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Plaidoyer pour l’accès des femmes au foncier et aux autres ressources économiques: Wildaf-Bénin et la Konrad Adenauer conscientisent les acteurs de Tori-Bossito


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Ph/DR: Le présidium à l’ouverture des travaux (De gauche à droite), M. Mounirou Tchacondoh de la KAS et Mme Solange Ganganna du Réseau Wildaf-Bénin

Environ une trentaine d’acteurs agricoles de la Commune de Tori-Bossito, a pris part à l’atelier de Plaidoyer pour l’accès des femmes au foncier et aux ressources économiques à l’Hôtel Terra Nostra de Ouidah, ce mercredi  24 Août 2022. Conjointement organisée par le Réseau Wildaf-Bénin avec l’appui financier de la Konrad Adenauer Stiftung (KAS), l’atelier de plaidoyer a pour but de sensibiliser les différents acteurs sur les droits fonciers des femmes, des veuves, surtout de celles qui jouent le rôle crucial du maintien de la sécurité alimentaire dans la communauté.

Aline ASSANKPON

«Je suis dépassée par les événements, je croupis depuis quelques temps sous des dettes, mes enfants sont à la maison, faute de scolarités non payées et nous n’avons plus rien à mettre sous la dent. Pendant ce temps, ma belle-famille n’a qu’une seule préoccupation : Il faut que j’épouse l’un des frères de mon défunt époux afin de bénéficier de ses biens qu’ils se sont accaparés. Mais, je ne le ferai pas et je n’abandonnerai pas mes enfants ». Il s’agit là des plaintes d’une veuve réalisées à travers un téléfilm, intitulé : «Un seul monde sans faim ». Son interlocuteur (Maman Mimi) lui apporte alors la bonne nouvelle : « Les choses ont changé ma chère, désormais, les enfants filles et garçons ont les mêmes droits d’accès à l’héritage des terres à part égale ».

Grâce à l’intervention du Chef du village (un homme éclairé sur les textes et lois et les nouvelles réformes foncières), la Veuve et ses orphelins, après des conciliabules en famille, ont eu gain de cause et bénéficient des biens et terres qui leurs revenaient de droit.

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C’est le résumé du téléfilm qui lance le débat sur les droits successoraux des femmes et des orphelins ; les différents moyens d’accès des femmes à la terre, les droits fonciers des femmes, le rôle économique et la sécurité alimentaire maintenue par les femmes.

Ph/DR: Photo de famille des participants à l’atelier de Ouidah sur le Plaidoyer pour l’accès des femmes au foncier et aux autres ressources économiques

Selon les analyses de la Konrad Adenauer, 65,5% des femmes sont dans la production agricole au Bénin et 78,6% dans la transformation et 67,4% dans la commercialisation des produits agricoles. Malgré ce rôle important dans l’économie rurale, seulement 15% de femmes sont propriétaires au-delà de l’existence des textes non discriminatoire.

En effet, les problèmes de l’accès et du contrôle par les femmes des terres rurales sont des défis majeurs auxquels le Bénin fait face, en dépit du fait que la Constitution, le Code des personnes et de la famille et le Code foncier et domanial consacrent le principe d’égalité en matière d’accès au foncier surtout en matière d’héritage. Ces mesures très significatives ont été prises par l’Etat pour réduire les inégalités entre les sexes. Cependant, des défis subsistent surtout dans le secteur agricole où les femmes sont fortement présentes sur toute la chaine productive : du travail de la terre jusqu’à la transformation et la commercialisation.

« En dépit de cette forte implication, les femmes sont confrontées à d’énormes contraintes qui ne leur permettent pas d’accroître leur production et leur productivité. Parmi celles-ci, il y a l’accès et la sécurisation foncière qui demeurent des préoccupations majeures.  La question de l’accès de la femme aux ressources foncières n’est pas seulement juridique mais éminemment socio-culturelle et politique » a déclaré le Coordonnateur national de la KAS, Mounirou Tchacondoh à l’ouverture des travaux.

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Mme Solange Ganganna, la représentante de la Coordinatrice nationale du Réseau Wildaf-Bénin, affirme pour sa part que « lorsque la femme accède à la terre grâce aux connaissances de la loi, du contexte juridique associé, elle a la maîtrise de la terre qu’elle cultive ; elle a une meilleure chance d’améliorer ses moyens d’existences, notamment la capacité à acheter ou vendre, à faire des choix conséquents, savoir exploiter les terres mises à sa disposition et à obtenir des fonds pour développer ses activités économiques».

 L’objectif de cet atelier de plaidoyer, itinérant, dans le département de l’Atlantique, consiste à : Sensibiliser les différents acteurs sur les droits fonciers des femmes, surtout le rôle crucial qu’elles jouent dans le maintien de la sécurité alimentaire ; Réfléchir avec les autorités à divers niveaux (communal et local) sur comment œuvrer pour donner plus d’accès des femmes aux opportunités économiques à partir des activités agricoles et les chaînes de valeurs associées et enfin, Faire des recommandations appropriées en vue d’accroitre l’accès des femmes aux terres agricoles et aux ressources économiques.

Tour à tour, Mme Solange Alitonou Bankolé et Mme Ginette Bonou ont présenté des communications sur deux thèmes qui se rejoignent, notamment : « Droits fonciers des femmes et dispositifs juridiques et institutionnel au Bénin » et « Plaidoyer pour le renforcement du rôle économique de la femme à travers son accès sécurisé aux terres agricoles et aux ressources associées en milieu rural». Il ressort de ces deux communications que la promotion et la garantie de l’égalité entre les hommes dans l’accès au foncier rural, contribue non seulement à une croissance soutenue pour tous, mais renforce l’efficacité des mesures pour réduire la pauvreté, améliorer la sécurité alimentaire et le bien-être des communautés à la base.

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Le foncier sécurisé est vital dans les différentes activités économiques et sociales et constitue un élément majeur pour l’autonomisation des femmes. L’autonomisation économique des femmes est donc essentielle pour l’accomplissement des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030 ; car elle ouvre une voie directe vers l’élimination de la pauvreté et une croissance économique inclusive.

Ph/DR: Les participants en pleine séances d’échanges

Au terme des échanges (questions-réponses), les participants ont pris conscience de la nécessité de revoir certaines pratiques très ancrées dans les communautés.  Répartis en groupes de réflexion, ils ont pris conscience du changement de comportement et de mentalité qui doivent s’opérer en leur sein, en faveur des droits fonciers et économiques des femmes. Ils se sont engagés à faire la restitution des acquis du présent atelier à la base et à veiller à l’application des textes et lois qui donnent des droits d’accès à l’héritage de la terre à la femme en général et en particulier à la veuve et l’orphelin.

Les acteurs à cet atelier itinérant sont des élus locaux, les responsables des services déconcentrés de l’agriculture (représentant du CERPA et de l’ATDA Atlantique), les chefs coutumiers et les Chefs des collectivités familiales et les femmes des Groupements d’intérêts économiques de Tori-Bossito.

 


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