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20 0ct 2011 – 20 0ct 2014 / Célébration du triste anniversaire de la mort de Mouammar Kadhafi : Quelles leçons pour les Africains ?


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20 Oct 2011-20 Oct 2014, 03 ans déjà, que le Guide libyen Mouammar Kadhafi a été éliminé, du moins retiré de la scène politique. Une élimination qui, aujourd’hui devient historique dans les grands faits et événements mondiaux. A l’instar de ces prédécesseurs, ce panafricaniste hors paire aura jeté les bases de l’émergence et de l’unification du continent. Certes, il était incompris par certains quand il prônait le panafricanisme voire les Etats Unis d’Afrique. Reste aux Africains de tirer enfin les leçons qui  découlent de cette vision.

Ph:DR- Feu Mouammar Kadhafi rejoint désormais le cercle fermé des panafricanistes immortels.

Ph:DR- Feu Mouammar Kadhafi rejoint désormais le cercle fermé des panafricanistes immortels.

3 ans déjà que le panafricaniste s’en était allé !

Ce lundi 20 Octobre 2014, toute la communauté africaine et surtout panafricaine se souvient  encore de l’ignoble assassinat du Guide libyen, Mouammar Kadhafi. Celui-là même qui durant des années a écrit les plus belles pages de l’histoire de son pays aujourd’hui en lambeau, déchiré par une violence dont l’issu n’est pas encore programmé. Au-delà de sa chère Libye, Mouammar Kadhafi, quand il était aux affaires, avait fait renaître l’espoir d’une vie meilleure dans le cœur du commun des Africains.

A ce troisième anniversaire de sa mise à mort par la communauté internationale sous la houlette de l’ex-président français Nicolas Sarkozy. Les véritables motivations de ce complot international ayant débouché sur la mort du Guide restent discutables. Pour les observateurs avertis, il ne fait aucun doute que le Guide de la Jamaryhia libyenne soit mis à mort pour ses idées révolutionnaire et panafricanisme à l’instar de ses prédécesseurs tant du Ghana (Kwamé Nkrumah),  du Burkina Faso (Thomas Noël Sankara – dont on venait de célébrer ses 24 ans d’assassinat le 16 octobre dernier), de l’ex-Zaïre aujourd’hui RDCongo (Patrice Lumumba), du Mali et du Cameroun.

Entre autres idées panafricanistes, on retient qu’en 2000 lors du Sommet de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à Lomé,  le Guide – pour concrétiser le rêve de Kwamé Krumah, de Cheick Anta Diop a réussi à obtenir la création de l’Union africaine quelques années plus tard.

Poussa le bouchon plus loin, il proposa la mise en place de l’Union monétaire africaine (UMA),  pour donner une réponse aux nombreuses voix qui s’élevaient de part et d’autre sur le continent pour dénoncer l’utilisation sans intérêt de la monnaie coloniale, le Franc CFA. Joignant l’acte à la parole, 30 milliards de dollars US avait été dégagés par ses soins pour la création de cette union monétaire panafricaine qui devrait avoir pour siège, Yaoundé, la capitale camerounaise. Il a également émis l’idée de la création d’une Banque centrale africaine (BCA) qui sera domiciliée à Abuja, la capitale de la République fédérale du Nigeria.

Selon ses prévisions, cette banque centrale africaine devra émettre une monnaie africaine à partir de cette année 2014. Où en sommes-nous aujourd’hui avec cette belle initiative  de développement et d’indépendance financière devrions-nous demander ?

Ce panafricaniste hors paire ne s’était pas arrêté en si bon chemin. Dans le domaine de la communication, alors que l’Afrique s’alignait sur les satellites européens, Mouammar Kadhafi préfinance l’acquisition d’un satellite avec une centaine de dollars US pour ses paires du continent. Selon lui, l’Afrique doit disposer de son indépendance en matière de la communication. Ainsi il offrit le premier satellite entièrement dédié au continent noir et qui fut mis sur orbite le 20 décembre 2007, une date qui marque la mise en orbite du continent africain sur le réseau mondial.

Dans le domaine du transport, Kadhafi lance également une compagnie aérienne africaine, dénommée : AFRIQYA Airways qui assure la liaison entre les capitales africaines et les régions du continent. Beaucoup d’autres actions au nom du continent et au titre des pays africains de façon individuelle viendront allonger la liste de ses réalisations.

Son objectif fondamental était la création des Etats-Unis d’Afrique, une vision qui entretenait à la fois, crainte et scepticisme non seulement au plan continental mais aussi au plan international. En réalité la communauté internationale avait peur de perdre le contrôle total de ce continent très riche d’opportunités.

Maintenir à tout prix, le continent noir sous le joug occidental

Pour ne pas perdre le contrôle de l’Afrique à partir de 2014, (année prévue pour la création de l’Union monétaire africaine) une force internationale coalisée, constituée entre autres,  de la France, des Etats-Unis d’Amérique et de la Grande Bretagne s’est lancée dans la traque et la mise à mort de ce panafricaniste, dont les initiatives et réalisations pour libérer le continent du joug colonial ne sont plus à démontrer.

En effet à travers une frappe de l’OTAN exécutée sous le couvert de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, – dont trois pays africains avaient aussi voté en sa faveur, notamment, le Nigeria, Gabon et l’Afrique du Sud, – Kadhafi venait d’être tué. Cette résolution comportait deux éléments essentiels : le No fly de Benghazi (l’interdiction de survoler la ville de Benghazi) et la responsabilité de protection du peuple libyen. Deux points qui soulèvent évidemment un certain nombre de questionnements.

Les Africains ont-ils vraiment tiré leçon ?

Trois ans après la mise à mort de ce panafricaniste, homme révolutionnaire de la lutte contre l’impérialisme et le néo-colonialisme, l’on se demande si les Africains où qu’ils se trouvent aujourd’hui, ont-il tiré enfin leçons ? Il s’agit de tirer leçons de ce crime perpétré contre eux, contre leur développement et contre leur libération ? Kadhafi a pour sa part, joué sa partition, il a montré la voie à suivre.

Reste aux Africains eux-mêmes de savoir ce qu’ils veulent réellement ? L’Afrique est immensément riche de ressources humaines et de ressources naturelles. Eu égard à cela, les Africains vont-ils toujours se plier au desirata des Occidentaux ? Car disons-nous la vérité, le pétrole libyen,  n’était-elle pas l’une des raisons fondamentales de cette crise ? Nous avons assisté à un retour sur investissement des pays participants à cette frappe de l’OTAN. Sinon, l’Afrique pouvait s’unir et se lever comme un seul homme pour dire Non à cette politique interventionniste…Hélas, elle est restée muette, impuissante et spectatrice comme d’habitude. A quand alors, le réveil africain ?

Aline ASSANKPON


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