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Carnet noir / Bénin : Rose Honorine dite Rosine Vieyra Soglo tire sa révérence


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Ph/DR: Rose Honorine dite Rosine Vieyra épouse de l’ancien président, Nicéphore Dieudonnée Soglo;

Le Bénin vient de perdre son amazone des temps modernes : Mme Rosine Vieyra Soglo décédée ce 25 juillet 2021 dans sa 87ème année. Comme une traînée de poudre, la triste nouvelle s’est répandue dans la soirée de cette journée dominicale. Les témoignages sont éloquents à l’endroit de cette brave et exceptionnelle femme qui force l’admiration du peuple béninois tout entier. Comprise ou incomprise, elle est demeurée égale à elle-même jusqu’à son dernier souffle. Hommage à la Dame de fer, à la femme combattante !

Ph/DR: Rosine Vieyra au moment où elle créa le Parti la Renaissance du Bénin

Rosine Vieyra, épouse Soglo s’en est allée dans la discrétion et l’efface­ment total, laissant derrière elle, le souvenir et l’image d’une brave dame au cœur en or. Elle a marqué son temps, son époque. Elle n’a pas vécue inutilement. Elle a fait des émules autour d’elle, dans la société béninoise et africaine. Elle faisait parler d’elle d’une manière ou d’une autre. Une femme qui ne se laisse jamais piétiner mais qui est toujours à l’écoute de son peuple.

Depuis les indépendances jusqu’à la période du Renouveau démocratique, c’est Rosine Vieyra l’épouse de l’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo qui initia l’appellation de la « Première Dame » au Bénin.

Avocate de profession, femme politiquement très engagée, elle avait suivi les conseils de l’ancien président Ivoirien, Feu Félix Hounphouet Boigny, lorsqu’elle créa une formation politique , « La Renaissance du Bénin » dès les premières heures du Renouveau démocratique du pays, pour soutenir l’action gouvernementale de son époux au pouvoir. Des coups disait-elle, elle en avait reçu mais à finir par apprendre à donner aussi.

La première image de cette combattante s’est im­posée dans le paysage politique et social du Bénin lors de la prestation de serment pour l’investiture de son mari, Nicéphore Soglo, presque mourant, prêtant serment, en 1991.Une figure de proue de la politique béninoise, une femme d’une franchise remarquable.

« Premier président de la Ré­publique de l’ère du renouveau démocratique, Nicéphore Dieudonné Soglo, fraîchement élu , qui ne pouvait même pas se tenir debout tout seul, image d’un pré­sident élu descendant de l’avion et affaibli par la maladie, mais avec son épouse aux côtés, en bonne garde. Eh là, en ce moment pa­thétique et touchant de prestation de serment Rosine héroïque, prit sur elle de faire répéter à son mari les paroles sacrées de son inves­titure » rappela l’un de mes confrères du journal L’Autre Quotidien.

 

Ph/DR: Elle a gardée l’allure d’une belle femme engagée et déterminée…

Elle dessinait ainsi un nou­veau style ou nouvelle image de la femme de président, engagée derrière son époux président de la république. Une présence qui dura toute la carrière politique du couple. Rosine Soglo a presque révolution­né et valorisé l’image des épouses auprès des chefs d’Etat au Bénin. Elle a en effet bousculé les habitu­des, agacé et imposé l’image d’une « première dame » auprès de tout chef d’Etat au Bénin. Les Béninois n’étaient pas habitués à une om­niprésence de femme des chefs d’Etat aux côtés de leur époux, dans l’espace public. Par-dessus tout, elle n’avait pas sa langue dans la poche.

 

Souvent jugée en­vahissante ou agaçante, elle aimait bousculer les habitudes, « secouer les cocotiers ». Durant l’unique mandat de son mari, la dame de fer s’est surtout illustrée par son franc-parler qui a valu à son couple présidentiel à la fois critiques acerbes, inimitiés et admiration. Elle est cependant res­tée, comme on dit, «droit dans ses bottes », malgré les critiques par­fois très dures. Certains poussent même le bouchon jusqu’à soutenir que ces agissements et sa forte présence dans l’arène politique ont été aussi l’une des causes de l’échec politique de son mari qui n’a pas pu recevoir le quitus des Béninois pour un second mandat.

 

On raconte également qu’elle a joué un rôle décisif lors du départ de son mari du pouvoir en 1996, après sa défaite à l’élection prési­dentielle. Certains faucons du ré­gime, semble-t-il, auraient tenté de l’amener à s’accrocher au pouvoir. Elle se serait imposée, contre vents et marées, pour que l’alternance voulue par le peuple à travers les urnes soit respectée.

Première femme influente chef de parti, Rosine Soglo a tenu sa formation politique, la Renaissance du Bénin d’une main de fer. Elue plusieurs fois députée à l’Assemblée nationale du Bénin (1990 à 2019), elle y est restée durant 7 mandatures. Elle a marqué le parlement béninois d’une empreinte indélébile par la qualité de ses interventions. Déterminée et courageuse, elle était pratiquement la seule députée à aborder les su­jets difficiles et délicates ; les sujets jugés tabous.

Mère, féministe déterminée et engagée, Rosine Soglo était surtout le porte-parole des femmes à l’Assemblée nationale. Malgré son handicap visuel, à un certain âge, rien ne pouvait l’empêcher de défendre les causes qu’’elle jugeait nobles et légitimes.

Ph/DR: La maman qui secouait les cocotiers au Parlement…

Rosine Soglo était également très active sur le front social avec  sa Fondation Vidolé, qui signifie, « l’Enfant a de la valeur », il faut en prendre soins. Cette fondation était souvent aux côtés des parents des jumeaux, triplés et quadruplés.

Cette femme qui longtemps a fait des émules en politique et dans la société civile était presque partout où il fallait se battre pour la cause et les droits de la femme.

Laissant derrière elle, son époux, Nicéphore Dieudonné Soglo avec une santé fragile, la « Maman » de certains hommes politiques béninois, a également laissé orphelins, ses deux garçons et ses petits-fils. Aucun Béninois n’est resté indifférent à l’annonce de sa disparition. Celle qui était incomprise, insoumise était quand-même appréciée pour son courage et sa ténacité.  Les témoignages sont révélateurs.

Maman Rosine a combattu le bon combat : celle de la Nation béninoise. Elle part  laissant ainsi, un lourd héritage de femme engagée à la gent féminine et à la génération future. L’histoire retiendra son passage dans l’arène politique du Bénin.

Va Maman Rosine Vieyra Soglo, Dors en paix et que Dieu t’accueille dans sa Félicité…Amen !

Aline ASSANKPON


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