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Politique commerciale: La voie est désormais libre pour Ngozi Okonjo-Iweala à l’OMC


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Ph/DR-: Dr Ngozi Okonjo-Iweala, la prochaine directrice générale de l’Organisation mondiale du Commerce.

Pressentie en octobre 2020 pour la direction générale, « Un boulevard s’ouvre pour Ngozi Okonjo-Iweala à l’OMC » titre Jeune Afrique après la démission de la deuxième candidate, la ministre Sud-Coréenne Yoo Myung-Hee. La bataille finale pour la direction générale de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui opposait la Nigériane, la candidate de l’Afrique à la Sud-Coréenne a pris fin par la renonciation de celle-ci le vendredi 5 février dernier. L’OMC sera dirigée par une africaine, une femme, Ngozi Okonjo-Iweala.

C’est une première, l’Afrique vient de se hisser à la tête de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui sera dirigée par une femme, une économiste chevronnée : Ngozi Okonjo-Iweala, l’une des femmes plus puissante du Nigeria. A 66 ans, Ngozi Okonjo-Iweala réunit toute les chances d’être désignée à l’unanimité pour prendre les rênes de l’Organisation.

Jusqu’en octobre 2020, elles étaient deux finalistes, la candidate de l’Afrique, Ngozi Okonjo-Iweala et la ministre Sud –Coréenne Yoo, Myung-Hee. Et dans le long processus de désignation du Directeur général, les 164 Etats membres de l’OMC se sont mis d’accord sur les deux finalistes encore en lice. Selon le journal le Point, l’Union européenne a apporté son soutien à ce duo, avec une préférence de Paris pour la candidate africaines. Il était alors prévu que les deux femmes soient auditionnées par le Parlement européen.

Enfin, le tour de l’Afrique…

Si les statuts de l’OMC ne prévoient pas de rotation géographique pour la direction générale, des voix se sont élevées pour signifier que c’était au tour d’un Africain ou d’une africaine d’occuper le poste. Depuis sa création en 1995, l’OMC a été dirigée par six hommes, trois Européens, un Néo-zélandais, un Thaïlandais et un Brésilien.

Depuis, les soutiens se multiplient en faveur de la Nigériane. Le dernier en date n’est autre que celui du président sud-africain Cyril Ramaphosa, président de l’Union africaine et qui a appelé tous les membres à jeter tous leurs poids dans la balance pour donner à l’OMC, non seulement sa première directrice générale, mais aussi, pour la première fois, quelqu’un issu du continent africain. «Au moment où il faut donner un nouveau sens aux organisations internationales, la Dr Ngozi Okonjo-Iweala est la personne qu’il faut pour repositionner l’OMC afin d’en faire un outil efficace pour encourager un système commercial juste, équitable et basé sur des règles » a écrit le président Ramaphosa dans un communiqué.

Dès l’annonce de renonciation de la deuxième candidate, la ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung-hee, le vendredi dernier, à briguer ce poste, elle vient ainsi de laisser la voie libre à Ngozi Okonjo-Iweala pour prendre la tête de l’institution basée à Genève. Tous les regards sont donc tournés vers l’Afrique.

La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala est désormais seule en lice

La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala est désormais seule en lice pour devenir la prochaine patronne de l’Organisation mondiale du Commerce. En plus d’être la première femme à la tête de l’OMC, elle serait en outre la première dirigeante originaire d’Afrique. «Je crois qu’elle a fait du bon boulot, que ce soit au Nigeria ou dans les autres pays où elle a travaillé. Elle n’est pas juste aimée au Nigeria, elle est adorée, c’est un symbole (…) pour les femmes » a déclaré Idayat Hassan, directrice du Centre for Democracy and Devellopment, basé à Abuja.

Née en 1954 à Ogwashi ukwu, dans l’Etat fédéral du Delta (Ouest du Nigeria), d’un père,  chef traditionnel, Ngozi Okonjo-Iweala a passé la majorité de sa vie aux Etats-Unis, où elle a étudié dans deux universités prestigieuses, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard.

Diplômée  de ces deux universités, elle est une ancienne de la Banque mondiale où elle a commencé sa carrière en 1982 et y a travaillé pendant vingt-cinq (25) ans. En 2012, elle échoué à devenir présidente de cette institution financière, face à l’Amériocano-Coréen Jim Yon Kim.

Deux fois, ministre des finances et chef de la Diplomatie du Nigeria durant deux mois, Ngozi Okonjo-Iweala ne fait pas l’unanimité dans son pays, malgré son parcours impressionnante. Pour des réformes diversement appréciées et pour n’avoir pas dénoncer la corruption durant son passage au ministère des finances du Nigéria.

A ceux qui lui reprochent de manquer d’expérience dans le domaine du commerce international, elle répond : « J’ai travaillé toute ma vie sur les politiques commerciales », lors d’un séminaire sur internet organisé en juillet 2020 par Chatham House, un centre de recherche britannique. « Plus que tout », le chef de l’OMC doit avoir « de l’audace, du courage », affirme-t-elle, estimant que le choix ne peut se faire uniquement sur les compétences techniques.

Envoyée spéciale contre le Covid-19

Ngozi Okonjo-Iweala a été nommée juillet 2020, Envoyée spéciale de l’Union africaine dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 sur le continent. Sa mission : mobiliser des soutiens à l’international pour enrayer la crise économique mondiale qui touche de plein fouet les pays africains. Elle est présidente du Conseil d’administration de GAVI Alliance, une organisation qui favorise l’accès à la vaccination en Afrique.

A la présidence de l’OMC, elle aura fort à faire dans un contexte mondial de crise économique et de crise de confiance dans l’organisation, au moment où la libéralisation du commerce mondialisé est vivement contestée. Selon elle, la montée des protectionnismes et du nationalisme à travers le monde s’est accentuée avec la crise et les barrières devraient être abaissées pour relancer l’économie. «Une façon d’assurer une offre suffisante  de vaccins et son équitable distribution est de supprimer certaines barrières érigées par les lois sur la propriété intellectuelle et les transferts de technologies », défendait-elle dans les pages du magazine américain Foreign Affairs en avril.

Rappelons que depuis le départ anticipé de l’ancien Directeur général de l’OMC, Roberto Azevedo en 2020, l’institution fonctionne sans un navigateur. Dès lors que les Etats-Unis sont de retour avec les Démocrates fondamentalement « pro-multilatéralisme », la Corée du Sud et les 162 membres de l’OMC vont se rallier à ce consensus qui se dessine lentement, mais sûrement autour de la candidature de l’Afrique, la Dr Ngozi Okonjo-Iweala, sera très prochainement, nommée, la directrice générale de l’OMC.

Aline ASSANKPON

 


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