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Agriculture / Bourse/ Uemoa : Abidjan abritera une Bourse des matières premières agricoles


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Ph:DR- Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la BRVM et Justin Koffi, directeur général de l’ARRE signant les actes de la Bourse des matières premières agricoles.

Attendue de longue date, une Bourse des matières premières agricole dans la région Uemoa devrait voir le jour en juillet 2020, à Abidjan. Elle permettra aux agriculteurs de Côte d’Ivoire de se prémunir contre les aléas des prix.

La BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières et l’Autorité de régulation du système des récépissés d’entreposage (ARRE) des produits agricoles ont scellé un partenariat afin de créer la Bourse des matières premières agricoles de Côte d’Ivoire (BMPA). Les deux structures ont signé, fin février, un mémorandum d’entente en ce sens.

Dans un premier temps, le texte consacre un cadre institutionnel de coopération entre l’ARRE et la BRVM, agissant pour le compte de la BMPA en constitution. Il permet, dès à présent, l’identification, l’évaluation et l’exploitation des synergies et de la complémentarité entre les acteurs de ce nouveau marché.

Il prévoit la négociation des produits aujourd’hui échangés sur le Système des récépissés d’entrepôts (SRE), sur le système de cotation de la BMPA, pour favoriser leur financement. Et donc, in fine, l’accord prévoit la construction d’un marché agricole organisé autour du SRE et de la BMPA, répondant aux ambitions du gouvernement ivoirien et conforme aux standards internationaux.

Saluant la signature de ce mémorandum, Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la BRVM, a précisé : « La BMPA de Côte d’Ivoire sera un marché organisé de classe mondiale qui apportera des solutions aux enjeux et défis de l’écosystème agricole ivoirien et constituera un outil financier de gestion des risques. Elle atteindra ses objectifs quand un producteur sera en mesure de choisir sa cadence de production en fonction des prix au comptant et à terme déterminés par l’offre et la demande ».

Trois premiers produits concernés

De son côté, Justin Koffi, directeur général de l’ARRE, a souligné les ambitions de ce projet : « La Côte d’Ivoire, qui a plus de 23 produits agricoles éligibles pour des récépissés d’entreposage, ne peut réaliser une transformation structurelle de son économie sans créer une Bourse des matières premières agricoles fondée sur un système d’entreposage supporté par des récépissés d’entreposage efficaces, fiables et conformes aux normes et standards internationaux ».

À ses débuts, le nouveau marché pourrait accueillir des cotations sur trois produits, l’anacarde, la noix de kola et le maïs. Après négociation entre les investisseurs nationaux et internationaux, un seul prix national au comptant sera affiché par produit.

De plus, la Bourse proposera des produits à terme, lesquels serviront de couverture face aux risques de variation des prix, pour les agriculteurs. Un mécanisme de marché à terme absent de la Côte d’Ivoire jusque-là. Ce marché à terme, s’il veut éviter les excès spéculatifs, doit coller au mieux à la production réelle.

La Côte d’Ivoire compte 1 066 entrepôts dont seulement 266 sont éligibles aux normes de l’ARRE ; leur mise aux normes nécessiterait environ 37 milliards de F.CFA (56,4 millions d’euros). L’objectif est de créer 108 entrepôts supplémentaires, d’une capacité de 500 000 tonnes et comprenant un système d’entreposage électronique de récépissé, afin d’atteindre une couverture de 60% du territoire.

Réduire les aléas des prix

Cette avancée n’est en rien une surprise, pour les professionnels. Progressivement, tous les pays ou toutes les zones économiques de l’Afrique se dotent de marchés boursiers des produits agricoles, répondant aux normes modernes qu’exigent de telles structures.

Après le Ghana (Ghana Commodity Exchange) en 2018, le Nigeria a porté sur les fonts baptismaux une telle plateforme, fin 2019, au sein du Lagos Commodities and Futures Exchange (LCFE). La Bourse cote une quarantaine de produits agricoles, dont le sésame, le sorgho, le mil et le maïs, qui rejoignent les échanges sur le pétrole et le gaz ainsi sur les minéraux solides et les devises.

De son côté, l’Égypte travaille à la création d’une Bourse des matières premières agricoles, qui pourrait accueillir ses premières cotations fin 2020. Les produits sélectionnés comprendraient le blé, le sucre, le maïs et le riz.

La création d’une Bourse répond au souhait des agriculteurs et des autorités de stabiliser les prix et de réduire les risques. De plus, un marché dynamique et bien réglementé accroît le nombre de négociants et la qualité des infrastructures et des produits eux-mêmes.

Une Bourse tend à augmenter les revenus des agriculteurs et à diminuer les prix pour les consommateurs. L’idée n’est pas nouvelle : une Bourse au coton existait déjà au XIXe siècle en Égypte, elle a fermé en 1952.

 


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