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Sommet extraordinaire des Chefs d’État par visioconférence : La Cedeao adopte un plan régional de riposte face à la COVID-19


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Ph:DR-: Issoufou Mahamadou, président du Niger et président en exercice de la Cedeao

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao ont tenu ce jeudi 23 avril 2020, une session extraordinaire par visioconférence à partir de 10h (temps universel). Sous la présidence du président du Niger, Issoufou Mahamadou, président en exercice de la Cedeao, cette session a pour objectif  d’examiner les modalités de lutte contre le COVID-19 et de mutualiser les moyens nécessaires pour  venir à bout de la pandémie dans l’espace CEDEAO.

C’est la première fois dans son histoire, qu’un sommet de cette organisation régionale se tient par visioconférence. « Cela seul suffit pour comprendre que les circonstance qui nous y ont obligés sont d’une extrême gravité » a déclaré Issoufou Mahamadou du Niger à l’ouverture du sommet virtuel.

Dans son discours, il reviendra sur l’apparition de la crise sanitaire causée par  la pandémie du COVID-19 en décembre 2019, ses conséquences sur le plan humain, social et économique, dont on est encore loin de mesurer l’ampleur.

« Sur le plan humain, plus de 2,6 millions de personnes sont infectées dans le monde à la date du 22 avril 2020. On enregistre à la même date du 22 avril 2020, plus de 180 milles morts. Sur le plan social, la pauvreté va s’aggraver, le nombre de personnes exposées à la faim va doubler, le chômage et les inégalités vont s’amplifier. Sur le plan économique, le monde va connaitre une crise sans précédent depuis celle de 1929 » souligne le président en exercice.

Déjà ébranlée par ce défi sécuritaire, la région ouest-africaine à l’instar des autres régions du monde, a enregistré le premier cas de Covid-19 le 28 février 2020 et depuis, le virus se propage à une vitesse exponentielle.  Selon les données de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), à la date du 22 avril 2020,  les 15 États membres ont enregistré 5 574 cas confirmés, dont 1567 guéris, 147 décès et 3 767 cas actifs.

Souhaitant un prompt rétablissement aux personnes infectées, une minute de silence a été observée à la mémoire des personnes disparues.

Par ailleurs, la conférence a salué les mesures fermes et appropriées prises par les Etats membres pour endiguer la crise sanitaire et ses conséquences sociales et économiques. Le sommet estime que ces ripostes nationales doivent être agrégées dans un plan régional de riposte conformément aux principes fondateurs de cette organisation régionale.

Ph:DR-: Une session extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEDEAO pour une approche structurelle coordonnée de riposte contre le COVID-19.

Le plan de riposte régional  face à la COVID-19

Sur la base de ces principes, le plan de riposte régional face à la pandémie met un accent particulier sur la santé, le social et l’économie.  Il s’agit entre autres de : Faire la production massive des masques dont le port doit être obligatoire et de les mettre à disposition de la population ;  Faire le contrôle et la prévention  des maladies dans tous les pays membres ;  Intensifier la lutte contre les faux médicaments dans l’espace Cedeao ; Mettre l’accent sur la coopération sanitaire aux frontières des pays membres et sur la gestion harmonisée des lieux de culte, etc.

Sur le plan socioéconomique, il convient de mettre également en place un plan soutien aux personnes et ménages vulnérables permettant un accès aux produits de première nécessité ; adopter des mesures d’accompagnement fiscal pour les entreprises du secteur formel et informel (PME) ; faciliter la circulation des marchandises particulièrement les produits de première nécessité ; mener des démarches nécessaires à entreprendre en vue de l’annulation de la dette des pays membres et au-delà des pays de l’ensemble du continent africain.

Par ailleurs, le sommet recommande que les différents plans de riposte face à la pandémie soient prolongés par des plans post-pandémie. A cet effet, un groupe technique de travail sera mis sur pied pour réfléchir sur l’impact socio-économique et les conditions de reprise post-crise et proposer un plan d’investissement communautaire qui doit s’attaquer aux contraintes structurelles.

« Ce plan doit donc porter sur le renforcement de notre intégration et au-delà sur la contribution de notre région à l’accélération de la mise en œuvre de l’agenda 2063, sur sa contribution à la conception et à la mise en œuvre d’une nouvelle gouvernance politique et économique mondiale » a souligné le sommet.

Invitant ses paires à partager équitablement les risques comme les avantages de la globalisation, le président en exercice de la Cedeao justifie ainsi la nécessité d’un nouveau paradigme pour la gouvernance mondiale : « La dignité, l’égalité, la justice et la solidarité telles sont entre autres les valeurs qui doivent fonder cette gouvernance ». Il en appelle donc à la prise en compte de ces valeurs et à l’annulation de la dette des pays en développement.

Rappelons qu’en prélude à la tenue du présent sommet, les ministres en charge des Finances et les Gouverneurs des banques centrales de la Cedeao ont tenu une réunion extraordinaire en visioconférence, le lundi 21 avril 2020, sur le même sujet.

Aussi, notons que depuis l’apparition de la pandémie dans la région, la Cedeao a immédiatement mis à disposition un soutien financier, venant compléter l’aide des partenaires internationaux pour l’achat de fournitures et d’équipements médicaux essentiels à la lutte contre la pandémie. La conférence a félicité les Nations Unies, l’Union africaine, le G20, le FMI, la Banque mondiale, la BAD pour les initiatives déjà prises et celles à venir.

Ce sommet extraordinaire a vu également la participation pour la toute première fois, du nouveau président élu, de la Guinée-Bissau, Umaro, Sissoko Embalô.

Aline ASSANKPON

 


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