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CEA / Rapport sur l’Indice des prix à la consommation (IPC) en Afrique : « Le Bénin figure parmi les 34 pays à faible inflation jusqu’à présent »


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Ph: DR-: Dr Bartholomew Armah, chef du renouvellement de la planification au Centre africain pour la statistique et Division de la macroéconomie et de la gouvernance.

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a organisé ce mardi 03 novembre 2020, un webinaire sur l’analyse de l’indice des prix à la consommation (IPC) avec un accent particulier sur les produits alimentaires du panier de biens et services du consommateur. Le Second du genre, depuis le lancement du Centre africain de surveillance des prix, par la CEA en août dernier, ce webinaire s’est beaucoup plus penché sur l’impact de la Covid-19 et les prix actuels sur le marché qui entretiennent l’inflation.

Selon l’orateur principal de ce rapport sur l’indice des prix à la consommation, plusieurs chocs ont  conduit à des effets variables, d’un pays à l’autre en Afrique sur l’inflation. Le plus gros choc, c’est la Covid-19 qui a occasionné notamment : des pénuries du côté de l’offre, en particulier l’équipement médical et les produits alimentaires de base ; des réponses politiques adoptées par les Gouvernements pour lutter contre la crise sanitaire «les confinements ont entraîné une baisse de la demande de produits de base africains, une dépréciation des taux de change et une hausse de l’inflation » a noté Dr Bartholomew Armah  chef du renouvellement de la planification au Centre africain pour la statistique et Division de la macroéconomie et de la gouvernance.

« Cependant, une demande plus faible de biens et de services a conduit à une inflation sous-jacente plus faible que prévu – la plupart des économies connaîtront une croissance inférieure aux prévisions en 2020 par rapport aux projections de 2019 ».

Par ailleurs, certains pays en Afrique australe ont également subit des chocs liés au climat, notamment, l’invasion acridienne qui a affecté l’offre des produits alimentaires, entraînant une augmentation de l’inflation des produits alimentaires et une sécheresse.

Ph: DR-: L’inflation urbaine reste supérieure à celle des zones rurales en ce qui concerne les produits locaux.

En effet, l’objectif du Centre africain de surveillance des prix de la CEA vise à fournir une vue à l’échelle du continent des niveaux et de l’évolution des prix et soutenir les efforts de gouvernance économique à court et moyen terme et de planification du développement durable à long terme. L’Indice des prix à la consommation (IPC) est un indicateur économique de base mais essentiel. Il est pertinent pour chaque citoyen et fondamental pour l’élaboration des politiques de consommation, de commerce, d’inégalité, de taux d’intérêt et de taux de change. La composante alimentaire de l’IPC est essentielle pour maintenir les bases des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 visant à éliminer la faim et lutter contre la pauvreté sur le continent africain.

Tendances récentes de l’IPC global

 Plus de 50% des pays ont à ce jour des taux d’inflation faibles : moins de 3%. Les taux d’inflation sont toujours à des niveaux raisonnables dans une majorité de pays depuis janvier (moins de 3%). Une poignée de pays sont confrontés à de fortes hausses de prix: onze pays ont déjà un taux d’inflation cumulé au cours des sept à neuf premiers mois supérieur à 6%.

Les pays à faible inflation jusqu’à présent sont : Algérie, Bénin, Botswana, Burundi, Cap-Vert, Cameroun, Centrafrique, Tchad, R D Congo, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Guinée Equatoriale, Eswatini, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Madagascar, Malawi, Mauritanie, Île Maurice, Maroc, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, São Tomé et Príncipe, Seychelles, Somalie, Afrique du Sud, Tanzanie et Togo.

Les exportateurs de minerais sont les plus durement touchés en 2020. Les pays riches en minéraux, les exportateurs de produits agricoles et les pays importateurs de pétrole ont enregistré des augmentations notables des taux d’inflation trimestriels. L’inflation dans les pays exportateurs de pétrole est restée quasi stable mais élevée. Néanmoins, les taux d’inflation au T2 2020 sont plus élevés par rapport au T2 2019. Près de la moitié des pays ont enregistré un taux d’inflation plus élevé au deuxième trimestre de cette année que l’année dernière. Là où l’inflation a été plus faible, de nombreux pays n’ont connu qu’une faible baisse par rapport à l’année dernière. Le Zimbabwe, l’Ethiopie, l’Angola ont les taux d’inflation annuels les plus élevés.

 Influence de la catégorie des produits alimentaires sur l’IPC global

Les prix des produits alimentaires sont le principal moteur de l’inflation, 9 pays ont enregistré une augmentation de plus de 10%.  Les produits alimentaires pèsent plus de 30% dans les paniers de consommation dans la plupart des pays. Les aliments et les boissons non alcoolisées représentent une grande partie du panier de consommation dans un grand nombre de pays: plus de 50% dans 13 pays et plus de 30% dans 27 pays. L’évolution du prix de ces catégories de consommation affecte directement le pouvoir d’achat des populations africaines. « Cette relation n’est pas très claire » a déclaré M. Armah.

 Évolution comparative des prix des produits alimentaires, de l’IPC global et des taux de change.

Le présent rapport a procédé à l’analyse  de la situation de certains pays par rapport à l’IPC et aux taux de change. Au Nigéria par exemple, « les produits alimentaires ont dépassé tous les articles du panier de consommation, avec une influence importante des produits alimentaires importés. L’inflation urbaine reste supérieure à celle des zones rurales. Le taux de change semble avoir une influence significative sur ces prix des denrées alimentaires, ce qui affecte les prix nationaux globaux » souligne le rapport.

En Angola (Indices janvier 2020 = 100) «Le taux de change a un impact positif sur l’inflation, principalement en raison des augmentations notables des prix des boissons alcoolisées et du tabac, des vêtements et des chaussures ». Par contre au Liberia, le taux de change a eu un impact significatif sur l’inflation avec une plus grande impulsion de son passe par les produits alimentaires.

 Au Niger, le prix des produits alimentaires est resté stable jusqu’en mars 2020, et a grimpé, encore plus que les autres produits, malgré l’appréciation de la monnaie suggérant l’impact du régime de taux de change fixe entre le franc CFA et l’euro dans la région de l’Uemoa.

« Du fait de ces résultats, on peut en déduire que le taux de change a eu un impact très minime sur l’inflation au Niger. La hausse des prix  est principalement due à la poursuite de la hausse des prix alimentaires et pétroliers, dans un contexte où les marchés sont insuffisamment approvisionnés en produits locaux, probablement à cause de la pandémie COVID-19 » a conclut Dr Bartholomew Armah.

Aline ASSANKPON

 


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