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Finances / Brexit : le Nigéria à l’affût des opportunités

Alors que le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (UE) bat son plein, le Nigéria est en train de se préparer à saisir les nouvelles opportunités qu’offrent la reconfiguration qui s’annonce sur le marché européen. Le pays est en effet l’un des premiers partenaires africains de la Grande-Bretagne et entend consolider ses relations économiques avec l’ancienne puissance coloniale. Les défis ne manquent pas certes mais d’après les prévisions, les échanges commerciaux entre les deux pays pourraient connaitre une hausse assez significative à la faveur du Brexit.

C’est dans les moments d’incertitude qu’on déniche les meilleures opportunités. Cette recommandation que certains analystes érigent en véritable stratégie dans le monde des affaires, le Nigéria semble la faire sienne dans le cadre des défis et opportunités qu’engendrent, le « Brexit ».

Alors que le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (UE) est enclenché avec toutes les incertitudes qu’il suscite sur les marchés internationaux, les autorités nigérianes se positionnent pour en saisir les opportunités. « Il est important que le Nigéria se positionne dès à présent en ouvrant des négociations avec le gouvernement britannique pour consolider ses relations économiques mais aussi identifier de nouvelles pistes pour renforcer les relations commerciales à la fin du processus de sortie de l’UE qui offre certainement de opportunités pour les échanges bilatérales » explique Opeyemi Abebe, conseiller commercial au niveau du secrétariat général du Commonwealth. L’organisation qui regroupe les anciennes colonies de l’empire britannique accompagne en effet les autorités nigérianes, à travers le Conseil de promotion des exportations (NEPC), à cette échéance et dans ce cadre, une rencontre de haut niveau s’est tenue il y a quelques jours à Abuja sur les défis et opportunités du Brexit pour le Nigéria.

Selon les estimations faites par le secrétariat général du Commonwealth, les échanges entre le Nigeria et le Royaume-Uni pourraient passer de 3,7 milliards de dollars actuellement à 4,5 milliards de dollars après la fin du processus. A condition toutefois que le pays intensifie ses efforts pour diversifier son économie en misant surtout sur les secteurs à haute valeur ajoutée notamment les produits agricoles et les services.

L’exemple indien

Le Nigéria n’est pas le seul pays à flairer les opportunités qu’offre le « Brexit » pour les principaux partenaires économiques de la Grande Bretagne. L’inde a déjà entamé les négociations avec les autorités britanniques et selon Opeyemi Abebe, le Nigéria a tout intérêt à en faire de même. Surtout que les deux pays sont déjà engagés dans des négociations commerciales multilatérales et bilatérales, lesquels ont connu un certain relâchement à la suite du référendum du 23 juin dernier ayant enclenché le processus de sortie de la Grande Bretagne de l’UE.

Au niveau bilatéral, l’accord de coopération commerciale et d’investissement (TICA) que les deux pays négocient, pourrait par exemple se traduire par un gain de plus de 1 milliard de livres d’ici l’an 2030 pour la balance commerciale des deux pays qui doivent cependant œuvrer à renforcer les facilités commerciales pour atteindre l’objectif visé. « Les exportations des biens et des services du Nigéria vers le Royaume-Uni pourraient être encore renforcées grâce à de nouveaux accords commerciaux et de facilités en matière d’investissement, étant donné qu’un certain nombre de secteurs notamment dans les services sont structurés et offrent suffisamment de similitudes entre les deux pays, ce qui pourrait favoriser la signature d’accords de reconnaissance mutuelle » avance l’expert du Commonwealth. «Nous allons nous préparer, grâce notamment à l’aide du Commonwealth, à envisager de nouveaux engagements commerciaux. Il est important pour nous d’être en mesure d’atténuer les défis qui vont accompagner le Brexit et savoir en récolter les opportunités » a de son coté expliqué Olusegun Awolowo, directeur exécutif du NEPC qui reconnait toutefois que le véritable enjeu pour le Nigéria, c’est de pouvoir maintenir une relation économique forte avec la Grande-Bretagne dans l’alignement de son appartenance au Commonwealth.

Assurances britanniques

C’est du reste ce qu’a tenu à rassurer l’ambassadeur du Royaume-Uni au Nigéria Paul Thomas Arkwright. « La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ne signifie pas que nous quittons l’Europe mais que nous allons mettre en œuvre de nouvelles formes de relations avec nos partenaires européens » précise le diplomate britannique. Dans le même sens, il a souligné que les liens de son pays avec le Commonwealth, dont le Nigéria est un membre clé et majeur, resteront tout aussi dynamiques tout comme les engagements de la Grande-Bretagne pour la paix et la prospérité mondiale. A titre illustratif, il n’a pas manqué de souligner que le Royaume-Uni est l’une des rares économies développées à consacrer 0,7% de revenu national brut au titre de l’aide publique au développement, un engagement international pourtant souscrit pays parmi les plus industrialisés du monde. « Le Royaume-Uni a été et sera toujours un pays commerçant, passionné d’esprit d’entreprise et d’innovation et plus que jamais, nous voulons protéger notre réputation afin de fournir aux entreprises, un environnement dans lequel elles peuvent prospérer et devenir pionnières pour l’avenir » a assuré Paul Thomas Arkwright.

S’agissant particulièrement des relations avec l’Afrique, Paul Thomas Arkwright n’a pas manqué de souligner à l’occasion que « le Royaume-Uni demeure le plus grand investisseur européen, et le deuxième au niveau mondial, en Afrique subsaharienne ». Et d’ajouter que son pays reste déterminer à « aider les pays partenaires du continent à atténuer la pauvreté grâce notamment à une augmentation des dépenses de développement international sur les 5 prochaines années ».

Plus particulièrement pour ce qui est du cas du Nigéria, un pays où plusieurs entreprises britanniques sont présentes dans divers domaines et particulièrement le pétrole, le diplomate britannique a rassuré que la dynamique sera maintenu. Sans complexes, l’ambassadeur de la Grande-Bretagne au Nigéria a mis en avant que son pays cherchera naturellement à accroître sa part de marché en encourageant davantage d’entreprises à venir investir au Nigéria tout en veillant à attirer également d’avantage d’investissements nigérians vers le Royaume-Uni. En guise de conclusion à son intervention lors de la rencontre, l’ambassadeur Paul Thomas Arkwright qui a d’ailleurs publié une succincte tribune sur le Brexit et ses répercussions sur le Nigéria et l’Afrique en général, a estimé que « les choix faits par le gouvernement nigérian seront plus importants pour l’économie nigériane que ce que Brexit pourrait impliquer pour le Nigeria ».

Défis nigérians

Le défi est donc lancé pour les autorités nigérianes et les autorités semblent déterminer à saisir la balle au rebond enfin de permettre à l’économie nigériane de sortir non seulement « du tout pétrole » mais aussi et surtout de se repositionner comme la première économie du continent. C’est en tout cas ce qu’a déclaré à la fin de la rencontre, Olusegun Awolowo, le directeur de la NEPC. « Nous sommes en mesure de diversifier notre économie à travers notamment le plan de croissance économique qui en plus de nous permettre de sortir de la récession, met un accent particuli

Développer des stratégies qui renforcent le secteur agricole et rurale source d’un développement économique stable et durable, c’est l’objectif de cette rencontre.

Développer des stratégies qui renforcent le secteur agricole et rurale source d’un développement économique stable et durable, c’est l’objectif de cette rencontre.

Ph/ DR-:  Les autorités nigérianes semblent déterminer à saisir la balle au rebond enfin de permettre à l’économie nigériane de se repositionner comme la première économie du continent.

Ph/ DR-:
Les autorités nigérianes semblent déterminer à saisir la balle au rebond enfin de permettre à l’économie nigériane de se repositionner comme la première économie du continent.

er sur l’amélioration de notre offre à l’exportation parce que nous croyons qu’une fois que nous serons en mesure de commercer d’autres choses que le pétrole, nous pourrions atteindre un équilibre dans notre déficit commercial à travers le monde ». Dans cette lancée, le marché britannique, troisième partenaire commercial du Nigéria, reste stratégique d’où la nécessité pour le pays de voir au delà des conséquences néfastes directs du Brexit.

Afin de mieux maintenir la dynamique, les autorités fédérales nigérianes ainsi que le secrétariat général du Commonwealth ont convenu de travailler sur un document commercial sur les défis et les opportunités de Brexit sur le Nigéria. (Ecodafrik)

— Toutestgrace

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