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Interview du Secrétaire général de la Mairie de Covè, Patrice Hounsinou, représentant du Maire: « C’est un travail de longue haleine qui va être fait, mais l’essentiel c’est d’avoir commencé ».

Ph: DR: Patrice Hounsinou, Secrétaire général de la Mairie de Covè

Ph: DR: Patrice Hounsinou, Secrétaire général de la Mairie de Covè

Invité pour lancer officiellement les activités de briefing avec les élus locaux de Covè sur la sécurisation foncière et l’accès des femmes à la terre au Bénin, le Secrétaire général de la Mairie de Covè, Monsieur Patrice Hounsinou apprécie l’initiative de la Konrad Adenauer et de la Synergie paysanne et invite les participants à accorder une attention particulière à la séance afin de capitaliser ses acquis les jours à venir dans les actes administratifs.

(Propos recueillis : Aline ASSANKPON)

L-integration.com : Une séance de briefing des élus locaux de votre commune sur la sécurisation foncière et l’accès des femmes à la terre au Bénin. Quel sentiment cela vous inspire ?

Patrice Hounsinou : Mes impressions sont très bonnes parce que c’est un sujet tabou dans notre localité que les organisateurs abordent. Nous avons une manière de faire qui, résiste et se perpétue encore ; parce que ce qu’on a mis tout le temps, toute la vie à comprendre, c’est difficile de s’en défaire.  C’est un travail de longue haleine qui va être fait, mais l’essentiel c’est d’avoir commencé.

Je pense que la séance de ce jour va vraiment donner ce déclic aux participants de commencer par se faire une autre mentalité des questions de sécurisation foncière et de l’accès des femmes à la terre.

En tant qu’acteur de l’administration communale que préconisez-vous comme solution alternative pour amener les hommes de vos localités à permettre à la femme rurale de jouir de ses droits à la propriété foncière ?

Je crois que nous sommes tous embarqués ; on ne peut plus reculer. Mais pour arriver à ce changement-là que nous attendons de nos populations, je crois que c’est à travers les initiatives comme celles-ci. Parce qu’il faut beaucoup sensibiliser. C’est vrai que nous n’allons  pas nous attendre à ce que, au bout d’une sensibilisation, les comportements changent aussitôt. C’est un travail de longue haleine, il faut que nous ayons de la patience, peut-être que cette génération va passer parce qu’ils ont déjà acquis une certaine habitude surtout dans nos milieux ruraux. Mais l’essentiel, c’est de continuer la sensibilisation.

Mais comment vous, autorités administratives comptez internaliser ces réformes foncières ? L’avez-vous déjà commencé à la mairie de Covè ?

La mise en application du nouveau code, au niveau du Conseil communal, un travail est déjà démarré, mais au niveau des populations, le travail n’est pas encore fait. Nous comptons vraiment le faire parce que tant que la population n’aura pas compris que les habitudes doivent changer, c’est que le fonctionnement de la mairie va prendre un coup ; donc nous avons intérêt à le faire mais nous ne pouvons pas le faire sans l’appui des Ong et partenaires.

Et qu’en sera-t-il de la restitution au niveau du Conseil communal ?

Je viens d’en parler avec le Coordonnateur de la Konrad Adenauer, nous avons déjà pris des rendez-vous, il reste seulement à les confirmer pour que nous trouvions l’occasion d’une session communale au cours de laquelle il viendra pour faire des présentations. Là, ce sera à un niveau plus élevé. Dites-vous qu’à une session, il y a non seulement les Conseillers, Chefs d’Arrondissement et la société civile.

 

Dans vos localités, certains menacent encore de tuer la femme qui hériterait la terre de son père, malgré les actions de sensibilisation.

Voyez-vous, c’est le poids de la tradition, le problème qui se pose au niveau de l’héritage est lorsqu’on accorde le droit d’accès à la terre, à la femme, on pense qu’elle va prendre sa propriété, qui en réalité est la propriété de la famille et elle pourrait l’utiliser pour enrichir d’autres familles puisqu’elle  est appelée à sortir de sa famille pour aller dans une autre famille. Donc ce faisant, le patrimoine de la famille est en train de se constituer mais au contraire de se disloquer. C’est ça qui fait qu’aujourd’hui, beaucoup d’hommes ne veulent pas entendre parler de l’accès de la femme à la terre.

En effet, c’est le niveau de compréhension qui fait que nous sommes encore à l’étape actuelle. Pour ceux qui ont bien compris la place de la femme dans l’économie locale et nationale, en principe la question ne doit plus se poser. Et les hommes ont intérêt à aller dans ce sens.

— Toutestgrace

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