trimestre 2023 et nous allons vous y inviter.

Le chantier de l’hôpital de référence est en train de surplanter la commune d’Abomey-Calavi. Quels sont les services dont vont bénéficier les populations après la finition de cet hôpital ?  

C’est un véritable joyau qui est en train de pousser de terre. Les gens n’y avaient pas cru. Aujourd’hui, c’est une réalité qui est là et qui évolue très bien et qui tient dans le timing que nous avons prévu et nous espérons qu’en fin 2023, nous allons voir totalement opérationnel cet hôpital que nous sommes en train de mettre à la disposition non seulement des populations béninoises mais aussi de toutes les populations de la sous-région parce que c’est un véritable chef-d’œuvre pour toute la sous-région ouest africaine.

Les services les plus pointus et les plus diversifiés vont être offerts au niveau de l’hôpital. En effet, nous allons conjuguer totalement au passé la question des évacuations sanitaires qui nous coûtaient énormément. Quand je vais présenter la panoplie des offres de service, vous allez comprendre qu’il n’y a plus de raison d’évacuer les Béninois vers l’extérieur. Les principales causes d’évacuation, c’étaient les problèmes de cancer, les problèmes cardiaques, les problèmes d’ophtalmologie ainsi de suite. Aujourd’hui, avec cet hôpital, nous avons un pôle d’urgence et de réanimation qui est là pour pouvoir accompagner l’ensemble des services. Nous avons un pôle cardio métabolisme qui va prendre en compte non seulement la cardiologie conventionnelle, la cardiologie interventionnelle, l’unité de soins intensifs en cardiologie mais également l’endocrinologie métabolisme. Nous avons également un pôle d’oncologie qui est là qui va permettre d’offrir non seulement l’oncologie médicale, les soins palliatifs, mais également la chirurgie oncologique et gynécologique. Il y a un pôle digestif aussi bien médical que chirurgical qui va prendre en compte non seulement le volet de l’hépato-gastro-entérologie qui traite du foie et de ses organes autour mais également la chirurgie hépato biliaire et digestive. Nous avons le pôle de l’appareil locomoteur avec le pôle neurochirurgical qui va prendre en compte tout ce qu’il y a comme chirurgie en matière de traumatologie, d’orthopédie et de neurochirurgie. Le pôle tête-cou également sera pris en compte avec 4 offres de service qui va concerner l’ORL, l’ophtalmologie, l’odontologie et la chirurgie maxillo-cervico-faciale.

Les cancers constituent aujourd’hui une préoccupation majeure. Nous évacuons beaucoup pour la radiothérapie et la médecine nucléaire. Demain, le pôle de la radiothérapie et de la médecine nucléaire va permettre de conjuguer définitivement au passé cela.  Il y a un pôle cardiovasculaire qui va prendre en compte la chirurgie vasculaire qui, aujourd’hui, n’existe pas là. C’est vrai que nous avons commencé par opérer à cœur ouvert pour la chirurgie cardiaque pour préparer le démarrage. C’est vraiment une avancée majeure qui va préparer l’offre de service ultérieurement, mais la chirurgie vasculaire sera désormais au niveau de ce joyau en construction. Il y a le pôle néphro-urologique qui va nous permettre de donner des soins de néphrologie et d’urologie et éventuellement nous allons passer à la transplantation rénale qui peut être faite sur place avec l’autogreffe. Nous allons probablement y passer pour pouvoir diminuer les coûts liés à la dialyse. Voilà une panoplie d’offres de services qui seront disponibles au niveau du CHUR de référence. C’est vraiment un joyau.

Qu’en est-il de l’expertise ? Est-ce que nous avons le personnel pour faire face à ces pathologies ? 

Nous avons déjà commencé à travailler sur ce volet. En matière de ressources humaines, nous avons fait le point. De quoi avons-nous besoin au niveau de ce CHUR de référence? Nous avons aujourd’hui une idée exacte de ce dont nous avons besoin. Quelle est la stratégie pour les rendre disponibles aussi bien avec les expertises qui sont déjà au niveau du pays, mais également des expertises que nous pouvons importer de l’extérieur ? Quelle est la stratégie pour former ces ressources humaines que nous avons aujourd’hui, pour rendre disponibles les ressources humaines nécessaires au niveau du CHUR d’Abomey-Calvi ?

Je peux vous rassurer que tout est fait pour que le CHU de référence d’Abomey-Clavi puisse démarrer avec les ressources humaines nécessaires, que ce soit déjà disponible déjà sur place ou celles que nous allons faire venir d’ailleurs, nous y travaillons. Je vous donne un exemple simple. Aujourd’hui, nous avons commencé à développer le pôle de compétences en chirurgie cardiaque. Nous allons commencer bientôt pour la cardiologie interventionnelle, l’ophtalmologie et l’Orl aussi.

En développant ces pôles de compétences, nous opérons un transfert de compétences. Au-delà du fait que des Béninois sont opérés, nous avons déjà opéré plus de 100 Béninois de chirurgie cardiaque, nous sommes en train de faire un transfert de compétences justement pour préparer le démarrage du futur CHU de référence d’Abomey-Calavi. Donc, c’est bien pensé, c’est millimétré, c’est bien codifié et nous ne doutons point que nous allons pouvoir rendre cet hôpital totalement opérationnel de la meilleure des manières et avec une assurance qualité qui permette à chaque patient qui entre d’en ressortir de la manière la plus satisfaisante qui soit.

Monsieur le Ministre, vous avez parlé de services modernes et innovants, mais qui dit qualité dit également coût. Est-ce que pour le citoyen lambda que nous sommes, nous allons pouvoir bénéficier de tous ces services ? 

Je voudrais vous rassurer que les coûts qui seront pratiqués au CHU de référence ne seront pas exorbitants. Cela va rester dans la même fourchette que les coûts pratiqués au plan national et dans la sous-région. Mais je tiens à ajouter quelque chose de fondamental. Comme vous le voyez bien, le CHU de référence est un hôpital de pointe qui va offrir des services de pointe. Donc ce n’est pas le tout-venant qui va venir directement au  Chu de référence. Nous sommes en train de réorganiser globalement le système de référence pour que le niveau de référence  soit respecté. Quand je souffre de paludisme, ce n’est pas à l’hôpital que je vais partir. J’irai au centre de santé voir le médecin qui est là-bas et il  va me traiter mon paludisme. Donc, il faudra veiller désormais que le système de référence soit respecté et ensuite, n’iront au CHU de référence que les pathologies qui nécessitent effectivement ce plateau technique de pointe.

Cela demande également la présence de ces infrastructures à proximité de la communauté. 

Bien sûr ! Le Benin est l’un des pays qui a la meilleure couverture en infrastructures sanitaires. Nous avons maillé le territoire à plus de 97%.

Après, c’est de la qualité des services au niveau de ces infrastructures qu’il est question.

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Nous y travaillons. C’est pour cela que c’est fondamental que le dispositif que nous avons mis en place avec les réformes, avec l’autorité de régulation, les conseils, les agences, les hôpitaux et les zones sanitaires, puisse contribuer forcément à assurer la qualité des soins. Nous travaillons chaque jour au quotidien pour que cela soit. Nous travaillons également pour que les ressources humaines prennent conscience de ce défi d’offrir des soins de qualité aux populations. C’est fondamental.

A côté de cette infrastructure, plusieurs autres sont achevées notamment la construction d’une antenne de transfusion sanguine. Quel va être le changement que cela va apporter dans la collecte de ce liquide précieux ? 

Nous avons construit effectivement trois antennes de transfusion sanguine dernièrement aussi bien dans le Borgou, le Zou et l’Ouémé. Ces centres ont été inaugurés et ont commencé par être opérationnalisés. Je peux vous garantir que dans l’intervalle où nous avons mis en place ces structures en 2020 à maintenant, nous avons augmenté la disponibilité des produits sanguins de plus de 10.000 poches de sang. Nous veillons vraiment à faire en sorte que lorsque les produits sanguins et leurs dérivés sont sollicités, qu’ils puissent être disponibles le plus proche possible de l’endroit de la demande. Et tout dernièrement, nous avons eu un renfort à travers le camion que nous avions eu de la fondation Claudine TALON qui appuie le système de santé pour pouvoir offrir des soins de santé de qualité aux populations surtout pour la survie des mères et des enfants de moins de 5 ans.

Avec ces antennes qui sont mises en place, avec ce dispositif pour la collecte de proximité, nous sommes sûr de pouvoir couvrir d’une part, les besoins en transfusion sanguine des mères qui vont accoucher et qui vont survivre sans perdre leur vie en donnant la vie et, d’autre part, des enfants de moins de 5 ans qui font un paludisme ou autres causes et qui pouvaient mourir banalement et bêtement.

On sait très bien que quand on parle d’infrastructures, on parle de plateau technique. Quel point peut-on faire à ce niveau aujourd’hui ? 

Pendant longtemps, les praticiens se sont plaint du plateau technique qui était désuet. J’en ai moi-même fait l’expérience. J’étais praticien et il m’est déjà arrivé au cours de ma pratique de faire face à ces genres de situation. C’est pour cela que le Gouvernement a pris à cœur la mise à disposition de ces équipements. Il y a des équipements qui sont visibles pour la population et il y en a qui ne sont visibles que des praticiens.

Quelques exemples types pour illustrer ce qui a été fait aussi bien en matière d’imagerie médicale mais également pour la réanimation, les équipements des blocs opératoires. Pour l’imagerie médicale, vous avez l’appareil d’IRM qui a été installé au CNHU et qui permet aujourd’hui déjà de ne plus évacuer pour cette cause. En matière de scanographie, nous avons déjà fini l’installation d’un scanner de 64 barètes à Parakou. Le CNHU est actuellement en cours de mise en place d’un scanner de 64 barètes. A Porto-Novo, il y a un scanner qui est en train d’être mis en place. Je pense que d’ici la fin de l’année ou en début de l’année 2023 au plus tard, le scanner sera en place et nous allons pouvoir offrir ces services aux populations. Nous envisageons également de l’étendre au niveau du CHD Zou-Collines dans les prochains jours. Nous avons aussi les blocs opératoires qui sont également équipés sur pratiquement toute l’étendue du territoire national.

Vous avez également opté pour la construction du centre hospitalier de la mère et de l’enfant alors qu’il y a déjà le CHUMEL qui est là. Idem pour le centre psychiatrique d’Allada. Alors pourquoi cette duplication ? 

Le processus de réformes que nous avons engagé concerne également la carte sanitaire qui renseigne sur la manière dont on doit structurer la mise en place des structures sanitaires pour qu’on puisse mailler correctement le territoire. Dans le cadre de la mise en place de cette carte sanitaire, il est évident aujourd’hui qu’il faut identifier de nouveaux services à mettre en place. Quand vous regardez le grand Nokoué, ce travail a été déjà fait et c’est à partir de cela que nous avons identifié le besoin majeur de pouvoir renforcer l’offre de soins pour la mère, le nouveau-né et les enfants à travers la mise en place de ce nouveau centre que nous allons implanter à Togbin. Le CHUMEL qui existait ne disparaitra pas, mais le niveau de développement le plus pointu en matière de néonatologie, de prise en charge des moins de 5 ans sera offert à Togbin.

Vous allez au CHUMEL aujourd’hui les capacités sont dépassées aussi bien pour les nouveau-nés que pour les enfants. Il y a des moments où vous avez deux ou trois enfants par lit. C’est inadmissible. Les urgences, c’est totalement dépassé. Il faut régler cela. Il y a des choses qui ne sont plus concevables dans le monde actuel pour le Gouvernement et c’est pour cela que nous travaillons à résoudre ces problèmes et faire en sorte que la meilleure qualité des soins puisse l’être dans les infrastructures adéquates par du personnel de qualité.

Nous allons nous intéresser au PAG. De grands projets sont en cours. Quels sont ces projets phares qui seront réalisés ?  

Le Gouvernement a adopté la nouvelle stratégie de santé communautaire que nous sommes en train de mettre en œuvre dans ce PAG. Demain, vous aurez des relais communautaires et des agents de santé communautaires qui seront recrutés pour que les populations puissent avoir les conseils nécessaires afin d’anticiper sur la survenance des maladies.

Quand vous regardez aujourd’hui les infrastructures périphériques que nous avons, il y a beaucoup qui sont dans un état de défectuosité avancée, un état insalubre qui ne motive pas les populations à consulter. Dans le PAG, nous avons prévu de réhabiliter ou de construire carrément à nouveau ces infrastructures sanitaires périphériques aussi bien au niveau des centres de santé périphériques que des hôpitaux de zone et des centres hospitaliers départementaux. Ça, c’est le premier chantier.

Le deuxième chantier, c’est la santé mentale. Si vous allez à « Jacquot », le spectacle n’est pas reluisant. Et c’est pour cela que le Gouvernement a identifié la construction de cet hôpital universitaire psychiatrique à Allada dans un environnement calme et propice qui va permette d’offrir des soins de qualité à nos compatriotes qui souffrent de ces troubles mentaux.

Nous avons déjà parlé du CHU de Togbin. Nous avons également la construction d’un laboratoire de contrôle de qualité des produits de santé et de l’eau. Nous avons également la construction d’un centre d’opération d’urgences de santé publique. La crise sanitaire de la COVID-19 nous a montré combien il était important d’avoir ce dispositif qui existe dans beaucoup de pays et nous allons veiller également à le mettre en place dans notre pays.

Il y a le volet ARCH qui est en train d’être généralisé. Est-ce que les infrastructures sanitaires que nous avons aujourd’hui au Bénin peuvent nous aider à répondre aux attentes des populations parlant de l’ARCH ? 

Absolument. Les infrastructures sanitaires que nous avons par rapport au panier de soins que nous avons relativement à l’ARCH vont permettre d’offrir l’ensemble de ces soins aux populations. Avec ce que nous avons déjà, c’est possible ; mais en plus avec ce que nous envisageons dans le futur vous pouvez être rassurés que l’ensemble de ces infrastructures va permettre d’offrir le paquet de soins de base qui a été défini aussi pour l’ARCH que pour l’assurance maladie obligatoire pour nos populations. Soyez donc rassurés sur ce point.

Vous l’aviez annoncé, depuis le 1er janvier 2022, il était prévu que l’assurance maladie soit obligatoire pour tout le monde. Qu’est-ce qui bloque la mise en application de cette mesure importante et vitale pour le Béninois lambda ?    

La loi portant protection de la santé des personnes a disposé effectivement de l’assurance maladie obligatoire. Là, je peux vous rassurer que le Gouvernement travaille d’arrache-pied pour que les décrets qui vont permettre l’opérationnalisation de cette mesure puissent être pris dans les tout prochains jours. Je voudrais vous rassurer sur cela. Déjà, le panier de soins qui va être obligatoire a déjà été pratiquement défini et il a été bien achalandé. L’essentiel des affections qui touche le citoyen lambda tous les jours au quotidien a été pris en compte par cela. Il y a également des prestations d’offres de services qui sont également définies. L’accouchement, la césarienne la chirurgie pour les affections les plus courantes, les consultations de médecine générale, tout cela est pris en compte dans le paquet. Et nous travaillons aujourd’hui juste à finaliser les contours. Dans les tout prochains jours vous aurez à disposition ce qu’il faut pour qu’on puisse s’assurer que c’est opérationnalisé et que chaque Béninois où qu’il soit, puisse souscrire par lui-même ou par son employeur à l’assurance maladie obligatoire et que nous au niveau du service de santé on ne réfléchisse plus, on lui offre des soins.

A quand pourra-t-on bénéficier de toutes ces merveilles dont vous parlez ? 

Dans un futur très proche. En tout cas, avant la fin de l’année 2022, nous allons pouvoir commencer à en bénéficier. Cela est certain.

Tout dernièrement, votre département a été renforcé avec le recrutement de 1400 agents de santé. Quelle est leur contribution dans l’offre de soins sur le plan national ? 

Le Chef de l’Etat avait annoncé effectivement le recrutement de 3000 agents sur le quinquennat. Nous avons concrétisé déjà le recrutement de 1331 agents. Je peux vous assurer que sur ces 1331, plus de 80% sont des agents de santé qualifiés et nous les avons déjà déployés. Je peux vous vous rassurer que quand vous prenez Cotonou et Abomey-Calavi aujourd’hui, il n’y a plus un seul centre de santé où il n’y a pas un médecin. La médicalisation des services de santé est déjà d’actualité. Et nous avons poussé plus loin, même dans les centres de santé les plus périphériques dans les arrondissements, on a commencé à les médicaliser. Nous avons renforcé leurs compétences avant de les déployer.

Nous sommes heureux de constater que sur l’ensemble du territoire, nous avons pu renforcer la présence effective d’agents de santé de qualité. Vous savez, il y avait des centres de santé qui étaient tenus par des aides-soignants, c’est inadmissible. Aujourd’hui, nous sommes en train de corriger cela et ce n’est pas terminé. Nous poursuivons les efforts pour que chaque citoyen où qu’il se trouve puisse avoir effectivement recours à un agent de santé qualifié lorsqu’il a un problème de santé.

Il y aura donc d’autres recrutements ?  

Effectivement, nous avons, pour cette année 2022, prévu de recruter un peu plus de 500 agents de santé qualifiés et nous avons d’autres programmes connexes qui sont prévus et qui vont contribuer à mettre en place des ressources humaines de qualité.

Je prends un programme que nous avons avec la Banque islamique de développement qui va permettre de faire la pré-insertion des nouveaux médecins, des sages-femmes et infirmiers qui sortent des écoles de formation. Pendant deux ans, ces jeunes médecins, sages-femmes et infirmiers seront pré-insérés, vont travailler partout sur le territoire national et à la fin des deux ans on va leur donner des économies substantielles qui vont leur permettre de pouvoir aller faire une spécialisation parce qu’il y a quelque chose de fondamental. Le Bénin n’a plus aujourd’hui de médecins spécialistes en tant que tel.  Donc nous allons accompagner ces médecins, les mettre dans un processus de spécialisation pour que d’ici 5 à 10 ans, nous puissions avoir une couverture efficace de nos besoins en médecins spécialistes. C’est d’ailleurs l’un des volets dont je parlais pour le CHU de référence d’Abomey-Calavi. En mettant en place ce dispositif, nous sommes sûrs de régler la question des médecins spécialistes.

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Par rapport au volet santé communautaire, il y a plus de 6.000 agents de santé communautaires et relais communautaires que l’Etat va recruter et mettre à la disposition des populations pour accompagner la stratégie que nous avons mise en place. C’est dire qu’en matière de ressources humaines, le Gouvernement a une attitude proactive, très hardie pour faire en sorte que partout où nos populations se trouvent, elles puissent avoir des soins de santé de qualité délivrés par des agents de santé qualifiés.

Des agents de santé qualifiés partout sur le territoire national, mais après il faudra que ces agents restent des agents modèles. Vous savez très bien en tant que praticien la réalité des populations dans les formations sanitaires. 

C’est un défi énorme auquel le système de santé fait face. La commission du Professeur AYIVI et aussi les autres corps d’inspection du Ministère de la santé ont eu à relever plusieurs déviances ; et depuis bientôt deux ans, nous traquons systématiquement et sans état d’âme ces déviances dans le secteur de la santé. Avec les partenaires sociaux et les syndicats, nous nous sommes entendu au début pour que les sanctions qui sont prononcées puissent être des sanctions pour les amener à prendre conscience. Nous avons passé ce cap déjà. Aujourd’hui, toute déviance sera sévèrement sanctionnée. Nous donnons ce modèle aux nouveaux agents. Nous les avons entretenus sur ce qu’il faut faire dans le secteur, le respect de l’éthique en matière de soins sanitaires on leur a inculqué cela. Il leur reste de travailler en suivant les règles de l’art et d’y rester.

Dans tous les cas de figure, nous faisons en sorte que les populations puissent dénoncer les affres qu’elles traversent dans le cadre de l’offre de soins de qualité pour que nous puissions prendre nos responsabilités, dégager ceux qui ne veulent pas faire le travail comme il se doit, garder et encourager ceux qui le font bien en instaurant un système de motivation. Au niveau du Ministère de la santé, il y a des réflexions approfondies qui sont en cours pour que les agents au combat soient déterminés et motivés à sauver des vies.

Vous avez lâché un mot intéressant, la dénonciation. Est-ce qu’il y a un système aujourd’hui qui permet au demandeur de soins de faire cette dénonciation et que le circuit suive son cours jusqu’à terme ?

Absolument ! Et c’est cela qui est en cours. Nous avons mis en place un numéro vert WhatsApp au niveau du Ministère de la santé qui est le 91 44 44 44 sur lequel soit par audio, soit par message WhatsApp il y a des dénonciations. Lorsque nous recevons ces dénonciations en fonction de leurs appréciations, nous envoyons soit à la commission du Professeur AYIVI ou aux autres corps d’inspection du Ministère à savoir l’inspection général du Ministère. Aujourd’hui, il y a un numéro à la Présidence de la République qui fonctionne déjà duquel nous recevons des plaintes. Donc tout ce corpus de dénonciation nous permet de traquer dans leur dernier retranchement les déviances qu’il y a dans le système.

Est-ce qu’il y a eu des cas, des personnes traquées et sanctionnées ?    

Oui, il y a eu plein de sanctions. Il y a eu des mises à pied allant de 1 mois à 6 mois. Il y a eu des radiations déjà dans le secteur.

Je voudrais vraiment demander aux agents de reprendre conscience. C’est vraiment le cœur lourd que nous sommes obligés de procéder à cela, mais ce sera sans état d’âme que nous allons le faire. Il faudrait que nos populations puissent avoir accès à des soins de qualité. Ils n’ont pas demandé à être malades. Nous avons eu l’occasion d’écrire « j’ai l’honneur » et de dire « je veux servir la population, je veux servir mon pays » ; mais quand nous voulons le faire, faisons-le bien, faisons-le comme il se doit.

Monsieur le Ministre, nous allons aborder la COVID-19. Est-ce que la COVID-19 est terminée au Bénin ? 

La COVID-19 n’est pas terminée dans le monde et au Bénin. Ce n’est pas terminé. Je voudrais avant tout remercier les agents de santé qui ont contribué à ce que nous puissions maitriser cette pandémie. Cela n’a pas été facile. Nous avons traversé 4 vagues. Deux premières vagues en 2020 et une vague en 2021 qui a été beaucoup plus meurtrière et qui nous a secoués et une quatrième vague qui a été moindre. Il faut dire que nous sommes actuellement dans une accalmie. Avec la stratégie qui a été mise en place pour les soins, le dépistage, la vaccination, nous avons une accalmie. Nous sommes aujourd’hui à moins de deux cas actuellement, mais attention, il faut faire très attention, nous restons très attentifs. Nous veillons à ce que les règles qui ont été édictées par le Gouvernement soient strictement respectées car comme vous l’avez constaté dans d’autres pays, cela repart de plus belle. Et nous veillons à ce que les dispositions en cours soient strictement respectées.

Qu’en est-il de la vaccination ? 

La vaccination, nous l’avons effectivement démarrée et, à un moment donné, le Gouvernement au regard de l’infodémie ambiante a décidé d’avoir une attitude offensive et le 5 novembre 2021 nous avons lancé une campagne accélérée qui nous a permis aujourd’hui d’atteindre 35% de couverture. En Afrique, c’est l’un des records et nous sommes parmi les meilleurs pays en Afrique. Depuis quelques semaines, nous avons arrêté la campagne intensive et nous sommes passés à la routinisation. Aujourd’hui, les citoyens qui ont besoin de service de vaccination de COVID vont dans les services habituels de vaccination et peuvent l’avoir. Nous avons également réglementé les voyages. Nous avons aujourd’hui un pass vaccinal qui est international, qui passe en Europe, aux Etats-Unis, partout dans le monde et qui nous permet d’avoir cette crédibilité pour faciliter les échanges entre nous et l’extérieur.

 Comment est-ce qu’on obtient ce Pass Vaccinal ? 

C’est très simple. Vous allez au palais des congrès. C’est là où les procédures se font. Vous allez au Palais des congrès, vous avez votre pièce d’identité avec votre carnet de vaccination, soit vous devez renouveler votre dose, soit vous n’en avez pas besoin. Ensuite vous remettez cela et 15 mn après vous avez votre pass électronique qui vous permet de voyager partout dans le monde.

Nous allons enfin aborder la question pharmaceutique. Les médicaments contrefaits, le mal persiste. Pourquoi cela ? 

Nous avons mis en place un corpus législatif qui est répressif, mais bien avant cela, nous avons commencé déjà à réprimer fortement avec volontarisme toutes les déviances qu’il y avait dans le sous-secteur pharmaceutique. Nous avons démarré l’assainissement du milieu avec l’Agence béninoise de régulation pharmaceutique qui a à charge de s’assurer que les autorisations d’importation, soient délivrées dans les bonnes formes. Nous avons fait un contrôle récemment et nous avons regardé toute une série de médicaments prélevés dans toutes les officines du territoire et nous avons pu avoir quelques molécules qui n’étaient pas de qualité et nous avons procédé à leur retrait.

Mais au-delà de cela, il y a le circuit parallèle. Nous sommes entourés de pays d’où viennent ces médicaments. C’est pourquoi le défi aujourd’hui c’est l’instauration d’un environnement régional  sécurisé et assaini. Nous travaillons avec nos autres collègues de la sous-région pour faire en sorte que nous puissions y arriver. Nous avons ratifié la création de l’Agence africaine de médicaments et dans toute cette panoplie de mesures nous allons vraiment veiller à ce qu’à terme, les médicaments qui sont pris par les Béninois soient de qualité. La plateforme e-pharmacie que nous mettons en place actuellement va permettre de digitaliser tout le système, d’assurer un contrôle de qualité effectif des produits de santé qui rentrent dans le pays. Il s’agit d’une avancée majeure et dans les tout prochains mois, cela va être opérationnel. Et là ou vous êtes, vous pouvez vérifier après achat de votre médicament si ce médicament est de bonne qualité. C’est vers là que nous allons avec la plateforme e-pharmacie et évidemment comme je l’ai dit, il y a le laboratoire national de contrôle des produits de santé et de l’eau que nous mettons en place et qui sera l’un des plus grands que nous mettons en place pour nous permettre de vérifier sur place la qualité de ce que nous avons. Quand on saisit un médicament, on le contrôle pour voir ce qu’il y a dedans. Est-ce de la farine ou un vrai principe actif ?

Où en sommes-nous avec la carte pharmaceutique ? Vous l’avez annoncée dans les réformes au niveau du secteur pharmacie 

La carte pharmaceutique qui a été révisée dernièrement a été finalisée. Nous avons procédé à la création de plus de 130 sites pharmaceutiques qui sont déjà pratiquement occupés. Cette carte sera révisée en temps opportun mais pour le moment, le processus est déjà bouclé. Nous l’avons fait en 2019 et les nouveaux occupants ont déjà pris possession de leur site. Cela permet de rapprocher l’offre des produits de santé de qualité des populations.

Etes-vous satisfaits des premières actions que vous avez posées au cours des douze premiers mois du second quinquennat ? 

Satisfaction pour satisfaction, non. Il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de s’assurer que la vision que le Gouvernement a, est en train d’être mis en branle et que l’objectif que nous visons est en train d’être atteint. Je pense que les jalons qui sont posés actuellement nous donnent ces indices. Nous sommes certains qu’avec la démarche qui est en cours, nous sommes en train, progressivement, de tendre vers cette aspiration que chaque Béninoise, chaque Béninois, où qu’il se trouve, puise avoir des soins de qualité avec des plateaux techniques les plus adaptés avec les ressources humaines de qualité qu’il faut. C’est vraiment cela la vision du Gouvernement. Nous veillons à ce qu’il y ait l’équité dans l’offre de soins. Je pense qu’au niveau du Gouvernement nous pouvons nous satisfaire de cela. C’est une préoccupation majeure du Chef de l’Etat qui a fait du secteur de la santé une priorité majeure pour ce quinquennat et nous allons sérieusement veiller à faire en sorte que nous puissions y arriver.  (Gouv.bj)


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