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38ème Réunion du Comité d’experts de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique : Les pays africains peuvent faire mieux avec une meilleure politique fiscale, déclare Songwe

La technologie peut transformer l’Afrique en renforçant la compétitivité, en favorisant une forte intégration

La technologie peut transformer l’Afrique en renforçant la compétitivité, en favorisant une forte intégration

Marrakech, la ville touristique du Maroc accueille durant sept jours, la 38ème Conférence des ministres de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CoM), l’un des rassemblements les plus importants de décideurs et d’experts africains, qui contribuera à concevoir la politique du continent. Il s’agit de la réunion du Comité d’experts de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique. Débuté ce 20 Mars,  avec un appel clair de Mme Songwe aux pays africains leur demandant d’améliorer leur politique fiscale et d’élargir leur base d’imposition afin qu’ils puissent financer efficacement leurs processus de développement.

(Aline ASSANKPON)

« La politique budgétaire, le commerce et secteur privé à l’ère numérique : une stratégie pour l’Afrique », c’est le thème autour duquel s’articulent tous les échanges et débats.  Une occasion pour les ministres africains d’examiner les politiques fiscales nécessaires à la mise en œuvre de la ZLEC (Zone de libre-échange continentale) africaine, initiative inscrite dans l’Agenda 2030 et l’Agenda 2063 ainsi que le rôle crucial du secteur privé à l’ère de l’économie numérique.

A l’ouverture des travaux, la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe, a déclaré que la capacité d’accroître le recouvrement des recettes est essentielle pour la capacité de financer son développement, en particulier l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Agenda 2063 de l’Afrique selon le communiqué de presse de la CEA.

Selon elle, une économie typique du continent prélève environ 16% de son PIB en impôts, à l’exception des pays comme le Maroc qui en collectent au moins 25%. Mme Songwe dit que l’Afrique du Sud et le Rwanda font partie des pays qui sont en mesure de tirer parti des nouvelles technologies pour accroître la collecte de recettes. « Le potentiel de l’Afrique est, et a toujours été, prometteur. Avec une population croissante en âge de travailler ; des terres arables abondantes et une multitude d’autres ressources, le continent dispose de toutes les conditions préalables à une transformation économique rapide au cours de la prochaine décennie », indique-t-elle.

Cependant, pour garantir la disponibilité de ressources publiques adéquates et d’investissements de qualité afin d’engendrer un changement structurel, requiert des politiques réactives favorisant la viabilité des finances publiques, optimisant les rendements de l’activité économique et permettant aux économies de participer pleinement à un monde de plus en plus interconnecté et mondialisé.

Ph: DR-: Mme Vera Songwe, Secrétaire Exécutive de la CEA et M. Zouhair Chorfile, nouveau Président,  Secrétaire général du Ministère de l’économie et des finances du Maroc à l'ouverture des travaux

Ph: DR-: Mme Vera Songwe, Secrétaire Exécutive de la CEA et M. Zouhair Chorfi, le nouveau Président, Secrétaire général du Ministère de l’économie et des finances du Maroc à l’ouverture des travaux

A l’entendre,  la réunion d’experts discutera des solutions possibles pour y arriver. « Nous cherchons comment financer plus efficacement, plus rapidement et plus équitablement notre croissance et comment nous pouvons garantir que nos jeunes populations puissent participer à la croissance dont nous parlons. Nous pouvons le faire en veillant à avoir une bonne politique fiscale. Nous voudrions être comme le Maroc qui se retrouve à 25% et qui peut réellement stimuler sa croissance ».

L’Afrique peut mieux faire

L’Afrique peut faire mieux si elle parvient à améliorer le recouvrement des impôts. « L’Afrique pourrait augmenter ses recettes de 3% du PIB en remédiant à ses contraintes fiscales en matière de capacité. En outre, en harmonisant mieux les taux d’imposition et les recettes fiscales avec les cycles économiques, les pays peuvent augmenter les recettes publiques de 5% », fait savoir Mme Songwe, ajoutant que les perspectives de croissance à moyen terme comprises entre 3 et 4% pour l’Afrique sont insuffisantes pour stimuler la qualité des investissements qui créeront des emplois et accéléreront la croissance inclusive.

Pour sa part, le Président sortant du Bureau du Comité d’Experts, Elsadig Bakheit Ilfaki Adballa du Soudan, exhorte également le continent à adopter l’ère numérique pour élargir sa base de revenus, créer des emplois pour les jeunes et relever la plupart de ses défis. « Avec l’avènement de l’ère numérique, l’Afrique peut utiliser les nouvelles technologies pour promouvoir le développement durable sur le continent », indique-t-il.

Le nouveau Président, Zouhair Chorfi, Secrétaire général du Ministère de l’économie et des finances du Maroc, informe que la numérisation est une grande opportunité pour l’Afrique. « Notre continent est prêt pour la transformation et le Maroc est prêt à jouer son rôle pour nous permettre d’optimiser les outils numériques en tant qu’Afrique en de véritables outils pouvant contribuer au développement de ce continent », dit-il.

La technologie peut transformer l’Afrique en renforçant la compétitivité, en favorisant une forte intégration, en réduisant les coûts des activités commerciales et en intensifiant les échanges commerciaux, entre autres choses, mais des garanties et une base solide sont nécessaires pour protéger le continent et ses habitants, ajoute M. Zouhair.

La Conférence des ministres se focalise sur le thème, « La politique budgétaire, le commerce et le secteur privé à l’ère du numérique : Une stratégie pour l’Afrique ». Le programme de cette année comprend des conférenciers de premier plan et un programme passionnant dont la conférence annuelle de monsieur Adebayo Adedeji, sur : « La transformation numérique en Afrique: battage ou réalité? ». C’est également l’occasion de procéder aux lancements de plusieurs rapports suivis de discussions.  A l’instar de ces programmes très riches s’ajouteront d’autres événements parallèles : le Rapport économique sur l’Afrique 2019 ; le lancement du Réseau africain de la Fintech ; le Rapport de suivi sur l’éducation dans le monde 2019 – « Migration, déplacements et éducation : construire des ponts, pas des murs » ; l’Indice 2019 de l’intégration régionale africaine (ARII) ; le Rapport 2019 sur le commerce en Afrique ; les Soins de santé et croissance économique en Afrique ; ; le Guide de planification et de rapport intégré et le Lancement du livre de la CEA - 60 ans au diapason du développement de l’Afrique.

— Toutestgrace

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