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1ère Edition du Colloque scientifique international de la FLLAC : Quelques participants se prononcent…

Du 28 au 30 Mars 2018,  la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC) de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), a  organisé son premier colloque scientifique international. Objectif : Positionner la jeune faculté parmi les facultés qui rendent l’essentiel en matière de formations et de recherches à l’Université d’Abomey-Calavi. Cinq pays, le Gabon, le Nigeria, le Togo, le Burkina Faso et le Bénin ont pris une part active à ces journées portes-ouvertes axées sur le thème : « Lettres, Langues, Arts et Communication pour le développement d’une nation ». 43 communications (composées de travaux de recherches, d’analyses et d’études comparatives) ont été présentées sur la cinquantaine enregistrée. A travers ces propos recueillis, les participants (Professeurs, Responsables de départements, Maîtres de conférences, Enseignants et Doctorants), interrogés sur place, ont dit leur satisfaction  en apprécient  leur participation à ce grand rendez-vous de partage du savoir. Ils expliquent par la même occasion,  la substance de leur communication.

(Propos recueillis : Aline ASSANKPON)

Prof Atabavikpo Vincent, Vice-Doyen et Vice-président du Comité d’organisation : « Ce colloque, c’est l’inter-culturalité qui met l’accent sur les valeurs africaines… »

Cette grande rencontre scientifique aura permis non seulement aux uns et autres de limer leurs cervelles contre celles des autres ; mais aussi de mettre un accent particulier sur le service on ne peut plus grandiose que rendent les lettres, les langues, les arts et la communication à nos nations. C’est aussi l’inter-culturalité qui aura permis de mettre l’accent sur les valeurs qui constituent les principes fondamentaux de toute l’Afrique. Je félicite tout le comité d’organisation en général, et en particulier le Doyen de la FLAAC pour avoir initié ce grand rendez-vous qui aura permis de mettre l’accent sur le rôle que jouent les lettres, langues, arts et communication dans le développement de nos nations.

 

Ph: DR-: Dr Pascal Okry Tossou, porte-parole du président des panels, Professeur, Maître de conférences, Chef du Département des Lettres modernes à la FLLAC

Ph: DR-: Dr Pascal Okry Tossou, porte-parole du président des panels, Professeur, Maître de conférences, Chef du Département des Lettres modernes à la FLLAC

Dr Pascal Okry Tossou, porte-parole du président des panels, Professeur, Maître de conférences, Chef du Département des Lettres modernes à la FLLAC : « Je loue d’abord les efforts consentis pour l’organisation et la réussite de ce colloque »

Pour cet événement scientifique que nous avons voulu international, je loue d’abord les efforts consentis pour l’organisation et la réussite de ce colloque. En tant que porte-parole des présidents des panels, je dirai que les difficultés sont transversales et propres à tous les pays d’où viennent les conférenciers. Je voudrais quelques peu restituer leur ressentiment, et c’est pourquoi je voudrais être franc en présentant des excuses pour les ratés par endroit, les rendez-vous manqués aux manifestations, etc. Mais au-delà de ces ratés, il y avait une intention : on voulait  donner l’occasion aux uns et autres – vous savez tout au long de notre parcours scientifique, il y avait des contraintes par rapport au CAMES – donc de produire la science et de donner de réponses à ces rendez-vous que nous avons chaque année. C’est pourquoi en dépit de ces quelques faiblesses que nous avons par endroit, je voudrais que nos hôtes retiennent plutôt ce que nous avons partagé ensemble, c’est-à-dire leurs articles, communications et leurs sciences. C’est cela qui vaut !

 

Innocent Ouédraogo, Enseignant à l’Université Norbert Zongo de Koutougou (Burkina Faso)

Innocent Ouédraogo, Enseignant à l’Université Norbert Zongo de Koutougou (Burkina Faso)

« Pour une première fois, ce fut une très belle organisation, parfaite et réussie »

Je travaille quelque fois avec des collègues béninois et j’ai bien voulu participer à ce premier colloque scientifique. Je me suis inscrit de façon générale en la thématique du colloque mais ma communication a porté sur la professionnalisation puisque par ailleurs, je m’intéresse aux questions de formations et à la professionnalisation des Enseignants et j’élargis aussi aux autres acteurs de développement. D’abord, pour une première fois, ce fut une très belle organisation. Mon impression est très bonne par rapport à l’accueil des participants ; ensuite à l’organisation des panels, à la gestion des interventions et des communications, à ce niveau, je n’ai que de bonnes choses à dire. Les contributions sélectionnées sont de très belles factures et justement cela montre l’implication et l’application des Enseignants-Chercheurs de ce département qui semble-t-il est nouveau, donc pour une première, c’est très bien ; enfin dans une organisation humaine, il peut y avoir quelques failles liées à des déprogrammations des gens qui ne sont pas venus. Là, ce n’est pas intrinsèque à l’organisation, c’est des facteurs qui arrivent comme ça dans toute organisation. Avec mon œil d’observateur, je suis objectif quand je le dis, l’organisation est parfaite et réussie et la qualité des œuvres  et des contributions ; le respect mutuel qui n’empêche pas la critique universitaire, là aussi j’ai remarqué que c’était formidable !

Ma communication a porté sur « La professionnalisation du secteur de l’art comme une nécessité pour leur participation au développement et leur insertion socio-professionnelle ». Parce que les artistes, on ne le dira jamais assez, sont surtout considérés comme étant des personnes de seconde zone en tout cas, des gens qui prennent pas une part active au développement. Or cela, c’est peut-être des préjugés ou des jugements qui ne s’appuient pas sur la réalité, ni sur des analyses objectives. Mais aussi, au vue de l’inorganisation du secteur artistique, on peut justement avoir à dire sur leur inactivité. Sur cette problématique, je pense que lorsque ce secteur-là va se professionnaliser, d’abord, ce sera intéressant pour leur insertion socio-professionnelle ; ensuite, une fois qu’eux-mêmes seront bien insérés, ils apporteront leur contribution au développement de façon générale, donc ils apporteront leur pierre à l’édification de la nation. Sinon, l’art n’est pas aussi inutile, au contraire, comme certains voudraient le penser. L’art fait partie de la richesse culturelle et dans  des pays comme les nôtres au Bénin, au Burkina Faso, on ne peut pas négliger la part active de l’art et des artistes au développement. Dans un monde où le développement technologique a amené à regarder ce qui est utilitaire, je dirai même utilitariste, il faut que l’art se commercialise d’une manière ou d’une autre pour faire vivre ces hommes. Ce n’est pas une commercialisation qui va dénaturer ou dévoiler l’art mais c’est une manière aussi d’amener les artistes à s’insérer à partir de leur contribution.

 

Dr BISSA BI Nzué Astride, Philosophe de l’art et en scène à l’Ecole normale supérieure du Gabon

Dr BISSA BI Nzué Astride, Philosophe de l’art et en scène à l’Ecole normale supérieure du Gabon

Dr BISSA BI Nzué Astride, Philosophe de l’art et en scène à l’Ecole normale supérieure du Gabon : « L’art m’a fait voyager et je dis bravo pour cette initiative que je trouve très audacieuse ».

Je tiens à remercier les organisateurs de ce colloque pour avoir accepté ma communication et je tenais aussi à les remercier pour la réussite de cette organisation. Je pense que c’est une organisation parfaite. J’ai beaucoup aimé le Bénin qui m’a accueilli depuis le Gabon. Je n’ai eu aucune difficulté à entrer en contact avec les membres du comité d’organisation, en occurrence avec Dr Ligan qui a dû me supporter plusieurs fois sur l’internet avec toutes les questions que j’avais à soumettre. Le contact a été très facile et je suis très honorée d’être ici. Souvent, les lettres, langues et l’art passent pour le parent pauvre des sciences et du système éducatif. L’art m’a fait voyager et je dis bravo pour cette initiative que je trouve très audacieuse.

Au Gabon par exemple, on est encore à l’ère du scientisme où on dit aux Etudiants que les études scientifiques valent mieux que les études littéraires. Alors que la thématique de ce colloque est : « Lettres, langues, Arts et Communication au service d’une nation ». Je suis venue pour voir comment l’art peut développer une nation ; alors je repars ici avec la conviction que je ne me suis pas trompée en pensant que le développement de l’Afrique gagnerait à se faire dans un encrage, dans nos propres savoirs endogènes. Les différents panels auxquelles j’ai assisté, ont démontré, pas dans une perspective de revendication, mais dans une affirmation de notre Afrique.

 

Prof Hermann Vincent BATAMOUSSI, chef adjoint du  département hispanique

Prof Hermann Vincent BATAMOUSSI, chef adjoint du département hispanique

Prof Hermann Vincent BATAMOUSSI, chef adjoint du  département hispanique : « Cette initiative est une œuvre humaine et tout ne pouvait pas être parfait à 100% »

ce colloque scientifique, mes impressions sont très bonnes, car cette initiative est une œuvre humaine et tout ne pouvait pas être parfait à 100%. J’ai eu a présenté au total, deux communications. La première, j’ai servi d’accompagnateur puisque cette communication a été préparée par mon assistant. La deuxième, préparée par mes soins est également présentée par mon assistant.  Alors, cette dernière communication portait sur les emprunts linguistiques ;  puisque nous avons constaté que la langue Fon et Mahi du Bénin comportent certains emprunts de l’Espagnol et du Portugais. C’est ça qu’on a essayé de mettre en exergue, parce qu’il y a certains compatriotes qui utilisent des mots de ces langues mais ne savent pas quel est leur origine.  Au total, nous avons 90 mots dans la langue Mahi et Fon du Bénin. Ceci est dû à des phénomènes historiques sur nos côtes. Les premiers navigateurs se sont les portugais et après ont suivi les emprunts espagnols venus de l’Amérique latine. Nous avons parlé également dans cette communication, des Agoudas venus du Brésil.

 

Mme Françoise Félicité Kossouho épouse Jonhson, Docteur en linguistique au Département de la FLLAC

Mme Françoise Félicité Kossouho épouse Jonhson, Docteur en linguistique au Département de la FLLAC

Mme Françoise Félicité Kossouho épouse Jonhson, Docteur en linguistique au Département de la FLLAC : « Nous avons besoin des langues pour mieux se développer ; sans les langues, pas de développement ! »

Ce premier colloque à notre actif et je ne peux qu’encourager mon Doyen pour cette initiative. Déjà avec les thèmes, on se rend compte que les gens ont compris que nous avons besoin des langues pour réussir, pour mieux se développer ; sans les langues, pas de développement. Et quand on dit les langues, il s’agit d’abord des langues nationales et non les langues de travail identifiées. Il faut que nos dirigeants commencent par réfléchir pour voir quels sont les moyens à mettre en place pour permettre enfin d’identifier ne serait-ce que quelques langues (deux ou trois) et commencer par enseigner dans ces langues-là pour enfin promouvoir le développement tant souhaité.

Notre souci c’est de voir notre pays se développer or nous constatons qu’avec le système éducatif en place, nous avons des difficultés sur le plan langagier ; notre  c’est préoccupation, c’est de les corriger. Moi j’ai été d’abord Enseignante au secondaire, donc j’ai vécu beaucoup de choses, et je continue d’en vivre en tant qu’Enseignante à l’UAC.

Mon thème est intitulé : « Phénomène des contacts de langues : Influence du Gungbé sur le français au Bénin ». Il est vrai qu’on m’a demandé de reformuler (ce que je ferai) pour faire ressortir vraiment ce que j’aborde. Le constat est qu’aujourd’hui, les gens s’expriment très mal ; non pas parce qu’ils le font de façon volontaire, mais c’est lié à notre culture. Comme je l’ai dit au départ, c’est la langue qui véhicule la culture. Or pour apprendre une langue, nous ne tenons toujours pas compte de la culture. Nous apprenons le français qui est notre langue officielle que nous voulions ou pas, on ne peut plus s’en départir et se lever aujourd’hui pour dire : « Aujourd’hui, je veux parler mon Gungbé ou autre ». Alors, pour parler ce français, il y a des paramètres dont nous devons tenir compte et que nous ignorons souvent. Pour moi, c’est mettre un outil en place pour permettre aux Enseignants de savoir comment enseigner la langue. Il ne s’agit pas de dire en Français, nous avons appris toutes les figures de style, ça ne suffira pas. Il s’agira aujourd’hui d’amener les apprenants à identifier les moyens pour maîtriser cette langue.

Quand nous prenons notre système phonologique (l’alphabet de nos langues), ce n’est pas complètement la même chose que celui du Français ; il y a des signes (ou sons) que nous avons dans notre langue et qui n’existent pas en Français. Là, le problème ne se pose même pas ; mais puisque nous apprenons le Français, il y a des signes en Français que nous devrons les maîtriser immanquablement, sinon nous allons mal parler la langue.  Dans le seul mot «  Directeur », voyez-vous le nombre de changement, de modification qu’on a eue ?  Les gens disent, « Dilecteur ou Diyèteur ». Et ne pensez pas que c’est uniquement dans les milieux ruraux, on entend ça dans nos classes ; nous avons des Etudiants qui s’expriment très mal et qui écrivent très mal.

 

 

Dr Médénou Kossi Basile, Professeur au Département d’Espagnol, Inspecteur pédagogique du second degré

Dr Médénou Kossi Basile, Professeur au Département d’Espagnol, Inspecteur pédagogique du second degré

Dr Médénou Kossi Basile, Professeur au Département d’Espagnol, Inspecteur pédagogique du second degré : «Nous sommes satisfaits en ce qui concerne la richesse des échanges »

Au départ, ce colloque n’était pas donné ; mais vraiment, nous sommes en train de changer les sentiments. Les autorités ont dû forcer la chose, mais aujourd’hui, on se rend compte qu’elles ont raison. Même à interroger les collègues venus de l’extérieur, les gens sont satisfaits et nous sommes satisfaits en ce qui concerne la richesse des échanges. Il y a des doctorants parmi nous, qui travaillent dans les laboratoires et qui ont présenté leurs travaux, on a amendé la méthodologie et leur a prodigué des conseils en matière de recherche. Toutes les communications sont en lien avec le thème du colloque puisqu’elles convergent vers le développement  durable.

J’étais le premier à ouvrir le bal des présentations et mon thème, c’est « La problématique de la  féminité et la Gynéconomie », c’est une étude co-littéraire de ces deux phénomènes. En fait, de façon générale, tout devrait tendre vers le développement. Et à tort, certains pensent que quand on s’occupe des lettres, elles ne débouchent pas nécessairement sur le développement. Ce qui est complètement faux ! Parce que ce sont les hommes qui font le développement et ces hommes-là s’expriment, communiquent et ont des cultures qui constituent le background de toutes leurs manifestations. Lorsqu’on parle de la féminité qu’il ne faut pas confondre avec le féminisme, puisqu’il s’agit des attributs psychologiques de la femme, elle s’exprime par sa coquetterie, sa façon de s’habiller, etc. C’est de la féminité naturelle, d’où un attribut féminin. L’affection, la sensibilité aux problèmes des autres, la maternité, l’intuition, l’attention sur les détails sont autant d’attributs naturels et psychologiques qu’on retrouve chez la femme. Le féminisme par contre est un engagement socio-politique pour défendre les droits des femmes.

La Gynéconomie, originellement, c’est le métier de certaines personnes désignées pour surveiller le comportement social de la femme jusque dans les foyers pour établir les punitions que peuvent encourir les femmes qui enfreignent à ce canon de comportement de la femme. La gynéconomie selon l’ancien thème continue d’exister et vous allez voir des critiques et censures sociales par rapport aux femmes. Le thème a évolué dans le temps, aujourd’hui, la gynéconomie se définit par la présence massive et souhaitable de la gent féminine sur le marché de production. Les femmes sont devenues nombreuses dans les activités économiques et deviennent des leaders. On dit que c’est souhaité parce que, par rapport à ces activités que nous avons définies sur la féminité, elles réussissent mieux et les hommes n’ont pas ces atouts. Et surtout, il ne faut pas que nous continuons à étouffer cela ; et à les écarter de ces atouts qui profitent à l’humanité toute entière.

Ma deuxième communication porte sur l’identité, des clichés qui n’arrangent pas le développement des nations. Si nous aspirons au développement durable, nous devons-nous départir de certains clichés. Par exemple la considération que les gens ont des Albinos, c’est-à-dire  des êtres impurs qu’on doit sacrifier aux dieux. Dans l’ouvrage que j’ai présenté, un personnage confie qu’il est devenu riche en mélangeant le sang d’un albinos avec certaines herbes. Du coup, des gens ont trouvé ainsi des solutions à leur problème. Donc, le fait de conserver certains clichés et de les cultiver est une mauvaise chose ; nous devons-nous départir de cela et nous devons surtout réévaluer nos cultures parce qu’il ne faut pas seulement voir les résultats  mais il faut voir les méthodes utilisées pour réussir pour avoir ce résultat. Quand on dit, j’ai réussi, avez-vous utilisé des moyens positifs et vertueux ? Même si vous parvenez à un résultat, cela ne devrait pas être qualifié de résultat positif mais négatif. Puisqu’il s’agit-là en réalité des sacrifices humains, c’est un crime.

 

Dr Charles Ligan, Chef division communication de la FLLAC

Dr Charles Ligan, Chef division communication de la FLLAC

Dr Charles Ligan, Chef division communication de la FLLAC « Le Succès est franc à 90%  quoi qu’on a enregistré des insuffisances qui seront améliorées à la prochaine édition »

Le Succès est franc à 90%  quoi qu’on a enregistré des insuffisances qui seront améliorées à la prochaine édition. Lorsqu’on n’a jamais entrepris, on ne peut rien corriger. Puisque nous avons osé entreprendre,  la prochaine fois sera la meilleure car nous allons tenir compte des imperfections et insuffisantes notées ci et là pour bien faire. Certes, nous allons continuer les discussions sur nos foras et les sentiments exprimés ici seront également partagés sur notre site que nous allons mettre en route les semaines à venir.

Quand on fait un colloque, il s’agit des communications scientifiques. Quand on communique on partage des idées, des sentiments, des connaissances, des savoirs et savoir-faire et savoir-vivre, etc. L’occasion nous est offerte ici à travers ce premier colloque de la FLLAC de partager donc des connaissances que nous avons avec d’autres collègues à travers le monde et ce qu’ils  détiennent  avec leurs paires d’ici. Il s’agit d’échanger sur des questions réelles de développement. Comment faire pour que la FLLAC soit positionnée comme l’une des facultés qui rend l’essentiel en matière de formations et de recherches à l’Université d’Abomey-Calavi et enfin,  faire en sorte que l’ensemble de ces communications qui sont délivrées au cours de ces trois jours d’atelier, puissent permettre vraiment au Gouvernement, aux politiques de tirer des éléments pour  refaire leur politique de développement et l’orienter vers les lettres, les langues, l’Art et la Communication.

 

 

Dr Achadé Chambi Julien, Département des langues de l’Université de Parakou

Dr Achadé Chambi Julien, Département des langues de l’Université de Parakou

Dr Achadé Chambi Julien, Département des langues de l’Université de Parakou : « Le Colloque nous a permis de confronter les idées et de nous enrichir les uns les autres »

J’ai été très sidéré par la richesse des communications et la densité des débats ; cela nous a permis en tant que chercheurs, de confronter  les idées, de nous enrichir les uns, les autres.  C’est une bonne chose pour la FLLAC, parce que sur le plan scientifique, toute activité doit se caractériser, s’affirmer et se montrer par ce travail qui est celui de la publication des recherches. C’est un volet très important pour  une faculté, pour  une université.

La communication présentée dans le cadre du premier colloque de la FLLAC porte sur : « Les langues en voie de disparition : Cas du Chumbuli ; c’est une langue parlée dans le village de Gbédé dans la commune de Savé, au Bénin. C’est une langue qui se porte mal car elle est en train de mourir à petit coup. En tant que linguiste, c’est un phénomène qui nous interpelle de parler de la situation des langues. En effet, les habitants du village appelé Gbédé sont en réalité des ghanéens à l’origine qui revenant d’une expédition du Nigéria et ont été intercepté par le Roi de Kaboi qui leur a demandé de s’installer et de lui prêter mains fortes en cas d’attaque d’ennemis très fréquentes à l’époque, par rapport aux rivalités entre les peuples voisins. Donc ils ont accepté de rester. Au départ, ce sont des gens qui avaient leur langue d’origine du Ghana. Mais aujourd’hui,  parce qu’ils se trouvent dans une position de minorité, ils abandonnent cette langue au profit du Tchabè, la langue majoritaire de la zone. Dans notre travail exposé, nous avons voulu  tirer la sonnette d’alarme pour dire attention, « Il y a quelque chose à faire » ; mais ça ne pourra se faire qu’avec la participation active des locuteurs de la langue et de leur responsable.

Ce que nous pouvons faire maintenant en tant que chercheur, c’est la description scientifique de la langue, dégager l’alphabet de la langue et d’élaborer des livres didactiques  pour qu’on puisse l’enseigner. Pour le reste, ce n’est que la volonté des locuteurs,  en acceptant par exemple des festivals de contes, de chants, des proverbes, des recueils tchumbuli ; d’accepter d’envoyer leurs enfants et mêmes adultes pour se faire alphabétiser dans cette langue-là ; enfin de s’engager à parler cette langue-là dans la vie de tous les jours. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Il faut dire que la langue n’est pas qu’un véhicule, c’est un sédiment qui recueille toute la culture d’un peuple. Laisser donc mourir  une langue, c’est laisser mourir tout un pan de la culture. Or dans un cadre de globalisation, qui est la nôtre, du brassage culturel et celui de l’enrichissement, il est toujours bien d’avoir ce qu’on appelle une synthèse de langues parlées dans le cadre de la pluralité culturelle.

 

Simplice Agossavi, Germaniste, chef du Département d’études germaniques, Maître assistant (CAMES)

Simplice Agossavi, Germaniste, chef du Département d’études germaniques, Maître assistant (CAMES)

Simplice Agossavi, Germaniste, chef du Département d’études germaniques, Maître assistant (CAMES) : «Ce colloque fait partie en réalité de l’activité scientifique d’une faculté qui se respecte ».

Le présent colloque s’est déroulé dans des conditions qui n’ont pas été aisées, il faut le reconnaitre. Nous sommes en période de grève et l’Université ne tourne pas ; mais malgré cela, le décanat a tenu à organiser ce colloque en invitant des participants de l’Afrique entière ; et qui de par leur contribution ont enrichi les réflexions et chacun dans son domaine de compétence. Je crois que, au vue de cette première expérience, nous pouvons améliorer ce qui va suivre. Et surtout, il y a la publication des actes de ce colloque qui va rester certainement un acquis car bientôt, la FLLAC va se doter de sa revue propre et plusieurs de ces contributions vont paraitre dans cette revue. Donc ça fait partie en réalité de l’activité scientifique d’une faculté qui se respecte.

J’ai présenté une communication sur le thème : « Martin Luther et la langue allemand ». Il s’agit de montrer ce pasteur allemand, à travers ces pensées religieuses et la traduction de la Bible du Latin en Allemand, a contribué non seulement, à assoir les bases de la langue moderne allemande telle que nous la connaissons aujourd’hui ; mais il a contribué aussi à révolutionner la foi chrétienne au sein de l’Eglise catholique d’alors, et c’est ça d’ailleurs qui a eu pour conséquence la naissance plus tard d’un mouvement qu’on appelle la réformation.

En conclusion, on retient que les pensées religieuses luthériennes n’ont pas seulement eu d’impacts dans le milieu religieux mais qu’elles ont eu aussi à influencer l’histoire des idées, le système éducatif allemand et des influences socio-politiques dans la mesure où cela a permis la prise de conscience de chaque individu qui s’est dit désormais qui peut se prendre en charge et se libérer des institutions religieuses qui entravent son épanouissement.

La deuxième chose, pour nous Africains, particulièrement Béninois, on doit mettre en parallèle, ce travail de ce pasteur allemand avec les travaux des premiers missionnaires sur notre territoire dans le cadre de l’évangélisation et de la christianisation. Parce que, en vue d’apporter la foi chrétienne, ils ont été obligés de s’approprier nos langues nationales, de traduire les textes religieux et ce faisant, ils ont contribué à la standardisation de nos langues. Je pense par exemple, ce dictionnaire Fon-Français-Français-Fon du Père Ségourola.  De l’autre côté, les influences religieuses de Martin Luther ont permis la libération même de certains peuples : pensons par exemple au mouvement civique des droits de l’homme aux Etats-Unis, le Pasteur Martin Luther King ; est-ce qu’il ne s’est pas inspiré du personnage jusqu’à prendre son nom et ajouter un autre pan ? Enfin, c’est une hypothèse.

La théorie de libération en Amérique latine tire aussi ses origines des pensées luthériennes. C’est ce que j’ai voulu montrer en disant que Martin Luther quand bien même il y a 500 ans, qu’il a publié cette thèse garde toujours une certaine modernité et une actualité. Par ce biais, nous devons prendre conscience qu’à un moment donné, l’adoption d’une langue nationale est toujours un processus et c’est toujours aussi les œuvres de certains pionniers et que nous devons-nous appuyer sur l’existant afin d’aller de l’avant et cela dans la constitution de la nation béninoise.

 

 

Delphine Bodjrènou du Département d’Espagnol à la FLLAC

Delphine Bodjrènou du Département d’Espagnol à la FLLAC

Delphine Bodjrènou du Département d’Espagnol à la FLLAC : « Les acquis du colloque rehaussent l’image de la Faculté »

Ce colloque est un point très fort qu’il faut mettre à l’actif de la Faculté qui est née il n’y a pas deux ans, déjà elle arrive à organiser un colloque international.  Ça c’est vraiment un acquis, il faut en être fier. Il faut être Béninois pour relever ces défis-là car ce n’était pas gagné d’avance. Les autorités à divers niveaux et notre Doyen, a mis de toute son énergie. Ces acquis rehaussent l’image de la Faculté ; les recherches scientifiques montrent que cette faculté est dynamique et très prochainement, on aura encore d’autres aspects scientifiques surtout pour coller au développement de la nation béninoise.

Nous avons travaillé sur les emprunts qu’on retrouve dans les langues Fon et Mahi.  Ce sont des emprunts qui viennent de la langue Espagnole et du Portugais du Portugal et du Brésil. Nous qui sommes locuteurs Fon et Mahi, nous utilisons tous les jours sans savoir en fait que ce sont des emprunts qui viennent des langues européennes. Par exemple, nous désignons dans nos langues le lit : « Akanma » dont le A est l’article « le » en portugais et kanma qui est le lit en portugais au lieu de « Zankpoti » Fon. Egalement, nous désignons la croix : « Akluzu » A égal le en portugais et  cruz en espagnol et portugais = croix ; et dans la religion, on parle de Akluzu.

Cela s’explique surtout par le phénomène de la traite négrière sur notre côte à Ouidah avec les négociants portugais et espagnols qui venaient acheter nos frères pour les envoyer vers l’Amérique latine ; ceux-là qui sont revenus ont gardé ces mots-là qu’on leur rabâchait à l’oreille tout le temps. Il s’agit de de Souza, do Santos et da Cruz et autres que nous avons Ouidah. Donc ces langues-là sont rentrées progressivement dans le parler quotidien du Fon et du Mahi. On va beaucoup travailler sur cet article scientifique et le publier.

 

 

Issau Lagoke Professeur de Français au village français du Nigeria (Nigeria French Langue Village)

Issau Lagoke Professeur de Français au village français du Nigeria (Nigeria French Langue Village)

Issau Lagoke Professeur de Français au village français du Nigeria (Nigeria French Langue Village) : « On aurait pu valoriser la gastronomie béninoise… »

J’ai apprécié l’organisation, chacun a présenté sa communication au panel. Si je dois dire quelque chose, ce sera au niveau de la restauration. Dans ce monde, chacun essaie de valoriser ses mets, et ce n’est pas le cas : nous n’avons pas été bien servi, on aurait pu offrir les mets béninois, nous aurions souhaité goutter à des mets du terroir. Aussi, j’ai noté qu’il n’y a pas de photo des participants au colloque. Je suggère qu’à la fin du colloque ou bien à partir du 2ème jour où tout le monde est là, qu’on prenne une vue d’ensemble puisqu’il y a des participants qui repartent avant la fin du colloque. Donc une photo de famille c’est ce qui a vraiment manqué.

Tout Etudiant qui apprend la langue française au Nigeria est censé faire une année à l’étranger. A cause du problème des devises étrangères, ils ont créé cette institution, au lieu d’aller en Europe, au Bénin ou en Côte-d’Ivoire.  Donc les Etudiants font leur 1ère et 2ème   années d’Université, viennent faire la 3ème année chez nous au Nigeria French Village. On appelle ça le bain linguistique. Après ça, ils repartent dans leur Université pour faire la 4ème année afin de décrocher leur licence. Dans toutes les Université du Nigeria, si tu veux apprendre une langue, tu dois avoir une licence. Donc le bain linguistique d’une année est obligatoire.

Ma communication porte sur le thème, « L’emploi de la négation de la ville cruelle d’Eza Boto ». J’ai remarqué qu’en langue française, il y a plusieurs expressions pour exprimer la négation. On a la négation à une particule (pas, rien, sans), la négation à deux particules (ne pas, ne plus, ne point) et on a des termes qui sont précédés de préfixe qui expriment aussi la négation (impossible, impatient, malheureux, etc) ; on a également des mots qui ont des sens négatifs tels que malheur, défaite, etc. Et c’est ce que j’ai essayé de voir et d’analyser au niveau du livre « Ville cruelle ». J’ai relevé la fréquence des termes négatives, le pourcentage de chaque particule et traité les termes (désespoir, cruauté, injustice, même le titre du livre : ville cruelle). Ce qui m’intéressait, c’est le style de l’auteur. C’est un style volontaire mais on peut juger ce style. Parce que l’emploi des particules négatifs est dominant dans le livre et les termes traités ont un sens négatifs.

 

Ph: DR-: Professeur Bienvenu Koudjo, Directeur de Cabinet du MESRS

Ph: DR-: Professeur Bienvenu Koudjo, Directeur de Cabinet du MESRS

Professeur Bienvenu Koudjo, Directeur de Cabinet du MESRS : « L’initiative est fédératrice et a permis  d’interroger  chaque Enseignant-chercheur sur la place qu’il doit occuper dans le processus de développement… »

L’initiative est fédératrice, elle a permis  de réunir et interroge chaque Enseignant-chercheur sur la place qu’il veut ou doit occuper dans le processus de développement de notre chère Université,  de notre pays. Mais, faut-il le rappeler, ce colloque s’inscrit dans le cadre des journées portes ouvertes de la jeune Faculté des lettres, langues, arts et communication (FLLAC) née de la scission de l’ex-faculté des lettres arts et sciences humaines (FLASH). Ce tout premier colloque se tient donc dans un contexte de recomposition, qui profite d’une crise de croissance numérique, à la fois pour se repositionner dans la structuration proposée par le réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (Reesao) et pour revoir les rapports de ses composantes avec le monde du développement. Mais il se tient aussi dans un contexte de crise peut-être due à une vision parcellaire et nombriliste du développement ; crise à laquelle le colloque doit contribuer à trouver une solution par le dialogue entre les langues et les cultures dans une communication de transparence absolue. Sans une vision ouverte sur l’internet collectif et une clarté des idées et des pensées profondes, il n’y a pas de voie pour le développement. Par ailleurs, il faut avouer que ce colloque vient à point nommé pour donner corps et forme à l’une des préoccupations du gouvernement de la rupture dirigée par son Excellence, le président Patrice Talon, à savoir, la réforme du modèle d’éducation de citoyenneté et des programmes de recherches en cours d’exécution dans l’Enseignements supérieur à travers les grands projets du Programme d’actions du gouvernement comme Sêmê City, la « Cité internationale du savoir et de l’innovation », mais aussi à travers des réformes de proximité comme la sélection.  Dans la transparence et l’équité, des meilleurs bacheliers pour un enseignement supérieur de qualité, une nouvelle procédure de sélection des Enseignants du supérieur pour plus d’objectivité dans le recrutement, plus de compétence et de performance dans le rendement et la rationalisation des offres de formation pour les conformer davantage aux besoins du développement.

Les résultats des trois jours de communication dans les trois panels contribueront à trouver des solutions durables aux grands défis que doivent relever nos pays, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la culture qui constituent deux grands piliers de base pour le développement. (Propos recueillis : Moïse Tchégnonsi)

 

Professeur Djimon Marcel Zannou, premier vice-recteur de l’UAC : « Ce colloque est  révélateur de l’ambition d’impulser un nouveau dynamisme aux recherches… »

Ce colloque international qui a pour thème : ‘’Lettres, Langues, Art

Djimon Marcel Zannou, premier vice-recteur de l’UAC

Djimon Marcel Zannou, premier vice-recteur de l’UAC

s et communication au service du développement d’une nation’’, est révélateur de l’ambition d’impulser un nouveau dynamisme aux recherches sur la corrélation entre les lettres, langues, arts et communication, et les défis du progrès aux triples plans économique, politique et socioculturel. L’enjeu est important car, au moment où les certitudes sont établies sur l’apport incontournable des lettres, langues, arts et communication au processus du développement, des critiques se font de plus en plus vives pour démontrer ce que d’aucuns considèrent comme l’improductivité des recherches dans ce domaine du savoir humain. Pour de pseudo-scientifiques, les lettres, langues, arts et communication ne seraient rien d’autre qu’un gouffre financier, dans lequel les Etats africains continueraient d’investir des sommes faramineuses sans aucune garantie concrète et rassurante d’un retour investissement satisfaisant. (Propos recueillis : Moïse Tchégnonsi)

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