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Ateliers itinérants sur les Droits fonciers des femmes à Ouidah, Kpomassè et Tori Bossito : Quelques participants apprécient

Ph: DR-: M. Agossou Roger, Conseiller local et Cultivateur, à Tandahota Arrondissement d’Azohouè-Aliho (Commune de Tori)

Ph: DR-: M. Agossou Roger, Conseiller local et Cultivateur, à Tandahota Arrondissement d’Azohouè-Aliho (Commune de Tori)

 M. Agossou Roger, Conseiller local et Cultivateur, à Tandahota Arrondissement d’Azohouè-Aliho (Commune de Tori) Je retiens de cette séance de sensibilisation que la terre est toujours à la base de toute discordance dans nos villages. Pendant longtemps, la femme a été interdite d’héritage ; mais nous avons compris qu’elle doit hériter au même titre que l’homme pour que la paix puisse régner. Moi, je promets que mes enfants filles vont hériter de mes terres au même titre que mes enfants garçons. Je voudrais par ailleurs faire une doléance : que cette séance d’information et de sensibilisation soit organisée dans nos villages car la majorité des conseillers locaux et leaders communautaires, n’est pas présente à cette assise et ils auront du mal à nous comprendre lors de la restitution. Il vaut mieux qu’ils entendent eux-mêmes. (Propos recueillis par : A.A.)

 

Mme Gbètoho Marie, cultivatrice à Tori

Mme Gbètoho Marie, cultivatrice à Tori

Mme Gbètoho Marie, cultivatrice à Tori : Je suis très contente d’avoir participé car j’ai compris beaucoup de choses. Ceux qui ne sont pas arrivés ne peuvent pas comprendre ces changements qui s’opèrent pour le bien des femmes. Nous avons souvent peur d’intervenir car cela nous entraîne d’énormes problèmes, même la mort. Désormais, dans le partage de l’héritage des terres de mon père, mes frères doivent me donner forcément quelque chose car la femme a les mêmes droits que l’homme. Mais je ne peux pas informer les autres femmes, tant qu’elles ne soient informées elles-mêmes. La sensibilisation doit s’étendre au niveau de tout le monde. (Propos recueillis par : A.A.)

 

Fadékon Eloi-2M. Fadékon Eloi, notable et cultivateur des semences de banane à Tori-Cada.

Ayant suivi des formations de renforcement de capacité dans la culture de banane et des semences de bananes en Côte-d’Ivoire, au Cameroun et au Tchad, je forme aussi les gens qui sont intéressés par cette culture dans ma localité.

Par rapport à la séance d’aujourd’hui, je reconnais qu’avant, nous n’avons pas l’information et nous avons posé des actes erronés. Maintenant que nous sommes informés sur le nouveau code foncier, nous allons changer de comportement. Pour ce qui me concerne par exemple, nous sommes six enfants de mon défunt père dont deux femmes. En 1984, nous avons partagé ses terres et les femmes n’ont rien reçu. Après cette séance d’information, je vais informer notre chef de la collectivité, mes frères des nouvelles dispositions de la loi et ensemble nous allons réfléchir pour essayer de trouver quelque chose pour nos sœurs que nous avons déshéritées surtout que la loi donne la possibilité leurs enfants de nous attaquer en justice. Or si déjà, on leur trouve quelque chose, ces enfants ne pourront plus réagir à l’avenir.

Que nous voulions ou pas, la loi doit être respectée ; mais nous invitons aussi les femmes à prendre la parole pour exprimer leur préoccupations. De toute façon, moi je vais hériter tous mes enfants filles, elles ont déjà leur part et les garçons le savent déjà car elles s’occupent plus de moi que les garçons. Aussi, je vais informer les délégués et conseillers locaux à chaque fois que le problème d’héritage se poserait à eux. Je leur dirai de faire attention car la loi a prévu que la femme doit hériter la terre au même titre que l’homme. (Propos recueillis par : A.A.)

 

 

Un autre participant-TémoignangeTémoignage d’un autre participant de Tori : Je ne comprends pas pourquoi cet acharnement à vouloir que la femme hérite de la terre. Il y a environ un mois, une femme résidant chez son mari a voulu hériter la terre de son défunt père que ce dernier avait hérité de son grand père. Puisqu’elles ne sont que des filles pour leur papa, son oncle veut que ses enfants garçons héritent ces terres laissées par son frère à la place des filles du défunt. Cette dame – en tant que fille aînée – a exprimé ses droits sur la terre. Mais une fois rentrée chez elle, elle tombe malade et meurt en moins de deux semaines. A qui attribuer ce décès ? A personne, car elle n’a reçu de menaces de la part de quiconque. Pourra-t-elle revenir demain pour revendiquer quoi que ce soit ? Non !

C’est interdit, la femme ne peut pas hériter la terre chez nous ; surtout la terre appartenant à la famille ou la collectivité.  Elle peut hériter les terres acquises par son défunt père. Je veux insister sur un fait : les femmes qui héritent les terres de leur père doivent contribuer financièrement aux cérémonies familiales et cultuelles. (Propos recueillis par : A.A.)

 

Acatcha Adantchédé -Kpomassè-1M. Acatcha Adantchédé, Cultivateur, notable à Gbèdjèwoin, Ancien Maire de Kpomassè et ancien représentant des Cultivateurs au tribunal de Ouidah : Moi je suis d’avis que la femme hérite la terre de son défunt père et c’est la bataille que nous allons mener à vos côtés. Dieu nous a donné deux sortes d’enfants : un garçon et une fille ; il n’y a pas un troisième genre. Alors pourquoi la fille ne va pas hériter comme frère garçon ? La femme qui a les moyens peut également acheter des terres et les faire enregistrer régulièrement en son propre nom et non au nom de son époux. (Propos recueillis par : A.A.)

 

 

Kossougbéto Robert-Premier Adjoint au Maire de Kpomassè-2M. Kossougbéto Robert, Premier Adjoint au Maire de Kpomassè : Le contenu du code foncier et domanial  est une grande préoccupation pour nous ; parce que nous, autorités politiques, ne l’apprécions pas. Nous ne sommes pas trop d’accord avec certaines dispositions du code, d’autant plus que nos Chefs d’ Arrondissement (C.A.) sont d’office écartés des affaires foncières et domaniales, c’est vraiment un problème pour nous.

Par ailleurs, cette séance concerne surtout les femmes alors qu’elles ne sont que deux présentes aujourd’hui. Il faut forcément impliquer les C.A. et les délégués qui en retour vont informer leurs administrés. Au niveau de la commune, nous n’avons pas la capacité d’organiser une telle séance de sensibilisation. On dit que nul n’est censé ignorer la loi, si tout le monde est au même niveau d’information, la loi pourra être respectée.

Aussi voudrais-je savoir pourquoi on ne peut pas nous donner une période de grâce d’un an au moins pour nous permettre de faire enregistrer nos terres avant la mise en application des démarches à suivre pour la sécurisation des terres. Ici, nous sommes au village et la mise en application de ces textes nous paraît très difficile. Il n’est pas possible de donner les terres appartenant à la famille aux femmes comme dispose le code. Nous n’avons pas été consultés avant l’élaboration du code et nous devons subir tout cela ; c’est difficile. (Propos recueillis par : A.A.)

— Toutestgrace

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